‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 33 sur 235 · Dt l4a proposition de tfayle n'eAt-elle · texte numérisé non relu

Dt l4a proposition de tfayle n'eAt-elle

Îas étéplus Traie, s*il eût dit que la grflce de (sus-Cnrist était n)o|f)à r^(ian4ue qne la aé< dqction du démoii ^ *

R. Cette proposition» peut^tre moins* blâmable que Tautre ^ est néanmoins d*^ne fausseté palpabfe. La grftce de Jésus-Cbrisl est offerte à tous le^ hompaics (4) , le démon uc soumet personne qui n*âii la grâee né* cossaire pour le vaincre lui-même; it ne triompl^e pa$ delà grâce, mais bien de ceux qui refusent de se servir de ta grâce. La grâce est hors d*atteinte dans les réprouvés comme dans les élus (5). — Le. péc|il6 originel a^'^ant fqnné la massé^e perdition » e\ Içs passion)^ nous entraînant à notre i[>ertey notre damnation n'est pas glorieuse au démon, mais \^ triomphe de la gr^ce éj[ale les difficultés ou'elie repcontre (p). — ta volonté de lésus- (.hrist tpnchànt notrb salut p*cst qu'une volonté conditionnelle : celle du démon touchant notre perte est absolue, et néanmoins souvent sans efTel. Cela démontre (}uc la séituct!on et la grâce ne i;an( pas susceptibles de parallèle.

M4. D. Ne pent-on pas mesurer l'empire de la grâca sur retendue de Ik vraie religion, qni esttrea^petite? De SOO millions d'hommes qn^îl t a sur la terre , y en a-t-ii beaucoup plus de 60 millions dans TEglise catholique ?

n. t* Je riens' de lAontrerque Bâyle mesurait mal, et qnll se servait de fausse mçsure pour déterminer des étendues qui n'ont point de terme. La grâce de icsns-Christ ne inanqiieà personne ; si les infldèles en étaient V'i(rlus , lé monde serait encore païen.'

â" Il est très-faux qne la ^cKgion chrétienne soit peu répandue. Nous avons fait voir ( L. 3, ch. â, art. 3, § 3, n. 324 } que le Mabométisme ne pouvait être comparé dans son Mcndue à celle^ dé la seule Eglise catholique (7) : nous ajouterons que' dans les paya heré» tiques , tous les çnfants baptisés , dont Pesprit n'est point encore assel: développé pour

juger de M ^c(e ojt ils Bout nés, que 4ou^

{î)Efoitt inléfitu Wfi'r« rldtbp. Pror. I, 10. • {^ Dict. philos, art. CaléeMim ehinoit. EMr. 4. (S) Jùixi Domino : Deut meui es fu, ^ttONtjrm 6on^riofi iitMniiii non egeê. Psiil. 45, ir-^Nonvôt me 0U^f$^^ kd éifo eUgi 9o$\ lûan; 15, 4G. — Cnm fecerJHf amnià qum ftrœcêpUi êuut ro6ti, didle : Servi tnfni7«s mmnt. Lue. 17, 10. — !fee manibus humamt ealllur indigène aliiiuo : eum ipee det ûmnibue rflam et intj^aùonem et omnia, Aci. 17, S8. — Tatie glarifi' Knfi» if mm non auxU^ sed neMe profvff. Aiig. Tracl. 4f iaJoan. ' » .

(4) Illuminât enmem komiMin venientem in fiunc ifiiundum. iostn. 1, 9.

(5) CkM kmm odor êmmu in 0$ tfid Mfvf funt , et in-Uê igm penma, 2 Cor. t, t5.

(^ Mon iknt dileettim^ itû el doman. Aom. 5, 15.

(7) ActtieHemeiil rEtlise cscboiiqiie cempreod plus de liO miliioBS de fidèles, le mahométisme à peine «S »ifl.ioiis. {i:i>,\

les ChrétlèBs inviocibleAieiit égaies par 4a faux docteurs , et croyant de bonne foi pitM fesser 1^ vérité , sont effectivement, par la disposition de leur cœur • r^fifants dir la vraie £glise.

