D. Ne serait-il pas expédient de dé
Î mouiller la théologie de cet appareil de sylogismes qui lui donne un ton contentieux et un air hérissé?
H. Les règles de la logique et l'usage des syllogismes sont nécessaires dans toutes les sciences, mais surtout dans celles où Terreur se présente avec tout l'art de la chicane cl toutes les ressources des sophisines. Ceux qui ont travaillé à la conversion des Soci-*
(i) Vovex les articles Anselme, Dwss, Hangêsl^ Snarez et Thomas d'Amau, dans le nouveau Diei. hist. Augsbouin, 1781— 1784.
il)
CAlÉClilSME
niens cohMiMeDt pwrliouMèremcnl celte nécessîlé; ces hérétiques ne prêtent 1 oreille À rînstruction qu'autant qoVm estcn état de détruire leurs raisonnements eaptieuK : c'est la propriété des anciens et des nqureaux Ariens (1). Définir et expliquer les termes, poser des priiicipes.en tirer des conséquences,prouveruneproposition, résoudre les objections, c'est laoïéthcNle géométrique. Celte marche est lente,, mais elle est ferme ; elle amortit ;eTeu de l'imagination, mais elle en 4)révien( les écarts; elle n'accommode point un génb bouillant, mais elle satisfait un es-* prit juste. Depuis que les Philosophes nK>demes ont secoué le joug de cette méthode «colasliqtte, nous ne voyons pas ce que no»» •y avons. gagné: ils ne raisonnent plus, ils déclament. La logique les incommode, la jnéiapbysique leur déplaît, l'érudition leur f pèse,. un raisonnement serréileur donne des convulsions ; ils vantent les progrès de la ;géom^ric, et ils ne veulent plus de la méthode des géomètres. Un Philosophe croit .nous avoir mstruîls lorsqu'il nous a iw«é quelques éclairs; il semble n!avoie d'aube .dessein en :éeriijaut que de persuader au Jectour qu'il a: beaucoup d'esprit.
.506. D. N'est-ce point le détautdes Théologiens de décider de tout, de. condamner tout ce qui n'est rpoîat assorti à leurs opinions, ,de trouver des hérésies, des néches où il n'y en a pas même l'apparence ?
R. Ce début de quelques Théologiens n'est pas le défaut de la théologie, et ce défaut s'affaiblit tous les jours. Depuis que le P. Petau a rappelé la vraie mélhode de traiter les dogmes, Vétudé des Pères et des conciles a fait des progrès rapides, la lumière s'est vépandue avec plus d'abondaoce sur toutes les parties de la science de la religion. Les défauts qui n'ont pas encore disparu ne promettent pas de se maintenir longtemps. C'est iRome surtout qu'on retrouve aujourd'hui le vrai goût de Vaoticiuité; là les opinions ne sont que des opinions, le fond de la religion y est scrupuleusement conservé. L'application à renseignement des Pères, la sage tempérance dans l'usage de la scolastique, une réserve éclairée à approuver ou à condamner, y font l'honneur des écoles théolo-
g\qnes.
507. D.Doù viennent la plupart des défauU de la théologie scolastique ?
R. Des siècles où elle est née et où elle a pris son essor. Osera-t-on prétendre que L'esprit de rhomme devait changer de nature au moment qu'il s'occupait de la religion? Toutes' les sciences ont été dégradées dans ' les temps d'ignorance ; pourquoi la seule théologie aurait-elle échappé au désastre général? Qu'on lise lés Philosophes de ce tempslà, qu'on prenne la patience, si Ton peut, de lire leurs belles dissertations sur les nni-
(I) Non inqmrenfêi quid sncrœ docemt pâginœ , ud
enjui modi $ullogimuorum forma reperialur quod <t
fis aliqmmSmptnm locum ilUs objMnt, exatninant •irufiL eonncxum an difjunctnm tytlpgiifm gf9m$ ex m arn^ pawi, Euseb. , I. 5. Histoire Ecoles. , c;^ 88.
versaux, les pi^icaments, les formes, les modes, etc. ; cette lecture 'fera oublier «les Théologiens, et l'on se convaincra que la philosophie a nui à la théologie, et étenau, comme elle fait encore aujourd'hui, ses lois sur des matières qui n'étaient pas de son ressort (1)... C'était une manie de tout savoir,
ses de Omniêcibili, comme on souttendi^it anjonrdhai un problème de géométrie. «Sui- * vaut cette idée, les Théologiens ont cru devoir toutapprofbndir : ilsont fait des. questions et des suppositions sans fin, et ont voulu rendre de tout le compte le plus détaillé et le plu&étendu ; mais plus, tacd ils ont reconnu leùriort, et se sont pevsoadésque la religion n'était point une science où rimaginatioii de l'homn^e ;devait .exercer .une .aclivilé téméraire; querËcrlUire{2),le8P.àces, les conciles nous avaientassez instruits, et que c'e^tun effet de la .vraie science de vouloir ignorer ce que Dieu n'avait pas voulu nous apprendre (3).
508. D. A mioi bon ces disputes ()ui partagent les dinérentes écoles, qui aigrissent fies eaprits, -et n'aboutissent à. rien?
