‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 24 sur 235 · CHAPITRE V. DiverHti des cultes établis parmi les hommes · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. DiverHti des cultes établis parmi les hommes

§ L — 221. Comment doit raisonner un homme persuadé des absurdités de la tolérance théoloffique , et convaincu de l'unité du culte quNsxige le Maître du monde?

R. il doit faire cette réflexion simple et naturelle. Si l'Etre des êtres n'a adopté qu'un culte , ce culte doit avoir le caractère et les marques de la Divinité dont il est l'ouvrage : je dois donc le chercher et espérer de le distinguer entre tous les cultes qui divisent les hommes. On peut les réduire à quatre : Tldolâtrie , le Mahométisme , le Judaïsme, et le Christianisme. Le plus raisonnable et le plus prouvé de ces cultes est celui que Dieu a établi, et que je lui dois.

222. D. L'homme est-il obligé de chercher la véritable religion, d'en étudier les marques

(1) L*autenr a maintenu dans ce chapitre la distinction très-importante de l'intolérance théologique et de rintolérance civile. La première est essentielle à toute religion qui se croit la vérité absolue ; et non seulement tout catholique, mais tout homme sensé conviendra que, sous ce rapporl , le christianisme ne saurait Taire la plus imperceptible concession à toute doctrine <^ui ne serait pas la sienne. Le protestantisme, il est vrai, doit être tolérant, diaprés ses propres principes, pour toutes les secies qui admettent la révélation, puisque chacun est appelé k interpréter, comme il rentendra, les monuments de cette révélation , ou tout n*est pas clair assurément. Mais cetle tolérance obligée du protestantisme est précisément on caractère de faiblesse : il ne pourrait Tadmetire , s'il n*avait aucun doute sur la vériié de sa doctrine.

Quant à ce qui concerne la tolérance civile , c'est là une question grave et délicate, dont la solution n'emprnnie pas ses éléments à la seule théologie. Il est bien clair qu'un gouvernement qui croit à la vérité et à rimportance de la religion quMI professe , doit faire ce qui est en lui pour prévenir renvahissèment des doctrines hétérodoxes; son devoir d'une part, et de Tautre son intérêt lui en font une loi ; car Tinvasion de toute doctrine religieuse nouvelle ne se fait jamais sans compromettre plus ou moins la paix publique. Mais il oeut arriver que les efforts du gouvernement soient frappés dMmpuissance par la disposition des esprits, ou par toute autre cause ; il peut arriver aussi que les résultats qu'il voudrait obtenir entraînent à des nécessités redoutables, devant lesquelles il doit hésiter ; il peut même se faire que sa résistance soit plus nuisible qu'utile à la cause qu'il veut défendre. Il en résulte que dans ceriatiis cas l'intolérance civile serait un devoir pour les chefs d'une nation ; mais que souvent aussi elle serait une faute, et quelquefois même une tyrannie aussi odieuse que funeste. La question ne peut donc recevoir une solution absolue ; mais on ne saurait se dissimuler que la tolérance civile ne soit devenue une nécessité de l'époque, même pour les gouvernements les moins avancés dans les voies où les idées nouvelles entraînent aiijourdliui le monde. (L. D.)

CATÉCIHSMIS

el les preures selon retendue de ses lumières ?

R. C*est comme si l*on demandait: Les volontés de l'Etre suprême sont-elles assez respectables , pour que l'homme soit étroitement obligé de s'en instruire? Les Térités, les promesses , les menaces , les récompenses, les châtiments annoncés par la religion , sont-ils un objet assez grand pour intéresser rhomme ? La négligence , l'indolence ou la

Srévention sur ce point, est-elle susceptible 'excuse , ou doit-elle être regardée comme un crime?

§ II. — 223. 0. Quel jugement un homme instruit portera-t-il de 1 idolâtrie ?

R. Celui que les sages de tous les temps en ont porté. Il n'y a pas , dans cette religion absurde, de quoi arrêter un moment les regards d'un homme qui cherche la vérité. Toutes les idoles de la terre , selon la remarque de saint Augustin, condamnent d'une voix forte la stupidité de leurs adorateurs , et s'écrient: Ipsefècit nos et non ipsi nos,

224. D. L'idolâtrie reléguée aujourd'hui chez Quelques nations barbares, n'a-t-elle pas été sage et sublime chez les Grecs et les Romains?

R. Un de nos Philosophes travaille ^ nous le persuader; il ne se lasse pas de vanter la prétendue magnificence de ce culte monstrueux, et voudrait nous persuader que c'était une chose édifiante d'adorer autant de dieux que de créatures dépendantes du vrai Dieu ; autant de vices érigés en dieux, qu'il j avait de dieux amateurs ou protecteurs du vice , et d'honorer tous ces dieux par les plus abominables désordres (1). Nos Philosophes croient avoir trouvé le secret d'une teinture qui blanchit tout ce qui est noir, et qui noircit tout ce qui est blanc.

candida de mgris^ et de candendbus atra,

2%. D. Est-il bien vrai que les anciens

KYens adoraient les statues ? Ne regardaientpas les idoles comme des figures symbolioues de la Divinité ?

