CHAPITRE in. Preuves du Christianisme
296. D. Outre les caractères de vérîté qui l'Evangile porte en lui-même et l'authenticité des livres qui en transmettent les dogmes , sur quelles autres preuves sa croyance est-elle fondée?
(t) Joannes septem Eçctesiist quœ sunt in Âsia. Gratta vobis et pax ab eo qui est, et qui erat et qui vralumi fi4. Apoc. i, 3.
P111LOSOPI1I(>(JE.
R. Sar les faits les ptu$ iticonlestables ; tels que aonl les miracles , raccomûlissement des prophéties , la propagation de rEyangile, les martjTSy etc.
Abticlb I. Les miracles,
I 1. — 897. D. Qu'est-ce qu'un miracle ?
R. C'est un événement qui n*a pu arriver par ancune cause naturelle, qui est contraire aut lois constantes et reconnues de la nature , et qu'on ne peut ainribuer qu'à l'auteur et an maître de la nature même.
ddS. U. Les miracles 8ont<41s possibles ?
R. En douter, c'est douter de la toutepuissance de Dieu , et dès lors de son existence. On il faut se dire Athée , ou reconnaître la possibilité des miracles.
299. D. Des Philosophes n'ont-lls pas enseigné que Dieu ne pouvait violer les règles éternelles de la nature, qu'il est essentiellement ami de l'ordre , que tout nnracle est un désordre physique » etc. ?
K. Quand les Philosophes raisonnent de la sorte ils ne s'entendent plus eux-mêmes. Quoi, Dieu no pourra empêcher un roc de m'ccraser, il ne pourra me soutenir sur les eaux y ni me conserver dans les flammes , quelques raisons qu'il puisse en avoir, parce
Sue les lois de la nature ont posé les bornes e sa puissance ! D*où viennent ces lois? Qui leur a donné une marche uniforme ? L'ordre physique est l'ouvrage de Pieu : quand Dieu veut Y déroger y il est très en ordre que cette dérogstion se fasse, et il est en ordre qu'il le veuille quand des raisons dignes de
sa sagesse l'engagent à le vouloir Les lois
de la nature périssent-elles par quelques exceptions passagères ? La pierre ccsse-l-ellc d'être pesante, le (eu brûlant , les eaux liquides, parce que dans un grand nombre de siècles il y a quelques moments où ces qua^ lîtés restent sans effet? Que deux hommes dont l'un sait nager et l'autre ne le sait pas tombent dans la mer; que Tun par son adresse et sa force se sauve à la nage , et que l'antre soit sauvé par un secours miraculeux, il n'y a pas plus de dérangement à rouTFage de Dieu dans le second cas que*
dans le premier Que penser d*Qn petit
être qui ignore comment il peut remuer le bout de son doigt* et qui décide sur ce que Dieu pent ou ne peut point faire dans le gon^ vemement du monde? Ecoutons un moment un des plus grands adversaires des miracles. « Dieu peut-il faire des miracles,
• c'est-à-dire peut-il déroger aux lois qu'il a
■ établies ? Cette question sérieusement trai-
■ lée wtnAi impie , si elle n'était absurde. Ce € serait Caire trop d'honneur à celui qui la « résoudrait liégativentent que de le punir;
• il suffirait de l'enfermer »(/./. Rouss. un. de ta Mont., p. 9'* ).
300. D. Quelle raison Dieu peut-il avoir de faire des miracles ?
R. Un être inGnimenl saint, juste, bientaisant, ne peut manquer de motifs d*exercer . quelquefois sa puissance contre le cours ordinaire des agents physiques, et pour nous renfermer dans des matières de reUgion, Toici rx>mme je raisonne : Nous avons montré
la nécessité d'une révélalien , d'où nous concluons que Dieu veut la faire connaître ; et si^ les miracles peuvent servir à ce dessein , Dieu a eu des raisons très-sages de les employer. ,
§ II. — 301. D. Les miracles peuvent-ils servir à prouver la religion?
U. Comme les miracles sont*des œuvres de Dieu même , il est évident qu'il ne peut s'en faire en faveur de l'erreur. Il est donc aussi certain qu'une religion conCrméepar do vrais miracles est la véritable, qu'il est certain que Dieu est ennemi de l'imposture et de la séduction.
302. D. Ne dit-on pas que les démons, amis et propagateurs du mensonge, ont le pouvoir' de faire des prodiges?
R. L'activité des démons ne peut être ni aussi bornée, ni aussi dépendcinCe, ni aussi facilement arrêtée que celle des hommes , puisque ce sont de purs esprits : ils ont plus de connaissances et plus ae force. Elle doit donc opérer des choses incomparablement plus surprenantes une tout ce que saurait produire l'industrie liumaine.
303. D. Puisque le démon a le pouvoir d'opérer des choses qui sortent de. l'ordre naturel , comment les miracles peuvent-ils servir de preuve à la révélation ?
R. I. Quelque pouvoir que Ton attribue au démon , il y a eu des miracles , tels que la résurrection de Lazare , la résurrection de Jésus-Christ, etc., que le démon ne peut contrefaire', et qui sont évidemment l'ouvrage du Maître oe la nature, qui vivifie tous les êtres , qui appelle ce qui n'est pas comme ce qui est, qui étend son bras sur l'espace immense du néant comme sur le séjour de la vie (1).
H. L'Ëeriture, en nous parlant des prodies opérés par les démons, les api>ellc de aux prodiges , des illusions , des mensonges (2). Yotià à peu près à quoi on peut les réduire: 1* au pouvoir de mouvoir, d*ébran- 1er, de transporter les corps. Ainsi voyonsnous que Satan , ayant eu la permission de persécuter le serviteur de- Dieu Job, assemble dans les airs , et en fait tomber des feux qui consument tous ses troupeaux ; il excite des vents et des tempêtes qui ébranlent, renversent la maison où la familfe de lob est assemblée, et écrasent tous ceux qui s*y trouvent : 2** à une agilité inconcevable. Les démons peurent passer d'un lieu à un autre avec la mênM> rapidité que la pensée d'un homme parcourt toutes les parties de Tuni* vers : il n'est donc pas surprenant qu'ils puissent annoncer des choses qui se passent ou viennent de se passer dans des lieux trèséloignés : 3' à une intelligence bien supérieure à celle de l'homme , parce qu'elle n'est pas sujette à rinfiuence du corps. C'est pour
(l) Rcturrectfonem morluis imperare , divinœ soUum est peteuntis. Ainb. in cip. 4 Lucnc: M. Iluel ( DéniousL évnng., p.550j etleP.Criircl(Pr«iwi dethiê» tohe) (lémonlrenl in fausseié de loalcs les prélcndues ré urrccliolis rapportées par le» Païens.
(5) In vgnh et ptodi^ih mcndaïibtts. î Tlicss. 2, %
aTCCiiISME
cela que Platon , Mutarque cl la plupart des anciens' philosophes les appellent daimones, (fest-à-dire,inlcingents, connaisseurs. De là vient qu*en examinant la conduite , le caractère et les dispositions des hommes , ils font des conjectures plus justes , devinent assez souvent 9 et même peuvent prédire quelquefois asse^ sûrement ce qui doit arriver en certaines circonstances. Mais ils ne peuvent prédire des choses qui ne doivent arriver que dans des temps éloignés et qu'ils ne voient pas déjà comme préparées. &* On peut ajouter encore leur malignité ; car si nous consultons les auteurs sacrés et les auteurs profanes, nous verrons que c^est surtoul par des fléaux et des désastres que les démons signalent leur pouvoir, Ëusèbe de Césarée, aans son cinquième livre de la Préparation évangélique , nous en cite une grande quantité d*exemples tirés des auteurs païens. De tout cela il faut conclure que les démons sont très-capables de faire des choies très surprenantes; sans que ce soient de vrais miracles , et qu*il faut apporter une grande attention pour se garantir de la surprise et de Terreur.
m. Il s*agit des miracles opérés parUnvo*
qn il se fera en effet des prestiges propres à induire en erreur (1). C'est ainsi que les magiciens de Pharaon ne purent égaler les miracles de Moïse. C*est ainsi que, malgré les prodiffcs que le démon a pu faire pour autoriser Te paganisme , il était aisé de s*en détromper par Tabsurdité visible de ce culte insensé. Ceux qui se laissaient séduire et gagner à Terreur étaient, suivant le témoignage de TEcriture (2), des hommes aveuglés par leurs passions , qui ne cherchaient qu*à se maintenir en sécurité dans la voie de perdition (3). ^
i III. — m. D. L'histoire de tous les siècles n*est-elle pas remplie de (ails controuvés qu'on a publiés pour des miracles? Que n'at-on pas raconté d'Apollonius de Thiane? N'a-t-on pas prétendu opposer ses miracles à ceux de Jésus-Christ? Le diacre Paris nV t-il pas eu la réputation de guérir les malades , et de donner des convulsions à ceux qui seDortaient bien?
H. d'est très-mal raisonner que de dire :
(1] Dabunt iîgna magna et prodigia , Ha ut in errotem mducantur, n /!<rî poteit, eliam electi, Mauli. 2i, 24. En générni toutes les .itlaques livrées à la Ueli-
^«.fSr^n #1» 5..0Î nî/>i» Ainci M/^vco inv/^rtiio gîoH , par là méiiic qu'clles oiU été prédîtes, devicift cation du vrai ^^^^H; ^\^/» ^^^^^^ Sein des preuves de U Religion, flemimiramini. ^
le Seigneur pour diviser les eaux de la mer ^^ ^ixi vobU. Joan. 46 , 1. Dico vobh , priuifLm
Uouge (Exod. 14); Isaïe pour donner à Kzécnias une assurance miraculeuse de sa guérison ( k Reg. âô ) ; Elie pour ressusciter le Gis de la veuve de Sarepta ( 3 Reg. 17 ) ; ainsi Pierre commande , au nom de Jésus- Christ, au paralytique de se lever et de marcher ( Ad, 3 )«.
IV. Il s'<igit des miracles employés pour faire connaître ou pour attester des dogmes que la raison ne pourrait pas découvrir, et auxquels elle ne pourrait pas atteindre d'ellemême , ou pour autoriser quelques points d'une morale, pure , sainte et conforme aux lumières et à Téauitc naturelles. Ainsi la plupart des miracles de Jésus-Christ se font pour attester sa divinité et sa mission en qualité de rédempteur et de législateur du genre humain. Il demande à Taveugle né s^il croit au Fils de Dieu : Credis in Filium Dei ( Joan. 9, 35 ) ? Il remontre aux Juifs que , s'ils ne veulent pas en croire à sa parole, ils doivent en croire à ses œuvres : Si mihi non tidlis credere, operibus crédite ( Id. 10, 38 V. 11 déclare que la mort de Lazare servira à le faire connaître pour le Fils de Dieii : Ut glorificetur Filius Dei per eam { /{/. 11 , it ). Lesr miracles étant le plus disne langage ae Dieu , ils ne doivent élre employés que pour des choses dignes de Dieu.
y. Quand les opérations du dénion combattent la vérité, la religion, la vertu, il y a toujonra des moyens de se désabuser et de se défendre de la séduction. C'est ainsi aue tout ce que les démons pourraient foire de merveilleux en preuve contre le Christianisme est réfuté d'avance par les miracles de Jésus- Christ et des apôtres , par toutes les preuves qui démontrent la divinité de notre fol, et par Taverttsscment que l'Ecriture nous donne
lot, ut cum faclum fuerit, credatiê, Joan. iS , 49.
(2) In otnni seductione iii qui pereunt\ eo quod caritateniveritatii non receperunt , tt< $aki fièrent , ideo mitlet Hlii Deui operationem erroris ut credant mendacio. 2 Thess. % 10.
(S) II y a mallieurensemenl plus d*un point faible dans cette théorie de Tauteiir au sujet du pouvoir des démons. Cette considération qui! fait valoir en dernier lieu en est un excmpiot- Il faut selon lui attribuer au démon un prodige avéré, lorsque ce prodige est fait en faveur d*une doctrine absurde. Or ce système de juger du miracle par la doctrine ouvre la voie à tontes les chicanes de Tobstinnlion, quclqu'en soit la source. Qu'un Su François Xavier ressuscite un mori en présence d*un maliomélnn, celui-ci pourra aitribner le miracle au démon, nMcndn,dira-t-{l,qu*tl est opéré en faveur d'une docirinc absurde. Pour le mahométan rien ne pent être plus absurde que lé dogme de la Trinité, et celui de Tincarnaiion drun Dieu, ci eelui de rEucbarislie. Par la même raison, les Juifs attribuaient au démon les prodiges de' Jésus-Christ. Quand il leur disait nu'il existait avant Abraham . c'était, à leurs yeux, la pluâ absurde des doctrines ; aussi voulaient-ils le l.ipider à Tinstant même. Us auraient donc été dans leur droit en rejetant les miracles de Jésus-Christ comme des prestiges du démon.
Les démons, pas plus que les hommes, n>nt aucun pouvoir par eux-mêmes : ils n*ont que celui que Dieu veut bien leur accorder; et il y a lieu de croire que, dans les faits de Tordre physique et dans les circonstances ordinaires , ce 'pouvoir ési excessive* ment restreint, pour ne tien dire de plus. Si, en vertu de cette concession, les démons pouvaient déranger le cours de la nature, comme cette domination sur les loiiï naturelles est Tattribut du créateur lui-même, les hommes seraient induits en erreur. Donc, ou les démons ne peuvent réellement opérer des prodiges, ou Dieu doit donner aux hommes des moyens faciles de reconnaître rorigine des miracles de mauvais aloi. Dans Tun et Tautrc cas, les véritables miracles, ceux qui viennent immédiatement do Dieu , n'ont rien h souffrir de la concurrence des prestiges que les démons pourraient exercer. (L D.)
riIILOSOPIHQUE.
Il y a de Ihux miracles , donc H n'y en a pas de yrais. La raison Tcnt qn^on formé une conciDsion toute contraire , ctqu*on dise: Il y a de faux miracles, donc il y en a de Trais ; puisque nous remarquons en toute chose que fa fausseté es\ imitatrice de la yérité , et que rimposture exprime là nature des événeoients véritables. Jamais on ne se fût figuré de faux miracles , ni avisé d'en inventer, s*îl n'y en avait eu de réels (1). Qu'on ne dise pas que les merveilles de la nature et les secrets physiques ont donné l'idée des miracles: les miracles rapportés dans TEcriture et une infinité d'autres n'ont aucun rapport avec des secrets naturels. — II n'y a que la plus ignorante incrédulité qui puisse comparer les Impostures d'Apollonius do Thyane avec les miracles de Jésu^-Christ. M. Dupin dans l'histoire qu'il a faite de cet ApoUonius observe, comme Eusèbe (^rac^ adv. Hterocfem) l'avait déjà observé, 1" qu'elle est destîtaée de témoins dignes de foi ; 2* que la narration où Philostrale rassemble , deux cents ans après la vue d'Apollonius, les mémoires de Damis, son compagnon, a évidemment le ton d'un roman , et que Philostrate n'a pas prétendu faire autre chose ; 3- que les miracles attribués à Apollonius ont des caractères visibles de fausseté , et qu'il n*y en a pas un seul qu'on ne puisse attribuer à l'adresse, au fiasard ou à la supercherie; 4* enfin, que la doctrine de ce Phiio* 50phe est contraire à la droite raison; et qu'ainsi Dieu n'a pu l'appuyer d'aucun miracle. A cela nous ajouterons qu'Apollonius n'a point prétendu instituer de religion ; çu'il ne s'est point donné pour envoyé de Dieu ; qu'il n'a rien fait jpar l'invocatioii du nom de Dieu ; que s'a mémoire et celle de ses prétendus prodi^ s'est perdue chez tous les peuples , qu'il n'en reste aucun vestige , aucun monument, aucune tradition , même populaire , aucun effet enfin et aucun événement qu'on puisse leur attribuer, ejLc. C'est donc ÎRsultcr le t^n sens que d'opposer ces contes à des faits dont l'authenticité a passé tant de fois par le plus rigoureux examen , qui ont converti le monde, et qui ont f)aru à tous les hommes attentifs être l'opération de la Divinité. — Les scènes scandaleuses arrivées au tombeau du diacre Paris, de préten* dus prodiges, absurdes et ridicules de leur nature, soutenus en vain parde^s intrigues et des récompenses, reconnus faux dès leur naissance, mille fois convaincus d'imposture, et dont la croyance n'engageait à rien , ont autant de' ressemblance avec les miracles do TEvangile que les farces de la foire. —Ne vous imaginez pas (écrit un protestant judicieux, témoin de ces scènes humiliantes pour la nature humaine) que la vertu émanée du corps du bienheureux Paris ait la force de ressusciter des morts, de rendre l'ouïe i tin sourd, de donner la vue à un
(I) Il iry aumit fi.ns de faasse monnaie , s'il n'y cil avdiitle bonne ; nlera*t«oti qu*il y ail de vcriiai>tt*s pt^es (Targciit « parce qu'il y en a do ratisses ?
\JLt* 1/k/
aveugle de naissance, de faire marcher un cul-de-jatte. Jamais elle ne s'est avisée de pareils prodiges; non. C'est un abbé Becheran , qui , couché sur le tombeati , saute à se', briser les os; et , dans des accès convulsifs ,> fait le saut de la carpe sans se faire mal. Co sont des fous qui avalent des cha'rbons allumés, qui gobent comme pèches des cailloux fros comme le poin^, que l'on frappe des emi-heures sans qu'ils paraissent le sentir, qui souffrent dix hommes marchant sur leur ventre , etc. Je regarde tout cela comme des tours de passe-passe; et j'ai vu dans mes voyages vingt joueurs de gibecière qui feraient nargue à cette vertu miraculeuse (1). {Rec. de Uitér., dé phtl. et d'histoire, ÀmS'ferd., naOjjp. 123).
(1) Aux questions précédentes, on doit anjonrd*hui ajouter une quesiiou du même |^enre, et plus ~ imporianie que la discussion des miracles opérés par le diacre Parts. Elle consisie à savoir £e qu*on doit penser des merveilles produites par le magnétisme animal. Or voici d^abord les divisions logiaues qu'elle présente : Ou les faits supposés sont entièrement faux; ou bien Ils sont intégralement vrais; ou enfîn, il:» sont mêlés de Traî et de faux.
Si l(*s faits attribués au magnétisme animal sont de porcs chimères, il n*y, pas lieu d*en discuter le principe et la portée. L*opinion qu*on 8*en fait est le produit d'une erreur Innoccnle ou du cliarlaianisme^ 1\b sont alors regrettables ou condamnables, suivant le cas ; mais nous n'avons pas à nous en occuper ici.
Si les faits an contraire sont entièrement vrais , la question devient des plus graves , sous tous les rap-
{»orts. Pour ne citer que quelques-uns des plus sailants parmi ces faits merveilleux, les personnes magnétisées et mises en état de somnambulisme verraient, les yeux ferm^, avec le front, Testomac, le dos , - des objets éloignée d'eux ; elles aperc& vraicnt distinctement à cent lieues de distance tout ce que fait une personne enTermée entre quiitrc murs; elles reconnaîtraient parfaitement à Tintérieur de leur corps et de celui d'autres personnes, les lésions organiques, et le siège des maladies ; 8:ins aucune connaissance médic;Ue Ou anatomiqtie, elles en donneraient des descriptions fort précises, et, qui plus est, prescriraient le traitement et les remèdes convenables, sans les connaître, ni en avoir jamais entendu parler. Enlln elles seraient constituées dans cet état prodigieux par quelques attouchements et surtout par la seule volonté du magnétiseur.
