CHAPITRE IV.Ia FùL Article L Nature et effet de ta fot
âS3. D. Puisque la foi est un don de Dieu* n'est-il pas inutile d'accumhler les preuves qui en établissent la vérités
R. La conviction que la foi forme dans . tue âmd e§t toute dilTérente de celle qdi n'est que le fruit du raisonnement. Pleine de^ douceur et de lumière, la foi produit une en* tière soumission de l'esprit , et snbsUtne à toutes les disputes VAQtorité do la révéla-» tion* Mais le àtih dé la foi suppose pour l'or' dinaire dans le catéchumène un esprit pré*< paré par la connaissance des preuves de la religion, et par des motifs de crédibilité suf<» fisants pour lui en persuader la vérité*
(i) Ëemina ulpioi amaïUeii cupidu elait^ siÊperk4 btttsphemin parButiu$ non ebedienlei^ ingrati^ seelesii / ilne ùfeeiione , me peu ; cmmalwes i mceniiHenUs , tvimllei, mue hem^late, proéHores, froterm,Unddi et tobtptatum magis amatorei qwon Da* 2 Tiro« 5,9-4 ménie tableau se voit dans TEpUre soi Reroaiiis , di. f;
r»i lentë de les abandoeeer d'impaiience et d eauH}, miMne on fait de Pautèur qui les déplace , les aflla^i* Mil, les dégrade. Oui, j'avoue qu'en lisant nos drames et DOS romans, et, ee qui pljis est, nos ouvrages philoaophiqnes, il me prend ua si grand dégofit des kres wiJbies^ 4eB4tres bienfalsanU , des vertueux eiiegens^ qee ti dans ce moment on s*avlsait dé vanter ma boiiid, de louer mes vertes, fexraefsis ona rénannîon dlionnenr pour cette irnutte. i lettre^ es milerd Mi* ms^ à Paris, cbe^E HnmMot» 1777.
(J) Babeatessmiem quidem pieuuii^vvrtuum Msm ein megamies. 2 Jim. 3, '$•
CàTicn. Pniu>s^ I
renversaient les fondemenis, et comme capables, fwie leurs vains sof^liibmes , d*altérer hi simnlîciid di*s moMirs anciennes , et de répandre jparmt la jamesie' des opinions funestes à la eutrie. Ce fui sur lea ni6«^ mes principes et par las méiues raisons, que le vicu& Qiion Ât congédier prompiement trots ambossadeeis pbilnsopbcs- Q desssut n. 125.
(5) Ab • le vous aime , mais c*est en qnalitë â'iire» ^' •'^ {Com.desS.PhH.)
(I) m iwerui earem petmb jsedea iracltfcr, Aui imem aalaat cegeat sacse ns/Êrimê iKhan » qmidcMimmeimm mm ne, iiieradata<Rli.
{OnxSé)
CATfCJIlSME
381. D. Si la religion était rigoàreoscmMit déinonlréc, n'acquiesccratt-on pas â ses dogmes comme aux vérités de la géométrie 1
R. !• C'est ce que nous ne voudrions pas trop assurer. N'a-t-on pas vu un Bayle s'élever contre les démonstra lions eéométriq ues? Les Sceptiques ne doutaient-ils pas de tout, même ou témoii|[nage de leurs veux? Si telle vérité géométnque obligeait Thomme à renoncer à SCS vices et à vivre en Chrétien, je ne sais si die* resterait longtemps sansatta-
Îue. Pour le commun des hommes» la plupart es vérités géométriques sont plus obscures, ci quelquesuocÀ paraissent plus incroyables que lès vérités de la foi. 2* Une vérité de foi et une vérité de géométrie sont des choses si disparates, qu*il faut renoncer à toute comparaison entre les deux. L'une suppose l'obscurité dans son objet, et l'autre Texclut. L'une est établie sur la parole de Dieu , et l'autre sur les lumières de la raison. Pour croire l'une, il faut la grAce delà foi -, et pour iWtre, il ne faut que du sens commun. 3-* I) y a de plus ici une diiTérence bien remarquar blc prise, dans la nature^ même de Dieu. 11 importe peu pour la liberté de l'homme qu jl soit force de reconnaître que tous les rayons d'un cercle sont égaux ; mais il importe qu'il ne soit pas également contraint sur les vérités qui appartiennent aux mœurs; il importe que Dieu , sur son existence, ses attributs et ses lois, reçoive de mon entcn* deiment et de ma volonté un hommage libre, et que je puisse, si je le veux, me refuser à sa lumière. C'est pour cela que, les preuves, quoique évidentes, que nous avons de l'existence de Dieu, d'une loi naturelle et de Timmortalité de: l'âme, sont combattues par des dilBcttUés qui font oublier aisément la démonstration qu'on en donne, qui détournent notre attention, et, si bon nous semble , la fissent entièrement sur les objections contraires, qui, surtout, en flattant nos penchants déréglés, en reçoivent à nos .yeux une force que ces difQcultés n'auraient point par elles-mêmes. C'est pour cela encore que, «ar ces mêmes objets, les preuves qui sont le plus A la portée de tous les hommes sont des preuves morales qui , par leur nature , s'accordent parfaitement avec la liberté.
