‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 25 sur 235 · IN · texte numérisé non relu

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saint * juste , toot* puissant el terrible (1).

S m.— 227. D. Quelles sont les raisons qui empêchent un esprit raisonnable de s'attacher î la doctrine de Mahomet ?

R. i* Le Mahométisme est moins un culte réglé , établi sur Tautorité d'une révélation quelconque, qu*un Déisme commode, accompagné de quelques pratiques peu gênantes.

2* L'Alcoran est la seule et unique preuve de cette religion; c'est un livre isolé, qui n*est lié a rien , appuyé sur rien , et qui n'a d'autre garant que son auteur. C'est la judicieuse réflexion du savant évêque d'Avranches , M. Huet : Alcorano uno amne Muhan^ wiedanorwai doetrinœ prceâidium eontinetur {Dem évp^pag. 630 }• Il prouve cette assertion avec une étendue et une évidence qui ne laisse rien à désirer. Plusieurs auteurs ont démontré la même chose (2).

3* Cette législation rapsodiqùe est un tissu de choses recueillies dans les livres des Juirs et des chrétiens, et surtout dans l'ancien Testament. L'ignorance du rédacteur y a fait des anachronismes et des bévues sans nombre , jusque là que la mère de Jésus y est confondue avec Marie, sœur d'Aaron. Il n*y a au* cune liaison, aucune dépendance des choses. Les titres des chapitres sont non seulement ridicules , mais souvent sans aucun rapport aux matières qui y sont traitées , ou plutôt entassées par caprice et par égarement d'imagination : il n'est pas possible d'en faire d'autre sommaire que celui au'on voit dans Don Quichotte : Chapitre où Von dit des cho^ «es que Von saura quand on les aura lues.

i*L*Alcoran atteste la sainteté de Jésus- Chrisl, la vérité de sa doctrine*, la divinité de sa mission ; or si l'Evangile est vrai , l'Alooran est une imposture (3). On pourrait pousser plus loin ces réflexions» mais elles sont déjà plus que sufBsantes pour juger de la doctrine du Prophète arabe.

228. D. fin quels termes Mahomet reconnatt-'U la mission de Jésus-Christ?

R. €La perfidie des Juifs , dit-il , a été punie pour avoir nié la virginité de Marie , et pour avoir dit qu'ils avaient mis à mort Jésus le Christ, fils de Marie, envoyé de Dieu. Ils ne l'ont ni tué , ni crucifié , ils n'ont eu en leur pouvoir que son image ; sa personne leur a été enlevée et placée auprès de Dieu : car Dieu est juste et sage. » Les commentateurs de l'A Icoran, et surtout Ali , parlent sur le même' ton. Les empereurs ottomans, dans leurs diplômes , ont toujours respecté Jésus-Christ. Soliman II écrivait à Ferdi-

( I ) Mitiaverunt gioriam incorruptibitis Dà in itntt- Biùdmem imapnis corruplibilis heminis , et volucrum , H qmmârupedum , el seninimeiu Bom. 1 , 23.

(2) Yoy. Ludmd Vives de Mahemeie et Alcorano teasuram. — Cribrationum Alcorani Ubros 1res a Card, Cmsa. — Alcoranum a BibUandro edit. eum no(ts, 1550.

(5) il y a sur celle msiière im très-imn ouvmge mprimë a Timau en Hongrie, en 1717. Mahomrtanus m (e^ CMsU Aieorune sufraaante instructus. On lit une conférence cnricuse de quelques miKSionnaires jéâaiies avec des Mahoniëiaos , dans VHiH, soe. Jetu , j»ait Ap in fine.

nand I : Propheta Jesu , supra quem et super nostrum prophetam Mahometem sit splendor et pax Dei.,. Sanctœque ac castœurbts Jeru^ satem Dominus, —Les Maures disent que Mahomet est le Paraclet promis par Jésus- Christ... Ils ont une piété particulière envers les monuments qu'ils prétendent avoir en Egypte du séjour de Jésus et de Marie.

229. D. N'a-t-on pas vu des critiques mo« demes s'ériger en apologistes de l'Alooran, y trouver de la sagesse et des combinaisons admirables ?

R. Nous avons déjà remarqué que c'était la marotte des Philosonhes i la mode de renverser toutes les idées , et d'accréditer tous les paradoxes ; mais les déclamations les plus multipliées , le plus servilement et le plus opiniâtrement répétées , ne peuvent conclure contre la simple vue des choses. M. Porter, ambassadeur d'Angleterre à Constanlinoplc, qui avait bien étudié la théologie musulmane, ne peut concevoir que des hommes sensés lui aient consacré des éloges.

« Quelques personnes, dit-il, ont prétendu , et plusieurs pourraient penser encore que cette religion n'est pas extrêmement révoltante pour la raison, puisque l'unité de Dieu en est la base fondamentale ; mais cette initiation supoortable n'est que le pre-* mier pas vers l'abîme immense d'absurdilés queleKoran vient offrir à sa croyance. Il est obligé d'en recevoir chaque article comme une révélation de Dieu , écrite dans le ciel, et envoyée par le Tout-Puissant à son peuple, choisi dans sa miséricorde. Il faut qu'il croie fermement que lire cette révélation un certain nombre de fois par an , observer rigoureusement le jeûne du ramazan, faire des ablations sur différentes parti<»s de son corps, avec l'attenlion scrupui ^ae d^étendre et d'espacer ces ablutions suivant certaines mesures et proportions mathématiques, faire le pèlerinage de la Mecque, boire de l'eau dans laquelle a été plongée la vieille robe du Prophète , réciter en tout ou en partie les quatre-vingt*dix-neuf noms des attributs de la Divinité sur un chapelet de quatre-vinfft-dix-neuf grains ; il faut, dis*je,

