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Men de rhumanité et de la société générale; 41 a des devoirs A remplir à cet égard « el les {>rinctpes de la religion sont les garants les |itus s&rs de Tobservation de ses devoirs. — hti pureté des mœurs, qui forme une des brillantes prérogatives des enfants de TEvanfçile, donne à Tarae un nouvel essor qui as- Kiire le succès des études, tandis que la déhanche et les excès abaissent et avilissent
„ ^.. . point dirigée par __
t^rit de Dieu, par les maximes et limpression ItMBiiiieuse de la véritable religion. Sans cela, vile ne saurait êtrB sûre, ferme, eonséifuente(2). C*est pourquoi David demandait si instamment à Dieu, non pas une intelli-
Î fonce prompte, brillante, ornée, revêtue de ^èclat d'une admiration passagère ; mais Uiie intelligence solide et bien affermie par les règles et les invariables principes de la loi de Dieu (3) : c*cst encore pourquoi les sainteslet-
(ï) Corpus einmmod corrnp^pitur ^ aggravât anitii-im. Siip. 9, 15. Voyez un discours de M. Bergier ijiii a reiiiporié le prix à racadéniic de Besançon , t^mbieH /es mœurs dmmgnt de lustre aui talents; el un siiitre . |iar M. Cloiid de Formé, couronné à Rouen ifn 1773 • Ritr ce sujel : La religion -élève Came et agrafMlit tes/prit. Yoiei ce qne notis lisons <l:ins nn Irtiéraieur nuMlenie, et que nons croyons irès-vrai. < Noire siècle, si fécond en sèches dissertations , a t*iif4iité qnaniilé de broclinres où l'on a reelierché lei| causes de li décadence du goûi. Une de celles ifil QwK, le p^iis inflbié snr cette décadence , el dont <»i n\i peànl parlé, est que l:i scisibillié pour les l'Iabirs ayani en «lueltine s«irle -absorbé son aiilagoiit!»ift, b seniftibilUé de Tesprii, of» n*» plu» en celle ' «rdf^r et ce n«4)l» ei iihoiisiasnm , quand il s*e8t agi lie la vérité et du bc»» litiéraire. Pour suppléer à ce leu divi»^ oe % en recoMra «^ ce qu*on appelle de Tetpeàl; mm H n*et»t pas plus fait pour remplacer la fnrce du sentiment , onc (fuclques étincelles le sont |NMir tenir la place d lUie Inuiière brillante, t tJn thétibigien ingénieux récitait, à cette f^cesisîon, ce |Ni«!iagv Ue S. Paul : Caro enim concupiseit adœrsus »pi¥Hmm, spiritus. autem adversuM camem ; hœc enim sM invkem ad»ermniaw* Gui, 5; 17. Un fameux lia* iuraliste exprime élégsimineni la même pensée , et la i>*iève par rapplicaiiou beureuse d*un ancien passage INiéiiqne : Es libatis corporum V9luptalibus ipsa magis magisifue bruiescens aniitta ad sensus a ratione lubitur ; et
Gtatsjamdttdum soucia eura
rubaus àUt vems^ et cœco earpitur igni,
(Airc/i.Nagoes.; jEmd. if".)
(2) De là les doutcf^, les perpfexilés, les variations, le pyrrhonisme tic tant d*liomnies célèbres dans la earrièredes sciences; de là les assertions contradictoires el desinicli vendes principes mêmes dont elles paraissent «lécoulcr ; de là ces aveux lmnulian|s et lualbettreusemeiit si bien fondés, qne les jugements d'aujomrithm ne sont d'aucune censidération , parce tfHilê sont réformée par ceux de demain ; que f^oi- •ttnce 11*11 point d'enseigne; que la raison est une girouette , et d*autres assénions do cette nature, p;ir lesquelles Bayle, Montigne, Diderot, etc., ont de>olé (a Philosopliic. Admirable vA'i(ic;ilion de celte asïHTtiou de S. Paul,- 1 que celui qui n*aci|uiesee pas à ta naine docirine de iésns-Cbrist ne «ait rien. » Si ttui» non aeifuiescit «amis sennonibus Uomint nostri Jesu iMisti^ et et quœ secundum pietatem esf, doctrinœ^ <kperbjis est nihii sciens. i Tini. 0, 3, 4.
(5) Juxta ehqnium tuum da mi ht intctïectnm Psal. II*. 10U.
très nous avertissent queDieuost le souverain dispensateur des sciences ; que ce nVt qo«3 dans le sein de sa lumière qu'on puise les belles et grandes pensées (1), que les hommes ns deviennent véritablement et solidement savants que loi^squlls sont dirigés par la sagesse éternelle de Dieu , assise pour ainsi dire, aumilieud*eux(2} , et qu'enfin il n'y a pas de vraie science sans la science de Sieu (cD.
371. D. L*autorité ecclésiastique n'a-l-elle pas d'abord condamné quelques opinions qat dans la suite ont été reconinies Traies, comme l'existence des antipodes et le mouvement de la terre?
H. Si ce reproche avait acquis un degré de preuve toutes les fois quil a été répété, il n'y aurait plus moyen de s'en défendre. Mais , malgré toutes cesrépétitions, il reste démontré par l'histoire que dans l'afTaire de Virgile de Saitzbourg 11 ne s'agissait pas dos antipodes (4), mais bien de la pluralité des mondes , qui est eiïectiyement une opinion très-frivole et très-peu accueillie des Chrc^
(f ) Quia Deus saentiamm dominas est^ et ipsi prœparantur eogitaliones. I Reg.'î, 3^
(2) Ego sapientia, habita in consilio, et emditfs fittersum eogitationHtus. Prov. 8, lî. — Et si qnis erii consummtilus inter filios Iwmimm/si ab illo abfnerit sapientia tua, in nihilum eomputabitur , S.ip. D* 6.
(3) Font autem sunt omnes homiues^ in quibtts m>n subest scientia Dei, Sap. 13, l. En effet tout fsi tanité dans llnfelltgencc humaine sr elle ne s'élève jusqu'à Dieu. Otoz la religion de Téiude et de Tacquisilion des sciences; (kt>ZH>n la grande et coiisoliniK idée de l'immortalité, telle qne la foi chrétienne M<>Hs la montre et nous la garantit ; Imrnex nos roî:nnissances à un join* ou detix de spéculation sur des être fugitifs : dés lors c*est un squelette hideux et décharné, c'est un désert sans veitiure et sans ea'n ; la pliilosopbie du cœur n'est plus ; mes découvertes ne produisent en moi aucun senlimem ; les causes finales perdent leur intérêt, onplntôt H n*y en an9us ; liNite la nature, qui nie parlait d'une manière si vive et si tonclianie , n*est plus pour moi qu'un sable brûlant et stérile où régne le silence du néant. Ouelques systèmes in|(énu;ux, quelques calculs combinés, quelques phénôntèhes qui élonneni, quelques évén^nents qui aflllgcnt ou qui réjnnissent pour le moment ; voilà où se réduisent pour mol !«« charnK^s des sciences, el pour ceux que finstrnis TaUrak et le ffoût de mes leçons et de mes écrits. Les idées sublimes, les grands sentiments, les aff<H;tions déli« cieuses ; en un mot , la beauté et Tmi^rét des choses prennent leur naissance dans la religion, dans feicellencede ses dngme$, dans la douceur de ses es* pérnnces. La religion chrétienne ne défend que ce qui corrompt le cœur et Tausse l'esprit. '
{A) Voji z une lumineuse Disserbition snr cette matière dans les Mémoires de Trévoux, ianv. 17(H , p. 156. Ln justificaiion de saint Angusim, ib. fév. p. 299. Muratori , de Moder. ing. U i; c. il , ne parait pas assez instruit de cette affiire. Bcrti se trompe éj^aleuient dans son Abrégé de Phist. ecclésiast. Le savant auteur des Recherches sur Coriginedu découver* tes attribuées aux tnodemes a fait la même ol)serva* liou que les journalistes de Trévoux : c Je ne porta point Ici de la condamnation de révéque Virgile p:tr lu p:i|)e Zacharie , pour avoir enseigné qu*il y eut des antipode-i, purce que l'on s'est trompé snr le fait ; et iine le pafie Zaciiarie ne pariait dans la lettre <|n*ît écrivait à S. Boniface sur ce sujet qne de ceux (|nt soutenaient qu*il y avait un autre monde que le nôtre, un autre soleil, une autre lune » (F. i, p. S04)»
SOS pniLosortiiWE.