385. D/Û est aisé diî croire sur la parole de Dieu; mais le moyen de se convaincre pleinement que Dieu a parlé, et que tel dogme, ou telle maxime sont effectivement ta doctrine?
R.Nous avons prouvé que le Christianisme était une religion aivine;ce qu'elle enseigne est par conséqucntrcnseignement deDieumême.
3W. D Tous les Chrétiens sont-ils en état de peser les prouves de leur religion t Ne fautil pas pouf cela de longues recherches et une érudition fort étendue ?
H. La religion se proportionne k tous les^ •sprits dans ses preuves comme dans ses dogmes. Ces preuves ont de quoi satisfaire le peuple comme les Philosophes. Le motif qui attaebe les simples A leur Ibi n'c^ pas toujours le ploskivindble, mats il «stsufiSsant pour les persiMidtr;ct s'il leur venait de plus
S randea lumières qui flsscni uuttre quelques outcs, ces mêmes lumières sulHiraient pour leur faire mieux connaître les raisons qvl doivent détruire ces doutes.
387. D. La certitude de la foi égale, selon les théologiens , la certitude métaphysiaue : cette certitule métaphvsiquo peut-elle résnl* ter des motifs de crédibilité, qui sont les preuves du Christianisme ?
R. Quoique la conviction du Adèle égale celle d'un métaphysicien, la conviction opérée parla foi est, comme nous l'avons déjà dit , d'une nature toute différente. Elle prend sa force et sa consistance dans une griçe par«* ticulière, que nous appelons don et luniière de Dieu. Les motifs dé crédibilité, , plus ou moins étudiés et développés selon là mesure des connaissances du catéchumène, sont les moyens occasionnels dont Dieu se sert pour opérer cette ferme persuasion; mais son grand appui c'est l'action de la grAce, l'onction de rÈsprit saint, l'inclination de la volonté et de l'intelligence, comme dit Dayid (i), vers la loi du Seigneur.
388. D. Les théologiens ne sont ils pa» embarrassés A désigner l'ob/et formel dé la foi touchant l'exijstence de la révélation? Quelques-uns ont recours aux motifs dé crédibilité, d'autres A la révélation même : dans le premier cas, il n'y pas de certitude métaphysique, car les motifs de crédibilité ne ' peuvent la produire ; dans le second , H parait qu'il y a un cercle vicieux.
B. i* Quand on veut tout réduire au style de l'école, et soumettre les choses divines aux distinctions de la matière et de la forme, faut» il s'étonner si on rencontre des embarras?... Nous croyons que Dieu a révélé tel et tel article, parce que la religion chrétienne, qui enseigne ces articles , est dépositaire de Lt révélation ; mais d'oA sait-on qu'elle possède ce dépêt? Nous l'avons déjà dit: quand Dieu nous accorde le don de la foi , il nous indine A croire , il nous affranchit des doutes que toutes les disputes et toutes les études humaines ne. peuvent guérir; et cette persuasion surnatureUe et divine vaut bien une défnonstration scolastique, moralei physique, géométrique on métaphysique (9) : elle n'est sans doute jamais sans motiis, mais elle
«rend sa force dans la grAce et le don de la ^ n , dont les motifs de citdibilité ne sont que l'instrument et l'occasion.
