‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 223 sur 235 · XII. — PamU tes lois emtes pour U · texte numérisé non relu

XII. — PamU tes lois emtes pour U

bien de la société, la loi de la rdigm

est utile.

La baronne. Quelles sont, mon cher Théo, dore , les principales lois utiles à toute société 7

Théod. Ceux qui forment la société, ou It souverain qui la gouverne , doivent établir les lois les plus propres et les plus convenables à leurs Etats ; mais une loi que je crois être de beaucoup d'utilité , c'est la loi df la religion.

Le col. Point du tout , point du toot , mes amis : cela non, d'aucune façon. La religion est une chose dont chacun est maître, et TOUS Toulez que même sur ce point on relire la liberté? Je n'ai point tu d^empressemenl éçal au TÔtre pour opprimer le genre humain. Dieu nous a fait libres ; la philosophie nous Teut conserTer en pleine liberté. Si j'accorde les lois ciriles , parce que le bien de la société en dépend , je ne puis souffrir la loi de religion , parce qu'elle n'importe en rien aux intérêts de la société. La religion ne regarde que mon ame et Dieu, et elle n*a rien à Toir aTec les autres hommes, qui ne voient pas ce que j'ai dans mon ame. Le culte que

Je dois à Dieu, et la manière de lui étreagréalie, est une chose qui n'est qu'à moi, etdans laquellemes concitoyens n'ont rien à voir.Les lois m'ordonnent de ne pas mentir, de ne pas Toler, de ne pas tuer, de ne tromper personne, de ne pas manquer à ma parole, etc. Cela va bien, parce que de là dépend le bien public; mais que je sois athée , mahométan , idolâtre ou juif, cela n'importe pas aux autres hommes aTec lesquels je Tis.Jamais, baronne, TOUS ne finirez par croire que tous êtes remplie de préjuges et d'erreurs, qu'une gou- Ternante vous a mis dans la tête quand tous étiez enfant. Suivez la religion que tous voudrez , cela regarde l'intérieur de votre ame; mais en ce qui regarde la société, soyez civile , polie , gracieuse et ailable comme Dieu vous a faite : en cela vous rendrez à la société le plus grand service; et pour cet effet , n'ayez point d'antre religion que les lois d'amitié et d'amour , puisque TOUS pouvez en parler comme dame sonve^ raine de tous les cœurs qui vous connais* sent.

La bar. Que dites-vous , Théodore, do caractère du colonel? Quand je pensais qn'il serait indisposé contre vous et contre moi, pour l'avoir convaincu d'erreur , il s'épanche en compliments , en amabilités, et en expressions du plus poli et du plus galant chevalier. Votre esprit, colonel, est trèsélastique.

Le col. Je n'entends point cette parole. La bar. Je m'expliquerai. En physique, nous appelons élastique Une barre que par le poids ou par la force on plie jusque à terri et qui, si on la laisse à elle même, se lève et se redresse comme si on ne l'avait point pliée. Cela arrive i votre esprit. Quand vous vous voyez opprimé par le poids ou par la force des arguments de Théodore, vous vous pliez y quoique avec répugnance, et los»

Page 1