En admeuaut la réalité de ces faits , il faudra considérer le magnétisme ou comme une fone naiu» rW(e inconnue jusqu'à notre, époque et nouvellement découverte, ou comme un pliénoinène d*nn ordre «ur<^ mlureL La preinière hypothèse , si elle n'est |)as rigoureusement impossible , est infiniment peu vrai« * semblable ; et 11 y a tel miracle incontesté qui u*est pas anssi merveilleux que la faculté donnée aux somnambules de lire avec le dos un livre qu'ils no connaissent pas , et de voir à travers les murs l'usage
au'uiie personne fait de ses doigts à eent lieues de istance. Dans la sphère où notre jugement s*exe:ce, nous ne saurions guère distinguer rationnellement de pareils faits supposés naturels, et des faits d'un ordre véritablement mimculeux. Encore une fois, et quoi qu'on ait pu dire sur la puissance de la volonté humaine, appliquée à desespriis faibles qtrelle exploite» les faits que nous signalons, sortent maaifestemeni de la classe des faits naturels.
Mais si ces faits ont le caractère de Tordre suina- '
305. D. Par auci moyen peut-oti distinguer les miracles cecU' d*avec les miracles aulo-r rl&ci par la crédulité du jpteuple, et iuvealés par rimpo&lure ?
liireK à mii, à quelle paissance fuul-il les aUribucr ? Stmi-ec (les ceuvres de Dieu; et aj^artieimeiii-ils à la eatëgorie des vérUables niracles ? Nous pouvons réiMMidro négaiivéïnenl , sans hésiter le moins du roonde; et iiotce ineréduUié sera partagée par iota leclfinr, si Ton considère d'une part que l'on n^aperçoit nullement le but de semblables miracles^ et de Faulre que ni rauioriié religieirse ni les magnétiseurs eux<*>mêmes n^iccoplenl cette idée. Il y aurait beaucoup de remarques à bire dans ce sens, si lonl le monde n'était «raccord sur ce point.
Or si nous écartons Pidée d*une intervention surnaturelle de la part de Dieu, il n'y a pas d*aulre Siarti à prendre que d'attribuer au démon ces proiges. Il est vrai qu'on ne voit pas davantage dans quel hnl ces prestiges seraient produits, si le (Jémon en étiit l'auteur ; mnis, encore une fois, si les faits sont d'un ordre surnaturel » et qu'ils n'émanent pas de Dieu 4 il n'y a pas d'autre solution que de les attribuer au dém(m.
Tient maintenant la troisième Iiypothèse , oi!i Ton admet un mélange de vrai et de (aux. A priori , l'on |ieut juger une ce système est le plus s.ige , car tel est en général , le double caractère des opinions et de toutes les choses humaines. Mais pour décider à quel prfnetpe il fout rapporter les faits du magnétisme If ftuHfrait connaître avec précision quelle est la part du vrai» et quelle est celle du faux. Si le vrai re« connu et constaté ne dépasse pas la limite probable des forces naturelles , le magnétisme ue sera qu'un objet d'étude physiologique, plus ou moins digne d'aiieotioa el aiuiéréi. Elans le cas contraire , nous retombons sur la solutioacorrespoudauteàla sccondQ iiypotbèse.
Telles sont les réponses catégoriques qui nous semblent devoir être faites k la question, envisagée sous ses diflércAtes faces. Mais cela se réduit à qua- Ktter les laits, et à leur donner une interprétation purement théorique. Reste à savoir ce qu'd faut peu* ser ue leur réalité, «le vais exposer mon o|ûnion à cet égarda
Il y a dans les faits du magnétisme quelques parcelles de vrai , et beaucoup de faux. Les pM$et ma gnétiqti^ ont pour effet assez ordinaire de produira un eflgoiirdîssenient et une sorte de smnmeil, et, dans cet eut, d'exalter h divers degrés la sensibilité physique des s^j€^êàt l'expérience; ce qui fteut favoriser la e«re de quelques maliidies. Mais les effets réels ne vont p'is au-delà. Ou peut concevoir quelque idée de cette influence physîolf^inue, en songeant à celle qu'exerce sur nous la vue d une personne qui baille « on qui est prise d'un rire convulsif ; il nous arrive souveut de hailler et de rire malgré nous dans de semblables circonsLances. De plus u ne faut p:is oubliiar que tout le monde n'est pas apte à subir les Influences magnétiques : elles n'agissent guère que sur des personnes d'un tempérament tr&-impressiônable.
Quant aux faits véritablement merveilleux que nous avons cités plus haut et à tout ce qui dépasse la mesure que je viens de fixer, je n'hésrte pas à dire que c'est pur charlatanisme , un composé de trois quarts d'imposture, et de crédulité pour Pautre quart. J'ai eutemlu parler bien haut de faits avérés, de témoignages digues de foi ; mais en fait de merveilles aussi excenu*iques , et naturellement si peu croyables il faut avoir vu soi-même pour ne p.ts risquer d'être dupe; Or le lecteur remarquera que ces résultats merveilleux sont toujours de telle nature qu'il n'en reste jamais de lr.ices qui puissent offrir aux hommes sérieux le moyen de vérifier par
GATÉCHiSMB
u. !• Quand un miracle e&l r^^pporlé pat des témoins oculaires ; 2'' quand il est confirmé par Tavou des écrivains du parti contraire; 3" quand il a causé un événement mémorahlc qui sert à en constater la réalité; 4*" quand Le bruit s*cn répand avec éclat ot avec uniformité de récit dans de vastes provinces ou dans le monde entier ; 5' quand il est publié par des gens non suspects , sans intérêt à inventer ou à accrcdiler le faux ; 6* quand ceux qui rattesteat donnent leur vie pour en défendre la certitude; quand, dis-jc,. toutes ces choses se trouvent réunies en faveur d'un miracle , il est insensé de le nier ou d'en douter. * 306. D. I>écouvrez-vQu& ces signes d'un vrai miracle dans ceux de Jésus-Cbrist ?
K. V Les miracles de Jésus-Christ sont rapportés par ses Ap6tres et ses Disciples , qui on( vécu /avec lui , qui ont été les dépositaires de sa doctrine et les témoins de ses œuvres. 2" Ils sont avoués par les plus zélés adversaires du Christianisme ; Julien, Celsc, Porphvre, les Thalmudistcs n*en doutent pas (1). 3- Le monde converti à Jésus-Christ est un monument visible et siibsistanl de ses miracles; si celte conversion s'était faite sans miracle, elle serait elle-même, suivant la remarque de S. Aug[ustin , le plus grand de tous les miracles. 4' Une grande partie de la terre a retenti de Thistoire de ces mi^ racles dans le temps même qu'ils s'opéraient. Saint Paul disait au roi Agrippa qu'un prince ne pouvait ignorer des choses si publiques et si connues (2). 5' La publication de ces miracles exposail les Apôtres aux plus grands outrages, aux souffrances et à la mort. Leur intérêt demand*ait qu'ils en dissimulassent la vérité, et qu'ils prissent le parti dusilencc^ C" Les Apôtres ont confirme par. leur mort le (émoipage rendu aux mentes de Jésus- Cbrist. fout ce que nos incrédules ont opposé à ces observations, a été victorieusement réfuté par M. Bergier (Cerlit. des preuves, !'• part., c. 3, 4, 5) ; nous ne nous y arrêterons pas davantage. Jusqu'ici l'on n'a point répondu à l'ouvrage de ce célèbre apologiste de la religion. L'on ne peut regarder comme une réponse la déclamation qui a paru sous
eux-mêmes ce qu*ils ont entendu dire par d*autres. Une enquête assci récente faite par TAcadémie royale de médecine, sur Tinvilation d*un magnétiseur célèbre, n'a produit d'autre résultat que d'affermir les commissaires dans leur incrédulité.
Je pense donc qu'il ne faut ajouter aucune foi aux eflets véritablement merveilleux du magnétisme , et qu'en oareille matière, ce n'est pas contre les prCHiiges du démon qu'il faut prémunir les hommes , mais contre reffronlerie des jongleurs et leur propre crédidilé. (L. D.)
(I) Voyez rilistoire de l'établissenitMil du Cliri?tianisme , tirée des auteurs juifs et p:ilens , par M. Bttllet ; à Paris , chez Berion. — F.e témoignage d»'5 anciens Juirs et Païens en faveur de la Religion chrétienne, par M. Lardner.— Yériîé delà Religion cinétienne prouvée par le témoignage des Païen i , par le P. de Colonia.
<2) Scit eitim de hU t*x , ad quem et constanler hquor : latere cuim eum nil horum nrbitror, Neque emm in nugttlo quidqHam horum geslum est, Act. 2(i.
^^ riiiLt)swmQrE.
le nom de Conseils raùonnabïes (1). €cs ron- .««75 ont été réfutés dus qu'ils otit paru (2). Une lellrc insérée ddns \e Recueil philosophique a eu le même sort (3), ainsi que la diatribe plagiaire de Gibbon^ (i). Quand au Traité historique et dogmatique de la vraie àeli*jion , ouvrage vaste cl profond , un peut assurer d'avance que les incrédules n'essaieront pâs même de le combattre par des raisons.
30Ï. D. Que fàrut-il penser du fameux passage de Flavius Josèphe sur la personne elles miracles de Jésûs-Chrisl ?
(1) Le monde litli^raire ei le monde cliréiicii ciaieitl égalcrooiit auentîfs à la ri3ponse que reniiciil U»s phik>s(»p1>es à la Réiutalion rft\ texamen crUuftie aitrioîié à Frérel ; ils avalent cru ou feint de croire que cet ouvrage ne serait jùninis Bolidenieiil réfuté; ils TaTaieni prôitë comme un chof-dVuvre de crU\qne. Voilà te plu» grand coup , dis:dt Vnllarre , tftt*om tettr aiî porté. Cependant la Certitude des preures du Cànsiimnsme eul un succès qui épuisa en peu tie temps cinq oo sii éditions ; elle fui Inuliiiie en «faulrfs langues, accueillie dans les pays étrangers aTi*c la ménie faveur qu'en France, ei Tincréduliié perdîi un grand nombre de ses partisans. Plusieurs écrivirent à ll^ Bergîcr pour le remercier de leur avoir dessillé les yenk, et tihs au jour les impostures, les s«ipiiismes , les artifices du critique aiiti-chTéiieii. (kl seoi de quel oeil nos esprits forts virent cotte ré« volulinn. il fallait répliquer et détruire la Certitude drs preuves^ ou s*avouer vaincu. Personne ne se pré- S'-n ant pour combattre , le vieux chef des philosophes à fimilntion de ces vieux capitaines qui , dans ics grands périls de la patrie , quittent leur retraite pcKir voler a son secours , se chargea de cette cxpéilûioa. U'adressa à M. Bergier des Con$âlt raisonna' bteê. n fait parler de jeunes bacheliers en théologie qui , enseignant à être raisonnable » déraisonnent eux-mêmes h chaque instant, et qui, sans s'rntiuiétcr de Cl? qui a é:é dit et réfuté dans la Certitude des preuves . font un abrégé du Diciioimahre philosophique , de YKxamen imporiant^ du Dîner du C. de BouliànvilHers, etc. Ces! ce qu*on a appelé Conseils raisonnables : yAnKii% \tire ne Tut moins assorti an livre. On y tou* «hc nii doigt reiiibatras et la faiblesse du génie, lorstiutl est cnjpiôjé à la défense d*une mauvaise cause. Oit cmil voir un hommo qtrune chute imprévue en« :nijne dans un précifiice : il s*aCtact)e tantét à une branche d*arbre , tmiôl à une pointe de rocher, jus- (\\Ch ce que tout lui échappe , et qiiM tointie au fond de Pabime.
(2) Réponse aux Conseils raisonnables. A Paris , diez llomblôt, 1771.
(5) X*autenr est réduit h répéter quelques objections auxquelles on a le pins victoricnscment répofidn, saas oser se plaindre, ni même- faire mention des réponses. S'il est vrai qn*on juge sainement des livres comme des hommes par la nature de la société où on les voii engagés, on ne peut avoir fprut'e très-mauvaise opinion de celle lettre. Elle se trouve dans la compagnie de dem dissertations contre rinmiortalité de Tâme , et d*ane apologie du suicide , S41US le titre de Recueil philosophique.
(4) Cet Anglais, à la fin de son Histoire de la décadence de Vempire , a iftché de réchauffer quelques endroits de Y Examen cfiêique, malgré rhamiliunle pu^*:iu;ion de ne citer les autorités que d^une ma- 'liére vague et indéterminée (le titre, |)ar exemple , iJ*un ouvrage ou le nom de Fauteur ) , afin qii*on ne pût les vérifier. Bf . Davis et M. Spedalieri , Tim en anglais , Tautre en Italien , ont dévoilé sans grand rif.rt «.es artifices et sa mauvaise foi. ( Voyez fe Jour», fttêt. et tht., 15 juillet i78G , pag. il7.)
R. S. Jérôme , Eusèbe, Isidore de Péhnre , Sozomène, Suidas, Grolius , Huet, Casaubon, Isaac et Gérard V.ossius , Ussérhis , eît., n ont pas douté que ce passage ne fûl de Jt> sèphc. On peut voir là-dessus Huet ( Dém. j'vpna., prop. 3, n- 11). Maïs s'fl n'est pas do lui , il en résulte un argument dont nos incrédules ne s'accommoderontguère. Ou Josèphe a parlé de Jésus-Christ, on non ; s'il en a parlé , qu*on nous montre lin passage dfBfé*renl de celui que nous y voyons : sll n'en a pas parlé , un silence si affecté sur des événements qui avaient fait tant de bruit dans Je monde, annonce plus que tout ce qu'il eût pu en dire. 11 parle de S. Jean^Baptisle et do sanU Jacques (1), et il aurait oublié leur chef, dont les sectateurs étaient déjà répandus partout et connus de tout l'univers? C'est la réflexion de M. Vemet, professeur d histoire à Genève.
^ § IV.— 308. D. N'y a-l-il pas quelques mîraoes opérés par Jésus-Christ , qu'on puisse expliquer par des moyens naturels: par exemple , la guérison de l'aveugle né? N'at-on pas vu plusieurs aveugles-nés recouvrer la vue par le secours de l'art ?
R. Tous les infirmes guéris par Jésus- Christ élaient sans espérance de guérison. Les uns étaient à la mort, les autres élaient affligés par des maux invétérés qui avaient résisté a tous les remèdes (2). Il y beaucoup d'apparence que l'organe ae la vue dans Taveugle-né était entièrement déprave : jnaîs supposons le conti;aîre , que s'ensuit-il ? La médecine guérit encore aujourd'hui les malades ; pour cela la guérison subite opérée par une parole cesse-t-elle d'être un nnracle? Il en est de même des sourds et des muets guéris par la puissance bienfaisante de Jésus-Christ... Il nV a point d'extravagance que les incrédules n'aient imaginée pour infirmer le merveilleux des guénsons rapportées dans TËvangile. Le déiste Genevois nous apprend qu'il n'y a pas plus do miracle àguerir subitement au à mourir subitement ( Troisième lettre de laMont., p. 101); qu'il est aussi aisé de raccommoder une montre en un moment que de la casser, etc. (3).
{\) L'auilienticité de ee dernier passage n^est con« tc3.ec par personne. Blondel se défie de celai qui regarde saint Jean-bapiisUs , mais sans aueiui niolit raisonnable. Origène les reconnaît tous les deux, dans un temps fort antérieur à la prétendue falsificu* lion du texte de Joséplie.
(3) Voyez les ouvrages de Guillaume Ader, fameux médecin de Toulouse , intitulé : Enarrationes de^ œgrolis et morbis evangetieis, Tolosx, 1621, oà H prouve que les maladies guéries par Jésus-Christ étaient naturellement incurables. Voyez aussi 6ar« thoiin, de Morbis bibUâs. Scbeuchzer, IMiys. sac, etc»
(5) Lorsque des cures merveilleuses curent été faites ou supposées faites par le m:ignétisme, ou imagina qne Jësus*Christ avait opéré ses miracles par de semblables moyens. Il sersi permis de soutenir sérieasement cette thèse lorMitie'le magnétisme aora ressnsciié des morts, on seulement guéri instantané* ment desaveugles,des sourds^ des muets, dos boiteux^ dos paralytiques. Je ne sais s'il faut prendre la peine de rapporter qu'une tentative faite au commencement >
La-L
CAJÉCHISME
309. D. Parmi ces mlrades n'y en a»UI pas qoi semblent blesser la sainteté de Jésus-4jhrist ? Pourquoi sécller Un figuier qui ne porte point de Qfttes , quand il est hors de saison d'en porter? Pourquoi occasionner aux Gérasénieiis la perte de leur troupeau ?
R. Le Maître de la nature est sans doute en droit de faire périr un arbre quand il lui
tlatt , et quand par là il peut instruire les ommes ; ce moyen est digne de sa bienfaisance et de sa sagesse. Les disciples devaient naturellement raisonner de la sorte : si Jésus-Christ dessèche un arbre par une parole, Suelle ne doit pas étreTefOcacité de ses maléictions sur les hommes coupables ? Le fif[uier ne doit porter des fruits qu'en un temps, /homme doit en porter en tout temps, et sera maudit en quelque temps qu*il soit trouvé sans fruit. Au reste tous les raisonnements des Philosophes au sujet de la malédiction du Gff nier portent à faux. Le figuier était couvert de feuilles , or il faut remarquer que cet arbre ne «pousse des feuilles que fort tard , et après que son fruit est déjà formé ; à en juger par les feuilles , le figuier devait avoir son fruit fort avancé , et prêt à mûrir ; puisqu'il n*en paraissait point , il fallait que ce fût un arbre stérile , et qu'il eût dégénéré. 11 ne sert à rien de dire que ce n'était pas la saison des figues , cela même prouve la stérilité du figuier, puisqu'il n'eut pas dû avoir ses feuilles si avancées , et une les ayant portées trop têt , on ne devait plus attendre qu'il portât de fruit (1).— [Quant au troupeau des Uéraséniens, Jésus-Christ comme Dieu, étant maître absolu de toutes choses , avait droit de détruire ce troupeau de cette manière, comme il avait celui de l'anéanlir par une maladie épidémique ou autrement; or pour user de son droit il avait de justes raisons.] £n effet i* les habitants de Gérasa étaient presque tous païens, c'était la Galilée des nations; leur commerce avec les Juifs dé*
Ï»laisaîtau Seigneur. 2^ Les pourceaux étaient a victime oruinaire dans les sacrifices des Païens (2). Les Juifs les trafiquaient et les Tendaient aux Gérasénîens , et ce trafic ne pouvait que déplaire au Dieu d'Israël ; 3* L'action des esprits invisibles sur ces animaux était un excellent argument contre le Saducéisme , qui avait infecté toute la Judée. Une réfutation visible et sans réplique d'une erreur capitale vaut bien plus qu un troupeau d'animaux immondes. On pourrait en-
de 1841 par un célèbre professeur de maghélisme.pour
Soérir un sourd muel, a été, sur sa. demande, Tobjel 'un examen de la pari de TAcadémie des sciences ^ * k la quelle II avait annoncé un plein succès. La commission académique, après un examen sérieux, a déclaré le résultai ridicule et indigne de tatienlion de TAcadémie. Or c'était le résultat d*un traitement de 8 à 15 jours! (L. D)
(1) Nous préférons Texplicaiion de Ballet, sur ce passage. Le mot grec oO, que Ton traduit par iton, est souvent pris pour Jirou, et signjfîe là. De sorte qu*au lieu de lire : Non enim erat iemjnu ficarutn , il faut lire : Ibl enim erat tempue ficorum ; ce qui présente un seiw à l'abri de toute difficulié. (L. D.)
(2) Bo$ aret^ ignavam' tacrificate «cent. Ovid., I. 4 l*'asl.