ST Pourquoi les motifs de crédibilité ne pourrafent<^ils point produire une certitude métaphysique ? Quel défaut y a-t -il dansée raisonnement ? « Il ]|r a un Dieu , Il y a une religion; un Dieu saint et vrai ne peut ap->
Srouver qu'une seule religion : or il est évient qu'il n'y a point de religion qui ait des caractères de divinité comme le Christianisme ; il est donc évident que le Christianisme est la seule religion véritable. \» Qu'y a-t-il A redire A cet autre raisonnen^ent , qui est celui de Richard de S. Victor? « 11 est certain que Dieu ne peut me tromper i UWt certain.
M) inelÎM ter mettmm i«tfîmo«rm firo^ m<; tl8. 3G.^ ' (i) fidêi animum inaioM , imo H penifêden$ pHi unrn> faiienabiUkut meihodi». S. Osûi.
zso
encore que l)ieii m'aurait trompé, s'il avait donné à nne fausse religion les caractères jle la Ttaie ; il est donc certain qu'une religion ne peut aroir les caractères de là reliffion yéritable sans l'être en effet : nous avons oémontré* (^ne ces caractères n'étaient qtke dins le Christianisme i il n'est doné pas possi* ble que le Christianisme ne soit véritable (1).»
389. D. Ce raisonnement , quelque juste qu'if soit, peut-il convaincre un homme in-^ capable dn peser les preuves du Christianisme et d'examiner si cette religion a seule les caractères de la vérilé?
R. l'Nous l'avons déjà dit , si cet homme a assexde lumières pour former des objections contre l'enseignement de ses pasteurs , il en a assex aussi pour évaluer les réponses qui réfutent ces objections.
2* T a-t-ii un Chraich qui ne puisse être convaiftca des ariicles suivants ?Jcsus-Christ aétéannoncé par les Prophètes. Lui et ses ^pâtres ont prêché l^Ëvangilc. lis ont fait des miracles» Ils ont donné ordre à d*autrcs de prêcher après eux. Les pasteurs de l'Eglise ont succèaé à ces prédicateurs^ Les l^hiloso* phes disputeront sans doute sur tout cela ; mais l'homme bien instruit peut leur répondre; et le simple fidèle ne connaît pas les Philosophes : il reste dans la bonhe foi ; et la voix de rËglise est pour lui beaucoup plus intelligible que toute la critique des savants irréligieux.
990. D. Estr-il nécessaire d'étudier toutes !es religions du monde etd*en connaître la fausseté pour s'attacher exclusivement au Christianisme?
R. Cette étude, faite avec un esprit droit et appliqué, ne peut que servir à faire connaître la vérité ; mais elle est aussi peu nécessaire à un Chrétien docile et soumis aux lumières de sa foi , qu'il est inutile à un enfant de connaître toutes les mères du monde pour s'atiacher à la sienne. Le Sauveur appelle Pierre et André, et ifs le suivent sans délibé^ rer. 11 renverse Paul , et Paul est changé en un autre homme. L'eunuque de la reine Candace entend expliquer un passage dlsaïe, et demande le baptême» etc. Ces gens n'avaient pas eu le temps d'examiner . les erreurs de tous les peuples (2].
39i. D. Si les infidèles Sont attachés à leur croyance comme les Chrétiens à la leur, qu'est-ce que la foi ajoute à leur persuasion ?
R. 1*. Les infidèles éclairés ne peuvent s*attacber à leur foi en aucune façon , ils no peuvent que la dédaigner, et, s'ils ont le cœur droit, recherdier la véritable t c*cst une inite nécessaire des preuves du Christia-^ nisme.
2* Les préjugés ne peuvent fonder la même
(I) Donnne , n enor eu t aie decepti tnmu$ ; hœe mim lot prùâi^h et $»gtû$ in nabis conprmaia twit , «l 9mt mm perte péri poiuerinL R'icb. Vici.