tiens éclairés : !I est de plus très-cerlaîn qu*il ii*y eut point de condamnation prononcée contre Yirgiie. Quant au mouvement de la f -^rrc c'est sans aucune raison que quelques écri?ains ont compromis Tautorilé du saint Siège en cette afuiire , et fait intervenir la questioD de rînfaillibililé du pape. Il n*y a eu ni bulle ni bref, c'est un simple jugement de TinquisUion, qui n*a point été publié ni accepté hors de Rome , qu'on çeut respecter, tandis que la vérité de Topinion qu'il condamne ne sera pas démontrée (1). — L'an-
dace et la témérilé des systéinatelirs, CfUi. après quelques découvertes , ont ft^anchi les bornes de leurs connaissances pour «ittaquer des vérités incontestable»^ obligent les dépo* sitaires de la foi d*éére suk leurg gardes, et
M) Le prorès de G.ililéo est iin exemple trop mémonhU\ m lis lo seul peut-être d*une miervenlion malheitreiise de Taulorîté ecclësiasliqoe dans des ques> tUttts qtii ne sont jkI'^ purement de son domaine. Ce jugement ont d'ailleurs beaucoup plus de solennité i)iic Pauteur ne semble le croire ; et il n*est ps exact lie dire qu'il n'a pas été publié ni accepte hors de Hoiiie ; autrement on ne concevrait pas comment GnlîLée, qui n*ëraft pas sujet romain, aurait pa subir une condamnation en personne, et surtout una peine mniértelle exécutoire dans les étals du graud duc. b*après toutes les circonstances du procès , il est nianUeste que le Irihunal romain statuait en matière fie df^me , qnll ne s'agissait pas d'une mesure dû p'tlîre iulérieare, et qu'il entendait bion que son ju • K rnicnt fût aeeopté partout comme règle de foi. La sentence en eScl qualifie roplnion du mouvement de la lerre par ces mots, lu philùsophia absurdam, et iu fîdê êïTonêwn»
Mais d*un autre côté les faits 4e ce procès ont été slngnliè emenl travestis et les consérpicnces qu'on a tirées de la décision romaine attestent chez ceux qui ont exploité Cblte triste alTnire, une légèreté, une mauvaise foi, ou une ignorance inexcusables. <
l>alM>rd ou sait à quoi se réduisetu ces sombres OAchois oà se serait douloureusement écoulée la vieillesse de l'astronome florentin, et quit les arts euxmêmes ont popularisés. Il n'est personne qui ne sa-
demande quel intérêt ils avaient h Texéenter si tldé- Icinent. On conçoit (]\nm trrbnnaf mette h la question des prévenus dont il veut obieniv.des Seenels ou des avfux; mais dans l'allure do è«IHé&, il n> avait aucun motif de ce genre. L'opîmoft de l'asironome était soutenue ptdiliqueinent; ri t» déf«-iKlit devanf ses jn.ffcs par des arguments tiré'«desAcieiieefi^ et même de rEcriturc sainie. Le tribunal ne jugea pas ses raisons satisfaisanfes , déclara sa théorie fausse, exigea une rétractai ion solennelle, ^t le tint en étui de surveillance. Voit-on rien dans tout cela qui motive le moins du monde quelque torture que ce sotif L'antetarj il est vrai, cite à ce sujet, nn savant de l'académie iiorentine, qui à une époque peu distante, fut mis à la question ? Mais en tenant le fait pour vrai, et sans en examiner la cause et les circouf tances,, il est manifeste qne la conclusion toiurne contre l'auteur. Car le traitement qu'on fit subir k Olha sa* mit public et notoire; comment donc celui qu'on aurait infligé à Galilée aurait-il été tenu si secret !*
Quant à la portée morale dn jusrement lui-même, il faut remarquer qu'il émanait d'un triimnal dont h»8 arrêts ne faisaient pas loi, si ce n'est comme me-' sures de police, boimes on mnavaises, et quelles qne fiisseai ses prétentions à une compéienee d'un ordre plus élevé. La prouve eu est que le jugement rrndn c(«ntre Galilée ne produisait à peu près aucun eOei ; et que la théorie du mouvement de la terre continua ^ faire des prosélytes parmi le clergé lui-même, et dans les rangs des hommes les plus religieux. L'inquisition romaine céda elle-nnrême pen à peu à l'eninitneuient général, et le système de Copernie conquit ropiiiioii des Théologiens qui l'avaient autrefois condamné. Il est important de remarquer que jsimais VEgku n'est Intervenue dans cette oikestion ; «*c qu'il est faux de dire qn>//« a condamné le mouve-
chèque Galîléi fut simplement îuis aux arrêts dans "^«n <*? '» ^^rre. 11 n est même |»s exact de dire
nndes palaisdu duc de Florence, son protecteur et .Jl^e le jugement de Gahléo fût un décret rendu par
sonanii; et a s'exprime lui- même dans une de ses V '^*?''^P;"^'"**i!i^^î^ "^'''!,'T^^^ l""!!ï"*
lettres ei termes fort satisfaisants sur les agréments d rm Icniem et ofllcellemenl du souverain Pontife ,
de ce séjour. Ce fut là qu'il passa deux années, sans antre tourment qu'un pen d'enmn.
Est-il lh*soin de s'occuper sérieusement d'une p'réîetakm d*nn auteur moderne (rr), qui soutient que €»i%\ï\ée a été um à ia torturé, dans les cachots du S. Ofiflee? D'un tel fait il n'y a pas la moindre pretive, pas le moindre témoignage, et Galilée, qui tôt ou lard pouvait ré\éler à qiiel<|irini ce cruel secret, ne fât ce que pour se venger de ses bourreaux, Galilée n'a pas dit ou écrit un seul mot qu'on puisse citer à Tappai de cette incroyable assertion. Ou demandera MUS doote snr quoi peut se fonder son auteur. Son argumeutalion se réduit à cec^ : \U ont dû le f;«îre, |iai:ee que telle est la règle des procédures de Tinfimillon : donc à coup sûr ils l'ont fait. Les inquisileure sont des personnes trop consciencieuses, pour inani|uer aux r^lements de leur institution ; donc il csl indubitable qu'ils ont fait nieUro Galilée à la torture. Mais s'ils ont dû le (aire, parce que telle e.>t la législatinn inqiitsitoriale, poun|uoi aurairni-ils voulu CM faire nn secret? Pourquoi ce secret eûl-il éié ini- |xisé si sévéremeui à Galilée? Dans cette hypoilièse, f H gdrdajit le pliu profond silence snr cette torture, iU se niaUdieni \^f «eln même en coulravention pu- Mique avee leurs prétendus règleuienls; et de puis, \U ne craiguaieni pas le blâme ; donc ils pouvaient lut pji« exécuter leur code de torture; ot »tors on se
dans le genre de ceux que les théologiens appellent ex catkedrâL
L'aifleiir que nous ai'ons eiié plus haut s'éerle, après avoir raconté à sa maoîène le jugement rendit contre Galilée , Quoi* / toilà l'auiûrité (fiti $e proehme infaiiUble ! on vf»it par ce que nous venons de diui que janiaîs légèreté plus complète n'a présidé an jugement d'un historien, ^i par celle auioriié qui $9 proclame infailUblc l'auteur entend parh;rde l'Eglise, on lui demandera quel concile œcuménique a condamné Galilée. S'il ne s'agit que de l'inquisition rnr niaine, assurément ce tribunal n'a jamais prétendir à l'infaillibilité, et le triomphe de l'opinion de la terre parmi tons les théologiens prouve égalfUM'ul que personne ne lui a attribue cptte supréniuiie al>s<^ Ine.Onanl à rinfaillibililé pontificale, quelque opinion
(il) M. I ilHi, Histoire des Mathêinatipivs t»n lulii'.
formelle.
Nous n'avons pas voulu supprimer dans le lexttt une phrase qui lal>se apercevoir que l'auteur n'était pas im copernicien trèsî-rervent, iNousen avons asse» supprimé d'autres dans tout le reste de l'ouvrage ; et après avoir fait disparaître les diatribes contre le véritable système du monde, il nous a paru liOn de laisser à In place une phrase innocente qui eni|>ê he les lerienrs de prendre le change sur les opinions oosmocranliiqucs de l'abbé de Fcllcr. .
SM
CATEdllSItE
de se déRcr de ces opiaions brillanies qui s'etnparent de renscimemcnt public et asservissent les esprits a une nouvelle manière de peoaer (1). Ne serai t*ce pas un avanlafre infini si Tautorité de FEglise pouvait guérir tous les délires philosophiques qui ont désolé la religion, corrompu les roœur^» ébranlé la constitution des étaU ? Quand la vigilance dos pasteurs proscrirait quelques vérités in« diRérenleSi confondues dans un tas d*erreurs monstrueuses, ce malheur serait~il bien di-
S ne d*étre j^euré par des hommes raisonnablement zélés pour Tavancement des sciences (2)?
§ VU. — 872. D.La religion chrétienne, par la sublimité de ses dogmes, n'csl-elle pas inintelligible, et dès tors inutile à la plus
grande partie des hommes ? Comment les
sauvages et les enfants peuvent-ils pratiquer et goûter la pureté de sa morale?