Su'il croie fermement que ce sont là autant e devoirs de religion, si indispensables I^our un vrai croyant , que sans cela le cœur e plus pur, la foi la plus sincère, ne pourraient lui obtenir les faveurs du ciel ; et que ces pratiques sont les seuls moyens efDcaces d'expier tous ses crimes , toutes ses imperfections... Allez à Constantinople , voyez les alarmes continuelles dans lesquelles vivent W Chrétiens et les Juifs; les moyens qu*il8 sont obligés d'employer pour obtenir la pro* tection des Turcs en place; les désagréments énormes dont il leur faut payer cette faveur ; les injustices , les violences , les outrages de toute espèce qu'ils essuient tous les jours, et qu'ils sont contraints de dévorer en si-^ lence : alors vous pourrez vous former une idée du Mahométisme, et apprécier au juste son influence sur les mœurs de ses secta^ leurs... M. Sale, dans le discours prélimi* naire qu'il a mis à la tête de sa traducliou du

CÂTËCHISHB

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Korac , nous donne an précis très-juste de ce livre. Je suis fâché cependant d'être obligé de dire que souvent il montre trop d'empressement a en faire Tapologie, et qu'il cherche plutôt à pallier les extravagances sans nombre qu'il v rencontre qu'à les exposer dans leur véritable point de vue. Il résulte du moins un avantage de cette partialité, c'est qu'on pQut être assuré qu'il n'a pas ajouté une seule absurdité à celles qui y sont réellement , et qu'il n'a point chargé le ridi^ cule qu'elles ont dans l'original. Quelques faiseurs d'esprit hétérodoxes, pour se donner un air de singularité, si ce n'est aux dépens de l'honnêteté , au moins aux dépens du sens commun , ne se sont pas fait scrupule de se déclarer les admirateurs du Koran , d'en exalter les dogmes , et même d'oser les mettre en parallèle avec ceux qu'enseignent nos livres sacrés» {Observ, iur la religion, les loi^ » le gouv. et les mcBurs des Turcs , Neuchatel, illO, r.2, p. 22).

230. D. L'Alcoran n^a-t-il pas des passages sublimes et touchants ?

R. Il n'est pas possihle qu'un homme qui a

(»ris le langage des Juifs et des Chrétiens sur a Divinité , n'ait rien écrit de sublime et de touchant. Mais ces beautés étrangères doivent leur mérite aux sources dont elles sont dérivées. L'idée si simple et si grande d'un seul Dieu créateur, transplantée de l'Ecriture dans l'ÂIcoran , a dû conserver sans doute quelque chose de son intérêt et de sa majesté.

231. D. Mahomet n'a-t-il pas la gloire d'avoir fait adorer Dieu dans une grande partie de l'Asie et de l'Afrique?

R. L'oracle des Philosophes modernes nous rassure ; mais ceux qui lisent l'histoire savent

Sn'avant Mahomet l'idolâtrie était annéantie ans presque toutes les provinces que l'AIcoran a subjuguées. Ces messieurs réservent leur admiration pour Mahomet, corrupteur du Christianisme déjà établi , et la refusent à Jésus-Christ , destructeur de toutes les idoles et de toutes les erreurs.

232. D. Comment le code plagiaire de la législation mahométane a-t-elle pu asservir de si grandes provinces 7

R. 1" Par l'attrait des plaisirs sensuels, qui fondent pour les Musulmans la félicité de cette vie , et l'espérance de l'autre.

2* Par la terrible alternative qui appuyait la prédication de ses Apêtres : Crois qu^notre Prophète aparté à V Ange Gabriel, ou je te tue. Voilà , dit M. d'Alembert, toute la preuve du Mahométisme , et la raison de ses progrès. Mahomet disait lui-même qu'il ne faisait point de miracles , et qu'il était venu établir sa religion par les armes.

§ IV. — 233. D. Quel jugement doit-oi^ porter de la religion des Juifs ?

R. Autrefois pleine de majesté et de grandeur, fondée sur la révélation , illustrée par de grands événements , elle est aujourd'hui en quelque sorte anéantie, sans prêtres, sans temples, sans sacrifice, sans vigueur et sans exercice de ses lois. Ce qui en subsiste encore, renvoie évidemment au Christianisme.

23&'. D. Comment la religion des Juifs renvoie-t-elle à celle des Chrétiens?

R. Par la liaison intime et indivisible de l'ancien Testament avec lé nouveau , par les figures , les prophéties , les dogmes qui promettaient un législateur tel q^ue les Chrétiens le reconnaissent. Accord admirable qui faisait dire à S. Jean que l'agneau destiné a l'abolition des péchés des hommes avait été immolé dès le commencement du monde (1). L'attente du Messie est encore aujourd'hui comme l'essence de la religion des Juifs, et ce grand article de leur croyance a de tout temps puissamment agité les colonies de .cette nation éparse (2).

235. D. L'état actuel des Juifs ne concourtil pas , autant que leur religion , à prouver la vérité du Christianisme? *

R. La chose est visible. 11 n'y a jamais eu dans le monde d'état semblable à celui des Juifs ; et cet état marque visiblement la colère de Dieu attirée par un crime énorme et inouï depuis l'existence des hommes. Or rien n'explique mieux la nature de ce crime, ni ne justifie mieux la conduite de Dieu , que la religion chrétienne , comme on le verra dans le livre suivant.

(t) in libro vilœ agni qui oedsiu est ab originm militât. Apoc. 13.

(2) L*abbé Rossî a fait riiistoîre de plusieurs fau\ Messies qui fixèrent la crédulilé des Juifs , et fnreni autant de punitions de Tobstination avec bquelle ils avaient méconnu le messie véritable. Delta vana aspettatione, etc.

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