‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 23 sur 235 · D.De là ne pourrait-on pas conclure · texte numérisé non relu

D.De là ne pourrait-on pas conclure

3ue, par une progression contraire, un Déiste e bonne foi doit arriver à la connaissance et à la profession de tous les dogmes de la vraie religion ?

R. Le savant évéquedu Puy (3) le prouve d'une manière fort intelligible. Les Déistes, pour être conséquents, doivent devenir chrétiens et catholiques. L'auteur du Système de. la nature les force à cet aveu. On ne doit pas s'étonner que ce monstrueux auteur ait mêlé quelques vérités parmi tant d'erreurs, et que vaincu lui-même dans une cause aussi mauvaise, aussi désespérée que celle de TAthéis**

p. 426. A quoi Ton est réduit, quand on change Timmwible lumière de la Toi contre la lueur trompeuse des spéculations humaines I—Voy. ci-dessous, n'iC9 et suiv

(I) Voyez le Mémoire présenté au clergé p<»ur la légitimalion des mariages des protestonls.

21) Un tliéologien agréable appliquait à la matière ente cetie épigramme de Régnier :

Déjà nous avons vu le Danube inconstantf Qui tantôt eat/iolique et tantôt jrroiestmt.:»

Fbiil sa courte vagabonde

par rCèlve pas même ehrétkn.

c Dès qu'une fois on se détache ( dit le même tbéolo. gien. en expliquant dans un sens allégorique un passage du Ps. 57.) du sein de l'Eglise catholique . du sein de cette mère commune qui nous a conçus dans ta foi, nous en nourrit, nous gouverne et nous con-

perdre dans les régie»,

nati iunt peccatores a vulva^ erraverunt ab utero ^ tocun

sunt falga, > , , t«- la

(3) La religion vengée de l'incréd. par rmcrtd.

mômei pag. 15i«

CÂTËCIItSME

IM

me, il àîtic triste a? antace d'envelopper dans sa défaîte d'autres incrédules qui voudraient ne pas combattre avec lui . Il les confond en leur rappelant la méthode qu'ils ont suivie pour abjurer lo Christianisme. Cet argument ad hominem est d'une force qu'aucune subtilité ne peut affaiblir. U se réduit à ceci : Vous croyez un Dieu que vous ne pouvez comprendre, vous le crojez malgré des objections auxquelles votre raisonne répond pas ; vous le croyez sur des preuves qui éclipsent à vos yeux ces objections : donc vous n'êtes pas en droit de rejeter les mystères du Christianisme , précisément parceau'ils sont inconcevables. Donc les difQcultés que vous leur opposez ne sufQsent pas pour les rendre incroyables. Donc on peut et on doit les croire, si la réalité en est bien établie par des preuves égales, dans leur genre, à celles qui vous ont déterminé à croire un Dieu. Donc il faut examiner ces preuves, les examiner avant tout, les èxammer avec la plus scrupuleuse attention, et ne prendre son parti que d'après cet examen. Pour ce qui est des Théistes , Fauteur du Système de la nature les repousse vers le Christianisme par la doctrine qui les distingue des simples Déistes : car en reconnaissant l'existence de Dieu, ils avouent que rhomme lui doit un culte. Si cela est, leur demande-t-il, quelle règle suivre dans ce culte que nous devons rendre à Dieu ? La question est pressante, et d'autant plus, que la manière d'honorer Dieu n'eat pas uniforme sur la terre. Nous avons dit voir que la relieiou naturelle était insuffisante, que rindiffcrencc entre les différents cultes qui réclament la révélation était une absurdité. 11 faut donc choisir et se Gxer. Or les motifs capables de persuader fortement et constamment ne se trouvent que dans la religion léritable, marquée du sceau et de la main de Dieu.

I IlL— 216. D. La doctrine de la tolérance n'est-elle pas amie de la modération, de l'humanité et de la paix?

R. l"* Opposer à une vérité clairement démontrée quelques imaginations de Philosophes sous prétexte de modération, c'est une logique peu propre à donner des règles de raisonnement. 11 faudra nier le jugement de Dieu, l'enfer, la résurrection des morts, parce que tout cela effraie et afflige des hommes pervers et indifférents dans la recherche de la vraie foi... La reli|^ion n'est pas un système, ni une Philosophie sur laquelle il soit Fermis de varier, mais un devoir capital. Les hilosophes tolérants imitent ces faux Prophètes qui pansaient les plaies du peuple, en disant, La paix, la paix, lorsqu^il n y avait point depaix (1). Le nom de paix, dit un Père, est imposant ; 1 idée de l'unité est belle ; mais cette paix ne peut se trouver que dans l'unité de l'Église et de la doctrine, autrement ce n'est plus la paix de Jésus-Christ (3). Si la

(t) £t curabant eontritionem filia populi met etm ijfmomhtia , dkentei » Pax , pax , et non erat pax. Jerem. 6.

(i) Spedoinm qtndem nomen t$î pacii, eî pulchra

foi qui conserve l'empire est en sûreté, disait un çrand évéque à un empereur, voilà la chanté digne de nos vœux, voilà ta chanté qui est plus grande que l'empire même (IJ. 2* La tolérance, relâchant les liens delà reliffion et affaiblissant ^on influence sur le bonheur des peuples et la sécurité des états, ne peut être amie de la modération, de Fhumanité et de la paix, puisqu'elle détruit les

S lus grands biens, et qu'elle ébranle les fonements de toute société.

217. D. D'où vient que presque toutes les sectes chrétiennes professent la tolérance théologique, et que la seule religion catholique ne connaît pas d'autre voie de salut que celle qu'elle enseigne?