R. Tandis que Quelques Philosophes trouvent que la religion chrétienne est trop sublime, d*ati(res nous apprennent qu'elle n*est que pour le peuple grossier et slupide. Celte contradiction prouve au moins que la foi chrétienne est simple et sublime; et Tunion de ces deux qualités forme effectivement son caractère, — On a remarqué de tout temps que ce n^était pas à force de spéculation et d'étude que Ton devenait savant dans la reli-
§ion. Un simple papan m'instruira mieux c la croyance chrétienne que le plus subtil de nos Philosophes. C'est dans le peuple qu*on trouve souvent les hommes les plus atta<'hés au Christianisme , les plus pénétrés de ses dosmes , les plus fidèles à ses lois, les plus lattis de ses espérances (3). C'est surtout à ceux qui étudient les âmes , oui sont dépositaires de leurs sentiments et de leurs lumières, à rendre témoignage à une vérité c|ue Torgueildés profanes méconnaîtra toujours. «Je suis surpris , dit le P. Dourdaloue ( Penê. iur la dév. ) en parlant d*une âme simple , de la manière dont elle s'exprime. Quel feu anime ses paroles I quelle onction les accompagne ! Elle s'énonce en des termes qui i sans être étudiés ni affectés , me fout concevoir les plus hautes idées de l'Etre di-
/ (i) ^<>yez ceUe conduile des pasteurs bien justifiée 'ptric savant Miiratori, de Moder. ingen. in ulig. nrgot,^ I. i, cnp. 24. Non pravui titxelui^ etc.
(2) On ne peut disconvenir qiie ce zèle ne soit nu- /)iird*liui excessif et mal dirigé. Dès qu'un souverain favorise les sciences et lot ans . on ne sait de quels Irrmes se servir pour le louer dignement ; on le représente comme un astre bienrnisant, fait pour éclairer Tunivcrs, pour I>annir à jamais le mauvais goût , l<*s préjugés , les erreurs. Nous ne blâmons pas ces di |)osiiions; mnis, pour être conséquent, il Tautcon* ve :.ir que s'il y a un Dieu, une religion, un Evangile, oii doit donner la principale atteniion h ces grandes ri premières vérités. Sei ait-il plus intéressant pour iine nation d^avoir la pliilosopliie que d'avoir la vraie fui? Serait-il plus dëslionorant pour un état' d'y voir niai expliquer les phénomènes de la nature que d'y voir adorer les dieux ridicides du paganisme , ou, ce i|ui pis est, d'y voir enseigner Tirréligiou et TÂtiié* fsine?
(3) Qnontnm non cognovi lUleratwam ^ hitroibo in 9«lriili«s Dwirà, Ps. 70.
vin I des grandeurs de Dieu , de ses miséri* cordes, de ses jugements, des voies de sa providence, de sa conduite h Tègard des élus, de ses communications intérieures. J'admire tout cela , et je l'admire d'autant plus que la personne qui me tient ce langase n'est quelquefois qu une simple fille , qu un domestique, qu'une villageoise. A quelle école s'estelle fait instruire? Quels maîtres a-t-elle
consultés 7 Quels livres a-t-ellc lus 7 Te-
niuntindoeti et rapiunt regnum I)et, et nos cum nostris scienlitê demergimur in profan-^ dum. etc., etc. » (Xtiff, /. 8 Con/".. c. 8) — L'auteur de la religion chrétienne est le Créateur et le Maître du cœur humain; il répand ses lumières selon la mesure de notre correspondance et suivant les mouvements de ça providence paternelle. — On a vu des sauvages nourris dans toutes les horreurs, de la barbarie devenir d'excellents Chrétiens , et servir de modèle aux anciens fidèles. On a vu des enfants avoir plus de sagesse et de lumières en matière de religion une les hommes les plus instruits (I); si cet âge a de grandes oppositions i l'intelligence et à la pratique du Christianisme, il y apporte aussi des dispositions très-heureuses. La siiiiplicité,ladocilité, l'ignorance du mal sontd ex cdlents préparatifs  l'instruction et aux impressions delà foi. S. Augustin connaissait par expérience de quoi les enfans sont capables ,
3 uand il disait,en parlant des premières années e sa jeunesse: « Je tombai dès ce temps-là. Seigneur , entre les mains de quelques-uns de ceux qui ont soin de vous invoquer, et je. compris par ce qu'ils me disaient de vous , et selon les idées que j'étais capable de m'en former à cet âçe-là, que vt>us étiec quelquechose de grand , et qu'encore que vous fussiez invisible et hors de la portée de nos sens vous pouviez nous exaucer et nous se^ courir. Aussi commençai-je, dès mon enfance , à vous prier et vous regarder èommc mon appui. A mesure que ma Tangue se dénouait, j'employais ses premiers mouvements à vous invoquer » ( Confes. /. 1, c. 9 ).
373. D. Que penser de ces maximes d'uii pédagogue moderne , que tout enfant qui adore Dieu est unjdoldtre, ou bien un anthro^ pomorphite , parce quHl s'en fait toujaurs quelqu image ; qu'il ne faut inêtruire les enfants dans la religion que lorsqu'ils sont en état dedistinguer la tfrate d^avec les fausses , etc ?
.R. Dieu , qui veut être connu des hommes dès leurs premières années , n'a pas rendu cette connaissance si difficile qu'il faille être Philosophe pour l'acquérir. Un enfant est naturellement curieux ; il admire tout , il fait des questions sur tout : le beau spectacle de
(I) Cum adliuc junior essem^ prittstfuam oberrarem^^ qntpûti sapienliam palam in omiione mea,, LsBtatHm est cor meum in en. AmMavit pe$ m^n$ iter rrclum. A jHwnMemea inveHigabam eam. Ecdi. 51, 18, S0« -« Imiio cognmn de lestimoniis iM$.,.,n,tiaredilaie arqni' itirf tesiimonia Itiii.... super eenee inieUexi^ quût ftion* data tna quicvtn. rsal. 118. 152 , lit, 100. — Oetlaraiio eermonnm tnonnn Hlnminat, et inteliectnm dai parvutis, V»l 1 18» 130.
MS
PlflLOSOnilQUË.
la natare, le brillant aspect do ciel n'est-*ii pas , pour ses parents on ses instituteurs, un nmen certain 'de faire entrer ou de fortifier et d'étendredans sonâme l'idée d*un Dieu (1)T m Nous ayons sucé , dit Platon ( Dial^ 10. itê Leçib. ), avec le lail de nos novrriçes, (a con* naissance de nos dienx, tant parles discours qu'on nous tenait que parles cantiques et le» hymnes que nous entendions chanter en leur honneur. » Non* la connaissance de Tauteur de notre être n'est pas réserrée à de longues méditations, ni à une raison bien adulte et bien forte ; elle germe naturellement dans une âme simple et dans un cœur pur. Celui qui ne connaît sas la mérité de cette observation par l'eiperience argumentera tant quil lui plaira ; mais ce qu^il ne sent pas les autres hommes le sentent ; et tout cœur c|ui n'est p^s gâté attestera qu'il connaît Dieu autrement que par des syllogismes (3) ; peu importe que son imagination lui présente peut-être quelque figure symbolique, une vaste mer, une étendue sans corps, une lumière éblouissante, etc. La raison désavoue toutes ces figures, et ne s'attache. qu*à la chose qu'elles désignent. Quant à l'enseignement de la religion, lorsqu'on est persuadé qu'on professe la vraie, on ne saurait trop tôt l'enseigner aux enfants, et Ton ne risque point de les tromper. Si l'on se croit dans Terreur, il faut bien se garder de l'enseigner i personne , ni à dix>huit ans, ni i cinquante. Au reste Terreur associée aux vérités fondamentales de la religion, soit naturelle, soit révélée, est incontestablement préférable à l'ignorance- de toute religion. Un enfant nourri dans l'oubli de Dieu et dans le domaine absolu de toutes les passions résiste à toutes les leçons qu'on pourrait lui taire plus tard. Il n'y a que la religion et les grandes notions de la Divinité ({ui puissent réprimer les vices naissants, et faire
(1) Roasseau prélend qao cela ne Tait ancune impression sur les eufants ; noas savons lieiircusemenl le conlraire par un grand nombre d'exemples e1 par b vérité sensible d*un beau passage de Rousseau luimême : noiis Pavons rapporté plus haut, n.* 89. CoUe Insensibîliié ne peut se trouver que chez des enfants déjà corrompus ou extraordinairemvnt dissi • |iés«
{%) I Si petit qu'un enfant puisse être, dit un auteur qui a écrit beaucoup, et quelqnefiMS profondémenl, nirréducatinn,'!! est nécessaire de lui faire aimer Dieu, et de lui donner la pratique d'une piété que le lrm|Mi rendra pins éclairée sans la rendre dIus solide. > Thème de Féâucat, par M. Grivel. Ces dernières paroles, qui semblent ém»ncer un paradoxe, sont iTon vrai sensible et d'une expérience intime pour quiconque a eu dans ses premières années le g«tût et le sentiment de la piété, dont le cœur s'est «inverl de l)onne lirure à l'impression de Dieu , qui, comme David, a été prévenu de $e$ douces bénédietionn. Dmis MB Sgc plus avancé, après de« lectures, des réflexioiis sans nombre, ayant peut-être et méritant le nom de sovani, il ne sent qnll est chrétien, vrai et xélé serviteur de Dieu, qu*antaiit qu'il se rapproche de la simple ei ingénue piété qu'il a goûtée ei pratiquée dans renfonce. El c'est peut-être encore en ce sens qa'il fant prendre ces mémorables i^aroles de I. C. â^iti efidamint veut fmrvHii , non ' intrMtii in teqnum tmorum. Matib 18, 3»
germer dans le ceeur de lliommc les veHut qui doivent faire le bonheui^ de sa vie (1). r aimerais autmt dit un Philosophe, en parlant du paradoxe de Rousseau , faimerme au* fjtnt avancer que pour apprendre à toucher aun intirummi il foui attendre que la doigté ioimt devenus raiaes.