R. 1* Quand cela serait , eût-Il été fort raisonnable d'adorer un Jupiter, uneJunon, une Vénus, etc., sous des figures svmboli- <|ues ? N'était-ce pas ériger en Dieu des êtres imaginaires, absurdes par leur nature, et détestables par leurs vices? N'était-ce pas diviniser le crime, justifier et encourager la icélératesse des hommes par l'exemple des dieux ?

S* Quoique quelques Philosophes ne pla-

( 1 ) Os sacrifices et ces cérémonies sont avoués par leus les ailleurs piens. On ne peut les lire sans liorreur dans les écrits pleins de zèle t\m les saints Pères ont publiés sur ces infâmes su}»erslitions. Voltaire u*en «ht Mins doute pas mieux instruit que les Origène, les TertulUen, les Lacunce, les Clément d'Alexandrie, etc. On peut voir surtout ce dernier, dans VAteriiuement des païens , I, 2, c. 3. M. le baron de Sainte-Croi« a rois tout cela en évidence d.nns ses Ménmres pour tersir à Chisloire de la religion secrète des anciens peuples « ou Recherches historiques et critiquas 9uries muêtères du Paganieme, Paris, f78i, 1 vol. iii-8. ~ four. h\tt. et tilt., 19 octobre 1785, pag. 243.

cassent point la Divinité dans les plantes , le bois, le métal, etc., l'Ecriture nous apprend que le gros des idolâtres adoraient toutes ces choses , et les regardaient comme des dieux (i). Les paYens conviennent de la même chose. Stilpon , chassé d'Athènes pour avoir dit que la statue de Minerve n'était point une divinité (2), s'excusa en disant que c'était une déesse , mais point un dieu. Sur quoi Bayle remarque que l'idée qui divinisait les statues mêmes était donc alors généralement reçue. Voltaire, après Juhen l'Apostat, nous cite en témoignage contraire quelques Epicuriens qui niaient toute divinité, et qui par conséquent ne pou valent avoîi parlé comme les idolâtres. Confondus parles chrétiens , les païens ont déguisé leurs extravagances le mieux qu'ils ont pu , et Tidolâtrie a pris toutes sortes de figures pour cacher ses traits naturels ; mais les faits et les aveux subsistent malgré les artifices d'une apologie tardive. A Ephèse , on reprochait à S. Paul, comme un blasphème énorme, d'avoir dit que les mains des hommes ne pouvaient former des Dieux (3). Le livre de la Sagesse ( Chap, 15 ) nous explique , dans le plus grand détail , l'esprit et la pratique de l'idolâtrie , et ne laisse aucun doute sur la nature de ce culte absurde. Peut-on exprimer plus clairement la croyance des païens que le judicieux Horace ?

olim irvnctts eram (icuUius, mutile Ugnum^ Quum faber, incertus scamnwn faceretne Priapwn, JUaluU esse deum. Deus inde ego,,.,

{L,i,sat.S.)

6i les Philosophes savaient mieux , ils n'a* gissaient pas mieux pour cela ; ils avaient soin de se conformer à la croyance du peu* pie et de ne pas la contredire dans la prati-* que , ni même constamment et courageuse* ment dans le langage, témoin Stilpon dont nous venons de parler. Ces prétendus sages» les plus lâches et les plus inconséquents des hommes , se prosternaient comme les idiots devant des divinités factices et ridicules.

226. D. N'avez-vous pas dit ailleurs que les anciens avaient toujours conservé Tidée d'un seul Dieu invisible , tout-puissant, éternel?

R. Oui : mais jpar là leur culte était-il moins absurde? Ce mélange d'erreur, avec un dogme si simple et si sublime, n'est-il pas en quelque sorte plus étonnant qu'une ignorance totale de la Divinité (4j ? 11 semble qu'effrayés de la destinée que la foi d'un Dieu présage aux hommes pervers , ils aient voulu faire une espèce de diversion en faveur de leurs désordres , et affaiblir par des fantômes imbécilles et vicieux l'idée d'un être

(1) Detis antem noster in cœlo^ omnia quœcumque voluit fecit, Simulacra gentium argentum et nurum , opéra nianuum hominum, 0$ habenl et non loquentur^ etc. Psal. 415.

(2) Deani non Deum esse.

(5) Paulus hic suadens , overtit iurbam , dieens : quoniam non $uiit Diij, qui manibus fiunt, Act. 19, 26

(k) Cuin cognoviisent Dennu non mut Deum glori» ficavcrunt uui grattas egcrunt. Rom. 1, 21.

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