Sa6
core multiplier les réponses ; mais il est inutile de s*y arrêter davantage , ainsi çue sur d'autres objections de quelques esprits subtils et raffinés contre les miracles de Jésus- Christ. Les interprètes ont satisfait à tout cela , et ce n'e$t que dans leurs ouvrages que les Philosophes ont pris leurs objections : le grand nombre même les ont copiées dans quelques brochures éphémères , dont les auteurs les ont prises dans d'autres brochures ; les plus savants et les plus profonds les ont lues dans les Commentaires ue Dom Calmet , en laissant toujours de côté les réponses Voilà le grand art par lequel on multiplie les livres ; on étale de l'érudition à peu de frais, on éblouit les ignorants.
310. D. Ne peut-on pas croire que les possessions dont il est fait mention dans rÉcri- ^ure ont été des maladies naturelles ?
R. l** Quand cela serait , les maladies se guérissent-elles en un instant, par uneseulo parole ? 2* Le démon ne peut-il pas produire ou entretenir un mal naturel dans un corps dont il s'est emparé (1) ? 3* Quelle malaale pouvait avoir cette fille de Philippes délivrée par S. Paul {AcU 16, 16 ) qui procurait à«es maîtres un gain considérable en découvrant les choses cachées ? Quelle maladie a pris tout à coup aux animaux dont on vient de parler» et qui se précipitèrent tous dans la mer? e\c. Quand on fait des systèmes, il faut tout expliquer, ^ ou bien ces systèmes sont con— vaincus de faux , et le systémàteur n'est qu*un esprit faible i téméraire, inconséquent (2).
(1) SUe démon peut remuer des corps entiers , il peut remuer aussi les orgnnes et les humeurs qui les composent , el causer nar là dîflërcntes maladies. CVst In rédexion de H. Dossnel (Etévnl. sur le injrst., élév. 5), du savant Eslius { In tib. 2 SetiL, dist. 7 el M), et du célèbre médecm Daniel Scuiiert , surnommé te Gallien de V Allemagne (Lib, 6, part. 9, e, 5). Le moyen de concevoir que des esprits si actifs , si jaloux du bonlieur de Thomme , dont rcxislence est mcontesiable ( ci-dessus ) , restent dans une iiiaciioii continuelle , et ne tùclient pas de nous nuire autant que Dieu le permet?
(2) Ces courtes observations suffisent pour détmîre
Kar le fondement les assertions du médecin nnglali [ead , sur les démoniaques guéris par Jésns-Glirist* Ce qu*il y a de plus singulier, c'est que Tauteur fait proression de croire à rËvangile :'or. rEvangilc nous dit expressément que telle et telle maladie éUiit ropémiiou de Tesprii malin. Peu imi>orie que le niôuie uial puisse être naturel, si la vérité divine nous assure que dans tel cas il ne l'était pas. Le langogc insidieux et faux que Mead attribue à Jésus-Clirist et aux apôtres , dans une matière aussi grave, est une imputation sacrilège et absurde que tout bon chrétien trouvera sunisamnient réfutée par la seule idée de la chose... Mead , en combauant le pouvoir du démon , n*a pas même ftaisi Tétat de la question. Von ne se persuadera janïais, ditit, que Dieu ait^ accordé aitx diables le pouvoir de tourmenter les hommes à leur gré. Eh ! qui a jamais peuré que les diables lourmen* laîenl les hommes à leur gré? Us les tourmentent autini que Dieu le leur permet , et retendue de cette permission a d*autres règles que leur gré. On a démontré les erreurs de Mead sur cette matière , dans un ouvrage imprimé i Londres, chez Rivington^ en 4775. A dissertation en thé dêinoniacs ; et dans un recueil d^observations >ur divers sujets intércssitit^ ^
31 1. D, Si les possessions de l'Erangile ont été Tèritables , d'où ?tent qu'elles ont cessé depuis ? N'a~t-on pas droit de conclure qu'il n'y en a pas eu, puisqu'il n'y en a plus? Pourquoi n'y aurait-il des possessions que dans . des temps de barbarie?
R. 1* Quand les possessions auraient abfolameni cessé, il n'en serait pas moins yrai qu'il y en a eu. Faut-il nier un fait parce qu'il ne se çépète plus , ou parce qu'il ne se per-
S Mae pas? On dira : La peste n'a pas été à arseille, puisqu'elle n'y est plus ; la lèpre, le mal des ardents, etc., n'ont jamais existé, puisqu'ils n'existent plus ; la petite yérole n'existe pas, puisqu'elle n'a pas existé
autrefois.
2* 11 est très- faux que les possessions aient disparu arec le siècle de l'Evangile. Saint Paulin [Invita 5. Felicis} atteste qu'il a. TU de ses yeux un possédé marcher la tète en bas contre la voûte d'une église, sans que ses habits fussent dérangés; et cju'il fut dé^ livré parles reliques de saint Félix de Noie. Il rapporte la même chose en parlant des reliques de saint Martin. Saint Paulin n'était ni un fourbe, ni un visionnaire. « J'ai vu ( dit Sulpice Sévère ) un homme qui à l'approche des reliques de saint Martin, fut élevé en l'air, y demeura suspendu les mains étendues, de manière que ses pieds ne touchaient point à la terre.» Ce n'est pas ici une histoire apocryphe , ni des ouï-dire; c'est un homme seusé qui atteste ce qu'il a vu de ses veux. On pourrait multiplier ces exemples , mais on n'y gagnerait pas davantage contre des gens déterminés à nier tout ce qui ne s'accorde pas avec leurs idées.
3* n est plus faux encore qu'on ne voit des possédés que dans les temps de barbarie. Jésus -Christ est venu dans le beau siècle d'Auguste. Les apôtres saint Pierre et saint Paul ont vécu dans le même temps. Ils ont délivré des possédés, confondu des magiciens; les livres sacrés en font foi. Voltaire assure qa'il n'y a jamais eu ni possédés ni sorciers dans les sièK^les éclairés. Qui est-ce qui mérite la prélérence, qui est-ce qui doit avoir le plus d'autorité, ou nos livres , ou Voltaire 7
31^ D. D'où. vient donc que dans ces derniers siècles , le phénomène des possessions est en quelque sorte anéanti ?
R. Il n'est anéanti que pour ceux qui ne lisent pas , et qui se contentent de déclamer sans consulter les faits. Fernel et Ambroise Part, médecins fomeux, rapportent l'exemple dnn possédé qui parlait' grec et latin, sans a? oir jamais appris ces deux langues { Lettre de dom la ToêU, leL 14, n. &9). Il est bon de safoir que Paré était protestant. —M. de la Cour [Lettre à M. Winslow, docteur en médec. à JPorfe), missionnaire à laCocliinchine, assure avoir vu un énergumènc qui n'avait jamais appris d!autrc langue que la cochinchinoise ^ et qui répondait trèâ-cprrcctcment
poMiées sons le titre d'Entrevnei du pape Ganganellù . A Anrtrê. Yoy. le Journi kisi, ei lin., i avrit 1778 ,
toS
aux demandes que ce missionnaire lui faisait dans toutes les langues qu'il avait appri8e8(l). M. de la Cour vit le même énergumène trans^ porlédans un clin d'oeil au plancher de l'église, les pieds, les premiers. -r-Depuisq.uè la mode s'est introduite de nier les possessions et la magie , il est surprenant qu'aucun de nos Philosophes n'ait encore entrepris de réfuter les actes du procès fait par le parlement de Paris, en 1(>82, contre les bergers de Pacy en Brie, et que l'on peut voir dans le Traité des pratiques supentitiet^es du père leBrùn. Ces actes cités par M. Bergier dans la Certitude des preuves du Christianisme sohi restés sans réponse dans les Conseils raisonnables. — Nous invitons tout homme non prévenu, i lire l'histoire de quelques faits rapportés par le père Labat , et prouvés par tout ce qui peut jamais compléter la certitude d'un événement, et surtout l'opération d'un petit nègre que l'auteur raconte avec sa naïveté ordinaire (2). — Le savant Jésuite Frédéric Spé de Lanffenfeld , le prenûerqui, au rapport de Leibnitz , a efGicacemeat éclairé les tribunaux sur la jurisprudence criminelle , relativement aux sorciers et à la magie , en réfutant les erreurs populaires sur cette matière , convient que l'existence de la magie est une chose incontestable (3). — Le célèbre M. .Haen vient d'établir la même chose dans un ouvrage trop chrétien et trop sage pour ne pas lui avoir attiré un tas de sarcasmes philosophiques (kj.
313. D, Ne faut-il pas avouer au moins que les possessions et d'autres opérations diaboliques sont aujourd'hui fort rares, et qu'il n'est presque plus question de sortilège et de magie?
R. 1* n n'est pas étonnant que les temps d'ignorance aient multiplié les impostures en cette matière, et que le nombre en ait diminué avec celui des dupes.
2** On ne doit pas être sui*pris qu*il y ait eu dans les premiers siècles du Christianisme un plus grand nombre de possédés qu'il ne s'en
(1) Erasme et Pomponace nous disent fort sérieusement qu*oii peut savoir natorellement des langues qu*on n*a jamais apprises. Que d*opinions de savants qui ne roériient pas une rérulation, et f|ui servent précisément à rappeler ce mot de Cicéron : Nihil tam ab$urdum dici potesl , ^nod non dicatur ah aliquo philosophorum. Lib. de Divinal.
(2) Voyage aux Iles françaises, t. f , p. 492 et soiv. A qui faul*il croire, à des hommes qui raisonnent d'après leurs yeux , et qui les ont bons , ou à ceux ^ui nient sans voir et sans vouloir se convaincre ?
(5) id omnino tenendum exi$timo^ in mundo thaïe ficps aliquos eue , nec id une temeritale ac wœposteri fndicti nola negari posse, Cautio Criminalis de pruces* sibus coutra sagas. Francofurti , 1632.
, (-4) Antonii de Haen , S. C R. A, niajeitati» a eonnliis et archiatri, etc., de Magia liber , Ycnetîis , 4773. Go.traiié , très-solide pour le fond , pourrait éire écrit avec plus de précision , de force et de conséqunnce ; mais il faut bien se garder de le juger d':iprés les mémoires littéraire» de M.GouIin. L*idee qu'en donne ce médecin de Reims, tient aux préjugés dominants du siècle ; il se réfuie lui-même dans Verrala, par une contradiction singulière et bien propre à affaibli! Vauiorité de son jugement.
tnouveâu|ourd*lioi.I>ie« le pentoU ainsi, parce
3ue la puissante des Chrétiens sur les démons evaii être nne des preuves les plus capables de faire impression isur les Païens. Depuis ^ rextinciion de Tidoldirie, nous sommes per- ' suadés qw Tempire du démon est renversé, suivant la promesse de Jésus -Christ (1); et que, sans une permission |particuUère et extraordinaire de Dieu , le démon ne peut avoir aucun empire sur les Chrétiens consacrés au Seigneur par le baptême, et sanctiGés par sa grflce : mais cela n empêche pas qu*il n'agisse encore, quoique plus foiblement et avec moins d'éclat (â), comme ces princes détrônés et chassés de leurs états, qui ne laissent pas de faire de temps en temps quelques efforts Dour y rentrer.
3*" Nos JPhiVosophes ne refusent pas de citer i|uelquefoîs M. de saint Evremont. Cet homme judicieux à bien d^ égards disait que , si le démon $e monirmt à découvert dam ce siicle, il détruirait Tincri^éiiitî^^.LedémoBaimeri- , gooranoe et les ténèbres ; ii se lient chez les sauvages plutôt ^ue ciiez les hommes éclairés. C'est une expérience eonflrmée par tous les témoignages possibles* --^ « Si le diable se montrait souvent, dit leC.d'OxeiisHern, il n'y aurait pas à coup sûr tant d'impies. L'ovseleur, qui veut attraper des oiseaux se cache le mieux qu'il peut pour n'étte pas .%'iperfu (3). p — Les ignorants sont superstitieux , les savants sont incrédules : le démon .gagne à se montrer aux uns et i se cacher aux autres, a Pour nous éiitralner plus sûre* ment dans l'erreut, dit Thomas Brown (Ér^ reurs populaires, M , p^ 63) , célèbre auteur et médecin anglais, le démon a persuadé aux hou^mes qu'il était «n élire imaginaire-, et .par là il cmdon l'homme dans «se fausse sécurilé , et lui fait concevoir des doutes sur
les peines et les récompenses futures Il
é))ranJo Topiniott naémede l'immortalité dé TAmo i car ceux qui prétendent qu'il n' j a pas
(f ) Princeps huju» mundi jam judicatH» «/. Princept hvjus mundi ejkîeitir foras, Joaii. 16 ellâ.
(i) Surtoul à regard des chrélicns Jàclies et peu ariciilils i b'arnicr conlie lui du bouclier de la foi. C'est ht rcinarqite de S. Augustin, qui ne croyait pus que l'empire du démon était aboli relativemeui à ces Iroounes si ppu digpes de jouir dn triomphe de Jësus- Ckrisl. Sed dieet aliquit : st ûUigaïut est , quomodo adhuc tanlum preevalel? Verum est, fratru carissimi, mia, mtUlwn pra valet; ged tepidis et negligeniibw et heumjn veritale tioa timeinibus, dommiur. AUigatut est etiim lanqumn innexits cank calenis , et neminem ))Ote$t mordere nisi eum qui ne UU moriifera tecurilule côitjmtxenu Auj. scnn. i97, de Tenipore.
(5) J\ii vu des opéra lions magiques constatées par iwit ce qui peut former la pleine certitude d'uo fait, se démemir précisément lorsqu'elles allaient acquérir ce degré de publicité el d'évidence, qui aurait anéatntl Il pliiloaopbie du siècle. Un seul effet sarnaturci renverse de fond en comble tout Tëdifice dn malériali me; Dieu, qui pour des raisons conformes à sa jnstice et à sa sagesse , permet ravcuglemciit des lioromes vains et superbes , qui les y laisse et les y rondaranc par ces mém^s raisons , permet ou arrête » action des esprits invisibles, seloa les circonsUnoci et les temps.
de substances purement spirituelles croiront encore moins que leurs âmes doivent exister après qu'elles seront séparées de leurs corps (i) ».
§ V. — 314. D. Quel est le miracle le pins décisif^ le plus incontestable, opéré par Jésus- Christ?
R. C'est évidemment celai de sa résurrec-tion ; ii est impossible d en peser les preuves sans se laisser entraîner à la plus entière conviction.
315. D. Gomment raison nez- vous sur celte résurrection, pour en mettre les preuves dans tout leur jour?
U. La résurrection du Sauveur est prouvée par le témoignage de^es amis, parle témoignage de ses ennemis, par le témoignage de l'univers entier : ii n y adonc jamais eu d'événenicnt mieux attesté.
316. D. Le témoignage des amis de Jésus- Christ peut-il faire preuve en faveurdcsa ré- &un*ection?
H. Le témoignage des Apôtres et des Disciples de Jésus^hrist est un témoignage d'amis, mais un témoignage plus décisifque celui de ses ennemis mém«s. C'est le caractérede tous lesnmis, ainsi que le remarque S. Jean Ctirysosidmc , quelque fidèles, quelque attachés qu'ils nous aient été durant notre vie, de BOUS oublier peu à peu lorsque nous avons cessé d'être , de chercher ailleurs des objets à leur attachement et à leur fidélité; mais voici une conduite bien différente et bien contradictoire à la marche ordinaire dos affections humaineà. Des amis qui n'osent pas s'avouer tels, tandis que Jésus vit, tandis qu'il opère des prodiges , tandis qu'il est uu Maître et uu Docteur respecté en Israël , des amis qui le fuient, qui le raiientau premier aspect de auelque danger; des amis qui l'ont abandonné sans réserve aux approches de sa mort, lui sont attachés après sa mort, jusqu'à vouloir mourir pour lui , jusqu'à ne préten^* dre que cela , ne désirer que cela, ne travailler et ne se fatiguer qu'en vue el en espérance de cela. Ne cherchez pas les raisons do ce phénomène , poursuit saint Chrysostôme^ ils ravalent vu ressuscité,et ils l'avaient vu à n'en pouvoir douter; voilà toute res-pÂicàlion de cette conduite en apparence si contradic-^^ toire des Apôtres.
317. D. Comment les Apôtres avaient-ils vu Jésus-Christ ressuscité à n'en pouvoir douter ? Comment l'avaieut-ils vu de manière
(1) Quoi que puisse dire ou insinuer Pautear sur ce sujet, il est incontestable qu'aujourd'hui et depuis longtemps 1rs |>os8essron$ sont cxtrômemenl rares, siaon tout à fait nulles. La raison en est la môme que celle en verui de laquelle les miracles ont cessé. Les nUracIes éiaienl nécessaires pour établir te christianisme ; mais une fois établi , il doit se perpë^ tuer, par voie d^enseignement et de tradition : et e« moyen étant suffisant pour les esprits droits^ DieU ne juge plus à propos de déranger le cours de ia tis^ ture. Au temps de J- G. et dans les. premiers siècles dé rfiplise, les possessions étaient dans la catéKOiie des foits surnaturels qui devaient préparer la voie à la nouvelle révéloi'wiu
à se persuader que t'illùsloii , la prévention , pas piutÂt noiis étonner qu'Us n'aient pas c^-
cl)é ane résurrection rentable.
319. D. Qu'est-ce que les ennemis du Sauveur ont répondu à la déclaration des ApAtrès? , '^
R. Toute la foreur des Jurft contre îc Fils de Dieu et toute rincrédulité des Païens rt'pnt
te prestige n*avaient aucune part à ce qu'ils Voyaient ou à ce qu'ils croyaient voir?
R. Ils ont épuisé toutes^ les ressources du doute. Nous n'avons été (|ue trop circonspects, disait saint Jean^ trop difficiles à croire notre Maître ressuscité ; et notre empressement à nous en convaincre par le témoîgnace des sens approche beaucoup d'une incrédulité blâmable : non contents de l'entendre et de le voir , nous l'ayons touché et nous avons mis nos doigts dans ses plaies. Nos mains ont roncouru avec nos yeux et nos oreilles à nous faire croire enfin et à faire taire tous nos doutes : Quod audivimiu , quod vidimuê ùeuii$ noêtrU , quod perspeximtu , et manus nostrœ contreetaverunt de verbo vUœ ( 1 Joan. 1). Ceux mêmes qui en étaient déjà convaincus de la sorte n ont pu convaincre les autres sans employer les mêmes preuves. Le sépulcre ouvert, le tombeau vide , les gardes mis en fuite , des anges qui apparaissent et quf annoncent cette admirable résurrection , ne leur ont pas sûni ; avec tout cela ils traitaient encore de Iblie et de yisfon une chose dont ce divin Maître leur avait tant de fois prédit l'accomplissement, et à laquelle il les renvoyait comme au pins important de tous les oracles : Visa sunt ante iltos sicut deiiramentum verba ista , et non crediderunt (Luc. 21, 11). Ce n'est ni un, ni même quelques disciples qui l'ont vu; outre les Apôtres, plus de cinq cents fidèles, réunis en un lieu, 1 ont vu tous ensemble : S. Paul, en écrivant aux Corinthiens , les renvoie au témoignage de ceux qui vivaient encore : Visus est plus quam quingentis fratribus simul , ex qmbus multi nument usque adhuc ( 1 Cor. 15, 6}. Ils ne l'ont pas vu une fois, mais plusieurs fois; ils ne Tout pas vu rapidement et par manière d'apparition , mais ils ont conversé et vécu avec tut : Nobîs qui manducavimus e( bibimus cum ipso , notiquam resurrexerit à mortuis (Aci. 10, kl).
dfS. p. Quoique les disciples du Sauveur n'^e9( pas été trompés et qu'ils n'aient pu rétre, n ont-ils pas voulu tromper? N'ont-ils pas ev quelque întérM, quelque raison politi^ qnç de faire passer pour ressuscité un homme qui ue Pétait pas ?