^ S VIII.— 37*. D. Les maximes du Chnstianisme n'pnt-elles pas produit des actions que la raison semble désapprouver ? N*a-t-on pat vu des Saints se porter à des choses qu'il est difBcile de concilier avec les règles de la prudence et d'une théologie éclairée ?
R. !• Il est contre la justice d'attribuer à la religion tout ce qu'ont fait les hommes qui Font aimée et qoi en ont professé les maxi* mes. Tout ce que les Saints ont fait ne doit élre ni imité ni même absolument approuvé ; l'homme ne saurait être constamment rai-^
(1) in quo eorri§it adeleteenlhr fins iHOêf In eu- 9todiendo $ennonei tua». Psal. 418,. 9. Te$tinioniHm Domini ttdele^sajnentiam j/nutam panulii, Ps. 48,8. — Rousseau lui-même reconnaît cette vérité; cir en rejetant Téducation religieuse, il veut que l'on laisse vivre les enfants à leur gré, comprenant très-bien que sans la sanction que la crainte de Dieu donne ain leçons morales elles sont parTaiiement nulles. Mais reflet de ce monsinienx système quel pem-il être? Ecoutons Eiyle, ce bniyant précurrcur de Tincrédu lité moderne, dont le suffrage ne peut être suspect. I Qu'est-ce, je voqs prie, que la voix de la nature? Quels sont ses sermons? Qu'il faut bien manger etbi(*n boire, bien jouir de tons les plaisirs des seiif(, préférer ses inténftts à ceux d'aiitruî, s'accommoder de tout ce qn'on trouve à sa bienséance, faire pintèt nne injure que de la souffrir, se bien venger. Il ne faut pas prétendre que le commerce des méchants csi ce qui inspire ces passions, elles paraissent non seulement dans les bétes, qui ne font que suivre les instincts de la nature, mais aussi dans les enfants : elles sont antérieures k la mativaîse éducation ; et si l'art ne corrigeait la nature, il n'y aurait rien de pins corrompu que l'âme humaine ; rien en qu6i tous les hommes se ressemblassent davanUige, par un c«insentemenl unanime, qu'en ceci : c'est qu'il faut donner au corps tout ce qu'il souhaite, et saiislaire Tambiiion, la j.'ilousie, l'avarice et le désir de vengeance autant qu'on le neut i(Peiis. div.\ l. 5). Toute l'antiquité païenne a pense comme Bayle ; les nations qne nous rc gardons comme barbares n'ont jamais douté de la nécessité de l'éducation morale et même de Téducation roligiense, qui donne la garantie et la consistance & Tauire. Le vice seul, disait Sénèque. n*a pas besoin de maître, comme les ronces et les épines n*ont pas besoin de culture. 11 est vrai, ajoute ce philoso|ine, que l'homme natt avec le germe de toutes les vertus. Omnium honeêlarum rerwn Memina aninn noslri gervnt ; mais c'est l'instruction, c'est une éducation sage qtiî peut les faire éclore, quœ admonitlone excilaniur; sans quoi attendez-vous qu*elles n'écloroni, qu'elles ne fleuriront jamais* Ces heureuses dispositions avec lesquelles votre Ois est né sont nne faible et légère étincelle qui va s'éteindre pour jamais si celui qui en est le dépositaire ne prend soin de ranimei* par son sonfDc, et s'il ne l'aide a se développer et à s'étendre, Non aliter qnam scintUla fiatu len udjuta içnem situm explieal. — J'ai connu un enfant que ses imprudents progéniteurs avaient élevé d'après le pernicieux principe du philosophe genevois. A huit ans c'était un monstre de lubricité et de méclianocté ; à on<e ans il avait tué le plus lidèle servitenr do la maison, il fallut le faire dlspanittre de la société des vivants, et cmpéclicr avec violence son propre pcrc de le tuer.
catêciiismf!
sonnabte, mémo 4an9 1^ choses les pRis faisonnablcB.'Qoelqacft Sainls ont pu se porter, Iiardet motifs loa^Mes^ â quelques singularités que la religion bieil entendue n'inspire Ks, et qui ne soat excusables que par leur nne foi et la droiture de leur intention. L'hnma^nité même» dans sa plus grande perfection, manque quelquefois de justesse pour concilier des T^tus qui semblent se combat- Ire, oud'étcn^e pour lei embrasser toutes : les plus grands Saints, pour être des héros, ne laissent pas d'être des hommes.
â" Le mérite des œuvres pieuses n'est pas sans quelques dépendance des circonstances, das temps etdes mœurs des peuples. M. Flcury^ qu'on ne soupçonne pas d'être TapologMt6 des dévotions mai entendues, s'exprime J^essus d'une manière très-propre à contester vin critique équitable, k II est à croire que Dieu leur inspira cette conduite pour le Iiesoin de leur siècle. Us avaient à faire à une nation si pervefsé et si rebelle, qu'il était nécessaire de la frapper par des objets sensibles. Les raisonnements et les ethortalions étaient faibles sur des hommes ignorants et brutaux, accoutumés au sang et au pillage. Us auraient même compté pour rien des austérités médiocres , eux qui étaient nourris dahs la fatirae de la guerre, cl qui portaient toujours le harnais. Mais quand ils voyaient un saint Boniface , disciple de saint Uomuald, aller nu-pieds dans les pays froids ; un saint Dominique Loricat se mettre tout en sang en se donnant la discipline, ils comptaient que ces Saints aimaient Dieu, et détestaient le péché. Ils auraient compté pour rien l'oraison mentale; mais ils voyaient bien que Ton priait quand on récitait des psaumes (1]« ËnGn ils ne pouvaient douter que ces Saints n'aimassent leur prochain,
Îttisqn'ils faisaient pénitence pour les autres, buchés de tout cet extérieur, ils devenaient plus dociles, ils écoutaient ces prêtres et ces moines dont ils admiraient la vie et plusieurs se convertissaient n {Mœurs desChrét., fi. 63). Cette réflexion sufGt pour expliquer plusieurs singularités qui, dans l'histoire des Saints, peuvent offenser des esprits délicats et trop préoccupés des mœurs actuelles; elle est appuyée par ee mot de l'Apôtre : Je me luis fait tout à tous, pour gagner tous les hommes à Jésus -Christ : Omnibus omniafaciuSf ut omnes facerem sal-^ vos (i Cor. 9,22).
3' Dans les siècles peu instruits, quelquestines de nos vies des Saints ont moins été Riites d'après les vues et la conduite des Saints eux-mêmes que d'après les idées particulières et l'imagination trop vive de ceux
(I VU* parle de reut qui en rci*.»t;nen» 'mic; qnamtité pfmlisrieuse dniis des ntliliides »lii{^nHèrc«. — lieu esi de mâme de ces solitiiros siyliles, qui se dévouaient h une pén'Mence ri umc prière |ierpct nulles. L^ peuples ite p*MiTaien4 concevoir qu'une bien grande idée de l'Être que des gens sap*s et'Terlucnx .ndoraient d*inie manière ^i cniist mie et si péuiUle» lU précliaieul d*ailletirs du IiaiH de leiirs co omies, il opéraient «te gr:mdes convcrî-ions.
qui en ont bietf ou mat rapproché les traits ; d'où il est arrivé, même dans les actes des Saints qui ne paéseAt pas pour supposés ni altérés, que, par un aèle mal entendu, les historiens ont eh quelque sorte créé le mo-r dèle qilUls nous présentaient bien plus qu*îls ne l'ont copié , et ont donné à la morale chrétichne d{«s couleurs qu*eUe n'eut jamais.