R. A entendre ces plaintes tant de fois renouvelées contre- les disputes théologiques, on dirait que les Philosophes se sont beaucoup mieux accordés. Les Epicuriens, les StcOTciens, les Cyniques, les .Académiciens, je» Péripathéliciens, les Platoniciens, lesEcclectiqnes, etc., n'ont jamais disputé entre eux I 11 régnait entre ces différentes écoles un concert et une paix admirables l-^iijqur- .d'hui cette unanimité est encore pli^sparfaite 1 — Les différentes explications. que des Théologiens ont données de quelques dogmes, ont kor utilité : par là les réponses aux objections des infidèles ont été multipliées, et ce qui ne satisfait pas l'un, satisfait L'autre. . — Le caractère de ces disputes parmi les Théologiens sages est, 1^ de n'embras<ier jamais des matières décidées sur lesquelles l'Ecriture ou l'Eglise a porté pu jugement ; et tandis que les Philosophes ne s'accordent rsur rien, pas même sur ^cxistence^de Dieu,
(1) Le snvant cl judicieux Mumtori appelait cçtta espèce de ihéolngie mixie, ^n enfanl de la phllosopliîe arabique, un labyrlnllie creusé dans les proftindeurs d'une odieuse inéiapltysiqiie : Labyrinthus mllU inutilibus impUcalm guœstionibus , iptaû metaphuMê horrendus^ ex philosoptiia geniUîadumbralui, E[i\su panciieiica ad Superiures reiJgîo^riim , eoniipquo professorcs cl leciores , pro einendaiioiie «ludicrum inonaslicorum. Aug. Vintl. 1765.
(2) AUiora te ne quœsierit, ad qum piaetta /mnt Dta eogha êemper» Elcc. 23.
(5) Payle ci Lcibniiz rapporlenjl à. ce sujel.ces beaux vers de Scaliger :
Ne curioiiis quœre eauMaê onnitipn.
QuœcwniqM llbm vie praphelœmm îndtdîr , Afflata codé, plena veraci Dea.
Sec operta $acri wppara ùlenlu Irrumpere aude , Dm prndenter pneterL Neêdre velie quw MqgUter op/imuê Oaeert, non vuU^ erudila imeilia e$U
MtILOSOPIIIQUE.
An
comme nous l'avons montré plus d'une fois [Ci-desim. n. 207), les théologiens sont d'accord sur tout ce qui importe !k fa retigion : In neces$ariisun%t(is ; 2* d'user d'unç liberté édai* rée dans des choses vraiment douteuses, do n'affecter nî la singularité ni l'audace, et de donner comme incertain ce qui l'est effectivement : Indubiis /tftcr^a^.'S'dcconservcrinviolablement la charité, et de ne jamais aigrir les cœurs en faveur d'une opinion : In omnibus chariias.Si quelques théologiens ne gardent
Ï^as ces règles , nous n'avons garde de faire eur apologie , nous les abandonnons à tout le courroux des Philosoplics.
§ II. — 509. D. Les Casuistes n'ont-ils pas scandalisé les fidèles par un détail immense de tous les péchés possibles? Ne serait-il
Sas -expédient de réduire la nature du péché ce qui nuit à la société ?
H. 11 est nécessaire çne les hommes soient inslruils de leurs devoirs, et des choses qu'ils doivent éviter. Toutes les nations, toutes les religions ont eu des espèces de Casuistes. Puî^ndorf, dans son Trotté de l'homme et du citoyen, peut être considéré comme le Casuiste des Protestants. Les anciens Pénitenciels étai< nt des espèces de Casuistes. Si quelques Théologiens se sont trop appesantis sur les traits monstrueux de quelaues crimes presque inconnus ; si aulieu de dire humblement et prudemment avec le Prophète, Delicia guis inlelligit f ils ont été trop précipi^s à déterminer l'espèce et l'énormité des prévarications humaines ; si les uns par une fausse indulgence ont paru élargir et aplanir le chemin étroit et pénible du salut éternel (1); si par des décisions désespérantes d'autres ont paru le rendre impralicable : lious blâmons leur témérité, et n'avons làdessus d'autres règles que la saine raison guidée par raulorilé des Ecritures, des cou* cîles et des pontifes. — SU y a des pécliés contre la société, il y en a aussi contre Dieu ; car il y a des devoirs à rendre au Maître de toutes les sociétés, à l'Auteur de tout ce nui existe. N'y eût-il qu'un homme au monde, cet homme pécherait en ne rendant pas à Dieu ce qu'il lui doit... Celui qui n'est pas fidèle à Diea-ne Test pas aux hommes; celui qui ne reconnaît point de devoir de religion est un ennemi de la société : nous l'avons démontré ( L. 1, c. 5. n. lâO el suiv. ).