(3) E^ium qui kumikmin fmncto eUtcrmcniem ^ *t pUarei etièrnœ ttritatit captant rationeM, quant si quis é.xiïm annis êUuhtissit in uhoUs, Egé doceo sine étnf" piiH rerbormm ^ sineconfusêûne opinionmn^ sine' f astis honoris ^sfne vufncÂiene af^iiniKonii»; Imii. Clirisl. liJi. 3. c. 43.
persuasioki que des preuves solides. L'effet naturel de la vérité est l'acquiescement do l'esprit et le repos de la conscience. Le doute et la nécessité d'examiner sont l'apanage de l'erreur. La prétendue conviction des infi^ dèles est l'effet de leur stupidité ou oe leur insouciance. Tous les arguments qu'on fait sur cette matière ressemblent à celui-cf : Il y a des malades qui croient se bien porter, done personne n'est asturé d*étre en par faite santé.
3* La foi du Chrétien est moins l'effet de ses raisonnements, auelque excellents qu'ifs soient, que l'effet de la grâce et delà lumièrb divine qui conslitue le précieux don de la foi. Ce langage est olus que chinois pour Phomme animai ; mais il est très«-intclligible à l'homme Spirituel (1). Tant que le Philosophe incrédule n*aura pas détroit les preuves du Christianisme, il ne pourra disconvenir que le don de la foi ne soit une chose réelle, puisque la religion dont on lui démontre la vérité enseigne que ce don existe, et qu'il est le fondement de sa législation. L'inudèle et rhérclique ont beau prétendre A la posses-^ sion d^unc foi affermie et éèlairée par l'esprit do Dieu, toutes les preuves du Christianismo déposent contre cette prétention ; quoique la différence de cette foi échappe aux yeux des hommes. Dieu, comme dit l'Apétre, distinguo son ouvrage'de ce qui ne l'est pas, et toutes les illusions de l'apparence ne peuvent ébràn* 1er les fondements d'une vérité réelle (3). ARTICLE 11. Ne'ccssilé de la f tri par rapport au
saint,
S I.— 393. D. Le dogme de la nécessité de la foi n'oblige-t-il pas les Chrétiens à damner im'*pitoyablement les plus grands héros de TantiquUé et à regarder comme proie de Teufet des hommes, célèbres parmi nous, qui n'ont jamais eu la foi , ou qui ont trouvé le mojcn de s'en défaire ?
R. Le Chrétien ne prononcera jamais sur le sort de quelque homme en particulier tandis qu'il est en vie, parce qu*il ignore; quelle sera sa fin ; ni aprèsf sa mort, s'il ignore quelle a été sa fin. Bien loin de damner per-^ sonne , il souhaite ardemmcht le salut de tout le monde.
393. D. N'est^il pas du moins vrai qu'en général le Chrétien regarde comme danmé un gradd nombre d'hommes retranchés du sein de sa religion ?
R. 1* Notis avoUs montré ( £. 8, c. 4, n. 211 et suiv. ) que Dieu ne pouvait approuver
Ju'une seule religion. Nos preuves sont fondées sur la nature de Dieu même et delà religion en général» Ce n est pas au Chrétien ,
. (I) Vosmetipsos tentais , si eslis expie : ipsi wos probate : an non coqnosciiis tfoetnetipsos , quia Cbristtks Jésus in ffobis est , niû forte reprobi estisflL Cor. IS, 6. — lJnc{io ejtts docet vos de ommbus, i Joan^ 3 , 27. — Qui crédit in fiUuin Dd , habet testimomum IM in se. ibid. 5, iO. — Quoniam Deus , qsd Usât de Unebris lumen splendescere ^ ipse illuxit in eordibu^nostrismH iUuminationem scientim clarita^s Dû in taâa Cluisti Jeen. 2 Cér. 4,^ 6.
(2) Sed prmHm (undamentum Dei stat , habeuf timmcMlnm koç : iogtwvfi fiamimu-^q^ snnt .%m; S Tîm. %t i9.
mais i toutlianiiiie qui sait raisonner, qu'on^ doit faire robjection du grand nombre d Uoiumcs égaré!! en fait de reWglon. ^ , ^ . .
S* Ce n'est pas la nécessité de la roi , m rindivisibilité de la vérité qui est la cause 4e la réprobation du grand nombre des bonn mes ; ce sont les crimes et la mauvaise vie des hommes qui diminuent le nombre des élus. Tous les théologiens enseignent que ceux qui ignorent la religion chrétienne sans qu'il y ait de leur faute ne seront pas punis de Dieu pour ne l'avoir pas connue. S. Paul lui-même nous en assure (1). Les SS. Père$, surtout S. AugusUn el S.Thomas, ont exprimé cette doctrine de la manière la plus précise (2) .