R. Que leur est~il arrivé pour avoir cru et pour avoir annoncé aux nations la résurrection de Jésus? Rien qu'ils n'aient prévu, rien dont ils n'aient fait plus d'une fols Tépreuve, rien qu'ils n'eussent pu éviter en cessant de publier cetls Féêurrectton de Jésus. Les insultes, les èoups, les chaînes, les prisons ont payé la constance de leur témoignage. Sous des grêles de pierres, sous le tranchant d'un fer lK>roicide, dans les ombres et les horreurs de la mort, ils ont persisté dans leur dépositlou ^1). Or un témoignaffe qui coûte si cher ei qu est mis à de si cruelles épreuves peut^ il paraître intéressé? Et bien loin de croire que les éiscifiles de Jésus aient osé publier ttns résurrection imaginaire, ne devons-nous
(I) Il tht certain que iei» Apôtres sont in«iris finitt* attester celte résurrection. Y. ci-dessous fan. 4, $ 1 é
Catêch. PntLos. I.
i,«.^»^»«^v .u |,«v.0 B»ai«|ucc uc iiicr la résurrection du Sauveur des hommes, ifs lui ont rendu le plus grand témoignage. Ouï croirait qu'ils ont élé réduits à publier que les disciples avaient enlevé son corps en présence des gardes qui dormaient? Car c'est vraiment à quoi ils ont été réduîls; et ce conte, tout absurde qu'il est, est la seule réponse que les Juifs pouvaient faire. Aussi ce n'est pas une chose que l'Evangéllste leur prête. Cette réponse subsistait encore du temps de S. Augustin , et on la trouve encore aujourd'hui chez les malheureux restes de te peuple fugitif. L on ne pouvait contesler la mort réelle de Jésus-Christ : le genre de sOn supplice, son cœur percé d'une lance, les témoins sans nombre qui l'avaient vu expirer ne lais^ saient là-dessus aucun doute. Les Apôtres prêchaient partout sa résurrection ; il était aisé de les réfuter en montrant le corps qu'on avait eu soin de faire garder par des soldats : ce corps avait disparu. Que faire donc? que dire? Combler l'impiété par TextravaganciM insulter la raison de 1 nomme après avoir profané les droits de Dieu. Quoi I les disciples , qui prenaient lAchement la fuite il y a quelques heures , qui n'osaient se faire voir chez les ennemis de leur Maître , qui tremblaient à la voix d'une femme, iront braver des gens armés pour enlever le corps d*un homme qui les aurait indignement joués
s'il ne ressuscitait pas? Si ces gardes no
dormaient pas, comment les Apôtres ont-ils enlevé le corps ? S'ils dormaient , comment savent-ils ce qui s'est passé durant leur sommeil ? Il faut bien, conclut naïvement S. Augustin {Inpsal. 63), que l'inventeur de ce conte insensé ait été endormi lui-même , autant et plus que les témoins qu'il produit : Vere tu ipse obdormisfi qui scrutando talia defceisti (1).
320. D. Comment proUvez-vous la résurrection de Jésus-Christ par le témoignage &é l'univers?
R. 0és les premières années du Christianisme, les hommes lei$ plus sages , les plus éclairés ont professé et adoré la divinité do Jésus-Christ {/nA, art. 3, 5 2), Dès les premières années rËvangile s'est répandu d*utt bout de la terre jusq.u^à l'autre {fnf.. art. 3,
!l 1). Or un homme cruciGé , livré au plus ln« âme supplice, chargé de malédictions, poursuivi dans sa mémoire et dans ses disciples
(I) Voyez un ouvra^ intitulé : Témoins de la r/hdneetàon de JéMMs-Chmt examinés stlon lef rèales du barrpsH^ traduit de ranglais par M. Lemoyne.-- INtifs de ma foi, par M. de VotqjMos» iii-ft, m«.— La Rdigiom chrétienne dimmUrée par la résufreeaoH di i. C. , t»ar Ditton.
{Neuf]
CAlâCtilSUE
par loutc la haina et tout le mépris -des Juiis cl des Païens , eût-il été reconnu et invoqué comme Dieu, si sa résurrection , après avoir été si solennellement prédite, n*était point devenue une chose évidente et incontestable aux yeux de la plus opiniâtre incrédulité? Sa morale si pure, si sévère, eût-elle prévalu contre la contagion générale des mœurs, con^ Ire rihlérôt des passions, contre la force de l'exemple , contre toutos les prétentions du cœur humain ? Des dogmes si sublimes, si incroyables eussent-ils été reçus dans le inonde, maleré les raisonnements des Philosophes , malgré Télôquence des orateurs , malgré la puissance des empereurs , malgré la conjuration réunie de la terre et de l'enfer? Et n'est-ce pas ici le lieu de raisonner sur le iniracle de la résurrection en particulier» comme saint Augustin raisonnait sur les miracles en général; et de dire que quiconque ne reconnaît pas ce premier miracle, en doit reconnaître un autre plus étonnant et plus incroyable encore ; savoir , la conversion du monde entier à Jésus-Christ : MundUm sine miraculo fuisse conversxim? Car c'est là le seul ùioyen, Je veux dire la certitude de la résurrection de Jésus-Christ, qui puisse expliquer une si étrange révolution.
'321. D. Le miracle de la résurrection de Jésus-Christ est-il une preuve invincible de la vérité de la religion qu'il a çréchée?
R. Pour en douter , il faudrait dire que le Dieu de toute vérité et de toute sainteté aurait concouru à la confirmation du mensonge, en ressuscitant un homme qui aurait infatué les peuples d'une doctrine arbitraire , et qui pour preuve de sa mission en avait appelé Seins cesse à sa résurrection future, car Jésus- Christ en guérissant les malades, en éclairant Ijps aveugles, en chassant les démons, en ressuscitant les morts, ne prétendait pas donner tout cela pour une dernière preuve, sans réplique et sans appel, de la vérité dé son Evangile; tout cela en était une preuve sans doute, et une preuve bien propre à persuader et à convaincre, mais ce n'était point celle que le divin Législateur avait désignée, pour mettre le comble et le sceau aux caractères de sa prédication. Cette génération perverse et incrédule; disait-il en parlant des Juifs , désire de voir des prodiges pour s'attacher à moi , mais elle n'en rerra point d'autre que celui de ma résurrection , figurée par la sortie de Jonas du sein du poisson (1). Voilà donc Dieu lui-même cité et appelé comme témoin et comme coopérateur de Jésus-Christ; voilà toutes les controrerses touchant la divinité de sa mission renvoyées au tribunal de la vérité éternelle, qui, par la résurrection de cet Homme extraordinaire , ou par son abandon dans le tombeau, devait prouoncer sur la nature et sur rauthenticitô des choses qu'il avait {iréchées , et des attributs qu'il s'était donnés. De là , autant qu'il est impossible que
(i) Cenéralio mala ei adultéra stgnum quœrit , et ai" §num non dabilur d, nisitignum Jonœ propfietce. Steui enhn fuit Jonas in tentre ccii tiibut àiebus et irlbuê nqciibns^ ùc erlt Filius Aomtaîi fit ^orëe lerra tribu* Sfiebus et tribus noctibus, UaUb. 13. J^Oj, 4.
Dieu appuie et approuve Terreur, autant ést-il impossible que Dieu ait ressuscité Jésus- Christ, si Jésus-Cnrist n'est point ce qu'ils est. dit être, et si sa doctrine n'est pas la doctrine de Dieu même.
,§¥!.— 322. D. Depuis rétablissement du Christianisme, n'y a-t-il pas eu des miracles avérés, publics, éclatants, propres à convaincre l'incrédulité la plus obstinée?
R. Il y en a eu un très-grand nombre , qui réunissent toutes les preuves dont un fait historique est susceptible. Tel est le tremblement de terre accompagné de flammes , çui fit avorter le projet que l'empereur Julien avait formé de rebâtir le temple , malgré la prophétie de Jésus-Christ. Cet événement est attesté par AmmienMarceliin, auteur païen, ulficler dans les armées romaines, admirateur et panégyriste de Julien; il est rapporté par un rabbin juif, par plusieurs Pères de l'Eglise qui prennent à témoin leurs auditeurs , qui ea ont vu plusieurs circonstances ; enfin il est avoué par Julien lui-même , dans une de ses lettres (1). —Telle est l'histoire de ces Catholiques, à qui Huneric, roi des Vandales, Arien obstiné, avait fait couper la langue, et qui parlèrent miraculeusement le reste de leur vie (2). Ce fait est attesté 1" par l'empereur Justinien dans le Code de ses lois; il dit : Nou.* les avons vus et entendus;2'' par Victor, évêqno de Vite en Afrique; S"* par Enée de Gaze, philosophe de ce temps-là : Je les ai vus tnoi-méme de mes yeux , dit-il , je les ai entendus parler . et fai admiré que leur voix pût être si parfaitement articulée. Je cherchais l'instrument de la parole, et ne voiUant pas croire à mes oréii^ les , fai voulu me convaincre par mes yeux : leur ayant fait ouvrir la bouche, fai vu que leur langue avait été entiirement arrachée jusqu*d la racine; V l'historien Procope en parle de même après les avoir vus ; 5" le comte Marcéllin en dépose également sur le témoignage de ses yeux ; 6** Victor de Tunones réclame
(!) Lisez ce mémorable événement d.-)n6 l'hisioire du Bas -Empire, par M. le Beau, 1. 13, n. 325. H paraît que la Providence a voulu rassembler l«s circonstances qui pouvaient donner à la vérification de ses oracles toute rauthenlicité et toute Tévidence possibles.
(2) Quelques incrédules ne pouvant nier le fait ont voulu Pexpliquer : il est aisé de Jiiger avec quel succès. Il csl vrai que le défaut de langue n^empéclic pas toujours toute articulation ; mais 1* cette rare exception n'a pu se rencontrer par hasard dans toute celte nombreuse troupe de martyrs. Si un hopmic tombe du haut de la tour d'Anvers ou de Strasbourg sans se tuer, ce peut n'être absolùmenl pas un miracle; mais si ce rare bonbenr arrive .V un homme de bien persécuté pour la cause de Dieu; mais si 50 ou 40 personnes piécipitées k la fois pour le même sujet ne reçoivent aucun Dial« ou ne douipra plus du iBirdcle. 2* Dos hommes sans langue ne parleut pa;» de la manière dont ceux-ci ont parlé ; puisqu^il a fallu le témoignage des yeux (four se persuader qu'ils étaient sans langue, et qu'on admirait, eorome dit Enée de G.(ze, la parfaite aritcutation de leur voix. 3? D^ux de ccs^ martyrs s'étaut' abandonnés .ensuite à uii excès, scandaleux, cessèrent de parler : preuve évidente que ce privilège n'était 4)bint l'ouvragé do la nature. Voyez la Religion chréiiemie prouvée par un uul [ait, A Paris, t.TCli; . ' •
M PtfniOSOPtIlQUE.
-mr cet èYéa€;mcni Tattestàtion oculaire de toute la Yilie Jmpériale. — Telle est la conscrration de cette rèmme faussement accusée d adultère, qui, se confiant en Jésus-Christ / et invoquant son saint nom , ne put jamais élre décapitée. Toute la ville de Verccii fut spectatrice de cet événement , qui arriva du temps de saint Jérôme. Ce Père en a écrit rhistoirc^.... On trouvera des miracles également attestés dans tous les siècles de 1 £glise, depuis le prêinief jusqu'au dis-huitième.
323. D. Ne faut-il pas au moins convenir que les miracles sont aujourd'hui plus rares que dans les premiers siècles du Christianisme?
R. l*Le motif quia engagéDicu à faire des miracles , c'est rétablissement é^ Christianisme , aqqpel il fallait donner tous les caractères de la divinité; une puissance surhatiircUe qui coopérait à la prédication des Apôtres, devait en assurer le succès. Cette divme religion un^ fois-solidcmcnt établie, dit S. Gré" goire , pape , les miracle» devenaient moins nécessaires (1). ^ La foi des fidèles est, pour ainsi dire, larèxle et la mesure des miracles qui se fi^nt dans le sein du Christianisme, cette (6i s'aÉiiblit et est en quelque sorte anéantie dans un grand nombre de provinces ; l'état des Chrétiens devient celui des Gapharnaïtes, chez lesquels le Sauveur du monde n'opérait aucun prodige; parce crue le règne de Tincrédulité semblait y.enchiainer sa puissance bien* faisante (2). 3° Les opérations miraculeuses existent encore (3) , peu importequ'elles soient ' extrêmement rares; un seul miracle bien avéré suffit pour anéantir tous les systèmes anti-chrétiens.
§ vn. — 32/^. B. D'où vient l'obstination des incrédules à nier tous les miracles, quelques preuves qu'on puisse leur en donner ? R. Nous venons de le dire ; si un seul mi-' rade en faveur du Christianisme est véritable, tous les systèmes philosophiques s'écroulent. 11 ne faut donc pas s'étonner de la résistance invincible qu'ils opposent à sa croyance, mais bien de la tranquillité qu'ils affectent dans un état que le seul doute sur la réalité d*un seul miracle doit rendre cruel. De là viennent ces rares maximes : Que toutes les
de témoins oculaires ne doit pas persuader lu résurrection d'un mort {Pensées phiL, n. 50 et suit.). Ces messieurs demandent les témoi-ffuages les plus certains, les plus incontestables; et lorsque nous les leur donnons, ils n'en veulent plus, ils sont inutiles. Les rax-sonnements sont plus sûrs que les yeux (Ibid.): j on peut en juger sans doute par Tuniformilé et la^consistance de ces jugements, et par les •belles choses qu'on nous raconte de leur infaillibilité. Le même homme qui parle de la sorte nous apprend que les jugements dépendent absolument aes organes et de no» dispositions actuelles. Montagne ne faisait aucun cas des iugemenls de la veille , parce qu'ils étaient réformes le lendemain. LeSys-têtne de la nature renchérit sur tout cela. Bayle dit que la raison n'estqu'une girouette ; ce critique ergotait même contre les démonstrations géométriques (l].Voltaire doute un peu de cet axiome :Deux et deux font quatre. C'est au moins ce qu'il dit un jour à Clarke. Ainsi plus de raisonnement, plus de preuves de fait avec les incrédules. L'on est à plaindre lorsqu'on a affaire à des esprits de ce caractère; mais ils sont encore plus à plaindre eux mêmes.
Aatigle II. Les Prophéties.
1 1. — 32$. D. A quoi se réduisent les prophéties les plus célèbres et les plus importantes de l'ancien Testament.
R. A trois articles: la réprobation des uifs ; l'établissement du Christianisme; la
preuves possibles ne peuvent persuader un fait âumaturel à des gens senseé ; qu un miltioh
(l) Vt etd fidem ereêceret muttitudo credenlinm , miracuUs fuerat nuirienda, qma et nos , cum arbusta piamtomutt tamdlu ei$ aauam infundhnus, quoadus^ que êû in terra jant coalmise tideamus; et it umel radicem fecerinl^ imgatio cessabil. Greg. M. , liom. < !S9 in Erang.
{%) Non paierai ibi virluiem nltam facere^ msi pau^ €Oi infirmas impartis manibus euravU ; et miraoalttr pnpur iucredsditatem earum, Marc. 6. — Generatia , mala H adtêtieru mmm quamt, et iignum nûn da-- •tttir d. MaUb*- i%. — C^esi dans le même sens que le SauTeor disait à sea Apifttrcs 4^*11 y avait ceriaius animaux devnnt lesquels il ne falhil pas étaler des marcliandî>es prédeus^,'df. peqr qa*jls ne les àéi^fit'
nôti 3UY, Cléipcnt XllI et Clément XIV
Juifs , ,
vie , les actions , les souffrances de Jésus- Christ.
326. D. L'existence de ces prophéties est* elle aussi avérée que racconiplissement en est incontestable?
R. Les adversaires les plus acharnes du Christianisme ne se sont pas avisés d'en dou^ ter. Porphyre, qui disait les prophéties de Daniel supposées , sans en c^.pporler d'autre preuve que leur clarté et réviîlence de leur rapport avec l'événement, n'a osé étendre cette assertion jusqu'aux autres. En effet, le moyen de croire que les Juifs se soient faits dépositaires des fourberies des Chrétiens? C'est à eux que nous renvoyons pour l'authenticité de ces prophéties et leur préexi|-i tence au temps du Christianisme! On a beau argumenter contre nous , et nous demander l'époque de ces admirables prédictions, nqu» répondons en quelque sorte comme Jésus- Christ répondit à Caïphe : Quid me interro- Îas ? Interroga eos {Joan. 18, 21). Demandez nos plus cruels ennemis» &i les choses sont comme nous vous les avona dites ; qu'ils soient nos iugeà et les vôtres : Ecee, hi sciunt. Voila ce que les saint Pères disaient
frappés de aient qu*afabriquées
par les Chrétiens : et à cette réponse des Pères il n'y avait pas de réplique comme il n^y en a pas encore aujourd'hui. Un Philo-*
M Yoyei b BiMiothèqua aoeienne et niôderao de H. le "'
e Clerc» t* S.
CAtÊCHfdiit:
80phe de ce sttcle l'a senti et a'tn e«t expliqué de la mamère suivante : « Un avantage qu'a la religion chrétienne, et dont aucune autre ne saurait se vanter, c'est d;avoir été annoncée un grand nombre de siècles avant qu'on la vit eclore dans une religion qui conserve encore ses témoimages, quoiqu'elle soit devenue sa plus cruelle ennemie » (Jlf«upert.. Essai de phil. morale, ch. 7 ).
§ IL — 32T. D. La réprobation des Juifs est Visiblement conforme aux prophéties multipliées qui Tannonccnt ; mais le malheur de cette nation n'était-il pas un événement naturel qui pouvait être prévu par des conjectures fondées, ou arriver à la suite d'une prédiction hasardée ?
R. L'état des Juifs est trop singulier et trop unique pour avoir pu être prévu par des lumières naturelles , ou pour être le résultat de quelques circonstances amenées par le cours ordinaire des choses. Car vît-on jamais une nation célèbre , cultivée , illustrée par de grands événements, être chassée totalement de sa patrie , et déracinée , pour ainsi dire, de son sol natal ; mener une vie errante dans toutes les provinces, dans tous les royaumes de fa terre? Nation méprisée, haïe, persécutée de tous les peuples , de quelque religion, de quelque caractère qu'ils soient, du Chrétien comme de l'infldèle , de l'adoraleur d'un Dieu comme du sectateur insensé des idoles , de l'homme çi^iîlisé et adouci comme de l'homme sauvage ei barbare ; nation aveuglée au point de garder elle-même, comme lin dépôt sacré et divin, le livre qui est évidemment le fondement de la religion qn*elle s*obstine à méconnaître ; au point de ne pas entendre ce qu'elle entend , et de ne pas voir ce qu'elle voit (1). Vit-on jamais un peuple religieux si attaché aux preuves de la véritable religion, et en même temps si .ennemi de la véritable religion ; dépouillé depuis près de deux mille ans de son temple, de ses autels , de ses sacriflces , de ses prêtres, de tout exercice de sa religion, et néanmoins si malheureusement ferme dans sa religion 7 Consultez les annales du monde , lisez les histoires de toutes les nations, examinez les fastes de tous les empires, envisage» la nature et la marche des événements humains, et jugez si jamais la terre fut le théâtre d'un pareil spectacle.