510. D. N'est-il pas un abus moderne qui a remplacé les anciens défauts de la théologie?
(1) Il ne faiiâ cependant pas croire que les ouvrages des Casuistes relâchés, quoique certaiuoniciit répiélieiisibies. aicnl fait auiaut de riaI que quelques zélaleors Fout prétendu. Ce ue sont que les savants ou les gens consciencieux qui les Usent : les honuues dissipés ou libertins ne s'en occupent point. Je uai connu aucun homme de mauvaise tie, dit un autour jufiioleux , qui eût beaucoup lu let Casuisics; et je n*<it connu ni grand Casuitte^ ni grand fiseitr de CmuiHes , tpti ait été homme de mauvaise vie, \}n jour f|tt*nn cerlaln réforronteiir déelainult contre les Casuistes rcli« chés en présence d'un ecclésiastique res|)ccta1>te , et Ihî ceinaitJait quel auteur il (ialLiit lire p»ur la nmraie : Litet, lui dit celui-ci , Cai^amuel el'Eseoifar; ils sont encore trop téières pour vous.
Cafécu. Pi^iLOS: L
R. 11 en est un aujourd'hui beaiKOup plus ffénéral et plus qnisible : c'est la liberté et la familiarité extrême avec laquelle toutes les classes de littérateurs s'érigent en docteurs de théologie» et prononcent sur des matières qu'ils ne connaissent souvent que par des . extraits de journaux, de petits articles des dictionnaires portatifst ou par nnelque brochure légère d'un Philosophe un jour. Que n'imitent-ils la modération des Théologiens ? Ceux-ci ne prononcent pas sur la géométrie, la physique, ranatomic,la littérature ;pour« quoi les troubler dans la culture du champ, auquel ils ont consacré leurs talents (car ils en ont } et leur génie ( car ils en ont aussi)? N'est-il pas étrange que la théologie étant celle de toutes les sciences qui exige le plus de connaissances positives, celle qui . accorde le moins au vraisemblable, aux conjectures, celle où la raison se trouve le plus resserrée, soit néanmoins ouverte à tout venant, aux médecins, aux philosophes, aux iurisconsultes; où tout le monde, oui, tout le monde, jusque aux femmes, prétend labourer, récolter, arracher et couner?
Article VI. Le célibat.
511. D. Quelle est la chose la plus généralement odieuse aux Philosophes et contre laquelle ils ont entassé des montagnes de brochures ?
K. C'est le célibat des religieux et des prêtres. Quoique ce soit là une chose qui ne tienne point du tout au corps de la religion, et (|ue ce soit précisément un conseil évangélique pour les uns et un sage règlement pour les autres (1) , les incrâules croient sans doute que leurs efforts contre le Christianisme doivent se réunir sur ce point. Jamais il n'v eût chose au monde çlus opiniâtrement répétée: point de livre, point de brochure où il ne soit parlé du célibat, du clollre et de l'Eglise.
512. Dé Quelles sont les considérations les plus propres à guérir ces messieurs de cette espèce de fièvre?
R. Les plus simples , les plus étroitement liées à l'expérience et à la première vue des choses. Ils auraient dû considérer, 1* que la religion/ loin de commander à personne le
(I) Les revenus d*un prêtre ii*é(ant et ne pouvant èire héréditaires, et ne suffisant quelquefois qu'avec p<»tne à rentretlcn d'un seul bonimc , comment cta blira-t il ses cnranist — Le soin d*niie nombreuse famille iraflsiiblira«t-il pas celui qu*il doit à ses ouailles ? — Les éloges que les auteur» protestants les pins équitables et les plus judicieux (a) oot fait du clergé catholique, sont dus aux avanUige^ du eélilMit qol IfS affraitcbit des inquiétudes icriestres , bisse un essor plus libre à leur charité et à leur zèle. - La décence du saint ministère n*est-cUe pas parfaiiement d'accord avec le célibat? Les païens Tont cru , ^^fin d-eii\ nous a laissé cette reni:in|uable lL*çon sur la pureté des sacriflces :
yos quoque abe$te prœui iutteo : diseedite afr arh^ Queis tuUl ohcura gaudia nocle i enus.
Casia placent Sttperis^ auta cwn »ncttie veuUe^ ti vuris manihus suuùtc fonlis uauanu
{Tibul.éUg.UL^)
(cl) Robertson, wirf. de i'mér,, t. 4, p. IM. itaklu: HiJl. to .Yflrijf., l. 4, p. i(KJ. survi'V, p. 140, tî)J, cit.
{(Jualorzt.)
CATÉGUISME
célibat , défend au çonlrairc de s'y engager sans uno yocation parlîculière et sans un« inclination décidée qui sera toujours celle du pclil nombre (l); qu'il y aurair<ic riniuslicc» de rinhuiuaniié même, de refuser a une personne née avec celle iuclinalion la liberté de la suirre ; qu'il est faux que ce soit alors offenser la nature , c*est suivre au contraire le coût qu'elle a inspiré.
2" Que l'Eglise exige à la vérité le célibat de ses ministres ; mais que, loidi de' forcer personne à se consacrer au saint ministère ^ elle ne le permet qu'après des épreuves sérieuses et à un âge où l'on est en état de sentir toutes les conséquences de cette dé-
y trouvent leur bonheur.