3M. D. Puisque sans la foi personne n est sauvé , n'est-il pas de la providence de Dieu de la donner à tout le monde ?
h. !• Les Déistes , les Sectateurs de la religion naturelle ont la même objection à résoudre. Puisque personne ne saurait être difèe des regards de la Divinité en violant les fois de la nature, pourquoi y a-l-il tant de nations sauvages et anthropophages, qui sein> bicnt n'avoir aucune notion d'humanité » do justice, de décence?
3* Il est de la providence de Dieu de ne pas manquer à ceux qui le cherchent par un bon usage de tous les secours naturels et sur* naturels (3). Le Créateur de nos âmes ne les réprouve qu'à regret, cl jamais pour n'avoir pas fait l'impossible ; il n'abandonne ffuecelles qui s'abandonnent elles-mêmes (4) Si un infldele correspondait exactement aux grdces dont Dieu le prévient, Dieu éclairerait cet homme vertueux par une révélation intérieure » ou susciterait quelque Apôtre pour son instruction (5). Ce que les missioiHuaifes nous apprennent de quelques éton-
^à) Qidcumque enim $ine lege peccaverunl , s/ite lege pertlmu. Rom. 2, 12.
{%) EU quoê ai smîstram po$ituru$ tU^ dictt : Ile in tpMM mtaraum ^ paraiu» ui diabolo et angeitt ejni : nte inefèptit • quia in eum non credidemnt., sed qma hona opéra nom lécenuiU Aug. lib. de Fide et Operil»., cap. 15. Bt ooê in eam (daiiinationein) tltirot veritat dêd^ , quorum non fiéem ^ sed hona open^ defukëe dutaravH. Ibid. Si mfiékkaê' aeeifnatur oeeundum Mêfolionem puram , mut in tt» qm nihil audientnt de fme^ MOU kaibei roUonem peceatU 9êd nugit^ patnm^ quia^ l^i§normuiaiMn9nm ex peecaio primiparenti^eon^ Mçuiu «Il : ifiit auiem êie eml infidèles , damnantur f^idem profker alla peecata tpuB sine fide remiui non jmssuni , non auiem propti^r mfideUtalte pecealum, S. Tli. 2.$, q. 10, art. i.
(3) 11 est ccrtiiin que les infidèles reçoivent de^ fHkxs de Jésus-Christ.... Posant, Judm , hmretici eu. , nuUum omrdno aicipkoU a Jau Ckristo infiumun, nx Is cinquième proposition condamnée par Aieiandre VIll.
(4) Omne quod dot mihl Paier^ ad me veniet ; et eum qm teirff ad me , non ejiciam foras. J<i.in. 6, S7. — BîMgis ettlm omnia quœ snnt , et nîhii odisti eorum qmm feciêti ; nec emm odiens aliquid eonsUfuisU , ant l'eeisti.... Qui amas animas. Sap. 11^ Î5,27.
(9) ttoc perline^ ad ditinaih Ptovidenliam ut euili» Ikt prt^dkaî de mtdHs ad salnum^ dummodo ex paris tins non hàpe^atur. Vnde si aliquis nutritus in eiime înter kipos^ duefum raiionis naturaRe sequetstur m lippetàiu hmdél juga mm/S , èertissime est tenendum , ^od ii llcM fsd per inlemam inepiraUwem reuekfet
nantei^ vocations i la Toi peml être considéré comme une preuve de (ail(l]. L'Ecriture nous apprend «n cent endroits que ce sont nos crimes qui écartent de nous la lumière de Id foi (2). Les SS. Pérès s'expriment %VLt cette matière avec toute la clarté possible (31.
395. D. Où lisons-nous aue jamais Dieu ait éclairé au milieu de l'infidélité un bommc qui avait bien employé les premiers secours de la raison et de la grâce ?