SIS. D. N*y a-t-il pas eu des critique? qui ont entrepris d'expliquer la situation des Juifs par des observationa faites sur le caractère et le génie de ce peuple ?
ft. Le travail de ces critiques est resté sans succès. Vainement ils se sont efforcés d'effacer de cet étonnant tableau les vestiges du doigt de Dieu. D'abord tout homme intelligent voit dans les Juifs quelque chose de plus qu'une singularité de caractère ; et en pesant ensuite cette singularité il ne la trouve point du tout naturelle, comme nous l'avons observédanslarépouse précédente. Le temps, Iqs progrès ou la décadence des arts agissent anr tous les peuples de la terre , les réfor- '{i)Vt vîdmtUê Mw (fifrmil, ti m»dktu§s non hutin* qant» Lue. $•
meut, les changentet tes rendent absotanient différents de ce qu'ils étaient à des époques plus voisines de leur origine ; depuis la dis» pcrsion des Israélites, il ne s'est opéré parmi eux aucune révolution qui les rendit mécon^ naissables aux hommes du premier siècle de l'Eglise, ^i ces hommes revenaient pour ex» miner les nations modernes. Mais quand on parviendrait à expliqua par des raisons humaines l'état étonnant de cette nation in*" fortunée, cet état combiné avec l'Evan^le, considéré précisément comme une histoire , aurait encore les caractères de la punition de Dieu la plus manifeste, la plus évidente , et serait dès lors un argument des plus forts en faveur de l'Evangilo. « Qn'a9--tn bit, peuple ingrat? s'écrie ici M. Bossuet ( Disc, sur l*Hist. univ., 9" pari., «. 10). Esclave de tous les pays et de tous les princes , tu ne sers point les Dieux étrangers ; comment Dieu ^
3ui t'avait élu, t'a-t-il oublié, et que sont e venues ses anciennes miséricordes? Quel crime, quel attentat plus grand que l'idoletrie te lait sentir un chAtiment plus grand ? Tu ne sais, tu ne peux comprendre ce qui te rend Dieu si inexorable. Souviens4oi de oetli» parole de tes pères: Que' son sang sûii sur nous et sur nos enfants ; et encore : iVout n^ttvons pas d'autre roi que César, Le Messie ne sera^ pas ton roi ; garde bien ce que tu as choisi ; demeure esclave de César et des rois, jusqu'à ce que la plénitude des Gentils soit entrée, et qu'enfin tout Israël soit sauvé (1).»
339. D. Ne dit-on pas que dans quelque» provinces d'Asie ou d'Afrique les Juifs sont mieux traités que dans le reste du monde ?
R. Supposé que dans un çofn de la terre, ces pauvres Israélites soient moins opprimés, ce n est pas là une exception qui puisse infirmer l'eflicacité de la malédiction divine. Un tel asile est insuffisant pour les recueillir et pour faire cesser l'opression générale (il).
330. D. Comment la destinée des Juifs et leur accablante situation donnent-elles une nouvelle force aux témoignages des prophéties en faveur du Christianisme?
R. Par leur dispersion , par leur oppression, par leur aveuglement. Leur dispersion étend ce téasoignage par toute la terre , in-
(I) Uonet pletdtudo geniium mlrarei y et sic omm» lirael sahus fitrpt, Rooi. S.
(S) On fera observer à ce siijei que ïes législations ec les idées modernes s^accordent à relever les Juif» de cet éint d'oppression et de dégradation dans lequel ils ont été tenus josqulci. Mais en admettant une phase meilleure dans la-conditinit des iiiifs, il nVii restera pas moins le fait principal» celui de leur dispersion dans tout Tunivers. Nulle part ils n^eitstênt eommc corps de nation, quoique reliés de la ma* nière b plus intime par la croyance religieuse et un esprit de race qu'on ne peut ap^er esprit nationnl,
Îuisqull n'existe pas de nation jnhe. SM arrive aux aifs de se rassembler quelque Jour, et de reprendre possession de la terre de leurs ancêtres, où ils formeront une véritable nation comme autrefois, alors Usera temps de répondre à ro^eeiion oue soulèveni ce noovel eut de choses. D*apres les iuées commi»nes des efarétîens, cela n'arrivera qne vers b fin dès teinps, ei alors )e ludâlsme cessera d'esister coniuie religion. / (L. D.j
niiiosopiiiace.
VA
•Irall «t âTertU Umteft les nations de la terre ; et Iwr iMtMHgieiise nollipltcation qni, dans te«r désolante destinée^ peut être considérée coame nne espèce de miracle, mnltipUe encore les témoins. INen, comme dit Darid en parlant de ses ennemis , n'a pas vonln les osteminer , il s'est contenté de les disperser et 4instmire les antres peuples par la destinée de eelni-«ci (1). Lenr oppression fait qne lenr lémolKnaae n'est pas intéressé lenr mtf henr, qni esi fondé en partie snr nn attarJiemettC inconséquent aux seuls lÎTres de rnodenne loi, rend cet attachement en quelque aorte respcM^table, et garantit à nos yeux 1 antheattelté de ces livres , enfin, leur aveugleoienl Esit une leur témoifpage n'est pas suspect : ils.rqeltent l'Evangile, mais ils em-^ brassent les preuves de l'Evangile ; ils détestent les Chrétiens , mais ils conservent les armet aux Chrétiens.
ttl. B. Gonnnent est-ce qu'un empereur pnYen a contribué à vérifier les propnéties, ec snriODl celle de Jésus-Christ toucnant la ruine dn temple et la dévastation de la Judée?
R. Julien rApostat, prince inconstant, biaam, superstitieux, Philosophe fastueux et extravagant (S), entreprit de rassembler les Jttiii, de les remettre en possession de la Judée» et de rebftUr le temple ; mais les éléments ont condMttn pour l'anrét de Dieu , la terre et le len se .sont idliés contre le rétablissement do temple. C'est un Tait avoué des Jttift et des Païens, et démontré par toutes les meaves de l'histoire contre Tincrédulité fâjMs obstinée (3).
s BI. — 83S. D. N'y a-4-il pas de grandes dificvilés dans plusieurs prophéties ^ui rocardent l'établissement du Christianisme et ravénement du Messie? N'a-t-il pas fallu adopter diflérentes opinions pour expliquer la nmense prophétie de Jacob ( Gen. k9 ) , celle des 70 semaines de Daniel, etc. (Dan*
n. L'éféoement principal annoncé par ces propéàîks est indépendant de tontes ces explications. Il est visible qu'il n'v a plus de soepireni de couronne chez les Juiis, qu'ils ont cessé d'être assemblés en corps de nation, qu'ils n*ont ni roi,nijuee, ni aucun gouverpement civil. II est visible que l'abomination tie la désolation s'est appesantie sur le temple, et que cette désolation subsiste. Il est visible que le Messie reconnu par les Qiréljens a lès caractères annoncés par les
(1) Ne ocddai eût , nequundo obtiviêcantur populi ma. IKfperve Woi in tkfute iua. Ps. 58.
(2) On déffe tous les panéftyrisfes de ce prince de se |Sn reœnnafire ces qtmliiés dans son histoire , désqalls auront renoncé aux systèiTics d'ex.iltcr tous les enneitiîs db Cfirisiisnisme , et de déprimer tous les grands bmmnes qui Tent défenda... Peut-on même ft*fatnêeflier de te rcmder comme on des monstrei • tes (dos nWnvn. qui aient désèlé rhnmantté, ou^md «i«ersD|tel?e ses sacrifiées homicides, et lesfnfbr- Jiméesvicittnes qM immolait à sa détestable necrontaaeiet Yojres son trCicte dans le Dictionnaire Mtt, / Ai^boojf , t78f .
(3) Toyéz et d««sous le îîV. I, ch. 5, arù f , j 6.
prophètes, ete.(l). Les onvragos du père ll^tus (3), de M. de Pompignan f3), de Tabbé Pev (4), ont jeté un nrand jour sur le détail et les circonstances dfes événemenls prophétiques; mais l'accomplissement général de la prophétie tire son lour de l'incontestabi-r lité des faits. — Les philosophes on les mauvais critiques qui ont combattu ces prophér ties , sont-ils nrieux à'accord entre eux que les théologiens qui les ont expliquées? Les uns disent qu'elles ont été faites après coup , le^ autres qu'on n'en a pas saisi le vrai sens, d:autres encore qu'elles ont été démenties par l'événement; run lesapplique A ccinirci, l'autre à celui-là. Après cela ils se plaignent
3ue nos explications ne sont pas uniformes ans toutes leurs parties.
33S. D. D'où vient que quelques théologiens ont détourné à d'autres événements une multitude de passages tirés des psaumes et des prophètes, que Ton attribue commune* mçnt à Jésus-Christ.
R.£n cela, comme dans toute autre chpse, l'esprit humain, toujours inquiet, téméraire^ immodéré, a donné dans les extrêmes. Les uns ont voulu toot appliquer au Messie , et ont altéré le sens littéral d'une inflnité de passages. Les autres, se piquant de critique, aimant à établir des idées nouvelles, zélés à l'exès contre un abus qui leur paraissait une espèce de fanatisme, sont allés jusqu'à re- . ieter les explications les plus naturelles et les plus autorisées. Mais, malgré les dégâts <][u'il8 ont fait dans ce riche amas de prophéties, il en est resté un grand nombre qu uno critique sensée a toujours respectées, et dont l'incrédulité la plus obstinée n'a pu se dissi muler le vrai sens. Tel est incontestablement le chapitre 53 d'IsaYe : Quis eredidit auditui noêtro, qui, selon M. Hnet, a opéré la con-r. version do presque tous les Juifs oui on| sincèrement renoncé aux égarements de leurs
5 ères f6). Tels sont plusieurs autres endroits u même prophète, qui, selon la remarque de S. Jérémet semble écrire l'Evangile plutôt
(I) Voyez le Diicours tur Ptàttoirt umtneUe de H. Bossoet, V part., n. è et saiv. En lisant la neuvième proposition de la ùémon$i. itmg, de M. Huet^ Ton ne peut voir le parallèle que fait ce savant évé* que des prophéties avec les événements, sans lire, pour ainsi dire , Thistoire de Jésns-Cbrist dans Tau' cien Testament. Si quelques philosophes ne voient pas dans sa personne le Réparateur de la naCion juivê etde toutes les nations du monde, c*ef:t quMIs n'ont ni lu les prophéties , ni acquis Tidée d'une véritable réparation.
(3) La retigiûn chrétienne prouvée par tacccmpii$9ê^ ment des prophéUei.
(5) L*inerédulHé cowiaineue par les prophéthi.
(4) Vérilé de la religion chrétienne prouvée à un déiste. — On peut consulter encore Texcelleni Traité Itisl, et dog. de M. Bergicr, t. 7 , p. t7l et suiv.
, (5) Jamais ils n*ont pu lui donner nne expUcartion tant soit peu vmisemhiable. Le fameux Anthoine, juif reniât, brAIé à Genève en 1651 , disait que le prophète parlait, dansée chapitre, des Israéliies vertueux qui furent pmds li cause des méchants , et eiiVeloppés dans les mêmes malheurs. D d> a rien,^, dans toute ja prophétie, qui puicse daoner ridée d*une pareille inlerprélaf i/m.
CATÉCRISME
qu'âne prophétie (1). Tel est le psaume 109 : Diocii Dominuà, etc. (2). Telles sont dans* le nouveau Testament, toutes les prophéties de J«-C. touchant sa mort et sa résurrection, la réprobation des Juifs^ rétablissement de sonËgUse, les persécutions et les souffrances de ses Apôtres, prophéties si clairement exprimées , : au*on n'en peut contester le sens, et si éviaemment accomplies, qu'il n'y a pas de fait historique mieux constaté. — C'est une erreur de croire qu'une chose cesse d'être une preuve, parce que Tesprit de dispute en combatla force et se refuse à son évidence. On dispute contre l'existence de Dieu, contre rimmortalité de l'Ame et cent autres choses d'une certitude reconnue, faut-il être surpris qu'on conteste le sens des prophéties les plus claires? Les idées de Hardouin sur Virgile, Horace, Cicéron, etCMont^ilesinspiré des doutes sur les auteurs et le vrai sens des ouvrages attribués à ces anciens littérateurs?
§ IV. — 334. D. D'où vient que les prophètes passent rapidement d'une nïatière à I autre , et mêlent les prophéties touchant le Messie avec d'autres moms importantes qui annonçaient des événements prochains relatifs à l'état actuel dQ la nation ? .
D. l*" L'éloquence prophétique est bi^n su-*
Cérieure aux timides efiorts de la nôtre. Ces ommes fortement, inspirés et placés dans la perspective dés événements les plus composés, passaient d'un objet à un autre sans que le passage fôt adouci par aucune nuance. Ce sont autant de tableaux oui se succèdent avec la rapidité de l'éclair (3) : le prophète les a conçus fortement et les rend avec chaleur ; mais en vain cherchons-nous les idées intermédiaires qui rapprochent ces différents tableaux. L'enthousiasme de l'iuspiration les a supprimées, et nos conjectures ne peuvent que très-imparfaitement en remplir le vide (4). « Tous les temps, dit saint Chrysostôme, n'en font qu'un pour les prophètes ; ils les ^ parcourent tous à la fois et avec une aisance égale (5). ^
2* Les prophéties particulières, accomplies flans le temps et aux yeux des Juifs, leur
^1) Non prophetiam videtur mifu texere, ad Evath ffeliim. Epist. ad Paulinum. >
(i) M. Bbssuet,- dans ses dif^serlations sur les Psaunies, fait voir que ce psaume cl un grand nombre d*auires, sôii eniier , soii en partie , ne peuvent éi reconsidérés que comme de véritables prophéties ; fju'ils parlent évidemment de Jésus- Christ , de la religion chréiienne, des événements qui doiveiit former <>a illustrer un peuple nouveau ; mais en même temps' les psaumes sont en quelque sorte une histoire de la nation juive. Ils rappellent le passé, ei célèbrent les fastes du temps où ils ont été écrits. Ces dissertations de M. Bossuetontété traduites en français par M. Leroi, 1 vol. In-8..1775.
(3) Sfcifi fulgur exil ab orienUt et parti u$que in oecideHlein. Matlh. 24, 27.
(4) Ungua mea calamus $cribœ veloâter geribentis. Psnl. 44, 2.
(5) Talet $unt propheiœ ; omm tempmra percurrmt, prœientia^ prmierita et fuf ura. Ghrysost. in psal. 43. — De là il ne s^ensuit pa^ , comme les Sociniens Pont a|)surdement prétendu , que les prophéties puissent Çirc regardées comme un assemblage de lambeaux ÛU8 ordre et sans suite, tel que les cintofies qu'on a
devenaient un gage assuré des grandes^hoaef que les siècles devaient amener, et que les mêmes hommes leur avaient prédîtes: Par là. dit Pascal,les prophéties particulières n'étaient pas sans fruit, elles autres n'étaient pas sans preuves.
§ y.— 335. D. Si la plupart .de9 prophéties se sont visiblement accomplies, n'y en a-t-il pas qui aient été démenties par l'événement, telle que. la destruction de Ninive, Tarrivée de Jésus-€hrist sur les nuées, la fin prochaine du monde?
R. La ruine de Nînive n'avait été arrêtée dans les décretcde Dieu qu'en cas que les habitants ne se fassent point empressés | Âéchir sa colère par un repentir prompt et sincère. L'Ëcriture nous donne cet exemple comme une preuve do la bonté de Dieu et do l'efficacité de la pénitence. Ceux qui ont si gauchement raisonné sur cet événement n'avaient assurément pas lu les chapitres 8 et k de Jonas ; ils auraient vu, dans leqiiatrième, la réponse que fait Dieu lui-même à cette plaisante objection.
Arriver sur les ni^es dans le style de l'Ecris ture et de toutes les langues du monde, c'est arriver avec une grande ffloire, c'est être
Îiacé fort haut, avoir le moiîae sous ses pieds. ésus-Christ s'en explique lui-même, en. ajoutant : Avec beaucoup de gloire et de ma- Jesté (1) C'est ce qui a étfr accompli, 1* lorsque, peu d'années, après son ascension glorieuse, il a vengé par la ruine du peuple juif l'attentat commis sur sa personne divine d'une manière qui portait visiblement l'em-. preinle de la colère d'un Dieu ; 2* lorsqu'il a établi sa religion dans tout le monde mal-, gré les raisonnements des Philosophes, mal-> gré la puissance des empereurs , malgré la conspiration des Juifs et des Païens ; lorsque son nom et sa croix furent placés sur le dia^ dème des rois, et adorés de toutes les uations. de la terre. La fin du monde présentera un nouvel accomplissement de cet oracle dans l'arrivée du juge des vivants et des morts. De quelque manière que l'on exolique ces * paroles : Non prœteribit aeneratio nœc, donec omnia fiant {Matth, 24, 3i) ; soitqu'onentende la géiiéràtîon présente, soit qu'on entende toute la race des Juifs, soit qu on entende le dernier â^e du monde, qui csllerè^ne du ChrisUanisme, la vérité de la prophétie sub-
faits de Virgile et d'anfres poètes. Car, i* les tableaux prophétiques sont acnevés et parfaits , quoi • qu*ils soient joints à d'autres tableaux ; ils sont la plupart trop étendus et trop circonstancié», pour pouvoir être appliqués à d'autres objets. V lies tableaux tiennent réellement les uns aux autres, qu^ii-^. qne les liens ne soient pas toujours sensibles, et que Pignornnce des temps et des choses si reculées ait* encore renforcé la difliculté de les apercevoir : c*esi, en quelque sorte , le cas de la poésie Ivrtque. Les commentateurs sont souvent embarrassé à saisir la suite et rcusemble dans les plus belles odes de Pindare et d'Horace, quoique les liens et transitions existent, et qu'on tes . découvrirait sans peine, si on. éuiit bien pénétré . de Pesprit des auteurs et exactement Instruit de tout ce qui animait leur verve, (i) Cwn mrtute muka es nmfesiate. Mattb. 24. sa
felï
nilLOfiOPHIQUE.
«fc*
ciste également. La -génération qui yét.ut: arec Jésus-ChrlsU a vu la dispersion des Juifs ci l'cxaUation de la foi chrétienne. La nation des Juifs subsiste delà manière la plus mer- \MÛlleuse, et subsistera jusqu'au second avéneoieni du Fils de Dieu, Le Christianisme ne Gnira qu'avec le monde.
Quand les Apôtres nous ont prédit la fin da monde comme prochaine, ils ont eu soin de nous informer en quel sens elle était prochaine; ils considéraient , sa durée par comparaison aux années éternelles et à la durée du règne de Dieu. Le plus habile commentateur ne dira là-dessus rien de plus clair ni de plus satisfaisant que S. Pierre : // y aura, dit cet Apôtre, des hommes séducteurs, esclaves de toutes les passions de leur cœur,^ oui dematir derofU où est cet avènement me Jésus-Christ nous avait iaM promis ? Les nommes meurent et naissent comme autrefois ; et qUel change-^ mcnl s'est-il fait depuis le commencement du
monde ?. Mais vous, mes frères, souvenez-
vous que mille ans sont devant Dieu comme un seul jour, et un seul jour comme mille ans (1). . On voit par là que les Apôtres connaissaient parfaitement le génie des incrédules, cl que ce que nos Philosophes nous donnent comme les fruits de leurs savantes recherches est réfuté depuis dix-sept cents ans dans nos Ecritures. j, .
336. D. Ne parait -il pas, par d autres passages , que les ApOlrcs étaient dans la
Ssrsuasion que le monde finirait bientôt î uelques saints Pères n'ool-ils pas été dans
la même opinion ? , . . .