3" Que si une loi si sage est sujette à des inconvénients, ils viennent moins de la loi même que de Tabus qu'en font les gens du monde ; que le nombre des ministres nécessaires au culte des autels étant très -borné , c'est au gouvernement , de concert avec les supérieurs ecclésiastiques , à prendre les moyens pour empêcher qu'ils ne soient trop muitipliés (2).
4* Que le danger prétendu de voir diminuer la population par cette vole, est imaginaire; qu'il est absurde de se fatiguer à dire : Si le célibat était suivi partout , Vespèce humaine périrait, puisque c'est faire une supposition chimérique, vu qu'il est impossible que le plus çrand nombre des hommes soit porté d'inclination & embrasser le célibat , et qu'il fierait plus raisonnable do' dire : Si tous les hommes embrassaient uno- seule et même profession , s'ils devenaient tous s'ddats» ou mariniers, ou avocats, ou négociants , etc., qjiQ deviendrait le monde?
5' Qu'il est ridicule de prétendre qu'on nuit à la population générale en mettant des frères ou des sœurs en état de s'y consacrer avec avantage; en supprimant une génération pour en faciliter une autre; en élevant, pour ainsi dire, le berceau de celles-ci sur le tombeau de celles-là ; de chercher le principe de la dépopulation dans ces hommes pieux qui , en isolant à Fétroit leur existence , aonnenf à d'autres le moyen d'étendre , de perpétuer plus aisément la leur.
C^ Qu'autant que le célibat ecclésiastique <ci religieux est innocent, louable , utile, autant le célibat voluptueux et de libertinage est pernicieux et digne de réprobation; que beaucoup de ceux qui blâment le premier sont coupables du second, et se flétrissent |iar Iciir propre censure.
7* Que le célibat des' prêtres honore la religion, maintient la dicnité du culte divin ; c|UG la religion respectée arrête la dépravation des Bàceurs, vrai gôufibre où s'abîment
( 1 ) Son omtiH CMj^unt verbam isiud^ sed quibui da» sum m qui polett capere enpiaL M^Uli, 19*
(%) Oii n*a ps 4 craindre de nns jours le trop crand iimiibre de ruinisues en voyani la désolaiion de laut d'^^liscs privées de pasteurs.
tous les jours des gen(u*alions sans nomorc.
8^ Qu'avant d'attaquer le célibat de religion il eût fallu se plaindre de ces mariages trop précipités. ou trop tardifs*; de ces autres mariages de quelques jours ou de quelques mois; de ce luxe excessif et destructeur qui entretient dans le célibat un prodigieux nonvbre de domestiques, qui emporte Timpossi^ bilité.de nourrir et de placer une postérité multipliée.
0* Qu'il esl déraisonnable de s'intéresser si vivement pour le progrèsd'unepopuhiXionqui est déjà au-dessus du produit des campagnes» et dans laquelle la moindre disette porte le ravage [La dilQcuUé d'entretenir toutes les familles augmente avec la progression de la populatioa, et même dans un rapport plus considérable. Les diverses profo&sions s^n^ combrent; les avenues de l'industrie s'obstruent; chacun trouve beaucoup plus d'embarras à se créer une situation. Passé un certain terme que les nations n'atteignent c^uc trop tôt , l'accroissement de la population devient pour l'état et les particuliers un résultat désastreux (1). ]
513. D. Le célibat n'est - il point un éUt contraire à la conservation et à la bonne constitution de l'homme ?
R. En lisant quelques physiologistes mo« dernos on serait tenté de le croire ; mais les vrais physiologistes savent ce qu'il en faut penser. M. firown {Erreurs po-put, /. 1 y p. 282} , fameux meciecin anglais» observe que les célibataires portent ordinairement la vie au-delà des nommes mariés. Les athlètes s'éloignaient des fcmmes,dans1a seule intention de conserver la force et l'énergie de leur constitution. Si le célibat nuit
(f ) Tel est aujourd'litii VéUti des choses en Fratice el en Angleterre. L*enconibremenl général de tontes les professions et le paa{iérisnie dans les cl.isses inférieures sont deux fléaux qui deviennent plus menaçants de jour en jour. Au!»si écoute- t-on mainlènaul de sang froid ces appels âi la guerre considérés comme inoven de réduire une po[nilalion exorbitante. Si celle de la France suit dans ses accroissemenls, pend;int quelqnes années encore, la proportion dans u quelle elle est entrée depuis le commencement de ce siècle, la consommation des produits agricoles dépassera b production.
On coniudt la célèbre iliéorie de llalibusqui, Axant à une époque peu éifûgnée cette rupture de 1 équildre entre la production et la consommation, ti*a trouvé d'aulres moyens pour prévenir cette caïasiropbe qne d'imppMT le célibat aux* classes pauvres. Il y a un deini-stècle que lar pbitosophie orddniiait aux pi-étres de se marior; aiijourd^hut elle propose dMnlerdire le mariage à une masse d^honmies eeiit fois plus een* sidéra blel
Bien des gens, il esl vrai, irosent souscrire à (a cruelle théorie de Mahlius ; mais personne du moiiis if envisage sans crainic liveuir redoutable que cel état de choses nous prépare. Aussi romnion cst-elte bien revenue sur ce point, ecNnine sur beaucoup d'autres, dt'S préjugés étourdis do 18* siècle, il y a encore bien des gcn3 à qui le seul nom de iiioiae donoe de Thumcur, mais qui ne reprocheot pins aux capticius d'avoir nui k la population par le célibat monaslique« Aujourd'hui on commence k compi;iHidre les couvents, et les plus sincères avouent que ces institutions nem font défaut iL. D.)
raiLOî-OHIIQUE.