R. Les ouvrases de Dieu, surtout ceux qw'il opère dans les âmes, ne doivent pas se coer^ cher dans l'histoire; pour un seul qui parvient i notre connaissance, il v en a linc multitude qui ne sont connus au à lui. L'exemple de Melchisédcc , de Job , oe Rahâb (4) , des trois Mc'iges, du centurion Cornélius (Ac^ 10), etc., suffit pour nous persuader que la même providence en a éclairé beaucoup d'autres oont lliistoirc sainte ne nous appretid rien ^6).
ea Quœ sunt ad credindûm necessaria^ vel altquem fidt^ prœdicatorem ad eum dirigeret , sîçut misit Petmm aà Cornclium. Qmrst. 44 de YeHtalc, a. 1. Qui hie m mi-[ielrigiaiii<;mi Incusant fnndam doctorom tliee;- Inçi inconsulii , non attcnduni legis naluralis ebsev* vationl aiincsum este lidei donun non ut memit^f quod esset senii-pelagiaMum , iieque ut eouditioid sine qua non , qu(Ki çsl manifeste faUuin ; sed ni conditiotd eum qua semper; neque td alia ex causa niai ^ut)d velit Deus omnes homines salvos fiiri^ êi ad agnilionem verltatis ventre, t. Tim. 2, 4
(1) Tnrsel. in vita XaY^^ii, 1. 5, c. 4 Hsf. deReb. liia. , p 561. Hist. Soc. J. part. 4, 1. 6, n. 930, cie«
(3) Spiritus enim sanetus dieeiplinm efugiet fktam • et auferet u a eogiiatiomkus qum sunt sine iuteUqctUi , et eortipietur a supenfenisnte mquitate» Sop. I, 5«-*« Per ignorantiam quœ est in ipsis propter copcitatem cor* dis ipsorum, Eplies., 4, 18. — Dilexerunt homines lenebras magis quam lucem^ erant enim illorum mata opéra, Joan. 5, 19. — Quomodo uos potestis èredere, qui gioriam ad ineieem aeeipifis, el gtariam
2nœ ex Deo est, non queeritis, Jean. 5, 44. ^-. 7tcm eognovissent Deum, non skut Deum gtorifieaeef' runt ; propter tmod ^odidH ilhs Deus in desideritt eordia eorum, Rom. 1» il.-^^od si etiam opertum est euan* g^ium nostrum , m tt» qui pereunt , est ^ffert^m : in quibus Deus hujus seeiuli exceteaek mentes infldeHunif^ ut non fulgeat Ûlis iUuminath Evangelii glories Christi. 3 Cor. 4, 3, 4. — Pie apentibns dédit sapientiam. Eccti. 45, 57. — Jnitium saptentiœ timar Domini : inteUeetuo^ bonus omidbus faeien^kus eum. Ps. ilO, l§.-^£jriorliii» est in tenebris lumen reetk, Ps. lit, A.'^Ciarx eet et tfuœ nnmquam mareessit sapientia^ et facile videtùr a^ ms qui dnigiunt illam^ a invenifw i^ lus qui quofrunl Ulam. Sap. 6, 15.
{S)IUua maxime causa increduHtatis est^: vlta nempe eorruptmet gloriœamor. Cbrys. Hom. 7f in Matth, ^^ Audiendo prœcepta Dâ iUuminati non sunt; fadendktn ittuminati sunt.^. Qidsguis ergo euU audUa imtelHgefe^ festinet ea quœjam audtre potuit , onere eomplere,, Ecee Domintts non est coguitue^ dum toqueretur (in Bmmaas ) a dignaiue es$ eognosà , dum pascUnr, Greg; If. Hom. 35. in Evang. — Qmd est quoi Christinni e$m HM posàtîs ? Vkriêtus humUter temt^ et uos superbi estts. Aoguslin. ad Porpfayr.
(4) Fide IMak merelrix ntm periit eum imfiéeHbus, Hebr.1f,51.
&) Qtieltnies anifurs croient qge Platon , les Sf « bnies , etc.; ont été de ce nombre. Bassnei et 6rolîns paraissent favorables à Pfolen. -4r Votes aus»» rilist. ecelèdàst du F. Nôa. Alei. Sirc l", disseri. tt; Scec. 9, disien. 6 , d. 4. Le C6nte»QS de nn»« primeite cofale , p. 78^«lCr— L*eM4iaqtte d# sains*
Saint Ao|astia Q*en dooiartt pas (1), et l'auto*rite de l%crUure appuie son sentiment (2|. £Ue croyait qne de son temps Dien n'arait pas de vrais adorateurs en Israël ; mais il fat détrompé, et apprit qn'il y atait7000 Hommes
3 ne la séduction n'avait pas gagnés (3). Bien es personnes pensent que tous les nommes qui périrent par le déluge furent répronirés ; iwais saint Pierre nous apprend qu'aux ap« proches de la mort plusieurs firent pénitence^ et sauvèrent leurs âmes au milieu des flots qui absorbaient les corps (V[. On se tromperait également en croTant quil n'y a pas d'élus parmi les nations infidèles.