37^. D. Poui'îiiloi r£glise met«^lle au nombre des Saints des honnnes inutiles au monde , oui ne rendent aucun service à la patrie hi a la société générale?
R. C*es( un bien grapd service rendu a la société que de Jui présenter des modèles de sagesse et de vertu. Û y a des hommes qui se sanctifient au milieu du monde. Il y en a d'appelés àd Service de Di^u d'une manière particulière, oui lés retire du monde; s'ils ont les vertus de leur état, s'ils sont sobres, chastes, patients, charitables, ils sont dignes des regards de Dieu, et dès lors devrais Saints. Leurs prières et la pureté de leur vie sont le bouclier de l'état. Dix justes auraient arrêté le glaive de la justice divine , étendu sur les viiles abominables que le feu du ricl a coi^sumées« La victoire contre lès Amalécites fut l'effet des prières de Moïse. « Du sein du repos et du calme, fruit des paisibles vertus, les hommes jus tes^it David, punissent les peuples criminels, enchainentles nations, et humilient les rois ; ils portent dans leurs mains un glaive victorieux, tandis qu'ils ont dans la bouche les loucinges de rEterrtel (1 ).» Tons ceux qui croient un Dieu , que les prières peuvent fléchir et rendre propice , conviennent de celte vérité : les Protestants raisonnables lui rendent le même hommage que les Catholiques (â) ; mais, anand on est Philosophe, on ne trouve que ténèbres partout où l'on se mêle de raisonner contre les notions reçues.
§ IX.— 376. D. L'influence du Christianisme sur la sainteté de la vie et la pureté de» mœurs ne s'étcnd-elle point jusqu'au bonheur temporel et A la situation heureuse de l'homme dès celte vie?
U. Si la croyance d'un Dieu et d'une* âme immortelle lest essentielle au bonheur de l'homme, la vraie religion l'est aussi , puisque nous avons vu que sa ruine précipitait fmr degrés dans Tablme le plus profond de 'incréaulité. Nous avons observé de plus que ces consolantes vérités déjà connues par la raison prenaient une nouvelle force par l'appui de la révélation : or qui doute que la religion chrétienne ne soutienne mieux l'idée d'un D'eu et d'une souveraine justice exercée après notre mort que la doctrine gros-
(1) Lœtabnntnr in cukilibuê' wn. ExaUat'tontt Dei iii gulture eorum, et gladii mnciffiien in wanibus etruiii. Ad faciendam rindîciam in milrortittii, increpali&ttes in popvits ; ad dligfmdos nget eorum in <compfdjbM, et nobiUê eorum in nianicii ferreis^ %U fuàani in ets )Mff cÎK ni toMcriptu m . Psal . 1 49 , 5 - 9 .
(2) Presii caiamitale eonfugiunt ad Eliêenni^ Mf ur geiite necessitate $unl piornm jnrece$^ aiia$ tiihil knbitf^ loritm vrbium et poptdontm fifùla, ScUcticliser, PM)*sacr., l. 4, p. 600.
pniL0soru:QU£.
sîêrc et sensuelle de Mahomet sur la vie future, que les contes des religions îdolâtriqurs, que le Tartare et les Champs-Elysées de t*ancipnne mythologie?
977. D. Indépendamment de cette observatiott, le ChrtsUanisme n*a-t-il pas, dans ses dogmes et dans sa morale, de quoi faire le vrai bonheur de Thomme ?
R. Nous pouvons raisonner là -dessus avec un Philoso(Ae (i) qui a fait un traité estimable sur (è honneur. <c Voyons, dit-il, si la raison éclairée d'une nouvelle lumière peut aUer plus loin; si elle peut nous enseigner des moyens plus sArs pour parvenir au bonheur, ou du moins pour rendre notre condition raeilleure. Je n*examinerai ici la religion que par rapport i cet objet; je ne relève pas ce qu'elle a de divin, ni ne m'arrête aux difficultés que peuvent faire à notre esprit ses mystères. Je nç con-^ sidère qoe les règles de conduite qu'elle prèscntpar rapport au bonheur de la vie présente (x). On pritieChristianisme naissant pour une nouvelle secte de philosophie ; ne Tenvisaçeons pas autrement ; comparons la morale de l'Evangile a ceUe des BtoYciens. Quelques auteurs, par un zèle peu judicieux, ont voulu trouver dans la morale de ces Philosophes la morale du Christianisme. On est surpris de voir combien le savant Dacier s'est donné de peine pour cela, et ffu'il n'ait pas senti ia diCTérence extrême qui se trouve entre ces deux philosophies , quoique la pratique en paraisse, au premier coup d'œil , la même. Aveugléi ce point , il n'a cherché qu'à donner un sens chrétien à tout ce qu'il a traduit. 11 n'est pas le premier qui soit tombé dans cette erreur. Nous avons une vieille para-
Shrase d'Epictète attribuée à un moine grec, ans laquelle on trouve l'Evangile et Ëpictète également défigurés (3). Un Jésuite \k) , homme de plus d'esprit , a mieux senti la dlfféreiiee des deux pnilosophies. Le rapport
3 ni se trouve entre les mœurs extérieures u StoVcien et du Ghrétien, a pu faire prendre
(1) Essai de philosophie morale par M. de Mauperliiis, eh. 6.
(i) Il y a plvs de deux mille ans que David coiisîcléraii scMiê le même point de vue robservaiion de U lai de Dieu en général. Il regardait le constant iisage de la veuii.et U pratiiyue d*ttne sainte Yi«& comme le grand secret du bonheur et le seul moyen de eoiiler des jours îieurenx : Qm est homo iiui wuU wMm, dUigit diet videre bonoi f Prohibe linguamtuam m wuUa^ 0t labia im ne loqitantur dolum :dherlea maio et f9e bamuH : mquire paeem et persequere eam. Psal.
(3) Epictète a vécu 94 ans après Jésus -Christ. Les Evangiles étaient alors répandus par toute la terre ; il firadmit que ee pliilosophe eùi passé ses jours sur le mont Caucase pour ne pas les connaitrc. Tertulllen n^marque que c'est la lecture des prophètes et des Ecritares saintes en général qui a produit ce qu^il y avait de plus sage et de plus sensé dans Tancienne philosophie : Antiquitas prœ$lructa divîm liueraturœ ; fHô faâe credam thetanrum eam fuiu^ poneriori einfMê empienliœ.,. Qiiis poeKimm, ifuit toplàitarum qtd non amnino de propketanan fonte potaverU f Apolog. cap. 45. Presque tous les saints Pères et les meillem auteurs de Tantiquité sont du même seuiiment. VoT. plus haut. n. i78. .
(4) Le W MuuiuiiCS.
le change à ceux qui n'ont pas considévé los choses avec assez d'attention ou a%ec la justesse nécessaire. Mai$ au fond il n'y a ritii qui admelle si peu de conciliation, et la morale d'Ëpicure n'est pas plus contraire â la morale de l'Evangile que celle de Zenon (1). Cela n'a pas besoin d'autres preuves que l'exposition du système stoïcien. La somme du premier se réduit â ceci : Ne pense qu*à toi, ne sacrifie tout qu*à ton repos, La morale do Chrétien se réduit à ces deux préceptes :' Aime JUieu de tout ton coeur; aime les hommes comme toi-même.