à certains tempéraments qui n^ sont pas destinés par celui qui distribue les vocations aux hommes Jl est Ir^s-avanlageiix à d'autres qui ignorent parfaiitement je ne sais quelle nécessité physique, imaginée dans ces dernières années par des hommes qui ronfondent la comiolion avec la nalure^l). Le savant Leoniccnus, un des plus grands médecins dlLiIîe, titlribuait à la continence la parfaite santé dont il avait joui jusqu'à rage de 90 ans. Le vieux Hasech f2) disait la inAme chose. II parait juste de laisser jouir un chacun de son expérience (3).
51&. I). Quel peut donc être le but de cette multitude de diatribes que les Philosophes accumulent depuis quelque trmps sur les prétendus mauvais effets du célibat?
R. Je n*y puis découvrir d'autre motif que de justifier, par une prétendue nécessité l'abo- Tntnation de leur vie, ce libertinage effréné qui porte le désordre dans tous les états, cette luxure vague et destructive d'eux-mêmes comme des infortunés qui en sont l'objet ou le fruit; de légitimer en quelque sorte l'existence de cette miUtitxKle d'en fanls abandonnés, comme s'exprime le Dictionnaire Encyclopédique, parunephUosopîiie toute bestiale ; d'où- Irager enfin et de blasphémer , comme dit le Prince des apôtres, la vertu de ceux qui, au grand étonnement des libertins, refusent de se dégrader par la même confusion de luxure (k),
515. D. Quels que soient les effets du célioat sur la constitution corporelle, que doit-on penser de son influence sur l'esprit et sur les qualités de l'âme?
R. Sans rien déroger au respectable état du mariage, qui fera toujours le grand corps do la société civile, sa base et sa conservation , on peut assurer que les célibataires vertueux tiennent, dans l'ordre politique, une place qui doit être précieuse à ceux qui aiment le bien public et la gloire nationale. C'est une expérience reconnue que les hommes qui ne vivent pas dans l'intimité des
(!) Hors du cas d*uift lenipérament excessivement salM», el que dès lors la Providence ii*appellc pus au célibat. Cette nécmsité (dît J. i. Ilousseau dans sa Non- 9eUe UéloUe) eU MmériqM, et connue êeuletneutdes gen» dé mawaise vie. Tous ces prétendus besoins u ont point teur source dans la nature^ nuài dans la volontaire Hépravaiion des sens. . .aw
(2) Curé du diocèse de Liège, worl a I âge de 125 ant. On voyait encore en 1770 son porUail dons la biblioUièiiue des Jésuites à Anvers.
(5) PnusquisquB proprium donum habet ex Deo;
oHuê wdem sic, alins vero sic Unicmque sicut d\-
mmi Bomtnus , unumqumque ÙM vocavït Deus , Ua mnbulêt^ et sicut in omnibus eccte^is doceo. i Cor. 7. — Ce qui pnmve fiérempioircment In fausseté, de ce que de mauvais pliysicieiis ont débile sur le célibat ep général ; ce sont laalde personnes vertueuses des dettx sexes qui viveul dans une continence absolue sans aaeun Ben, sans auetifi engagement, ui religieux, w^ civil; qui certainement n^auraieiit pas la folie de M rwnar Tesprit et le corps pour persévérer dans un étal auquel elles ne tiennent que |«r goût, et qui leur deviendrait justement odieux , a'iis en ressentiient les effets funestes que les imaginations luxurieuses
hii attriboent.
(i) Admiranlur, non concurrenUbus vobîs meamatin
tuximsB confuiionem, blaspheinàntea. i Polr^ ♦.
fpmmes conservent un caractère plus niAle» plus vigoureux, plus capable de grands sacrifices et de grands efforts. On peut dire qu'en général leur esprit est plus actif, leurs idées plus hardies , leurs études et leurs méditations plus suivies et plus profondes. Leurs affectionB et leurs soins n étant pas absorbés par les objets de famille se portent naturellement vers l'intérêt public (1). C'est dans cette classe qu'on trouve les actions du plus ^and courage , le mépris de la vie , les sentiments sublimes par lesquels l'homme sensible semble s'élever au-de§sus de l'humanité. C'est à ces hommes au'on doit principalement les chefs-d'œuvre de l'esprit et les inventions dans les sciences; et en tout , ce genre d'hommes parait plus capable d'écrire, de faire, et de produire de grandes choses (2). Nouvelle preuve, que la perfection évangélique est parfaitement d'accord avec la diguité et l'excellence de la nature humaihe.
AnncLB' Vil. Les superstitions el les abus.
