‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 22 sur 235 · ISI · texte numérisé non relu

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les cultes contredit Tidée d'un Dieu unique , gaffe, saint et vrai.

2* Parce qu'elle suppose dans rhomme un mépris formel de la rérilé, et une indolence à s'instruire, incompatible avec ses devoirs envers Dieu.

3* Parce que la chaîne des vérités est indivisible, tous les anneaux se tiennent ensemble. Doutez d'un seul dogme révélé, vous ébranlez la croyance de tous les autres.

21b. D. Sur quoi est fondé ce que vous dites là de l'indivisibilité des vérités religieuses.

R. Sur la raison et sur l'expérience. La raison me dit que, si je ne me tiens à l'autorité infaillible de la révélation, il n'y a plus de raisonnement ni d'autorité qui puisse fixer ma croyance, et que si une fois, en matière de religion, j'écoute mes caprices et mes goûts, si je m'érige en juge et en censeur des ouvrages et des attnbuts de Dieu, l'abîme des doutes et des erreurs est dorénavant pour moi sans barrière et sans fond. L'expérience confirme ces raisonnements par les exemples les plus multipliés. « Les ministres protestants, dit J.-J. Kousseau, ne savent plus ce qu'ils croient, ni ce qu'ils veulent, ni ce qu'ils disent... On leur demande si Jésus-Xlhristest Dieu, ils n'osent répondre... On leur demande quels mystères ils admettent; ils n'osent répondre... Leur intérêt temporel est la seule chose qui décide de leur foi... On ne sait ce qu'ils croient ni ce qu'ils ne croient pas ; on ne sait pas même ce qu'ils font semblant de croire (1). Leur seule manière d'établir leur foi, c'est d'attaquer celle des autres. » M. Bossuet avait fait la même observation dans ses Avertissements aux Protestants , et dans V Histoire des variations des églises protestâmes. Nous avons vu tout récemment (2) les protestants anglais se récrier contre le code de leur religion si solennellement établie par les Toîs qui s'en disaient les chefs ; ils ont prétendu s'affranchir du serment qui les liait à la profession des dogmes anglicans. Leurs raisonnements ont paru si naturels et si solides, que, sans des raisons d'état, le serment élaitaboli.Peude temps après, les Allemands ont pris la même route, et ont raisonné avec une justesse égale; ils sont convenus qu'après avoir résisté à la voix de l'Eglise catholique, à la doctrine des Pères, à rautorilé de la tradition, les décisions de Luther étaient d'un poids Irès-insufQsant pour fixer leur croyance (3). Les Français s'en expUquent encore plus

(1) Quidam aberrantes cotiverti sunt in vanlloqmum, tUentes esse ieçi$ doetores, non tntelligenles, neque quœ loqmmtnr, neqne de qvituê affirmant, i Tira. 1.

») En 1712.— En 4785 ks Anglicans d'Amérique ont supprimé le Concile de Nicée el la profession du dogme de la Trinilé. Voyex le ^awn. lùsîor. et iuiér,; i mars i786, pag. 369.

(3) Voyex entre autres un oufrage imprime à Berlin en 1774, Freymùthige Gedancken, eic. L'autearauanoc les livres les plus révérés des proiesianls; il prouve que leurs symiwies sonl sans auloriié; il en veut particulièrement à la Confession d'Augslnmrg: sesaneumenu sont invincibles.— Leproleslanl Vailel, ians Son prétendu Droti des gens, va jusqu'à s'occuper des manières à prendre à l'yard d'une nalion Vttt M dégoûte de »a religion , et en veut une auir^,

clairement (1). — Le Dictionnaire encyclopédique [art. Unitaires, t. 17, pa^. 200, et de Neuchâtel, 1761 ), qu'on peut hien citer en cette matière, a rendu à cette vérilé un hommage précieux : a Je finis cet article par une réflexion dont la vérité se fera sentir à tout lecteur intelligent. La religion catholique, apostolique et romaine, est incontestablement la seule bonne, la seule sûre et la seule vraie. Mais cette religion exige en même temps de ceux qui l'embrassent la soumission la plus entière de la raison. Lorsqu'il se trouve oans cette communion un homme d'un esprit inquiet , remuant et difficile à contenter , il commence d'abord à s'établir juge dé la vérité des dogmes qu'on lui propose à croire; et ne trouvant point dans cet objet de la fol un degré d'évidence que leur nature necom-

Sorte pas, il se fait Protestant. S'apercevant ientAt de l'incohérence des principes qui caractérisent le Protestantisme, il cherche dans le Socinianisme une solution à ses doutes et à ses difficultés, et il devient Socinien.DuSocianismeau Déisme il n'y a qu'une nuance très-imperceptible, et un pas à faire: il le fait. Mais comme le Déisme n'est luimême qu'une religion inconséquente, il se précipite insensiblement dans lé Pyrrhonisme : état violent, et aussi humiliant pour l'amour propre, qu'incompatible avec la nature de l'esprit humain. Enun il finit par tomber dans l'Athéisme (2).»

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