« Pour bien comprendre le sens de ces der* nières paroles , il faut savoir ce que le système chrétien nous enseigne par rapport à Dieu et par rapport à l'honune. Dieu est l'ordre étemel, le Créateur de Tunivers, l'Être tout-puissant , sase et bon. L'homme est son ouvrage, compose d'un corps qui doit périr et d'une Ame qui durera éternellement. Ces deux idées établies suffisent pour faire connaître la justice et la nécessité de la monde chrétienne. Aimer Dieu de tout son cœur , c'est être entièrement soumis à ses ordres, n'avoir d'autre volonté que celle de Dieu , et ne se regarder que par rapport à ce qu'on est à son égardT. Aimer les autres hommes comme soi-même, n'est que la suite du premier précepte. Celui qui aime Dieii parbitement, doit aimer l'homme , qui est sou ouvragp. Celui qui n'aime rien que par rapport à Dieu« ne doit se donner aucune préférence. Il n'est pas difficile de voir que l'accomplissement d<s ces préceptes est la source du plus grand bonheur qu'on puisse trouver dans cette vie. Ce dévouement universel procurera non seulement la tranquillité , mais l'amour y répandra une douceur que le Stoïcien ne connaît pas. Celui-ci , toujours occupé de luimême , ne pense au'à se mettre à l'abri des maux: pour celui-là , il n'est plus de maux à craindre... Tout ce qui peut nous arriver de /âcheux dans l'état naturel vient ou des causes purement physiques ou de la
(1) Un philosophé chrélîcn fait à ce sujot nne réflexion hicn jusie et hien irapdrlanle sur fesprit do Jésus-Christ et. sur celui du inonde, c C*est, dit-il, une cliose irès-rcinarqiuible que le mol et Tidée de muRi/uf dans le sensrde rEvangile. Cet être bi \M et si coHuaissable nVst devenu, |K)ur ainsi dire, manifeste 61 sensible que depuis Jésub-Christ. Lraanciepsi moralistes n'en ont pas parlé , parce qu'ils étaient eux-iiiénies du monde ; t>arcc que leur vaine et tastueuse morale, leurs venus de commande ei de pa • wde, n'avaient rien que de confonne et de |>arfaiiement assorli«à Teaprit du monde : ils ne pouvaient d(»iic en f^ire un éire moral différent de ct'Iui qu'ils prétendaient établir. Mais Jésus-Christ nous a découvert Tespace immense que le monde, dans la plus haute sagesse, laissait eiiire ses h'çons et celles de l'Evangile. Aussi le clirétieji le moins instruit coiuialiil le monde ; il sait lré»-bien dire : VoiYà ce que c'eH que ie monde ; voilà comme nous trompe te monde : tels iont les mentonqes, et les illi^om du monde, fc^ faussées, vertus et Ch^pocrim du monde. Langage inconnu à tous les sages de ràntu|uiié, et même à tous les sai^e^ modernes qui ont al)juré leur foi. » C'est peut-èire dans ce sens qu'il est dit : Priucepi kujus mun(U jam judicatus eu. 4oan. 16, il; et plus clalrejueiK encore : ^UuicjudiciMm esl mundi. Jo;:n. 12, 31.
part d^ antres hommes ; et quoiqu^on pût réduire CCS dcax genres d*acc!deiits à un seul principe « le Stoïcien et le Chrétien les ont considérés sous des aspects différents dans la pratique de leur morale , et ont cherché dit férenls motifs pour les supporter. Le StoYeien prend les accidents physiques pour des arrêts du destin , auquel il doit se soumettre, parce qtf il serait ridicule d'y résister. Dans le mal que Itii font les hommes , il n'est Trappe que du défaut de leur jugement : il les regarde comme des brutes, et ne veut pas croire que de tels hommes puissent Teffaççr. Un destin infle^cible, des hommes insensés, voilà tout céqull voit; c'est sur cela qu'il doit régler sa conduite. Mais son état peutil être tranquille? Les maUi en sont-ils moins cruels', parce qu'ils sont saris remède? Les ooup^ en sont-ils moins sensibles, parce
2u'iis partent d'une main ou'on méprise (i )? e Chrétien envisage les cnoses- bien différemment. Le destm est une chimère : un Ktre infiniment bon règle tout, et a tout orikmni pour son plus erand bien. Quelque chose qui lui arrive, il ne se soumet point parce qu'il serait inutile de lui résister : il se soumet, parce qu'il applaudit aux décrets de la Providence , parce qu'il en connaît la justice et la bonté. Il ne méprise pas les hommes; pour sVmpôi;her de les haïr, il les respecte comme Touvrage de Dieu, et les aime comme ses frères; il les aime , quoiqu'ils Toffensent, parce que tout le mal qu ils peuvent lui faire n'est rien au prix des raisons qu'il a pour les aimer. Autant que les motifs au Stoïcien répandent de tristesse sur sa vie , autant ceux du Chrétien remplissent la sienne de douceurs: il aime , il adore , il bénit sans cesse... Quant aux biens que le Stoïcisme et le Christianisme promettent, comment pourrait-on les comparer? L'un borne tous les avantages à la vie présente ; Vautre, outre ces mêmes avantages qu'il procure bien plus sûrement , en bit espérer d'autres devant lesquels ceux-ci ne sont rien. Le Stoïcien et le Chrétien doivent être toujours prêts à quitter la vie ; mais le premier la quitte pour retomber dans le néant, ou pour se perdre daos Tabime des êtres ; le second , pour commencer une nouvelle vie éternellement heureuse. Tdus les biens que
{ remet la philosophie stoïcienne se réduisent un peu de repos pendantuneyie très-courte; mais un tel repos yaut-il ce qu'il en coûte pour y parvenir? Oui, dans la supposition d'une destruction totale , ou d'un avenir tel qu'est l'avenir des Stoïciens , celai qui d'un seul coup s'aAranchit de tous les maux de la
(1) Un auteur qui aipprécié également bien la morale de Zenon et d^Epicieie a eu Soin de nous prêmn» iilr emitre les con<^milnns qne nous serions tenté» d*j chercher, c Toutes l«^ ressources , dit-il , qu'ils nous offrent dans les événements qui ne dépendent IMS de nous sont prises ou de la nécessité oes choses, si peu consolante en elle-même, on de cette fierté stoiqne par laquelle lé sage sVnvetoppe dans sa pro^ pre vertu, et se regarde comme Injiccessible aux coups en sort ; vertu et fierté de l'ftme qui ne sait que concentrer les peines an -dedans , et no les rend souvent *|ue pins sensibles. >
vie est plus sage que celui qui se consuma en efforts pour parvenir à ne rien sentir. »
378. D; Les dogmes du Christianisme ontils la même influence sur le bonheur de la société qu'ils ont sur le bonheur de chaque homme en particulier?
R. Le Philosophe que j'ai cité , après avoir, examiné les principes du Stoïcien et ceux du Chrétien , en t^nt qu'ils se rapportent immédiatement au bonheur de celui qui les suit, les considère ensuite par rapport à la société euffénéral. c Si, dit-il. Ton n'avait pas senti la différence qui est entre ces deux morales; si on avait pu les confondre en les çonsidé^ rant dans chaque individu, c'est ici <iu'ellcs laissent voir la distance immense qui est eu* tre elles. Quand le Stoïcien serait parvenu à être heureux ou impassible, on peut dire qu'il n'aurait acquis son bonheur ou son n*pos qu'aux dépens des autres hommes , ou du moins en leur refusant tousses secours. Ptu importe, dit le gra nd docteur de cette secte, qt^e ton rival soit vicieux, pourvu qtu tu cotiser^ ves ta tranquillité. Quelle différence entre ces dispositions de cœur et le sentiment d'htmianite et de tendresse que le Chrétien ^ pour tous les hommes i Occupé sans cesse de leur être utile , il ne craint ni fatigues 9 ni périls ; il traverse les mers , il s'expose aux plus cruels supplices pour rendre heureux des hommes qu'il n'a jamais vus. Qu'on se repr6> sente deux lies, l'une remplie de parfaits. Stoïciens , l'autre de parfaits Chrétiens ; dans l'une, chaque Philosophe, ignorant les douceurs de la conflance et de l'amitié, 110 pense qu'à se séquestrer des autres hommes : il a calculé ce qu'il en jiouvait attendre » Ic^s avantages qu'ils pouvaient lui procurer , et les torts qu'ils pouvaient lui faire , et a rompu tout commerce avec eux. Nouveau Diogène , il fait consister sa perfection à oc-cuper un tonneau plus étroit que celui, de. son voisin. Mais quelle harmonie vous trouverez dans l'autre tle I Les besoins ^ qu'une, raine- philosophie ne saurait dissimuler , toujours secourus par la justice et la charité, ont lié tous les hommes les uns aux autres ; chacun , heureux du bonheur d'autrui , se. trouve heureux encore des secours que dans ses malheurs il lui prête (1). » Dans le cba-
(I) Ces réflexions ont ceriaînement de quoi ju«iiKor lin auteur ce èbre d*avoir liftUlé en lisant Epicléte , ce froid pédagogue de ia vertu stoïcienne-; ^et d*avo;r exprimé sa lassitude avec autant d-agréinent que df vérité.
En vain, d'un ton de rhéteur, Epictète il son lecleor lYèclie le bonheur suftrème ; j'y iroiive.un consolateur Plus affligé qne moi-inAme.
Dans son flegme simulé ^
Je découvre sa colère.
J'y vnis un homme accablé Sous le poids de sa misère :
Et (tans tous ces beaux discuursp Fabriqués durant le cours De sa fortune maudite* vous reconnaissez toiij.iurs l.'e:$ciave d'Epaiilirodiie.
liais Je vois dé^d ici
nnLfMOPfiiODe.
Sis
pilre VIIMauperiuis fiiU diOéFenlcft rMextons sur la religion chrétieiuM^ » ei oonclat qu'une des preuves de sa rérité est de conduire les hommes au bonheur. « Si je veux m'insiraire sur la nature de Dieu, sur ma propre nature « sur Toriginé du monde » sur sa un , ma raison est confondue. Dans cette nuit profonde si je rencontre le sjrsteme qui est le seul qui puisse remplir le désir que j*ai d'être heureux , ne dois-je pas à cela le reconnais tre pour le véritable ? Ne dois-jc pas croire que celui qui me conduit au bonheur est celui qui ne saurait me tromper ? »
379. D. Les. autres Philosophes ont-ils parlé dans le même goût de la religion cb retienne, considérée relativement au bonheur de l'homme ?