R. Les passages des Apôtres qu on objecte Bont aucune .apparence de prophétie, et pourraient tout au plus faire conclure une erreur de fait (2). Mais nous venons démontrer définitivement que les Apôtres s'expliquent eux-mêmes , et qu'on ne peut leur attribuer une opinion dont ils démontrent le
(i) Venieni in novîwmîtdiebus in déceptions (ItusolE^f jttxia propria$ concupiseentias ambulante$, dicentes: t'ai est proittisiio f aut advetUus ejus! Ex quo enim patres domàerunt^ omnia «c penéverant ab initio créatitrm.,.. Unam verohocnon laleal vos, cariuimt, qma unus 4Hes amid Dominum sicut mille anm , et mule anm skut Mes unu$. 2 Pet. 5, -1, 8.
(i) Ceux qui ont observé qu^ S. Paul se met souveut pour exemple dans les icmps où il n'existait pas , comme lorsqu'il dit , en parlant du temps, anlé'ieur à U loi de Moïse : Ego enim vitebam sme legs aliquando. Rom. 7,9, ne sont pas surpris de Tenk;ndre dire : Nos qui vivimm , qui restdm sumus m iidvmuum Domini. Tbcss. *, 14. David prétendail-il vivre jusqu'à la un du monde, lorsau'll disait : No$ mai vivimuê benedicimus Domino , ex hoc nunc el usque. in s^aUum! Ps. 15. — Quand saint Jean dit que cesl la dernière heure, il entend précisément le deriiier âge du monde » et le règne du Christianisme ,. ^près la oaissanco duquel 11 ne fallait plus attendre de grands événements en matière de religion , mais se précautionner contre les séducteurs et les anieebrisl , piécurseurs de celui qui devait paraître à la tin du monde.— Lorsque les Apôtres ont parlé de la dcslruction de Jérusalem , de la victoire de Jésus- Cbfi^t, de la propagation de la foi , ils oftt dû en parler obmute d'une chose prochaine. Des Iccieurs sulierficîels ont cra voir dans leurs expressions la fin du Blonde.
peu de fondement. Saint Paul la rejette aNc^ « lument dans la seconde Epftrc aux Thessak^; niciens, ej. avertit les fîdéles de nç se laisser prévenir, en aucune sorte par, ceux qui eu i étaient imbus (1). Il faut s'opiniitrer étran-^ gement pour répéter encore une objection ^ réfutée par les auteurs mêmes auxquels on nous renvoie. — Si quelques Pères ont an«ff nonce la Gn du monde comme prochaine » '. faut-il en être surpris? Le Sauveur a dit quo tout le monde s'y tromperait : De die autem.' illa et hora nemo scit, nequeangeli IJUatth. 24,36).
§ VI. — 337. D. Les figures par lesquelles les? livres de l'ancienne loi désignaient les év6-: nementsdela nouvelle ne sônt-èlles pas une * preuve digne d'être placée après les prophé-: tics?
R. Ces figures sont sans doute un argu-ment propre à instruire les Juifs, persuadé»- (ainsi que noçs l'avons dit) que leur loi n'é<< tait qu'un assc^knblage de types et de symboles des choses futures ; mais cette espèce det preuve peut paraître moins propre pour conr vaincre des infidèles ou des Philosophes. IL est certain néanmoins qu'il y en £^ dont les* rapports sont d'une justesse admirable, qui. méritent toute l'attention d'un esprit solide « et qui marquent clairement la liai&on intim<v des deux Testaments , réunis réellement etu un seul par.les vues et le dessein suivi d*uiu même léigislateur (2).
Article lit. Propagation du Christianisme,
§ I. — 338. D. Le Christianisme a-t-il pii s'établir sans une assistance visible de Dieu ?• . H. Dieu a fait de cet établissement soir-, propre ouvrage; il a voulu faire éclater sa puissance et sa gloire dans le succès du des«« sein le plus extraordinaire et le pltis impossible selon toutes les vues et toutes les ressources humaines. Car il s'abaissait de convaincre d'aveuglement efde folie des hommes • qui se croyaient fort éclairés ; de faire quU-* ter des religions douces, commodes, et qui ne ' gênaient aucune passion, pour en faire em^ brasser une qui est l'ennemie de toutes les.' passions, et qui semble n'être appliquée qu'à les combattre, les réprimer et les contrain*: drc ; de faire recevoir comme des vérités incontestables les dogmes les plus inconcera-: blés, et dont les conséquences sont les plut^ effrayantes ; et de les faire recevoir par des hommes ennemis de toute contrainte dans la manière de penser; de détruire des cultcïi. que leur ancienneté rendait respectables; de renverser des temples que l'autorité pu« blique et les princes avaictit tait élever; d'abattre des idoles qu'on s'était accoutumé A regarder avec vénération ; enfin de faire re'-^ garder comme une superstition détestablei,
(\) Ut non cilo moveemini a vettro sensu , neque fav reamini , neqne pet spiritum , neque per sermonem, neque per epistotam lanquam per nos missam , quasi in stet dies Domini. 2 Tliéss. 2, 2.
(2) Voyez Huet, D^m. évang,^ prop. 9— Becainis, Ànalogia veteris ac novi Tesiamenli , in qua primnm, status veteris f deind»^ cqnsensus , proportio et conspiratio itlius cap» noto cTpHcatur, Duaci , 1^7.
ÔiTCfJIBME
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MitriTfltfiiiilr, «rltalMnc, Ce ftt'on «?«tt âu-
Ktf anC pruytkiaA oa reipecié f^ar relMen. lé éMI la réToiniioil qui àtitàX se fhir» 4aiM les aspriU-t dam les villes «dans les ftiyaames et datts les empires^ par rétablis- , semestt do Ghristiaiiisaie.
. 338 D. QQch hommos Dien a-t-il choisis iwnr élrc les eséoatears d'une si étonnante
réforme?
H. Dooxe bommes siâiples, ignorants, panwes, dénués de tous moyens, de tout appaiv de toutes ressources hnmaines : ce sont eux iiut doivent dessiller les yeux aux superstitieux» ramener aux bonnes «KBurs les dé- (Miuchés, inspirer TllumiU.té aux Philosophes et aux savants* se faire écouter et rcsjpecter par les poissances du monde , détruire les anciennes religions, et faire recevoir ceHe (Puu homme qui avait été condamlté depuis p«i à une mort honteuse dans la ville de J6imsalem.
• 3h0. D. Le succès de la prédication évauféyqQc a-t-ii été bien rapide et bien univcr-
R. Les auteurs ecclésiastiques les plus ancteus cou)parent la propagation de rEvangtle \ la vivacité avec laquolle la liimière du soleil se communique a tout lliémisphère, ou h oeilo de l'éclair qu: se fait apercevoir à Vinstaut dans tout Thoriion. Dès le premier siècle les Païens se plaignirent que les temples étalent déserts , les autels abandonqés, les prêtres méprisés , et le culte des dieux presque anéanti, comme ou peut voir dans la lettre de Pline à Trajan(JE))t5r. (. 10, e^. 97). S. Justin (DM. ctim Tifcry/iA.. 0. SUS) écrivait vers la quardotième année du second siècle : « Aucune nation de barbares ou de Grecs, ni aucun peuple, quelque nom qu'il porte, soit de ceux qui demeurent dans leurs chariots, soit do ceux qui n'habitent point flans les maisons, ou qni vivent sous les tentes, et qui paissent des troupeaux, chez Ics- Jttéls on n adresse des prières et des actions e grâces an Père Créateur par le nom de Jésùs-Çhrist. » Vers le même temps Tertullien {ApoU^ c. 37 ) écrivait au sénat ; « Nous ue sommes que depuis deux jours, et nous remplissons tout l'empire ; les villes et les çampanes, lips Iles et le continent sont pleins de Chrétiens ; oq les trouve dans les assemblée$ du peuple et dans les armées, dans le
Salais de^ empereurs, dans le sénat, dans lo arrean : nous ne vous laissons que vos temples..../ Si celte multitude d'hommes se relirait hors des terres de la domination roumaine, la perte de tant de citoyens anéaulirait r«mpire, et vous punirait de votre cruauté; vous seriez effrayés de la solitude et du vide affreux qu'ils laisseraient parmi viAs , vous chercheriez en vaiu des sujets à gouverner, il vous resterait plus d'equemis que de citoyens. » Dès lors l'Evangile avait été annoncé dans la Perse, les Indes, la Chitte et antres royaumes indépendants de l'empire romain (1) ; il avait été reçu par- Ci) Yayei le Journal des sâvaDls , août 1760, $u
tout , il s'éteudûlt pur des aecroifiseuiaitti: journaliers flj. Amote (lH'.<p. oefo. j^enr. f. 1, JI.15; /. S, Pi 50), qui écrivait au troisième siè< de, nous représente le Christianisme éùiblî chef les Allemands, chez les Perses, chez les Scythes, dans l'Asie, la Syrie, l'Espagne et les Gaules , chez les Gélules , les Maures , les Nomades, les Sères (9). etc. Selon S. Jérôme (Fpf^r. 35}, les Indiens, les Perses et les Oètes , accoutumés à oBk'ir des victimes humaines lors des obsèques de leurs défunts » avaient quitté leur barbarie pour prendra les mœurs douces qu'inspire l'Evaugile. Ce même Père ( fptsf. 57 ] nous dit qn*il voyait arriver tous les jours dans la Palestine, où 11 demeurait, des troupes de moines qui ve-^ naient de l'Inde et de la Perse ; que les Huns apprenaient le Psautier; qoe les climats glaces de la Scythie avaient été ranimés par la chaleur de la foi , et que les Gèles avaient des églises sous leurs tentes. S. Chrysostôme {nom. 2, iiiJoan.) dit aussi que les Indiens et les Scythes avaient traduit en leur langue les instructions données par S. Paul; que tout barbares qu'ils étaient. Us avaient ap-
f»ris la philosophie chrétienne. Théodoret Therap. l. 9, p.ll5) nous assurequeles Scyr thés, les Sauromates, les Indiens, les Perses, les Hyrcaniens avaient reçu les lois de Jésus- Christ, etc. En un mot, l'histoire des pre-r mlers siècles du Christianisme n'est que la vérification constante de l'oracle d'un Prophète, qui nous dit que la parole de Dieu se répand avec une rapidité inconcevable. Fs-r lociter currit sermo ejus. Psal. IW.
S II. — 3M. D. Le mépris des richesses , les mœurs austères, les travaux désintéressés des premiers prédicateurs de rEvangile , l'égalité que la religion mettait entre les hommes , Punion, la concorde, l'affectfou réciproque continuellement recommandée aux Chrétiens,
eoiid vol. Examen dé la guei/io», S'il y aetL éa ckré* (îetu à la Chine f etc.
(i) /n tirbo veritatiê Èvan^H^ quod ptnenii ad voi iicut et univeno mundo eit^ et fraeti/kat e$ crudt. Coloss. i, 6.
(2) Théodoret nomme aussi les Sères entre les peuples soumis à Jésus-Christ. Il pAmli que les anciens désignaient les Chinois sout le nom de Sères. Pour le croire, il ne dut que lire ce qu*ea a ërrii J. Solinus, Pohfhi$t<fr, esb. 63. L^auleur des Ascherchai inr les Chinm préieiid fue eels est ftiai mais ses raisons ne sont rien moms que dérnoiistr.ilives. II est vrai que quelques atiieurs ont parlé d«k Sères comme d'une race scyibiqiie ; mais quand ia géograptiie de ces auteurs serait beaucoup plus exacte qu'elle ne Test , elle prouverait tout au plus que les Chinois sont une colonie deSeythes, comme les Tartares, qui sont aujourd'hui maîtres de Peinpire ; et qne le Nord, toujours fécond eo nations émigraates, a peuplé ce vasie pays comme il en a peuplé tant' d'autres. Au reste si les Séres ne smit pas les^Chinois, ce sont des peuples voisins de la Chine, que nous appelons aujourdhui Tariares Chinois, 00 les habitatiis de la C&fna exfre muros, d*où rfivangîle i dû nniurellement pénétrer danii la Chine même. On y a trouvé de nos Jours une synagogue fondée vraisemblablement par des Juifs qui y sont arrivés après b diisiruciioli de Mrusalem. Voyet le W Rtcneil des Leu, Mf*/., p. 567.
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ii*aiit-lU pat natyrdieipent dft propagiMr luta religion SI propre à gagnsr le suuragq des âmes booneU^ ? et quelbesoiu y âi-l-iT ieî de recourir à la puissance de Dieu 7
R. Le Philosophe anti-cbréiieo t qui rai- «onne de la sorte ne sent pas sans doute l'honneur qu*il fait aune religion qu'il a ^•retendu divoUer comipe un niYstère d*Hii- '4Uilé. Les vertus des Chrétiens étaient sans doute «n appâtpourlesâmes honnêtes; mais» 1" ces Tertus mémos n'étaient l'ouvrage ni du.
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âmes propres i se laisser subjuguer par l'attrait oes vertus n'étaient sans ooute pas en fort rrand nombre dans le siècle le plus déborde, oà tous les genres de désordres étaient autorisés par les lois de la religion el de l'état : il fallait une impression bien forte et bien-au-dessus de l'homme pour opérer en e\les une (elle révolution ; 3 les vertus des Chrétiens n^ont pu suffire pour persuader les dogmes sublimes de leur foi, pour les faire recevoir centre tous les raisonnements des Philosophes , el contre la foreur des perséculcurs.
342. D. Les secours mutuels qi^e se pré* laient les Chrétiens, là communauté des biens « les grandes charités que les riches fai* salent aux pauvres, pouvaient-ils manauer d'attirer à leur religion tous les indigents? De là Tient sans doute que la primitive Eglise n*a été composée que du petit peuple ?
R. Ceux qui ont tant de fois répété cotte objection devaient au moins faire attention à la contradiction qu'elle renferme. S'il n'y a eu que des pauvres parmi les premiers Chrétiens, d'où venaient les aumônes qu'on leur faisait? — La communauté des biens est une chose fort intéressante parmi des gens qui n'ont rien ou qui n^ont que le nécessaire ! — Il est trèsfaux que d'abord l'Eglise ne fût composée que Au petit peuple, mcodteie, Joseph d'A-^ rimatfaie , 2^chée , Jaïr, l'oflicier romain témoin des prodiges arrivés à la mort du Sauveur » S. Paul, le centurion, Cornélius, Sergins Panlus , l'eunuque de la reine Candace, grand nombre de prêtres et de princes juifs [Ad. 6, f ers. 7; Jom. 17. vers. 12), les principaux citoyens de Béree , ' plusieurs jagésderaréopage, les lettrés d^Ephése , Fia* vins Clémens, cousin deDomitien, Domitillâ, femme du même empereur, le consul Acilius Glabrion • et beaucoup d'autres hommes illustres et savants , sont des Chrétiens du premier siècle.
343. D. S. Paul ne dtl- il pas ^u'il y a parmi les fidèles peu d'hommes distingués par leur naissance , leur rang; leur sagesse, etc.?
R. Leur nombre était petit sans doute en comparaison des autres. Le simple peuple a toiyours eu plus de docilité que les Philosophes et les grands du monde. 11 y a eu asseï de gens distingués par leur noUêsse et ^ar leurs lamines, qui ont embrassé le ChristianiM|0 pour que l'on puisse conclure que cette TCJIiiîtoB était M^uyée sur de lionnes preutes : mais H y en a eq trop peu, pour
^que ToB puisse seupçornier ipie te Christian nisme s<rit redevable de ses progrès au génie do SCS premiers sectateurs. — â e*étaient des gens d'es(>rit qui eussent prêché la reli^ gion , et des simples qui l'eussent crue , e^la n'eût point étonné. Les simples ont prêché ; les gens d'esprit ont cru et croient encore.
i III. — 344. D. Le Mahométisme n'a-MI pas Csit autant de progrès que l'Evangile?
R. Ses progrès sont mesurés sur le dé(rât du alaive oe ses sanguinaires apôtres. Il lof a fallu mille ans pour acquérir l'étendue qn'H a aujourd'hui ; et cette étendue non seule»* ment est bien inférieure i celle du Christia-* nisme en général , mais même à celle de l'Bn^ glise catholique. 1* Il n*y a pas de Mahométans en France,. eu Espagne, ni dans toute l'Europe chrétienne, dans toute TAmè^ rique , etc«; mais il y a des catholiques dans toutes les plages de la terre (1). C'est mémo, an bout du monde , A la Chine , an Japon , au Paraguai, etc.(2), que la foi catholique a paru avec le plus d éclat dans ces derniers siècles. . 2r Les Musulmans habitent un vaste pays;
(1 ) Propter koe in doeirifdi ^lari/leafe Daminnm: fn inmliê morfi namm Damifd Dei ItneL A fiMlbm»îirrm UnuUi SfHfMmii, floriam jusiL Isai.. fti, 15 , 16/ PlanittiA radUéê tpu H imfiUmt lerram, Operwit msii* les umlffû ejuê et arbuua ejut tedret Dà. Exttndii pA* mîtei âuo$u»guead mare. Ps. 79, 10, 11, f^
Racine applique ingënieiiseiiient aux nalloiis couveriies à la fui ces vers de Virgite :
mcedmu victœ Umgoùrdme genteê^ quam variœ tmgm AoNta Um venii.
Il poovait dire encore de TEglIse esibolique : ^
super et Gàramantoê et tndos proferetimperiigm: faut extra ÈUteratetlui EjÂrammi$othqiiêtlM^nHcalifer^ttM AXem hymero torquet Uellk ardentihu aptum.
{%) Voyes Is Relation de$ mimotu du Paragnai, imt M. Mumori. — « Les missions, dti M. deBuflbn {Bisi. fMl., I. 3, Jfi-4% p. 506), onl roraié plus d*bom« mes dans les nations barbares que les armées viç- . torieoses des princes qui les ont subjngoés. Le Para^
Î^ual n*a écë conquis que de celte façon ; la dtHiceur , e bon exemple, la ebarîië et Texerclce de la vertu constammeiii pratiquée par les missionnaires , ont ' toocbé les Sauvages , et vaincu leur défiance et leur Mroeiië..^ Rfen ne hh pies élK^nnettr à la religion, qaed*svoir civilisé les naliétts, et jeié les fonderoeois a*us empire sans d'sinres armes que la vertu. » *r f 11 est nenreux peur la société, dit M. de Monies^ guieu (KsprU den im, livre i, ck, 6), d'avoir été la
i>remière qui ait montré dans ces contrées Tidée de « a religion jointe il celle de rhnmaniië. En réparant . les dévastations des Espagnols, elle a commencé à guérir une des plus grandes plaies qu'ait encore reçues le genre humain, etc. • Voyes aussi M. Hallerv Tveti0 sur dhen njetê intéreuants de polUiaue ^ de morale. Nous poumons renvoyer encore è VHiitoirei pàilosophique et politique du commerce , etc» , /. 3 ^• p. Î5Î, 261, si cet anlenr forcené, toujours en coixtradiction avec lui-même, rie détruisait dans un eudroit ce qu'il établit dans un autre , et que son ouvrage ne fût point un répertoire de déclamations contre la religion et les masurt. Au reste, rhommage d'un ennemi n>eU jsmsislt rejeter. Paraissant, ceiir tse lottta altenls, «ans le Uiompbe de son rivai , il . ftxt le vue dtM spectateurs plus que toute la pompe du vainqueur, et décore par ses cbalnes la main.(i»i Ta abattut
CATÉCIIISMR^
mais ce pays nVsl pas peuplé comjtne rilalic, les Pays-Bas , 1* Allemagne el les autres états catholiques. 3* Ce pays compn^pd toutes sortes de cultes. M. de Beaùsobre a. calculé que dans la Turquie d*Ëurope il y avait deux tiers de Chrétiens contre un tiers de Turcs; il y a vingt églises à Conslanlinople, trente à Thcssàlouique, etc. Les diflerenlcs religions qu*on professe dans ce grand empire ont plus de sectateurs que TAlcoran. Les Philosophes comptent toujours en gros, et laissent bien de Toccupation a ceui. qui comptent après eux. — Le Mahométisme ne peut donc être comparé dans son étendue à la seule Eglise catholique , qui est partout là même , qui no connaît ni schisme ni hérésie parmi ses enfants. Nous avons parlé ailleurs (iV. 149) des moyens de son établissement et du caractère
tullion,parreiïusion de Icfir propre sang.