396. D. Pourquoi donc Dieu n'a-t-il pas éclairé kesTrajaUf lés Antonin, les Marc-Aurèle, etc., dont les vertus font l'admiration de tous les siècles?
R. Voici comme il est permis de raisonner %UY cette matière : « Ces princes ont connu un Dieu maître de l'univers, je n*en puis douter. S*ils l'ont glorifié et adoré d'une manière di-
Êne de lut, s'ils ont gardé sa Ipi dans toutes \s occasions où les lumières naturelles la leur Ont fait connaître, Dieu ne les a pas abantfonnés^et ne leur a pas refusé, du moins dans les derniers moments de leur vie , la foi néce^saire au salut. S*ils ont vécu dans l'oubli de Dieu, si des crimes publics ou secrets les ont rendus Tobjet de sa colère , peu imporUs jcc que les hommes aient pensé de leur vertu et de leur probité : ils sont réprouvés; mais ce
Marie m»jeinre à Roine porte rinscripiion suiTsaUs : i.*Aritf«iM Dowùnum fti^m AugMUu de Yirgiue nascU»» tum viveHS adoravi^ ûqui deinciep* doiHÎnttm dici vetuii^ adùTû. — U est peui-éLre plus sage de ne pas se fatig !er par ces sortes de conjectures , et de respecter (es scerets de Dieu» qn\ connaît la distribution de ses dons i «t fumage qui en a été fait. La plupart de ces âMMiimes qu'oïl prétend avoir été édarrés par des lu* mières spéciales, ont vécu dans des désordres ou dans des erreurs inexcusables^ qui ont dû combaure toutes les avance* d'une providence particuliè^^.
(1) Cvr MU creJamut in cœterh hoc aique Utae geih iibu$ ùlm ûlffiu 4iliot luiise {qui Chriilùm uictmque co- ^nwetunî, nti prinsdixerat}. Ân^.,ep. 102; I. Uetract., e. 41, cotlirmal qu» dixerat dum esset semi-pthgiamis, sed merUnm exdudit. — Jfon incongrue crédit far fmê$e «i in a/tû geniikus /lomtnef , qwbus hoc my*
êierUtm (In^arnalîoiiis) nveUnutnea Mulii iiuer
genieê ptriinuerunl ad ùiviiolem $piritalem Jeruêalem. Ang. lib. iS de Civil. Dei , c iL—InleUignê in omui genigàUquoê aliquando ejus (Christî) desiderio fia-
gra»ii divinitusilluiniitali el naiurali ratione edocli,
iHtêilifttmH quanlis tenebrii totum pêne genns huma* imm hwolmtum erat. iUcb. Virt. lib. de lucarn., c. g.
(%) Ui /ifioi Dei qui iront diipeni , congregarel in Mnatn. Jo^a. il, 52. Èiemar ero Ra/iab et Babglms iciêuiiummê. Eccâ aUenigenm, et Tffrus, et popuiuê /fiikifkpum lu fueriuu illic, Psal. 86^ 4. El ipse eril cx^ lieetmio gentiùm, Gen. 49, 10.
(3) An neseilh in Elia quid dicit Scriptural qnetnad' mvdnm ièilerpellat Deum advenum Israël? Donme^ prophelas tuos oecideruut, allaria tua iu/foderuul^ et eg9 reHciui sum $olus, et quœrnnl animam meam : sed quid dicit illi divrnum respcnsumf Reliqui wihi te*
S km mitfh tkcrwn, qui non curvateruni genua ante aal. Rom. 11,2 4.