405.' D. N^était^ilpas confornei la sagesse et A la jnstice de Dieu de répandre la seal« vraie religion dans toute la teim , et d*Ater par ee moyen toute qcca«i<ui de sédootioij et d'erreur î .....

}^. L'idée que l'feritore nous donne de la foi et de^Dieu même est celle d'un trésor eiw foui qu'on découvre à force de le efaercber (ij, —Les secte» ennemies de la vraie fiû, sout^i^^ cessaires à Fépreuve des t^oyanls' et au triomphe de la vérité (2) ; elles embrassent les extrémités, etpàr là font mieux connaître le vrai ^ qUi occupe toniours un juste ini« lieu ^3). — L'uniié de religion est incompati^ ble avec l'orgueil, la légèreté, l'indocilité d^ Iliomme , et avec les passions de son cœnr. Ouabd elle exii^t^ai^ aujourd'hui en tous lieux narfailement la même, elle ne tarderait

Dans les réglons où elle a ueuri avec édal pendant des siècles, ou Ta vue tristement r^noh placée p£ir une multitude de sectes aussi 0p^ posées entré elles <|u'ennemies de l'ancienne croyance. — La religion cbr^tienae est asse^ rçpandue dai\s le monde y pour être connue. dans tous les pa^s : et c'est sans doute dans le dessein de la faire connaître » que Dieu a fait de Rome , capitale du monde , la Jérusa-^ lem du Christianisme el le centre de l'élise universelle (^. Celte viUequi, par sa céléorfté' et par retendue de sa puissance, avait prcM pa^é ses superstitions dans toute la terre (5)^ était par là même plus propre à répan<bff h$

{i) Feàl^e.,.. quœrere Deum^ $i forte àttrecUni eum ed inumant. Aci. 17 , Sd, 27. -^ Simile ett i«puni eeelomm iheumro aùcondilo m agro ': éfUim çal tHvenii Aomo, abiçoauiift^ el pree gmidio itU» wdit t'il vcndii universa quœ haltei et endl a§rum ilium^ llaltli. 13, 44,

(2) Oporlet et fiœresee esse, ut et qui probati siint , manifesti fiant invobîs. i Cor. H, 10. — M. Nicolu disaU que Dieu avnit rép.7ndu à dessein côriaine^ ténèlires sur la religion ehrétienne , afin d'aveugtcr les esprits snperljes. Terlullien pensafl k peu prés de inéine : Nec peri^lit^ dkeu : iptfis qnoqne SeefplH' rus sic esse ex voluntatie Dei dispùsitas, ùé hérSlieiê^ mtuerlam subnùnistrarent. Praîscripl. e. 59. On trouve la même observation dans le psaume 91, dont Fauteur considère la profondeur des conseils de Dieu comme T^ueil de rorgneil et ae la folie des hommes : Nims profmtdte factâs sunl eogiiàtiones tua ; vit insimens non cognouet, et siultusnon infelHgit heee.

(5) Voyez m» sermon du P. ^aurilalaiiie, f^ di* manche de carême, St& la sagesse ei ia douceur de i$ loi chrétienne, au commencement du premier poml»

(4) Intrus prineeps apostolià ordinis ad areem Rbt mani destinatur imperii , ut lux veritatis effieachu se ab ipso captte per toium mundi corpus effunderet, Léo M. serrn* 1 de Pciro et Pnnlo.

(5} 7i6t evangelium C/iniff, Roma^ rénytodulf, cl quœ eras mngistra errori facta es discipula veàtalu..,, ut euput orbis effecta lutins prœsuleres retigione divma (puim dinuiftatione terrendé Id. Ih^

FftitosoraïQtJfe:.

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lomiires de Ift foi dans tontes les prorinces qai respectaient son grand nom. Le Christfanlsnôe a été prêché dès son commencement à tous les peuples du monde.

g III* — M6* D- Ne vautHl pas mieut répondre à toutes ces difficultés, en disant que Dieu a prédestiné le grand nombre des hommes i l'aveuglement et à la damnation ?