§ IV. T- 3V5. D. Ce que Tfaistoire ccclésiasliqitc nous apprend des cruelles perses c'uUons excitées contre les Chrétiens , et des torrents de sangqui ont cinienté leur foi, est- Il bien incontestable? ^
IL Jamais on ne s'est avisé.de le révoquer .en doute * avant que Tincrédulité moderne eut entrepris de faire la guerre à la notoriété des faits comme à la certitude des dogmes. Les auteurs paYens et chrétiens des trois premiers siècles lie paHent que des )e(forts que fil ndolâtrie, soutenue de toute la puissance des empereurs , pour anéantir la religion de Jésus-Christ et pour la noyer dans le sangde ses sectateurs. Si sousTrajan, prince d*un caractère assez doux. , sbus Antonin , sous Marc-Aurèle (1), les chrétiens furent indistinctement mis a mort , il est aisé de juger de quelle manière ils étajent traités f»ousles Néron ,.l«!sDomiti€n, les Valérieii, les Dioclétien , les Maximln , etc. Les grils ardents , les roues armées de lames tra.nchantée , les* ongles de fer, les dents des bétes féroces, les chevalets , les bûchers, voilà ce qui était préparé, dans la plupart des villes. î>buf les Chrétiens. Tertullien nous apprend qu'on leur donnait le nom de Sarn^entarii et île Senaxii, c'est-à^ire , de gens à sarment, de gens à pieux ; parce qu*on employait dès sarments i)our les brûler à feu lent, ou qu'on les empalait tout vivants, pour leur faire souffrir encore en cetétatde nouveaux supplices.
(1) Les pbilnsoplies ne peuvent pardonner »ax apo* logisles du ebrisUanisuie de pincer Msrc-Aurèie .nu rnng. des persécuteurs. &lais le fail est quM pcrsé« cula an moins douze am , cl cruellement, i L'an 17 deHarC'AwrèU , dit Eu^ébe « nm trèt^violenle perse* eûiiùn fui excitée contre le$ chrétiens : -elle se répandit par tout tunivers , et fit une infinité de martyrs. » La persécution de Trajan Tut également sanglante. On dira que ces carnages se faisiuent dans les provinces éloignées, cl sans que ks empereurs en eussent connaissance t .A pplogie.recevabte peQl*èlre, si nous n*ayions les lettres, respectives de Tngati et de Pline l« jeune; si nous ne.s:iyions pas que sabil Ignace fut interrogé et condamné aux uétcs par cet empereur en personne, clc., etc.
Souvent, après teis avoir tourmentés sur le ' chevalet et' leur avoir déchiré le corps jus- ' qu'A découvrir les entrailles avec des ongles et des peignes de fer, on y appliquait encore le feu , on répandait du sel sur leur i)laies, on les arrosait d*eau pu d'huile bouillante
f>our augmenter les douleurs sans avancer eurmort. Ou ne peut lire sans frémissemeni et sans horreur les actes authentiques de la plupart de nos martyrs. Les rues et les places publiques étaient quelquefois toutes remplies d'échafauds sanglants , couverts de victimes et de cadavres. Eusèbe de Césaréo noiis dit qull a vu lui-même des trente, quarante et jusqu'à cent chrétiens tourmentés en même temps , et ces cruelles boucheries durèrent plusieurs années de suite sans interruption ; il cite une ville d*Asie où tout étant chrétien , noblesse , peuple , magistrats , on abrégea Texécution en faisant brûler la ville avec tous ses habitants ; il rapporte une lettre .de Maximin aux magistrats de Tyr, par la* quelle il les félicite d*avoir exterminé tous les chrétiens de leurs murs et de leur territoire. Lesédits de Dioclétien et de ses prédécesseurs sont des pièces qu'on. ne peut suspecter de supposition. Tacite « Suétone, Sénèque, Juvénal ont parlé des chrélîcns qui souffrirent sous Néron. Tacite {Ann. l. 15) dit que le nombre en était prodigieux {multitudo ingcns)^ qu'ils souffrirent les sup-
fdiccs les plus cruels et les plus recherchés (fuœsiiiisimis tormentis). Libanius , panégyriste de Julien , s'exprime de la sorte dan^ réloge de ce prince : c Ceux qui suivaient une religion corrompue craignaient beaucoup, et s'attendaient qu^onleur arracherait les yeux , qu'on leur couperait la tête ^ et qu'on verrait couler des fleuves de leur Bai'g; ils croyaient que ce nouveau maltreînf venterait, de nouveaux genres de tourments, au prix desauels les mutilations , le fer, le feu , être submergé dans les eaux , être enterré tout vif, paraîtraient des peines légères; car les empereurs précédents avaient employé contre eux ces sortes de supplices , et ils s'attendaient à être exposés à dé plus cruels : cependant Julien pensa tout différemment des princes qui avaient liais en œuvre ces tourments, parce qu'ils n'avalent pu par ce moyen venir à boutde ce qu'ils s'étaient proposé, et qu'il avait remarqué qu'on ne tirait de ces supplices aucun avan- ' tagc. »... a Julien déterminé parces raisons, , et sachant que le Christianisme prenait dos accroissements par le carnage queFon faisait de ceux qui le professaient, ne voulut pas employer contre les Chrétiens des supplices, qu'il ne pouvait approuver » (£t6an» pafen^' tali in Juliaiii.^ n. 58). Puisqu'on n'a pas ré—
{londu à ces observations des derniers apo— ogistes de la religion, il est inutile de gros* sir la liste de ces témoignages. Il n'y a pas d*homme tant soit peu instruit dans l'histoire de l'Eglise, qui ne s'écrie avec Lactanco (De mort. per$ec.,,c. 16), auteur contemporain et témoin oculaire de ce déluge desanp:: « Quand j'aurais cent lapgnés et aqCatDiC de Kôuchos, il mo serait impossible de raconter
miLosoPHrouE.
toiisldft tourments qu'ion employa contre les chrétiens. » ^
§ V. — Sk6. D. Puisque Tempcreur du Japon est renu à bout a*éteindrc la- religion rhrélienne dans ses états (1), pourquoi les empereurs romains ne Teussent-ils pu détruire , s'ils Taraient youIu sérieusement t
R. 1* Les historiens païens nous apprennent qoe les empereurs ont voulu anéantir le Christianisme» et qu*îTs Tont youlù trèssérieusement ; • nous venons de le voir. 2" Noos avons montré que la! religion chrétienne avait été établie , dès son commencement, dans la Perse, la Scythie, les Indes, etc. , où les Romains n'avaient rien à dire. Le moyen de détruire ce que l'on n'a pas en son pouvoir? 3* Dieu permet que la religion périsse dans une province , il en menace même celles qui ne la conserveraient pas avec as- »ez de soin : Dieu, dit Montesquieu, suivant des décrets que nous ne connaissons jkis , ^iend ou resserre les limites de sd religion; mais il n6 permettra pas qu'elle périsse par-^ tout. Son ouvrage doit subsister; sa oromesse nous en est un gage certain. Etablis^ sex des coutumes, dit le même Philosophe, formes des usages, publiez. des' édit s , faites des lois: la religion chrétienhe triomphera du climat, deilois qui en résultent , des législoH uurs ipsi les auront faites (Déf. de V Esprit des lots : seconde part. Tolérance) .
347. D. La grande étendue de Tenipiro romain ne donhait^lle pas aux Chrétiens la facilité de se soustraire ^aux persécutions?
R. L*auteur de V Examen critique le dit ; mais if nous sera permis de dire aussi que re critique s'enferre pitoyablement. C est ittsteroent le contraire dé ce qu'il avance. Si i'ejnptre romain eût été partagé entre plusieurs princes , on aurait pu éviter les poursuites de run, et se réfugier chez l'autre;, mais comment s'évader quand le tyran est partant obéi (S) ?
S VL — 318. D. Quoiqu'on'ne puisse révo- . quer en doute l'horreur et la multitude des. perséeotions sans un entêtement ridicule, n'est-on pas fondé à douter du motif de la cmaulé exercée contre les Chrétiens , et à croire que les empereurs ont eu d'autres raisons que la haine du Christianisme pour inonder la terre de sang?
R. Pour disputer sur ce sujet , il faut préa^
(i) n j a encore au Japon des cliréiiens , quoique a&fez ignorants par une longue privaiion de toute . iasiruciion. Os sont autant de semences prèles à ' gamer, quand il ptaîra au maître des temps de visiter ce ehamp désolé.
(2) Celte observation est fort juste ; et néanmoins il est vrai qoe la mr<deor de Tempire romain était vfi Absuiete m^itmel à raccompiissement rigoureui des projets de destruction conçus par les empereurs f Atiirc le Christianisme. Ce moyen sans doute entrait <Ljiis les calculs de h Providence. Le Japon au con- • irajre n^oifmnt que. deux ou trois Iles peu considéra-» bJes et à peu près isolées du reste du monde, Il était matérieîlenienl pltis facile d*y faire disparaître le Cbrisitanl^me. Du reste, il y a lieu de croire que la ëoetriiie'eftf bolîqae 8*y conserve par une espèce d^inittJiioa secrète. (L !).> :
lablement contester rauthentiefté de toutes les histoires qui déposent que les Chrétiens n'ont souffert que pour leur religion. Tacite ( Annal. 1. 15 ), dit que Néron ne les fit brûler que parce que leur religion leur avait attiré la haine de toute la terre. Stiétone, dans la Tic de Néron , dit que Ton condamna aux supplices les Chrétiens , espèce d*hommes attachés à une superstition nouvelle et per*
porter leur punition ce le nom seul qu'il faut punir en eux , ou sont-ce les crimes attachés à îce nom ? C^
f>endànt voici la règle que j*ai suivie dans es accusations intentées contre eux. Je \ei ai interrogés s'ils étaient Chrétiens ; quand ils Font avoué et c^u'ils ont persisté une seconde et une troisième fois, je les ai en^ voyés au sujpplice. » Trajan répond i Pline qû il a bien tait ; au'fl ne faut point faire per^ quisition des Chrétiens ; mais que s'ils sont accusés et convaincus , Il faut les punir r Conquirendi non sunt ; si deférantur et arrguant\ir, puniendi sunt : que s'ils renient io- ChVistianisme et sacrifient aux dieux il faut leur pardonner. Maxîimin {Ac. Sab. Epist^ apud Euseb.) dit que les empereurs s'étaieni appliqués à- remettre dans le bon chemin ceux qui s'en étaient écartés , et aies obliger à afdorer les dieux de l'empire ; mais que les Chrétiens se précipitaient d'eux-mêmes , avec une témérité aveugle , dans les derniers périls , et que rien ne pouvait vaincre leur obstination. Il s'exprime en un autre endroit en ces termes : « Nos prédécesseurs , Dioclétien et Maximien , voyant que presque tout le monde renonçait au culte des dieux pour se faire chrétien , ordonnèrent avec grande justice que ceux qui auraient quitté leur religion, seraient contraints par les supplices à la reprendre. » Cinquanteans auparavant, l'empereur Valérien avait déjà ordonné que les évéques , les prêtres , les diacres , fussent
{mnis de mort ; que Iqs sén.atcurs , les chevaiers romains , tes hommes de qualité qur se feraient chrétiens, fussent dépouillés de leurs biens et de leur disnité ; et que , si après cela ils persévéraient dans leur attachement à la religion chrétienne, ils fussent condamnés à mort. Malgré tout cela et cent autres té-; moignages que nous pourrions alléguer^ de prétendus savants nous disent que les chrétiens n'ont pas souffert pour leur religion; •^ Fât-il vrai que les persécuteurs aient cherché des prétextes pour couvrir leur tyrannie, il serait vrai aussi que les Chrétiens pouvaient s'en délivrer en aposlasiant ; c'est donc toujours la religion qui leur coûtait la vie.
§ VIL — 349. D. N'est-ce pas peut-être la persécution même qui a attaché opiniâtrement les chrétiens à leur religion 7
R. Telle est la manière de raisonner do nos Philosophes ; d'abord ils nient le fait , ensuite, ils disputent sur le motif ; enQn,, débusqués partout, ils chicanent sur les conséquences. Convaincus que Ic^ pcr$c«
CAttCHBMB
«illofeiB brnmient un excellent argument en %lfeor en Chrisliânisine » Ils ne voyaient inHitre ressonree que de nier les persécnliens e Ibrcis dans ce retranchement ^ ils bnt IHPétendu qne ces penécutions avaient eu on tnni antre objet que la religion ; eaGn ils ont ionaginé que les persécntions étaient nne prenne contraire à la divinité de json toMisaeflMnt. Qnand on se livre à l'enthousiasme de la haine , Ton yoit tout ce qne Ton vent. Tantôt les Chrétiens se sont multipliés parce qo*dn les a laissés en paix ; tantôt ce sont les souffrances qui les ont attachés à leor religion « et qui le§ ont affermis dans leur croyance qui leur coûtait si cher; en même terans ils assurent que le* paganisme fut dé^ trait par la persécotion. Absurdités , con«* tradictions philosophicnies. —On souffre pour 1^ i^ligfon à mesure au on y est attaché ; mais on n*jr est pas attaehe i mesure cpi*on souffro pour elle. — Les Païens embrassaient le Chris-» tianisme à la vue des tourments et dé la mort dos Chrétiens ; par ouelle maxime expliquer ce phénomène? Ce n est pas la paix du Christianisaie qui les v invitait, puisqu'ils voyaient mourir les CInrétiens ; ce n*est pas ropiniâ- Ireté inspirée par les souffrances , puisq«*Ms étalent païens , et qu'ils n'avaient rien sooffert (f h
8S0. D. N'est-il pas Vrai que, lorsqu'teie rroyance nous coûte de grands saeriflœs, on y est nécessairement attaché?
R* Les anciens philosophes arabes « toujours ridiculisés par les modernes y mais souvent plus raisonnables qu'eux , auraient dévoile ce sophisme par deux mots connus dans locale des vieilles distinctions : A
Srtoft • toncedo : ùpoêêeriori, nego. On fait la religion des sacrifices « parce qu'on y est attaché ; mais Ton n'^ est pas attaché parce qu'on lui fait dos sacrifices ; quoique ces sa— orifices, adoucis par de grandes consolalions , par une espérance ferme et éclairée , puissent augmenter notre attachement à la vraie foi.
0) Les déliras philosophiques touchani Teffel des iierseeiiltoiis ont tellement pris faveur chez l'abbé C«»yer, qirif .assure que la secte des hertiliûiers n'ust restée petite ei f ilracure . que parce quVlle a manqué de persécution ( Voyage dltam et de IloUttnde^ r. 2, i^. 980). Mais quelle persécution a souffert le mahopnéiisme, l'arianisme , le sctiisme des Grecs ? Quelle persécution le luthéranisme a t-il souffert en Dane* msrcfc et en Suéde, où il s*est éubli pr h réTohitîon d*«o moment ? L*édU de Henri VIll, qui introduisit lout-à-coqp ui*e nouvelle religion dans toute retendue d'un grand royaume, peut-Il être r^ardé comme
Mut d*im monarque puisant et absolu , est-il tou* jours resté faible et petit , et n'a-t-il porté à rÊ^ise fies soups funestes que lorsqu'il trouva des pmtcci^îurs puiss:mts ?.... Pourquoi la secic des anabapiis-^ les , 9utrerois si éiciulue et 6i puissoole , a-l-eJle Kiicconil)é aux eflbris que firont les souverains pour la réprimer , et Se trouve t elle réduite à quelques Infilffides î^oWs ?.;.. Avouons nue les |)liîlosophcs tte 4(ons^ietit tri lesfsitsaf la raison; ils en imposent nnk* ipunwm , ci tettt* f toire jcs Aane ik^cs pour igirsuinve. ' - .
S5I. p. Dodwel, si connu par m llvi^ écrit contre la gloire des martvrSt n'ur-t-^l pas prouvé que te désir de la célobrilé et d'un ¥ain honneur était un des motifs qui soutenaient le courage des chrétiens dans les tour* ments? •
R. Dodirel a arancé , sans aucune apparence de pren?e , une imputation si injurieuse aux grands hommes qui sont morts pour la foi , et si clairement démentie par la simj^le TUe des faits. 1* Les nouveaux eèn* yertjs, aussitôt traînés au supplice^ n'avaient pas le temps de se faire à ce beau système d'honneur, dont Tadoption suppose une longue préparation et une imagination nourrie dans tous les écarts du délire. 2" La belle gloire que d'^re exécuté comme les scélérats , et rendu infâme aux yeux de tout l'empire romain , et admiré dans une secto méprisée et pcrsécutèb I — Ces extraraganies suppositions ont fait dire à Bomet « ^équo anglican de Salisbnry, dans une lettre écrite à Dodwel • qu*un Vanini , qu'un Hobbcs « un Spinosa, n'auraient pu avancer des choses plus absurdes. «Cependant, ajootct*n , vous n'avei point reconnn vos fantes , comme vous l'aurîea dA faire publiquement. . . Je puis vous assurer que j'aimerais miew^ ne savoir ni lire ni écrire que d'étudier ou de faire des livres dms les vues qne vous vous êtes proposées depuis plus de trente ans. Vous aimez les nouveautés et les paradoxes , et TOUS einployex votre savoir pour les établir... J'estime, comme j^ le dois, plo^ sieurs bonnes et belles qualités que vous possédez , mais je déplore votre malheur dans tout ce que vous avec fait de réprében-* sible» (Diet. ie Chmfftpié , art. Dodvrel). M. ChishuU , bachelier en théologie, et mem^ bre de l'université d'Oxford , met Dodwel d.ins cette dasse de savants qui sont propres à compiler , mais qui ne sont point capables de bien juger et île raisonner sur ce qu'ils ont recueilli. «Je ne veux nullement , dit-il, diminuer la réputation à laquelle il a droit de prétendre , mais je veux rabaisser cette autorité i la faveur de laquelle il répand ses erreurs. Je crois que le genre htimatn a plus de droits i la coanaissanea de la vér> rilé qne Tautiair n'en a à la réputation dont il jouit par un savoir faux et mal esn— ployé. »
! VIII. — 352. D. Ne peut-on pas attribuer la mine de l'idolâtrie à la violence des empereurs chrétiens ?
R. 1* Constantin » premier empereur chrétien, n'a régné qu'au quatrième siècle de l'Eglise. Nous avons démqntré qne le nombre des Chrétiens était prodigtoux , qne les temptes des païens étaient presque déserts dès le premier siècle'; dans le second et le troisième c'était bien antre chose encore. Voilà donc lldolâtrié bien affaiblie , avant que le Christianisme fût sur le trône.
