‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 32 sur 235 · D. Vu le désir <le tous les hommes de · texte numérisé non relu

D. Vu le désir <le tous les hommes de

. connaître la vraie foi , n'est-il pas étonnant

qu'il y en ait tant qui ne la connaissent pas?

R. Le nombre des amateurs sincères de la vérité esf très-petit. Le préiufcé, l'entêtement, les passions, différents intérêts, etc., vont en quelque sorte au-devant des lumières , des bonnes pensées , des inquiétudes salutaires , |Mmr les écarter du cœur et les empêcher d'^

firendro place (i). €cux qui ont vécu parmi es hérétiques et les inQdèlês connaissent par expérience combien ils sont peu inquiets sur la nature de la religion qu'ils proréssent. pleins de zèle et de déflanceen ce qui regarde le plus vil de leurs intérêts temporels , ils liédaignent d'écouter tout ce qu'An leur dit sur la religion. Nous en avons plusieurs exemples frappants dans les saintes Ecritures. Le Sauveur du monde dit à Piiate qu'il est venu annoncer la vérité aux homknes. Piiate demande : Qu'esta que la vérité? et craignant é*étre instruit, il sort sans attendre de réponse (S). Saint Paul presse le roi Agrippa, et le convainc par les prophéties delà vérité du Christianisme : ce prince rompt aussitôt l'as* semblée , et cela parce qu'il se trouve touché et porté à la profession d'une religion qu'il ne Veut pas embrasser (3J. Le proconsul Félix entei|d parler saint Paul de la justice , de la chaiteté et du jugement de Dieu; sa vie licencieuse le iait trembler; il congédie aussitôt Torateur, et finit la conférence (4). Le même- Apâtre annonce la résurrection des moris aux saçes c^e l'Aréopage : les uns s'en moquent , les autres reiniettent leur instruction sur celte importante affaire à une autre occasion , qui

d^ijgiianl fn général par ces vers de Virgile :

»; petU êxMiii wrbpH mtaerosqw penaie$t gemma bibatt et sarramf dormku Miré, comiU apet atiui defmotiue incubai aurfK • • . • .

rmdkik kk euro paMan domlmtmmie pmeniem nnpOêuU : Uge* fiiU prtUo clqw re/txîl. Mie $hatatmm InvttsU naUe, vetitosque humenœos. jÊutàmm^immane nefas^ aatoquepoim.

(&jBHeld.)

(I) Têia diê eipandi maifut nd. populum non ereden» ton ei iêHtrudkêniem.* ï{ottu 10, ^1.

(1) £^ m hoc natu» tiim, et adnoc veni tn mundum^ m lM/jiMoiri«m perlnbeaM veritatt : omm$ qui^ e:ç téritaiê, mufir vocem meam^ DicU ei PUatus : Quid e$i. t^iioM t ei eum hoc dixluei , iterwn exhit ad JitddBOê. Juan, la, 37;5â.

(3) Credli , rex Agrippa , prophetis ? Scia quia èredh, A flippa oMiem ad raulum : iu ntodico suades me rtirhtèanum /ïeri.,..ef exnrrexu rex^ et prœseê^el Bemke. Acl. M, 27, 28, 30.

(4) Pitpuianie aatetu Ûlo de ju$iîta et caUUate , et ;w/idq (Uiuro, (remefaelm Félix reapondU : Quod \\unR utiinei I %ade, Àci. 24, 2S.

ne se présenta pas (1). Ce sont sQrtoiit les savants du siècle, les grands du monde qui dédaignent d'entendre parler deTcd^gion. Ils regaitient les questions les plus împortMles comme des disputes frivoles qui n'aboutisseni A rien, et où il est indifférent de nier ou d'al^ firmer. ■ Gallion disait que le Christianisme était une affaire de mots (â); nos Philosophes ne disent-ils pas tous les jours la même chose T Festus décidait que c'était une dispute sur un fait absolument mdifférent (3). Les Stoïciens et les Epicuriensdisaientque Paul B*énselgnail que du verbiage (^).Et ne voyons^nous pas la même disposition d'esprit dans un très-grand nombre de Galholiques, qui assurément ne seraient jamais parvenus a 1^ foi s'ils n'avaient pas eu le bonheur d'être élevés dans son sein, pour avoir ensuite le malheur de la perdre, ou de se la rendre inutile en la tenant, comme dit l'Apôtre, captive dans l'injustice (5)? Hé* las! noos*mêmes, malgré notre attachement sincère à la religion, malgré notre lai et nés espérances, que d'infidélités ne commettonsnous pas tous les jours! quedinspirations, que de grâces négligées^! quede pieuxmouveAients étouffés dans leur naissance! Après cela nous serons surpris du -peu d'impression que fait l'esprit de Dieu sur les infidèles, les barbares et les sauvagesf