S I.— 516. D, Que faut-il penser des décla« mations de nos infatigables adversaires contre les superstitions elles abus?
R. Quiconque connaît la religion catholique et l'esprit de TEglise n'attribuera jamais & cette sainte épouse de Jésus-Christ les abus, les superstitions, le fanatisme, la piété ridir cule et puérile qu'on trouve dans quelques* uns de ses enfants. Dans les meilleures terres, entre les meilleures semences, on trouve de l'ivraie et des plantes désavouées par le ntat-
(1) Une expérience souvent faite, et qiril est aisé de reiiëter, ramène naturellement cette réflexion vers le célibat. Un philosophe assure que les hommes niar ries sont peu propres à Tàlucailon des enfant<(. parce que ta paiernité absorbe toute FaffetUon et te zèle en fa^ veur de ses proprei enfants, et h*a que de rindifférenee pour ceux des autret. Or cette judicieuse reinarquu regarde riiistruction chrétienne comme Téducation , les prêtres comme les instituteurs profanes. Qu*cst-CQ qu*uQ ministre de la religion, sinon un iiisilluteur en morale, -en sagesse, en religion; mit doit regarder ses ouailles comme ses enfants, qui doit les insiruire, les cultiver, le^ former, les engendrer, suivant Texpression de rAjiôtre (a), jusqu'à ce qu*ils expriment dans leurs personnes les vertus et la sainteté de Jésus-Christ. Pour bien s'at:<|uiuer d*un tel niinisièru il ne ibut rien moins que Tesprit d'une paterniië générale, également actif et tendie envers tous, qui iie soit point combattu par les aflcaions et les prérércuces d*UMC paternité privée.
(%) Les païens ont rendu hommage \ la vérité incontestable de ces observatitms , et l'ont exprimée avec toutes les grâces de la poésie. Les philosophes anciens et modernes Tout reconnue.
Felicesanbnos quitus hœc cognoscere ptitvds. . inqne dotuos stiperas scandere cura fuit ! credtbUe est itlos parièer viiHsque locisaue
Atiius hunvmis exeruiue caput son yenui et vitmm subtbnia pectora freait.
(odd., ^ i yasi.)
^ ^ ^ /, anïa-
qnis cogîtaiiombus ad fiumillimas iraftil. Sen. — i Li félicilé des sens est passafféro : FéUl habituel du cœur en souffre toujours, i J. J. R. Emile.
Vita conjugatis altos et generotoi sphrltus \ratigit, a mania rnniiaiionibuÈ ad humillimas trahit. Sen. — i Li
(a) tmoU mei quos iterum parturio dcnec formetxr cnn» mu m tobis. Galai *
t.re du ciâdDAp (1). S. Paùi nous prévient aue des hommes Inconsidérés cbargeroni le bâtiment solide de la religion de toutes sortes de matières inutiles et peu assorties à la beauté de Tédifice; mais il nous dit aussi que la religion condamne cette manœuvre, et qu*ils seront punis do leur témérité ou de leur coupable ignorance (2). Le Chrétien doit-il faire dépendre sa religion des hommes» du plus ou du moins qui se trouve dans leur piété? 11 a son appui dans Taulorité dé TËglise, qui ne peut le tromper; et soit que les abus se multiplient, soit qu'ils vicnnenl à cesser, sa ferveur n*eu reçoit aucune altération. Il dit, avec un poète naïf et judicieux :
Reconnaissons ce Dieu, quoique très niai servi : De lâsards el de rais mon logis esl rempli, Mats rarciiiiecle existe, el quiconque le nie Sous le manteau du sage esl atteint de manie.
517. D. Un homme pieux et éclairé n*a-t-il pas dit que la superstition faisait plus de tort a la religion que Tincrédulilé même?
R. Il n*a pu rien dire de plus vrai ni de
S lus propre à faire sentir que la religion , ien loin de pouvoir être responsable des illusions des superstitieux, trouve dans ces hommes égarés ses plus fâcheux ennemis.
€*e8t en ce sens que S. Bernard préférait les hérétioues manifestes aux Chrétiens apparents (o), et que S. Cyprien redoutait surtout cette guerre qui se faisait contre la religion dans le sein même de la religion (4). Nous avons montré (£• 1, c. 5, § «, n. 1^2] que TAIhélsme, relativement à la société, était un fléau bien plus terrible que la superstition et le fanatisme; mais, par rapport à la religion, l'Athéisme est moins formidable que la superstition. Celui-là , par une guerre ouvertement déclarée à toutes les vertus , ne peut que ramener vers la religion , en faire sentir la nécessité et le bonheur ; celle-là , cachée sous le voile et l'apparence de la religion, attire la haine qu'elle -mérite sur cet objet respectable, et est confondue avec lui par l'ignorance et la malignité. Etat douloureux et violent dans lequel la religion gémit, et souffre un espèce de supplice semblable à ce tourment imaginé par un ancien tyran, où des cadavres infectés de pourriture étaient attachés aux victimes de sa fureur, et répandaient l'horreur de la contagion et de la mort dans des corps pleins de sanlé et de vie (5).