R. Les hérétiques ne peuvent être intolérants sans être inconséquents dans leur manière de procéder. Quiconque renonce aux enseignements de l'Efflise, pour se former à son gré un système de religion, ne doit pas trouver mauvais que les autres usent de la même liberté; le particulier n'a pas droit de dominer sur la foi du particulier. L'autorité visible de l'Eglise une fois rejetée, ou, ce qui revient au même, la raison établie comme rèçle suprême de la foi, la liberté de penser doit être admise pour tous. C'est d'après ce principe que Tertullien concluait que les disciples de Valentin et de Marcion pouvaient, aussi bien que leurs maîtres, innover dans la foi selon leurs caprices (2). Mais si les catholiques ne tolèrent aucune secte opposée à leur société, on ne saurait les accuser d'inconséquence dans leur marche ; ils déclarent' ouvertement qu'ils ne sont pointles auteurs de leur doctrine, mais qu'ils l'ont reçue de Jésus-Christ par le canal des Apétres et de leurs successeurs, qu'ils reconnaissent pour les légitimes interprètes de cette science divine auxquels tous les Gdèles sont obligés d'obéir et de soumettre leur manière de penser dans les disputes qui s'élèvent sur la foi. C'est pourquoi s'ils ne veulent pas accorder aux novateurs la liberté de régler leur croyance suivant leur idée, c'est qu ils ne la prennent pas pour eux-mêmes. Ils ont reçu la foi comme un dépél sacré; ils veulent que leurs frères la conservent de même.

218. D. Les défenseurs mêmes de la tolérance n*ont-ils pas fourni contre elle .un argument invincible ?

R. Voici un raisonnement fort simple tiré de leurs meilleurs principes. Us conviennent que l'Athéisme est le pius grand fléau du genre humain. J. J. Rousseau dit qu'il faut punir les Athées qui dogmatisent. Le Dictionnaire encyclopédique ( Art. Athéisme )

est Ofnnio unitatis. Sed qmi ambigat enm iolam eecteiim atquê evangeiiorum umlatem pacem estêf qua ChriêU eit, Hilar. lib. contra Auxent.

(4) Uœc est earitoi expetaida^ hœc eU contas ma jor tmperio, it /Siies luta sti , quœ sénat imperium. Ambrosius ad Valeniio. , de non restituenda Ara vtciorix.

(2) Idem liquit Valenimimtit'quod Valentino ^ idem Marcioniêtii quod klarchm^ de urbitrio mm fideminno^ vare. Tertul., de Prœscripi*^ n. 42.

fS.'S

les jage dignes de m6rt, ainsi que les Déistes «{ui nient une Providence. Or nous avons montré que le mépris de la révélation, et même l'indifférence de religion, conduisait à TAthéisme. La tolérance est donc aussi nuisible aue rAthéisme, puisqu'elle en est la mère (1).

219. D. l'intolérance théoloffique on le dogme d'une seule religion véntable et indispensablement requise au salut entraînet-eUe nteessairement l'intolérance civile ?

R. i* Quelque conduite que puissent tenii les souverains A l'égard des différentes religions qui régnent dans leurs étals ou qui voudraient s'y insinuer , l'unité d*un culte approuvé de Dieu sera toujours une vérité incontestable. L'intolérance tbéologique est donc une chose très-indépendante de la tolérance civile.

2* U est évident qu'un prince justement persuadé de sa religion doit en autoriser et maintenir la croyance selon tous les moyens que sa puissance lui a mis en main. Si son royaume est entièrement orthodoxe , pourquoi permettrait-il le mélange de la zizanie avec le bon grain, et donner à la vraie religion des rivales qui t6t ou tard pourront l'étouffer. Si l'erreur y est établie avec, la vé* rite, pourquoi ne marquerait -il aucune prédilection? Si la vérité en est exclue, pourquoi n'affaiblirait-il pas le pouvoir de ses adversaires? La persécution est sans doute un mauvais mo^en d'instruire et de convaincre; mais faut-il pour cela que le fidèle et Tinfidèle soient exactement dans le même ordre civil? Saint Augustin remarque que les remèdes temporels , sagement employés , sont très-propres à guérir Pindifférence pour les choses du ciel , et à affaiblir l'attachement à l'erreur. Dieu lui-même les emploie, et ramène par là une infinité d'âmes égarées. Bayle a beau déclamer contre saint Augustin , et l'appeler prédicateur de la perséeution. Ce Père ne dit rien que la raison et l'expérience n'aient approuvé, et sa doctrine est très-éloignée d'une doctrine persécutante.

220. D. Outre les raisons que l'unité de relieion sug^re contre la tolérance civile, générale et indéfinie , n'y en a-t-il pas d'autres fondées sur le bonheur et la sécurité des éUts?

R. L'histoire de tous les temps nous apprend que les sectaires une fois affranchis des lois de la véritable religion, n'ont pas plus respecté l'autorité temporelle que l'autorité de Dieu : et que les guerres civiles , les révoltes , les conspirations ont toujours marché à la suite de l hérésie et du schisme. Un panégyriste de la tolérance a beau nous dire que deux religions troublent Tétat , mais que trente y demeurent tranquilles. L'exemple

(I) Si queloo*un demandait qui remporte en méchancelé, reniant ou la mère, ce fenre de problème le résoudrait par ces deux vers d'un ancien :

CTuéelàê tmfer maqi$j an puer vnfnratnu iUe ? imffrobMi iUe fnter, crudelU tu quoque mater.

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de Constantinople quil cite nous apprend que cette tranquillité est due au glaive otlo* man, jiui assure la, conservation de l'Alcoran, et qui punit de mort une parole contre la doctrine du Prophète arabe. Cette tranquil* lité d'ailleurs n est qu'apparente , et se dément à la première occasion. Le germe des dissensions et des révoltes existe , quoiqu'il ne se développe pas toujours (1).

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