399. D. Dieu a-t-il pu créer l'homme avec indifférence pour une chosesi essentiellement requise à sa félicité éternelle T

H. 1* Dieu a créé l'homme sage, prudent et attaché A ses vrais intérêts. C'est la corruption originelle qui engendre cette fatale in-* différence. 2* Malgré les effets du péché originel, cette indifférence n'existe que dans ceux qui , par des actes volontaires et multipliés , ont tellement renforcé l'aveugle amour des biens terrestres, qu'ils ont oublié les biens éternels. Nous voyons des Chrétiens n'avoir de l'indifférence que pour les possessions et les plaisirs de ce monde. 3" Les grâces et les lumières de Dieu ne nous manquent poinit pour dissiper cette indifférence; mais une âme courbée sous le joug des passions et avilie

Sar de grands crimes refuse de Caire usag? c ces précieux secours. — Les hommes ne sentais pas également indifférents à l'égard de Dieu, de la loi naturelle, de la via à venir? Ne vi veni-ils pas dans Tonblf de la mort ; des dangers nui environnent la vie, de la vicissitude des choses h^in^aines, etc.? En inlère-t-on que tout cela n^existe pas plus que la néces« sité de professer la vraie religion? Ne sait-on pas que les idées les plus naturelles , les impressions les plus fortes, le pips profondément gravées dans le cœur de liiomme , s'altèrent et s'effacent par une foim excessive d^

(1) Cmj» audmenl re»arreetioaem ittorlaonmi , quU dam quidem inidebant , quidam vero dtjçeriuif : ÂMme- Mut te dehocilerum. SicPaulasexivit. AcC 17, 32. 53.

(2) 5î vero tuni quœstionee de urbo et newdmbas , ei lege vestra^ w» ip$i videriUs, Aci. 48, i5.

{i) Qum$lione$ tere quaedam de eaa eMperjflitêone hubebant adversut cum , et de quodam Jem dgfanfto , quem afirmabal Paulits mère» Act. 23, 19.

(4) Quid mit iemlmverbiui hic dieeref Aci. 17. Ilf,

(5) Qui terilateni i)eiininju$îitiq deiinenl. Ilom.lj 18

MHLOSWniQL'E.

btens périssablos, et Tusago des plaisirs scn-

(00* 6b Ce que n^us regairtlons dans les infidèles comuie iBdîiT^nce et tnsensiliilîté, n'e8C«41 pas souvent pour ettx un devoir de religioo? Toute religion n'ordonne-t-elle pas à pBê secCaleors^ de nepolut douter de la vérité deies dogmes f et dette pas prêter Toret lie à ee qui pourrait ébranler la croyaûce qu'ils lui 'doivent^

R. L'expérience et une longue demeure IMiraii différenies sectes sufOsent pour convaincre ttn esprit attentif que cet attachement religieux atux erreurs où Ton est né est assez rare; et que rintérét, Thabltode, Tambition, i3crainte défaire un éclat, de se brouiller avec lâe amis, ses protecteurs, ses parents, etc., sont presque les seuls liens qui entretiennent les préjuffés de Tenfance. Vous voyez avec quelle avidité leeliérétiques de tous les temps ont vecueilli 108 Irvres qui inspirent la tolérance^ el Vindiflérence des cultes; et concluez qu'ils cbferehent plutdi A se défaire de toute veHgtOfî qu'à connaître là véritable. "—L'oblk l^atmi de croire fermement n'est qu'un pré-, jugé dans ceux qui sont dans Terreur; ils ont au' contraire une forte obligation de douter , et ce doute salutaire ne manquerait pas de naitrOi s'ils ne négligeaient aucun moyen de découvrir la vérité. Enfin la défense de douter, q»dle qu'on la suppose^ n'empôche pas qu'on n'Mndie la nature et les motifs dé sa créance, et qu'eu cas qu'on en trouve les dogmes révoltants et les preuves insuffisantes , jon ne eherehe des lumières ultérieures.

401. D. Ne voyons-nous pas des nations entières absolument exclues du salut? Les Ammonites et les Moabites ne devaient jamais entrer dans l'Eglise de Dieu (2). Les Américains sont restés quatre mille ans sans connaître la vraie foi. Les Juifs ne sont-ils pas devenus une espèce de prodige par une opinlAtrelé inconcevable qui rend leur con* .version tooraUment impossible? N'y a^t-il

Eis des sauvages tellement abrutis, que, bien in de pouvoir s'élever à la connaissance d'une religion révélée , ils ne connaissent ni Dieu, ni la loi naturelle?