(4) Bt ki$ qui in earcere eraut, spiritibus veni&ns pree* «lÂMSfl, Mi ittcreduU fmerant alfquartdoi quandû txpee» Uibant Uei palientiam in diebui Hoe » cum fabricar^tur pr^a.ifctr.ij, l»,*D. .
n*cst point pour ne pas avoir eu la foi en lésus-Cbrist, sans laquelle nul homme ne peut être sauvé » qu*ils ont été condamnés k des supplices étemels, c^est pour avoir mal vécu, insulté les lumières de la raison, n*avoir fait
2u'un Taible usage des excellentes qualités oiit Dieu les avait doués. »
397. D. De quels crimes voudriez-vous qu^un Solon, qu'un Socrate, qu*un Antonia, qu*un Caton, qu'un Trajan, qu W Marc-Aurèle, etc., se fussent rendus coupables?
R. Que les princes et les philosophes uue vous citez aient commis des crimes, ce n es( pas de quoi le Chrétien s^embarrassc. Le raisonnnement que je viens de Taire 'subsiste vii-à-vis d'eux dans toute son étendue. Mais
lequel l'antiqi transmis leur mémoire, n'a pu couvrir tontes les taches de leur vie (1). Les éloges outrés que nos beaux esprits en font ne peuvent être fondés que sur l ignorance ou la mauvaise foi. Solon , Socrate , Trajan ont été accusés des plus monstreuscs infamies par des auteurs très-instruits de leur vie privée. Trajan a uni Tinjustice à la cruauté, en ordonnant la mort desCbrétiensdontilavaitreconnurinnocenc^.
Marc-Aurèle en a fait de même; et la réalité de leur persécution a élé cent fois démontrée contre les Philosophes, leurs ajpologi tes. Le pieux Antonin neleurfild'abord ^uèrc plus do
3uartier, quoiqu'il s'adoucit ensuite. Ces deux erniers se déshonorèrent par la lûchcté avec laquelle ils souffrirent les infamie de leurs épouses, les deux Faustines; ils eurent mémo l'extravagante impiété de leur élever des aur tels et des temples. Le grave Calon faisait commerce de la prostitution de ses esclaves : il sortait du théâtre pour ne pas empêcher par sa présence des scènes scandaleuses, et par là il nous démontre la vanité et l'illusion da
sa vertu Ne compte~t-on pour rien l'oubli
du vrai Dieu que tous ces sages ne pouvaient méconnattre, et qu'ils abandonnèrent nour adorer les pierres, les métaux et les quaarùpèdes ?..,. Pour bien juger des é}oges que les historiens ont faits de ces personnaffes î il faut bien connaître les'mœurs générales des Grecs et des Romains , et appi^ier l'estime de ces nations sur l'état où la vertu se troovait chez elles (2). Il es^ surtout déraisonna*
(I) S'il s*:igit précisément de quelques actes de vertu , on peut, sans offenser la Téritié. en reconnattrc parnri les intidèles , ou môuie parmi les incré* dules ; mais si Ton veut une 2imc cons'amment cl sdidemcTit vertueuse, une vie immuablement dingée sur des principes sn$;os , justes , irréprôèlTables , une conduite ferme et inflexible , au dessus dç la crainfo comme au dessus de Tespéranee , ennemie deS' crimes secrets comme des excès connus , des pensées tùn^ danmabics comme des nclions honteuses : t*est en vain qu'on se flatte de faire cette découverte bors de la vraie reftgton , conformément & ces palroles dr? |.i sagesse éternelle dé Dieu : i C*est sur moi ([u'eM fon • I dëc Tespérance dei vertus, i In nw ipes omnii vim et virtutis. Eccli. U, 25.
(S) Vo^èz r Apologie de la religion, efî. f f , { 5; 4, Otipt fait {>as tort à ces préicndti^ héfOSi tii les
CiTtCfllSliK
ble et n'en tenir à 08 qn^ 1^^ écrivatftsde Rome ont dit de lears empcrcars. On n'a tant exalté le» tertus de Tri^âii , de Marc-Aurèle, d^Antoiiin, etc., qneparoe qae ces princes ont para dans nne longue snite de monstres uni n'en a?aiettt aaenne. A cAté d'an Néron, d'un Ca- Itgola» d'on Domitien, etc., an demi«tionnéte homme paraissait an prodige, dont tons les panégyristes semblaient ne pouvoir exprimer les rares qualités.