R. 11 faudrait un gros volume pour contenir leurs téiftoignages. En voici quelques-uns. « La religion chrétienne, dit Montesquieu ; (Eêp. des lois, L 2fc, ch. 3), qui no semble avoir d^objet que la félicité de Fautre vie , fait encore notre bonhcfur dans celle-ci (1). » .... J. J. Rousseau parta.nt du même principe, concluait que la doctrine des Philosophes antichrétiens ne pouvait être vraie : « Ceux qui sèment dans les cœurs ces désolantes « doctrines , disent que la vérité ne saurait « être nuisible aux hommes; Je le crois comme « eux , et c'est à monavis une grande preuve « que ce qu'ils enseignent n*cst pas la vérité » (Emile, t. 3, p. 197). Nous avons vu un autre passage du même auteur , sur le bonbeur d'une maison oîi règnc^nt les lois de TEvaugile (N. 359), et où se réalise le tableau admirable que trace l'apôtre S. Paul d'une famille chrétienne (2)... « On ne voyait plus dans le Paganisme vieilli que l'uifaïuie et lis vices. Le peuple, qui ne connaissait que des tyrans sur la terre , chercha un asile dans le ciel : le Christianisme vint le consoler et lui apprendre à souffrir , tandis que les vexations et les débauches sapaient le Paganisme avec l'empire » ( Hist. phit. et polit, dueommerce, 1.7, p. 2). Qui croirait que c'est le plus forcené ennemi du Christianisme qui lui rend eet hommage? .... « U n'a jamais paru de religion dans le monde, dit Bolin^brocke {OEuvr.posth.. i.k.p. 291), qui ait
WréaAt tout le zénoiiUnie, D'eûteodre iraiter aibsi Vu dtt saints du ita^oiima.
Pardon, nais, en vérité, lion ApoUon révolté Lui devait ce téoioignage.
^ rour l'ciuiui que m'a coûté son insupportable ouvrage.
(y. a. JL t^%oée%.)
(I) Le P. Ilayer a développé ei vériAé ce mot da magistrat philosophe , dans un traité inlitulë : VtHUé temporelU de ta relt^ion ckrétienne, 1774. — Vovci aussi raVcrtissemenl du Clergé de France en i77o : Sur les avantages de la religion et les effeU perniacux de VincrédnlUé,
(i) UuUeres , whdUœ estote wVii , ««il aporief m homino. Viri, diligite uxores vettrat^ et noîHe umari esse ad illa$. Filiu obedUe purentibu» per omma : hoc enmi plaeitum têt in Domino. Patra, noliu ad indtgnattonem vrovocare film vestros^ ut non pusillo aniino fiant. &erm , obédite per omma donanii carnalibus^ non adocu- Inm servientei , qnati kominibut placenlet , tedin mmpliâtate corda, iuneHlc$ Deum, Coloss. 3, 18-îS.
tendu plus directement au but de procurer la paix et le bonheur de rhumanité» que la religion chrétienne telle qu'elle est enseignée par Jésus-Christ et les Apétres. » .... L^£ncylopédie (Arliclt Bonheur) nous apprend la même chose : « Il ne faut point opposer à cette maxime la morale et la religion de Jésus-Christ, notre législateur et en même temps notre Dieu , lequel n'est point venu pour anéantir la nature , mais pour la perfectionner ; il ne nous fait pas renoncer à Tâinour du plaisir, et ne condamne pas la vertu à être malheureuse ici-bas. Sa loi est pleine de charmes et d'attraits, elle est toute comprise dans l'amour de Dieu et du prochain. La source des plaisirs légitimes ne coule pas moins pour le Chrétien aue pour l'homme profane. Mais , dans l'ordre de la grftce , il est infiniment plus heureux parce qu'il espère que parce c^u'il possède (1). JLe bonheur qu'il goûte ici-bas, devient pour lui le germe d'un bonheur éternel. Ses plaisirs sont ceux de la modération , de la bienfaisance , de la tempérance , de la conscience : plaisirs purs , nobles , spirituels et fort supérieurs aux plaisirs des sens. » Enfin l'auteur même de ÏEpitre à Uranie, après avoir épuisé ses forces à déclamer contre le Christianisme, revient sur ses pas, et par une espèce de rétractation subite et imprévue, déclare que si r£vangile est une erreur, c'est une erreur qui rend les hommes heureux:
Qel ! 6 ciel ! quel obj6l vient de fraupenr noa vuo f Je reconnais le Christ puissant et glorieux.
Aulprès de lui, dans une nue,
Sa croix se présenle k mes yeux.
Sous ses pieds iriouiiiliauts lA mort est abaUue; Des portes de l*eurer il est victorieux : Son rèjfne est annoncé |iar la voix des oracles; Son trône est cimenté |;ar le sang des martyrs ; Tous les I sus de ses saints sont autant de miraclirs; Il leur promet des biens plus gi*anilsque leurs désirs; ses exemples sont saints, sa morale est divine. Il console en secret les CQbui*s quHi illumine : l)aus les iilus grands malheurs il leur ottte un appui ; Et si sur riiupuslure il Ibiide sa doctrine (2), Cest un bonheur enooi' d^ètre trouij^ |)ar lui (5).
S X. — 380. D. Quoique la philosophie an* cienne soit beaucoup au-dessous de l'Evangile, et ne puisse fonder ni le bonheur de la société ni celui des particuliers , la doctrine des Philosophes modernes, qui prêchent si constamment la vertu, ne peut-elle pas tenir lieu du Christianisme (4) ?
(1) Promissionem habens vUœ quœ nànc est^ et futn»
rœ. 1 Tim. 4, 8.
(i) Une doctrine fondée swr rimpouure peul-clle avoir les caractères et les preuves que Voiiaire déuiile ici T — Une erreur i|Oelconque pent-ellè prodtij c un véritable àoNliciir?
(3) Nouv. niéUmg. pbilos. bisior. crit., iS* pari., pag. SI2, éd. de i77i.
(i) Rien n'exprime mieux la morgue dogmatisante d.! ces moralistes que ce passage de S. Angust u :. Fuerunt erao quidam pkilo$ophi de virtut.bus et p-liis êubtilia mufta iraclantei, dividenleg^ defimentes, raiioa^. nationes aeuiitsimaê concludenteê ^ libros impie tien ^ Muam safùemiam buccis crëpanlihus ventilantes^ nvi etiam dicere auderetU iiominibus : t;oi seftuiminu tecinm nosiram tenete^ si vuUis berne vivere, Sêd non intrabani per oitium : pcrdere vMbatit , maciare et occUiue» Tract. 45 in Jian.
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R. 1* Nou» avons vu qa^ ces messieurs Maieiit sans aulorilé, et leurs précepte^ sans sanction; qu'Us ne s'accordaient sur rien, ' qnlls n'avaient aucun principe fixe , qu'ils renversaient tous lès fondements de la vertu ,
Su'fis avouaient eux-mêmes la nécessite 'une religion; et nous avons prouvé que le , Christianisme était la vériUble.— L'e*pra de Bien, suivant le témoignage de TEcrilure, ne dotpne ni force ni onction aux pompeuses maximes d'une tertu factice ; il dédaigpe l'ouvrage de SCS ennemis, et se tient autfsi éloigné de leurs leçons de morale que de leurs inintelligibles systèmes (1).