(1) Domine f nonne botium umen iemnasU in ogro ftto.* uftde ergo habet vxnnia? et mt iUh : Immàcue homo koe feciL MaUh. 15.
inlerqne nitentia cnlta,
infdix loHuin el sterUee doiuvumlur aeeita,
(1 Ceorg,)
(2) Si quî$ anttm tupermdifical euper fnndamentum hoc..,. Ugna^ fanmn, stipulam....detrimenuim pfaieîur. \ Cor. 3. On ne peut rien lire de plun exact ni de plus solide sur celte matière que rexcellent traité lie Muralûri : De moderaimhe ingemorum in religionis
uegoUo.
(5) Plus nocet faUns catholkut qnam n vemt apparerel ffœrelkiis. Bern.
(i) Inlra ccdettœ tepta conira ecctesiàm pugnat. Cypr.
(S) iîBnua oiiii edsni Utnaebé corvora lim
fi IL— 518. D.Nc Euut-il pas convenir qu'on a poussé souvent trop loin le culte des imagos , surtout de celles qu'on appelle miraculeuses ; qu'on a fnvoque des Samts imaffînaircs; qu'on a paru confondre le culte deTElrc éternel avec celui de ses serviteurs ; qu'on a respecté les légendes aussi ennemies du bon sens que de la vérité de l'histoire ; qu'on a publié de prétendues révélations contradictoires les unes aux autres pour des connaissances émanées de Dieu même ?
R. Quoique les images soient très-propres à réveiller et à entretenir la piété des Gilèies, et au'elles contribuent beaucoup à la beauté et a la magniGcence des églises , il est bou d'observer que ce n'est pas une cho;»e qui tient au corps de la religion ; c'est un usage autorisé çt établi |>ar l'Eglise, et que TEglise pourrait abroger sans donner atteinte au dépôt de la foi (1) ; mais , comme il n'y a point d'apparence qu'il y aura jamais des raisons sufnsantes pour opérer cette réforme, on peut s'assurer qu'elle n'arrivera pas. Les images miraculeuses ne différent des autres que parce que Dieu distingue par des faveurs particulières les honnevirs qu'on leur rend ou pour récompenser la piété de ceux qui en ont orné les églises, ou pour nourrir la dévotion des peuples chez lesquels elles sont placées , ou pour détromper les hérétiques des fausses idées qu'ils se sont faîtes de ce culte, ou pour d autres raisons connues à une providence bieniaisante. 11 n'y a point aujourd'hui dVspritassex stupide pour croire qu il y a dans ces images quelque v^rtu ou quelque influence céleste. S'il hllait abolir tout ce que des hommes grossiers ont adoré. Dieu aurait dû anéantir le soleil, la lune, les animaux, et tout ce qui existe. S*il n'y avait ni Saints ni images, les superstitieux adoreraient-ils mieux le Créateur? Màllebratiche (2j a raison de dire que la superstition ne gagne que ceux qui n'ont ni l'esprit ni le cœur disposé à embrasser la religion ; qui » n'avant pas le courage d'aspirer à la sainteté de la foi chrétienne, croient racheter les désordres de leur vie par des pratiques arbitraires , et combattre les remords par une vaine conGance dans les mérites d'une piété aveugle. La loi même de Dieu , dit !*Ecciésiasti(^ue , devient un sujet de scandale et de perdition pour ceux qui ne désirent pas sincèroraent de l'observer (3). S. Paul nous apprend que tout se corrompt dans uu cœur
componens manibusqHe fWDiKt, ofrae oiitmorâf Tonnenti genns ! ei terne iaho^ fluenies complexH iu ndsero kmgask morte necaboi.
{jBieid. 8» wn. 485.)
(1) Sed illttdante omnia comlUufndnm^ imaghfee ex eorum per se génère eue^ quœ iZtx^poi nomimtkiiir : hoc e$l quas $ubstantiam ipêom retigiouh non aUhimt^ $ed in poteêiate suul ecclesiœ , ut ea vei oékibeai^ vei ableget, pro eo alque $aliui esse decrtveril. CMpsomeét positivî vttlgo Juris esse dicuntur^ Petaviiis, lib. 15» de iiirarn., c. 13» u. t.
(2) Recherches dt» la vérité, tnmcî, p. 571.
(5) Qui qnœrit' legem, replebiiur mbea; et qtû inaidiosc aijU , scundidhnbitur in ea. EccU V*
corrompu (1); qu*oii
rnïî.osopiifQUE.