R. Les Moabites. et les Ammonites n'ont élé exclu' que de la Synagoffue et de la so* eîété de religion avec les Juijfs, laquelle n'éir tait pps néi^ssaire au salut. — [ Quant aux Américains; s'ils se sont trouvés isolés, pendant un temps quelconque , des lieiix ou rè- ^nela vraie foi , et qu'ils n'aient pu ep cop* server ou en recevoir la connaissance, ils 9^ trouvent dans le même cas que les autres peuples infldèlcs, et no forment pas uuedifr fi<»ilié à part. Quant aux Juils, ce ne sont pas les moyens de s'éclairer qui leur manquent. ] Ijlépaiidus par toute la chrétienté, ils ont par* tout occasion de s'instruira et d'abandonner

' (4) Terrena inhabitatto dèprimit unsum. Snp. 9, 15.

Fa a iùllieHudhibui eldtpHih êulfoeantur. Luc. ^14,

. Nvn fùtntiiùeo iervire et mammonw. MaUli. 6, SI*

- (2> Ammonitet et Moabîtêê etiam poi/ decimam ge*

ttenfhnem . nohi inlrabu^î ecch$iwn Ùei in œterffvim*

pcuféroa. W, 5. ' - -

leurs erreurs s matgné un endurcît presque; général , plusieurs se rendent doeî^ les à la grice; et la race d'Abraham n'a point été exclue de rbéritage promis à ce patriar* che (1). — Nous avons montré ailleurs (£. 1 ,. th. 3, § 1, n. 8D) que les sauyages p'étaienl pas aussi stupides qji*on les fait, et que qtiel-^ que stupides qu'ils puissent être, cela ne coo« cluait ni contre la croyance d'un Dieu , ni contre la nécessité d'une religion. Dieu en ce cas agirait avec eux comme avec les enfants et les imîiécilles, et n'exjgei^ait point le fruit des lumières qu'il ne leur a pas données.

§ If. — 402. D. Celte grande multitude do peuples infidèles qui nabllent la lerro no doit-eHe pas faire conclure que le royaume du démon est plus étendu que celui de Jésus- Christ? Et cette conséquence injurieuse ait Fils de Dieu peut-elle être dédyile d*up pfinr cipe véritable? t

R. 1* Cette Cameusc objection de Bayle, que nos incrédules lépètent avec tant do complaisance, ne rep;arde pas plus les défen*seurs du t^hristianisme que les défenseurs de la loi naturelle, si généralement violée,

2* Ce n'est là qu'un misérable sophisme d'un homme qui a mis sa gloire à tout em-^ brouiller par des équivoques et des hors-* propos. Qu'entend Bayle par l'empire du démon? Cet empire peut-il entrer en eonenr^ rence avec l'empire de Jésus-Christ, à qui le démon et les damnés sont soumis aussi bien que les anges et les justes? Les élus et les réprouvés , les vivants et les morts les roia et les bergers sont cités a son tribunal ; qu4 moyen Bayle leur donne-t-il pour s'arracher à sa puissance? Les scélérats que la justice du prince abandonne an bourreaji foqt-iU un empire à part (2)? Quelque? ei^preiisiona peu digérées de nos prâicateurs ont pu don* ner occasion A cette saillie de Bayle. 11 est visible quils n'ont prétendu autre chose, si* non de gémir sur la 4épravatiou ducorar hiv raain, qui préfère rerreur àla vérité, lé$ vengeances du Sauveur à ses récompenses, sa colère à son amitié, comme les Juifr lui préférèrent Barabbas : mais son empire est très- indépendant de cette préférences cl, quand tous les hommes préféreraiept la créature aja Créateur, comme parl^ saint Paul » son empire n'en serait pas moins glorieux dans tous les siècles (3). Est-il plus avantageux A Dieu de rendre ses amf s Jieureux que d'envoyer le malhépr ^ ses ennemis; de réçpmpenser la ver^u que de punir le

(1) Dîco ergp, rmmqutd Deu$ repulit populum tuum 2 AbtU. Nttm et ego hraetUa mm ex êeniwe Abraham , de tribu Bènjamiru Non refmlUDeus ptebemtnam qnam préFidM*/. Rom. Il, 1 , 2. — A( dUei : NU deéérqt ^ffùh Judœoruni , unie- poterat meilor fieri : «f qwd ùb eo , qui nthit necepUt , exigitHr ? non mediocri$ ista ettuna quammuHer Ewmgelka quia non invenH . T^r eernam accendit , lunûne qUœril admoio , çratuhtnr inventam. Amb. K 8. in Luc.

(2) Qui volnnialem Ûe\ negtiçunt^ non ideo mrfen eam vîneunt , ted ipn tibi dainnationoin aeeenum, Aiigust.

(5) Servierunl erealurm potint qnrnn Crjnjori ^ 910 ésibenedictusin sœctila, \\oin\\,ii^'

CAltEmSUR

Yîce (t}f A*t^il be^om de nos homin|if«s el de nos adorations ? a mtn , dit le plus Gîmeux élève do tajle (2) , n'a nul besoin de nos sacrifices ni ne nos prières ; mais nous ayons besoin de Ini en fdiré ; son culfe b*es| pas établi ponr lui , mais pour nous (3}.

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