2' Nous connaissons par expérience les effets de la religion ehrétienne ; nous savons qu'elle a fait tomber tous les faux dieux l'un après l'autre , qu'elle a dissipé les craintes que l'on avait partout de ces êtres imaginaires, aboli l'exécrable coutume de les apaiser Kr des sacrifices humains, par des combats gladiateurs, par le sang des enfants le plus tendrement aimés; qu'elle a décrédité partout les oracles, les soirlilcges et tous les genres do divination , a^u çrand dépit et au grand étonnement de la philosophie, qui les mettait sous sa protection; qu'elle a sup* primé ou adouci l'esrlavaffe , humanisé les nations, resserré les liens de la société, rendu k»' gouvernements moins sanguinaires, rctraui'héles dévotions licencieuses , plus chères aux idolâtres que leurs dieux, ces félcs uniquement propres à ruiner impunément ley <ibligation8 du mariage, À dégrader Thumatlité; quelle a éclairé également tous les hommes, mis la vérité à portée des peuples îetplus grossiers, et cela dès Tâge le plus tendre, etc. Mais depuis que nos Philosophes ont entrepris d'établir le règne de rirréligion, quel heui^cox changement est-il arrivé dans Ta monde? A en juger par leurs promesses. Il doit y avoir plus de probité dans le com- ■Mrce, plus de sûreté dans l'amitié, plus de désintéressement dans les afTaires: l'équité, la gravité, la décence, Tétude des lois, doivent s*étre perfectionnées dans le sanctuaire de là justice; l'application, la capacité, la Alité du luxe et de la mollesse dans Tctat militaire ; la pudeurv la modestie , la bienséance dans le sein des familles; l'amour du pénale dans ceax qui président à la fortune publique^ l'amour du bien public dans les particuttf rs : la génération présente doit être un modèle accompli pour les races futures. Ces Philosophes entroprendraieut-ils sérieusement de nous persuader que ce prodiffe est opérév et ne serant-^ils pas contraints de gémir ftor la triste révolution que leurs maxi- HMt.onl opérée dans toutes les conditions et dans tons les égesTNe voyons-nous pas la relî^on hautement vengée de nos outrages parropprobre de nos mœurs? L'innocence s'est altérée dans tous les états, le soufllo brûlant de l'impiété a desséché les âmes et consumé les vertus. Le peuple était pauvre,
(I) S^rilM emmsanctus diseiplùim effugiei /klnm^ ei uuferet se a cùgitationibuê quœ suni sine intelîectM, 8;ip 1, IS.
nrMiis consolé ; Il est maintenant accablé de ses travaux et de ses doutes. Il anticipait par espérance sur une vie meilleure ; il est surchargé des peines de son état ; et nos nonveaux Apôtres ne lui montrent pour termes de sa misère que la mort et l'anéantissemenl. Fasse le ciel que lexcès du mal ouvre enfin les veux à ceux qui en sont les auteurs !
381. D. D'où vient donc dans un certain nombre de Philosophes cet attachement extérieur à la vertu, ces égards pour l'honnêteté, ces attraits pour la bienfaisance, ce Inngage qui imite et remplace celui de la raligion? {V, ci-^essus, n, 128).
K. Tout cela vient de la religion même qu'ils ont abjurée. Malgré leurs égarements , les premières impressions du Christianisme subsistent encore, les effets survinrent à la cause , quelques débris échappent au naufragé général; si, dès leurs tendres années , on leur avait enseigné les maximes de l'Athéisme, du Déisme, de l'indlfférentisnie, on aurait formé des libertins déclarés , des en^ nemis forcenés de l'apparence eomnre.des fruits de la vertu, il en est de même des ln« mières qu'ils ont conservées an milieu de la nuit où ils se sont égarés. C'est A la religion qu^ils les doivent ; c'est elle ( suivant la réitcxion de Bayle que nous avons déjà rapportée) qui leur a appris des vérités précieu* ses et sublimes que la froide et inconstmie raison leur eût laissé ignorer, ou qu'eHe eût montré d'une mani^ bien imparfaite. — Sans le Christianisme, eux, leurs pères et la longue suite de leurs ancêtres demeureraiont' aussi incultes et aussi Imrbares que les Gaulois, les Vandales, les O»trogoths, les Huns , les Scythes, aie, dont ils descendent. Toutes ces nations n ont perdu leur férocité que dans le Christianisme; sans lui, que serait devenue l'Europe après la destruction de l'empire romain? Ce que sont avjourd'hoi la Grèce , l'Asie mineure , la Syrie , l'EgypIe , tous les royaumes de rOrienl. — Nous avons observé {Ci^estuSi «.370) que sans la rrtigion chrétienne, la philosophie et toutes 1rs sciences eussent été enserelies sods les fui^^ nés de l'empire romain , et immolées à la fureur dévastatrice des Barbares. On a donc bien raison de considérer les tncrédulos comme des enfants ingrats qui déchirent le sein de la mère dont ils ont reçu tout ce qu'ils ont d'estimable (1).'
382. D. Cette b$enfai$anee dont on a entrepris de faire le caractère distinctif dos Philosophes (2}, l'est-elle effectivement ?
(t) Filtos nulrivi et exallavi^ ipn aulein spreverum me, Isai. 1,2.
(2) Nau< copions ici un pnssûge que nous avons lu avec plaisir dans un ouvi*age moderne, c Ce i|ui <iic conduira, je crois, à cesser pour jamais de lire , c*est ccUe manie commune actuellement aux écrivains de ipus les genres, de touics les nations; c'est celle fu* rcur, celle rage de vertu qui excite en eux des transports approchanls de la Jblio. Quoi ! ne |)Ouv<)ir écrire dix lignes sans s'écrier : Ô bttnié ! ô bienfaisance J à humanité! ô vertu ! Ces noms si répétés , si profanés, si éloignés de pouvoir inspirer le désir d*étre hoiméte, jeucnl du ridicule r.nr les meilleurs princi^^s; on se*
R.: pMrauoi la bienfiiisaBce icrail-^elle mieox éCabiîe chet eux qn^ les autres yertas dont iioos a?ons jagé alllears d'après des téoioiff nages non suspecls? Quel amour peuvent iii5pirer à rhopame pour son semblable des systèmes qui égalent sa nature à celle de la hrate, qui détruisent le sentiment qiill a de la noblesse de son oricine et de la grandeur de sa destination, oui ébranlent les principes de la morale» en ébranlant ceux de la religion qui en est le fondement et le garant le plu^ sûr de leur observation. La charité chré^ ticnaeEutaidnerles individus.: la philosophie n*aime que h genre humain, l'espèce humaine: elle aiîAe Us Tartares^ comme dit J.-J. Rousseau « mais elle n'aime pas ses voisins, Lo motif de là charité chrétienne est le précepte de pieu, la rratemité que la création, la rédemption, la destination à une même fib , i ilB Bdéne héritage, out établie entre tous les hoaimes ; le motif de la philosophie c'est que les hommes sont des semblables; la similitude on la ressembltmcef idée vraiment métaphysique , substituée . anx grands motifs ae la tel%ioii, voilà ce qui , dans la morale de ces messieurs • doit produire la bienfaisance » rhwmmM,.VamwKr général de tous les hom* mcs.Tef loii mondes so^i foH bdlès^ dit J.<^ Rouaseau (Emile, t. 3* p. 202) à un prédicateur de la vertu philosophique, mat> f^onlre-» m^en» tfe grice, la sanction^ Cesee un momtni dé baiirs la tamfagne^ et dis*moi rétUemeni ce me tu mets à fo pla^e de t enfer. — La bien^ uùaawoe des philosophes est une vertu A'oê^ ieniatiott et de parade, qui ne {Mirait que daus les occasions bruyantes , ignore les toallieBreux obscurs, place sa récompense dans Tadmiration ei dans les vains éloges > étale . ses grAces sur uu individu propre a lui donner de Téclat, et regarde le genre bumaiu comme un tas dé fourmis : la bienfaisance éa Chrétien est modeste, mais puis-usante t active, universelle, et n*a d^autre prétention que Fimmortalité^ Dès le temps de & Paul les Philosophes avalent tous \e$ de* hors 4e rbumaiiilB et de la bonté ; mais, AMune remaïqua cet ApAtra (1) , ils n'en cDnnaïaaaient ni les vfaift motib ni les effets i il ajnotaH que tontes leurs paasions se eoa-^ centrait dans Tamour d*enXHnénies, dans le désir des louages et lea apras d'un vain or^ pH^ ; qu'Us n^etaient ni pères tendres, ni enlanta soumis, ni amis fidèles ; que les tra-
PIIlLOSOPIftQUfi âtt
sance des plus iftttmês voluptés était devc^ nue leur législateur et leur Dieu (1). Aujour-* d'hui, si nous en croyons L-J^ Rousseau, Ics^ choses vont à peu près de même. La philosophie, selon lui, relâche tous les liens d'es-. time et de bienveillance qui atlaébent les hommes à la société; et c'est peut-être le plus dangereux des maux qu'elle engéndre.é*. Un tel homme n'est ni parent, Ui citojren, ni homme; il est Philosophe [Pensée^ ae Jt.%i. Roussu P' 133). C'cstsans doute sous ce poinl de tue que Vcspasien envisagea les Phiu)so-o phes, lorsqu'il se crUt oblige de les chasser, de Rome ; ils furent les seuls qui eontrai-
Snircnt ce bon prince d'user à leur égard, 'une sévérUé opposée à son inclination (2)« La plupart de ces froids spéculateurs n'ai-^mcnt les autres hommes au*en qualité d'êtres (3). Suivant l'avis dun ancien. Os ne. montrent pas aux peuples toutes les consé^ quences de leurs systèmes (4) ; ils les cachent par les apparences les plus imposantes. Un. pareil aveu serait trop propre à lès dépouilleif de . leurs disciples et A détroihper les ftmes qfai ont encore quelque sentiment de vertui