R. C'est un Uasphèine de Calrin, qui fa è détruire toute idée de Dieu. Boulanger en fait l'âme de la religion chrétienne et la base de Tancien et du nouveau Testament : c'est ainsi qu'il dévoile \e Chri$tiani$me en attri-* buant a cette religion sainte ce<|u'élle a fou<^ iours délesté. Bayle dit qu'il n'y a de mystère que dans la prédestination de Oalvin , et que c'est par là uu'elle triomphe des Catholiques, puisque, suivant la doctrine de l'Apôtre, la pi^édestinatipiA es| un mystère profond. Malheureux ceux qui trouvant ce mystère dans des systèmes aussi absurdes que désolants ; qui font de Dieu un tyran et dès lors un être de raison (f ) 1

^07. D Les Catholiques ne dfspntettt-ils pas eux-mêmes sur la, prédestination A 1^ gr4ee de la foi ^ et sur là prédestination h |a eiofre?

R. Il est vrai qu'on disputé beaucoup sur celte matière, et qu*il y a différents systèmes tolérés dans TEglise; mais tons les Catholiques s'accordent à dire, suivant la doclrifie de i'Apôtre (1 Tim^ 2), « que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à lu connaissance de la vérité, n D'où il suit que Dieu ne refuse pas la grâce de la m aux Infldéics qui se rendent dociles ^ l'impression des lumières et des mouvements surnaturels qu'il fait naître dans leurs âmes, ç\ qu'il ne refuse pas la gloire destinée aux œuvres de la foi aux fldèles qui vivent dans l'innocence et dans la pratique de ses commandements (2). Tels sont les points sur les? quels les théologiens orthodoxes sont d'ac* cord; et cela doit suffire pour nous convaincre que le dogme de l'Eglise sur la prédestina'tîon à la foi et au salut n'est ni cruel nr monstrueux. Les ouvrages dp Dieu sont essentiellement au-dessus des lumières de la raison (3) ; mais nous savons qu'il est bon et

(t) Quelque r^îfionriable que soUla doctrine cailiotiifiie sur la prédesiinaiion, elle n'est pas exempte de vnysiére. Pourquoi Dieu , pouvant prédestiner tous les lionunes, ne l'a-t il pas fs^it ? pouniuoi, pouvant donnera tous les hommes des grâces efUcAccs de conversion et de salut , ne les donné-(-il mi'k nn |)ctii nombre? Pourquoi à \\\n plutôt qu'à TauireY Pourquoi âcB nations entières sont* elles si éloignët^ des liimièrcs et des secours de la vraie foi ? U y o là eer* tiinement sujet de s*écrter avec S. Paul (Honi, 11, S3) : 0 profond uiAmt M f» Mrf«Me et à$ la êajeue de 9iu / Mais dans le âystème de Calvin et 40 Ifciyle, il f lut s*écfier : 0 ^iurdUé ! à ixlrawaganct. imj^e ei êoeriléoêi

(S) Uratiam el gloriam dabil Domintu, Non prhabii bonyj €0$. ftii' ambulant in innocentia. Domine Deui ttrtutim^ heaiui hoOko 4tu tjferat m te* Ps. 83, 12, 13.

(i) La foi, dits. Grëf^tf^ pape, perdrait son nié* vite et son prix, si ses en^reif uenienu pouvatou t éire le résiiltat de la raison ; les cet^'res de Die» seraioiii ^a tSsssoMsdc notre adniinitioii , si nous pouvions vu

qu'A ne jiunft qu'à regret ; qufl est juste, et qu'il ne fera tort à personne [i). Concilier sa bonté et sa justice avec tout ce qui arrive sur la lerre, c'est ce que je n'ai pas la lémérîlA d entreprendre, puisque j'ignore les motifs qui président à ses décrets éternels ; et quand, malgré ma faiblesse et mon Ignorance, \e vois néanmoins quelques raisons qui ont pu

Î influer, je me persuade ^u'il y en a bien' 'autres plus graves et plus respectables dans les trésors de la science et de la sagesse de Dieu, dont la profondeur était pour saint Paul la solution de toutes les difiicultés que l'afTaire du salut des hommes, de leur répro-» bation, de leur vocation à la vraie foi , pré-? sentait à son grand g^nie (2).

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