2* Ceux oui font valoir cette réflexion, déraentie parles taits, oublient sans doute leur maxime : Qxion s^aitéchB è wie reti^oa é mesure qt^'on souff^p^ur éHf iéfetïArida rite, - • • ....■.•..;
PliiLO$
s* Quelques menaces, quebiMA édits pleins ie inodératioè contre les sacrifices publiGs et les seleanilés païennes ont suffi pour ré-r duîreaa néant la religion dominante de l'em* pire^ Qaelle différence entre cette conduite du premier empereur chrétien et les flots de sang qœ ses prédécesseurs avaient répandus poocexierminer le Christianisme I Trois siè» des de persécutions n'ont pu Tébrauler » et 4B siècle de discrédit suffit pour faire tomber le paganisme. L'idolAtrie,qui avait pour elle Isa préjugés de Téducationet la force de l'ha-* bitMe , qui attirait les hommes par le brillant dn spectacle et par les attraits encore filns forts des passions ; Tidolâtrie, c|oe Thomrae s'était formée exprès pour satisfaire sont cfBor» ne peut tenir contre la force des lois ; de simples menaces suffisent pour précipiter sa chute : à peine quelques poignées d'un peuple mutine veulent exposer leur vie pour la défense d'une religion si complaisante ; et le Christianisme encore tout récent* qui avait contre loi tons tes préjugés et toutes les indiaatians de l'homme » qui ne semblait fait que pour révolter ses sens «t humilier sa raison; leChristîanisme» faible dans ses commenceasentset né comptant encoreque quelques sectateurs, ose tenir tête à tout l'empire armé contre lui, et se multiplie par les efforts mêmes qne l'on fait pour le détruire. Quel contraste i Nos adversaires ont-ils. pré vu le parallâe qu'ils nous donnent occasion do bire ? Les lois de Constantin peuvent avoir servi à iiire de nouvelles conversions , mais elles servirent encore bien davantage à découvrir les anciennes ; c'est alors aue l'on fil dairenient les progrès que le ChrisUa* Bîsme avait faits sous les régnes |Hrécédents. La multitude même et la rapidité des convergions font assex voir qne rouvrage était déjà bîenavaneéy et. qu'un nombre infini de gens n'attendaient que le moment favorable pour se déclarer.
kr Sn hooMue trés-connu par sa haine contre toute religion « mais subjugué par la vé^ rite et révidence des faitsf^t a raisonné sur celle matière d'une manière bien glorieuse pour le Christianisme : « On ne voyait plus dans le paganisme vieilli que les fables de son en fanée • l'ineptie ou la méchanceté de ses dieux 9 l'avarice de ses prêtres , l'infamie et les vices des rois qui soutenaient ces vices et ces prêtres. Alors le peuple , qui ne eonaaissait que ses tyrans sur la terre , chercha un asyle dans le cieK Le Christianisme fini le consoler et loi apprendre à souffrir* § Tandis que les vexations et les débauches t ou trône sapaient le paganisme avec rempire« . des aiqels opprimés H dépouillés qui avaient ' I inhi fm( les nouveaux dogmes achevaient n<im mine par l'éxemide de tontes les ver-* tus 9 IHi^.phU. tt pplit. du eommeree, tic. T. 7, p. »)•
AnncLB I> • Les Matt^.
I L — 3$3. D. Les martyr» sonl-Ua un argument solide de la vérité du Christianisme ?
H. On pourrait dire que les martyrs sont pliii6t des témoins que des preuves de la l'érité
de leur fol ; moÀê, V puisque la teultiinda et l'autorité des témoins spot iit<e e«fiellenM preuve, lorsqu'il s*agtt de foiu, Ton peut dire que les martyrs sont un grand argument en fa?eur du Christianisme. 2* Quiconque envisagera sans préjugé la dorée» l'éteAUue et les horreurs du massacre qui a moissee^é TEglise naissante sera force de i^econnaUre dans la fermeté de ses héros une vertu siir^ naturelle , un courage émané de Dieu et in* vincible comme lui (l)«
354. D. Toutes les religions n'ont-^lles pas eu leurs martyrs 7 N'a-t-on pas vu des Pbitlosopbes faire le martyrologe de toutes les nations ?
R. D'abord ces' Philosophes sont priés de nous fournir le martyrologe des Païens , des Mahométans , des Chinois » des Talapooipa , etc., c'est-à-dire, le catalogue des hommes qui soient morts parmi ces peuples précisément pour attester la sainteté de leur culte « pouvant éviter la mort par l'abandon de leur croyance. En attendant le succès de leurs re« cherches, nous remarquons que ceux qui comparent les martyrs de l'erreur aux mar* tvrs du Christianisme n*ont consulté ni 1 histoire, ui la bonne foi, ni les règles du raisonnement 1"* Ces martvrs dans chaquo secte sont en petit nombre (2), ceux de !'£- I^ise catholique sont sans nombre. Nous Ta vous démontré par la narration des Païens mêmes. Nous renvoyons en outre aux véri^ tables aeieâ des martffrs^ rteueiUis, repus et corrigés sur plusieurs manuscrits, sous ie iiire : « Acta primorum martyrum sincera et selecta, » par D. Thierri Rutnard, traduii en
fonçais par M. Drouet de Maupertuis^ 1768. 'auteur du Dictionnaire philosophique noits apprend lui-même que dom Bumara est un homme aussi instruit fuesiimabfe et %Hé, Ceux qui ont enlrepris de le réfuter, ont été convaincus d'ignorance ou de mauvaiso foi (3).
2" Les martyrs de TEglise catholique ont été en grande partie des hommes iltustrcù parleur science, leur cpndition, leurs ver* tus ; des sagesi des philosophes, dea magistrats, etc<
(1) Un liltëraleur sppliqnait avec beaucoup de jiis&csise à la r^igion oos Uiréliens ces beaui vers (TUonice : ,
Duris itf ikx Ion» Inf^emàtnu higrm (eraci frctidism jêlgido^ psf aanma^ per eœdes, ab ipso
Dudt ojfès eHttttttmque ferro
yeuses prafmidOfPMlckrior«9aiii, Cuctéret maito viroruei inteffrum
ctoN Umie vidoreau
{lib.4,wi.4)
(S) Otitre reiilètemenl nnlorel des fanatiqncs. n'en ne doil nous empêcher de eroire , .i? ec Teriullien , que le démon épaissit 1^ ténébrea où marchent vvi misérahles; e( renforcent leur opiiuStreië, dans lu vne d'avoir aussi des ipsrtyrs. A rfînàeto MciUcet , cujut smii ffortes inienerieudi vmtatetH.., Intstei wir§iHt$^ lud^ei et eontinsmes» L. de Pnsscrîpt., e. AO.
.(3) Voyei les savants écrits de II. Uafis sida M. Spedaneri eonlre un mauvais réc aufltf de i*lî«amen cniiquit publié ei| anglais par Gibbon* i U fin de sou BiitQin de la décadence de l'empire romfiin.
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CATECIIISMB
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' 8* Les sentimenU qui les cul accompagnés à la mort n'ont point eu les caractères du fanatisme. Souffrir avec patience ei avec joie; faire éclater dans les plus affreu^L supplices la douceur, la tranquillité d'csprrt, une foi vive, une charité qui embrasse ses bourreaux mêmes, no sontpointles marques d*un entêtement superstitieux. Ces qualilés ties noiartyrs doivent faire rougir les Phiioso-
Î^hes qui leur ont comparé les sauvages de ^Amérique insultant à la mort dans les traris* porta de la fureur et d'un désespoir insensé (1).
' 4* Quand les uns mouraient pour un culte "dans lequel ils avaient été élevés dès Tenfance, dont ils ne croyaient la vérité que par préjugé d'éducation, les autres mouraient po^r une religion contraire à tous les anciens préjugés, qu'us avaient embrassée par choix, avec connaissance de cause* Ils savaient qu'en l'embrassant ils s'exposaient à la mort. L'entêtement et la prévention ne pouvaient les aveugler alors. « Vous vous moquez de notre religion , disait Tertullien (2) «ux Païens, nous nous en sommes moqués autrefois comme vous. Nous avons eu les mêmes préjugés que vous ; mais la réflexion et Texamen nous ont corrigés. L'on n'est point Chrétien par préjugé de naissance, mais par conviction et par choix. » Fiuni, non na^ $€mêur Chriêticmi (AeL 4, 20 )« • 5* Les Apôtres et les disciples dé Jésus* Christ mouraient pour attester qu'ils avaient vu de leurs yeux Jésus-Christ ressuscité , qu'ils l'avaient entendu , qu'ils Tavaient touché ; ce n'est point ici un dogme de spéculation , c'est un fait avéré par le témoignage des sens. On peut s'entêter en laveur d'une opinion, mais nu homme sensé ne peut Sacrifier sa yie pour attester qu'il a vu ce qu'il n a pas vu en effet {Ci-^ssu$, n. 817).
355. D. Quoique cette réponse paraisse appuyée de toute l'i^ntorité de l'histoire , ne pourraiiron pas douter de quelques-unes des différences qu'elle suppose? Par exemple, n'y «-t-il point eu parmi les Protestants des hommes 8ac[es et vertueux qui sont morts pour leur foi? Est-il bien sûr que les Apôtres ont souffert le martyre pour attester la vérité de leur prédicatiou ?
R. Quand toutes Icsdistincttons que je viens de remarquer n'auraient pas lieu à l'égard de tous les martyrs de Terreur, la totalité formerait toujours un mur de séparation que rien ne serait capable débranlèr. Mais,ines Protestants de bonne foi avouent que les plus illustres de Içurs prétendus martyrs ont été condamnés pour d'autres raisons que celles de la reUgion qu'ils professaient. Un Crom-
(I) <0à est Hiomme, demande J.-J. Rousseau: où est le ssge qui sache a«ir, souffrir ei mourir sans faiblesse et sans oslcnlauonT > EmiU , u ù^ p. 179i tes4eQX caraefëres delà mort des marturs ckrétleos: ^Miesiê et iatu otieniathn . sont la pierre de touche qui convainc de laux Umk^ martyre du laluiusmc.
fion roqnt. Apol. c 18,
tner, par exemple, primat d'Angleterre, dont lés fourberies , lés mauvaises mœurs, les variations sur là religion sont assez céninoes ; un Claude Bi*oussOn ; atteint et convain(*u de trahison et de conspiration' contre l'état. On trouvera dans ces martyrologes, des rcboUeSt dçs martyrs forcés , dont les procédures cn<>^ miùelles font un contraste assez remarquable avec les actes de nos martyrs. — 2^ Pour ce qui est de la mort des Apôtres, on ne peut douter du martyre de saint Jacques, dô S. Pierre et S. Paul, de S. Jacques4e-Mineur. Quant aux autres , S. Polycarpe , S. Clément d'Alexandrie , affirment que tons ont été martyrs. Leur témoignage et la tradition constante des Chrétiens suppléent abondamment à rauthcuticité qui manque à leurs histoires. Aucun ancien auteur n'a contesté le martyre des ApAtres, si on excepte un certain Uéracléon, hérétique valentinien^ qui condamnait la mort pour Jé^s-Christ. — - II en est de même de leurs disciples immédiats, qu'on doit aussi considérer comme des té^ moins oculaires de l'histoire deJésus-Christ, et dont le martvre est constaté par dés pièces irrécusables. Plusieurs sont mis au nombre des martyrs dans le Canon de la messe, pièce de la plus haute antiquité. — Hais quand* les Apôtres et leurs disciples n'auraient 'pas souffert le martvre, ils étaient du moins tout prêts à le souffrir; et ils s'y sont exposée * plusieurs fois , sans varier jamais dans leur témoiffhage au milieu des plus grands dan-
Î^ers. Ils ont souffert les prisons, le fouet, la aim,les traitements les plus durs et les plus ignominieux filet. 5, M); leur vie n'a été qu'une suite de persécutions et de souffrances, et, pour me servir de l'expression de S. Paul (1) , une mort continuelle. Ce témoignage a donc totite la force qu'on peut désirer dans ce ffenro de preuves.
i II. — 3Sd. D. Outre le témoignage que les vrais martyrs rendent à la vraie religion, n'y a-t-il pas quelque réflexion simple que toute espèce de martyrs fait naître contre les Philosophes athées ou déistes ?
• R. Ces messieurs, en cherchant des martyrs^dans toutes les religions ne font pas attention que tous ces martvrs, vrais ou faux, prouvent contre eux combien la persuasion d'une autre. vie est indépendante de tout culte particulier et des altérations que l'esprit de secte a produites dans les dogmes du Christianisme; combien ces principes : Qu'il faut tout sacrifier à la vraie foi ; qu*il faut obéir à Dieu plutôt qu^aux'hommes ; que lamorides^g serviteurs est précieuse à ses yeux; quHl saura nous dédommager dé tous les^maux que les hommes nous auront fait souffrir, etc. ; combien, dis-je, ces maximes sont profondément gravées dans lés cœurs des hommes en général. Là faniSSc applicdtion que queU|iies sectaires en ont f^lte 4 leur croyance, en proure la réijlité et la force. Le raisonnement que fait S. Ambroise (/n nnt: SS. Nazàrii et Celsi) au sujet des
' (1) Qtwtrdie morhr, \ Cof. 15. * .• '*
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vniis martyrs peut se faire au sujet fie tous les martyrs : Dum mortis tolerani%a indubitanicr eatcipitur, tpes immortalitaiis evidm" ter ass0ritur. tiunquam enim kanc vitam tain ïonsianter expenderent, nisi esse alleram per^ de/initione sentirent.
Article V. Les saints Pires,
357. D. Quoiqu'un grand nombre des Pères de l*£glise n*ait pas souffert la mort pour Jésus-Cbrist, leur témoignage n*est-il pas approchant de celui des martyrs ?
U. 11 est indubitable, par la vie et les écrits de CCS grands hommes , qu*ils étaieht effectivement dans la disposition d'attester de leur sang la vérité du Christianisme, et qu'ils font professé et enseigné avec tout le zële et toute la force des martyrs ; mais indépendamment de celte disposition , leurs grandes lumières et le soin qu'ils eurent d^appror^ndîr les preuves de la religion , sont un grand préjugé contre Tincréaulilé. Est- il crojable qu'un Chrysoslôme , un Jérôme, un Augustin» un TcrtuUicn, un Origène aient ignoré les preuves d'une reUgion à laquelle ib étaient si attachés ?0n trouvé dans le Traité de ce dernier contre Cclse, presque toutes; les objections des incrédules modère ncs , avec les réponses dont se servent eolore aujourd'hui les apologistes de la reli- Kibo. Plusieurs avaient été Païens, comme Justin, TertuUien, Cyprien, Çlénienl d'Alexandrie, etc. Des Philosophes se laissent* ils réfuter sans se sentir accablés du poids des raisons?.. ..Le Paganisme était désavoué par tous les grands hommes de l'antiquité ; les Socrate , tels Platon , les Aristole , les Ci*ccron le regardaient avec mépris : le Christianisme a toujours réuni les suffrages des hommes éclairés. Qu'on nous montre dc9 Ambroise , des Basile, des Grégoire de Nazianze, des Cyrille, des A th^nase; etc., dcfcuseÙTS de ^'Acoran et des superstitions chinoises.... Mais ce qui est surtout remarquable dans les ouvrages des Pères, c'est ce consentement universel , cette unité de doctrine ^ui forme une chaîne de traditions aussi indiTistblet que la yérité elle-même ; c'est le concert unanime parmi ce grand nombre de docteurs , dans le fond des choses, sur tous les points capitaux, et sur chaque ar.tide dé notre foi donné pour tel par TEglise i Ni l'éloignement des lieux qu'ils ont habités dans les trois parties du monde connu , ni la différence des mœurs et des idées, comme des idiomes et des goûts; ni la distance des temps, en remontant même de cette époque jusqu'aux premiers disciples des Apôtres : rien ne mel la moindre diversité dans Tenseigno*ment public ni dans la croyance : rien qui ne concoure à former cette chaîne de traditions, oracle non moins fixe que le dépôt de révélation * de l'Ecriture , dont, elle fait le eomplémenU Dans cette foule d'hommes de génie, on remarque sains doute la riche variété des talents naturels, ainsi que des dons reçus d*en-baùt ; on admirera particulièrement, dans Athanase, la sagacité et la force du raisonnement ; l'ouctioa ci la douceur du
style d'Ambroise; la briliantié et pathétkius' éloquence de Chrysostôme; la noble élégance et la précision de Basile ,- la subHmUé jointe à l'exactitude de Grégoire , dit pour cela; le Théologien ; le nerf et l'érudition de Jérôme : enfin tout ce que la plupart de ces qualités ont de plUs utile à l'Eglise, employé tour à tour par Augustin : mais en même temps on trouvera une invariable conformité de doctrine entre eux tous , la plus parfaite uniformité dans tous les points définis pai" rKglise, malgré l'attrait de la matière et la démangeaison si naturelle à l'homme d'enchérir, de coiitrouver, d'innover daits le doçme et dans la morale , dans des choses c|ui ne tombant pas sous les sens , laissent à 1 imagination une carrière parfaitement U-* bre. Peut-on n'admirer point un accord de cette nature, quand on considère, les schismes de la philosophie, qui n'a jamais su réunir deux hommes dans le même système, ni maintenir le même système dans le même homme ?
358. D. Ne trouve-t-on pas dans les écrits de ces hommes célèbres, des erreurs, dès raisonnements faibles, des allégories for- .cées, des réflexions trop mystiques?
R. Quelque défaut que puissent avoir les écrits des Pères , on ne peut leur reftiser de arandes connaissances, une force et une étendue de aénie incompatible avec leur attachement à la religion de Jésus-Christ, si cette religion n*étaH point à Tépreuve de l'examen le plus rigoureux. Personne n'a jamais prétendu attribuer à aucun d eux le .privilège de l'infaillibilité : mais leurs erreurs sont de peu de conséquence et n*affaiblissent point le témoignage qu'il ont rendu à la foi. — Dans leurs grands et longs ouvrages il y a sans doute de l'inégalité; mais ce qu'il est bon de ne pas perdre de vue, c'est le goût des siècles ou ils ont écrit; et ce qui est encore plus digne, de considération, c'est que leurs écrits sont infinitnent plus sensés et plus agréables que ceux des auteurs profanes du même temps (1). — Les allusions et les allégories peu naturelles qu'on reproche à quelques-uns n'étaient pas destinées à expliquer proprement le texte sacré, ni A servir de preuve à des vérités contestées par les infidèles. Ces hommes zélés saisissaient toutes les occasions d'instruire et d'édifier , de porter à la vertu , de parler des mystères de la foi et de la morale de l'Evangile (2) L'Ecriture sainte leur
(1) Ouellc différence, par exemple , de la nianicre vaine , affectée , puérile de Libanius , au sens exquis el pressé, \ la justesse, à réiiergie, au véritable aiûcisme de S. Eisile I Quelle différence ne rcinari|uet-on piis, à travers de l'a rouille inéme.dc.rOccidcnl, entre le pédantisme de Svmmaque él ruinénité naturelle, la simplfcité lioble et naïve de S. AnibniLe l
(2) U^îd enim! dum omni modo^ site per occaihnêin , tive per veritatem Christu» ànnunlietur. Pliîl. 1. Ex Art qum animug nomt , surgat ad incognila quœ non ncvit ,' quatenui exempto viiibfiium se ad inviûbilia r«« ptal, et per ea quai Uêu didiciit quasi coilfricatus incale" •nu. Greg. M.llom. H, in Bvang.VuyezrapulogieiWs écrits des Pères contre Barbe^rac, par Uoin Ccillit r. Totii ce que ce foufiocui protestant, ainsi '^ùc Uaiilc
CATfiCttlSME
Mait si familière^ ol ils prenaient tant de
Soût à la réciter, quils en ont souvent Tait es applications ingénieuses , sans prétendre
déroger à la dignité du sens littéral Les
Cbrvsostôme, les Léon, les Cyprien, les Ter* tullien et beaucoup d'autres n'ont pas besoin de cette justification ; la forée de leurs raisonnements égale la rapidité de leur éloquence. Vincent de Lérins disait de ce dernier que ses écrits renfermaient autant de sentences que de paroles , et que ces sentences étaient autant de victoires.