se fait une sainteté
iTM)
imaginaire quand on n'a pas le courage d*aspircr à la rentable (3). Jamais l'Eglise universelle n'a invoqué aes Saints imaginaires : si les histoires de quelques-uns ont été rejetées par le^ critiques, il n'en faut point du tout conclure que ces Saints n'ont pas existé, mais que leur histoire a été défigurée, ou qu'elle a péri par les dégâts du temps. Il y a eu assurément un saint Roch, une sainte Catherine, une sainte Marguerite, etc«,.quoique leurs histoires, telles que nous les avons, soient supposées. Les recherches de la criti-
3ue prouvent précisément que le Seigneur a es Saints dont les actions ne sont bieii connues que de lui seul ; du reste il a laissé dans son Eglise leur nom, leur mémoire, ridée générale «de leurs vertus, et leur protection puissante : titres suffisants pour diriffer TEglise danà le culte qu'elle leur rend. Les moines altérateurs des légendes n*ont choisi que de vrais actes, de vraies histoires pour les embellir ; ils eussent regardé comme une impiété Taudace d'eii supposer pour le fond , et ils n'auraient pas réussi à les faire recevoir ; ce n'est .^u'en faveur des monuments et du culte déjà établi que ces impostures qu'ils ont cru méritoires (3) ont pris faveur (4). — S1I y a des cerveaux assez dérangés pour confondre des honneurs rendus aux hommes justes avec l'adoration de l'Etre suprême, il n'est pas au pouvoir de TEçlise de corriger une si malheureuse organisation. Elle porte là-dessus sa vigilance jusqu'à défendre d*user, de quelque manière Sue ce soit , des mêmes termes a l'égard des aints qu'a l'égard de l>lcn , malgré la différence du sens qu'on prétendait y attacher (5).
(f ) InqnùmUs inru/em et infidelibuê nihil €Sl munduiHm Til. I.
(S) i§normU$ emm JMlUiam Dei , ei iuam quœren^ l€$ tl/fCMere , fuiîitiœ Dei non $nnt iubjeclL lloin 1Q.
(3> A tort sans doute : la Ifiéologic de ces siècles se ressemait de Téiat général des choses, r- Une excuse plus reeerable est que durant les dévastations des barbares un grand nomlire d'actes des martyrs, d'histoires 'édifiantes, etc., ont péri, et que la piéié des moines a cru devoir les rcmpl^icer par d'autres rédigés sdr la tradition ou sur le souvenir qu*ils en avaient eonsen^'é ; et comme ces sources n*étaient ni fort sûres ni sultisanles pour fournir à de grands dé- ' lails, les nouvelles histoires ont été peu exactes et rédfgîées en partie sur les mémoires de rimagination.
(4) On ne peut disconvenir qu*il n'entre -un peu d*tiume«r dans le zélé iiul nous anime contre les aiiéraieurs des légendes. Si nu écrivain profane dénature rhistoire de sou héros dans un poème, un drame, un roman , nous n'y trouvons rien de révoltant , et nous ne plaignons pas la vérité d'être associée au mensonge ; mais si un moraliste cliréticn a pris auclquQS traits dans le tableau général des vertus ou aes évé- Déments surnsturels pour Taiouler au portrait d*un saint, nous regardons ceUe addition comme une ini • posture odieuse. On dira que les moines ont prétendu n^être qu^kistoriens : eh ! que nous importe ce cprils ont prétendu ! Qui nous a instruits de leur intention ? Qui nous empêche de considérer les légendes altérées rimttne des drames ou de pieux- romans, de nous cJiOcr |)ar les traits vrais pu rubùlcux (|trils nous pré- ^ontcut 4)ul comme nous nous passionnons pour les èéa^is d*llonièrc, de Sophocle ou de Corneille ? (5J htud maxime cnvcmiuw y ne quod Dco proffrimn
Il jT a eu des hommes d'une piété peu éclairée qui n'ont pas toujours observerons rtelî^ mais la religion en réclame TobservaS et
ïh. r^^i'^*'^*"^"'' ^" ^ «""^^ «ont ««jour- ?i^°LÇr"^. «'^/«^q^e jamais. ~ La fameuse Légende dorée de Jacobus a Farai/S les Fleiirs des exemples de CésairerSteaux' et d au res livres et recueils de la mémc7a^ leur n'ont jamais eu d'autres suffSs au; les regarde comme des mélanges de vrai et de faux, de certain et d'incertairLÎÎerïïuw de fait qu'ils renferment sont sans con^ qiiencc ; et , n'influant en rien sur ce Jî?^ léresse la société, ils ne méritent ISsî; courroux des graves Philosophes. L'Edisea employé les lumières de la critiqne poûÏÏé* former le Martyrologe et le Bréviaire, et ne
Ll^HÎ iP^' ^^°"r P^"*" incontestable ce que ces livres renferment. Le cardinal BeU armin, qui a travaillé à la dernière correclion qu on en a faite, a déclaré qu'on attendait de nouvelles recherches pour lui donner plus d'étendue et plus de consistance îîlîn 1 y a aucune révélation particulière des Saints approujée ni autorisée par I Eglise. La Janomsation des Saints ne ratiSe pas leurs opinions m leurs révélaUons (I). Sans les
rVK? Çî:^'^'"^?."'^«««^. Caiech. Coneîl.Trid., i. ï, P- 003. On a objecté que dans quelques ofnce»
, .i»,..^«« « M Yicristr; mnis qui prétend rho-
liorer en chantant la gloire du Fila qu'eMe>mda^
if it"'''' Ç"*®"^ .T '« ^'e ^ ^^ veriuL de Marie , antre ^îôgl ^"PP*^'»®"* ^^ ^^^ supérieur à luuî
(l) Natal. Alex., soct. 5, disseri. 20, sclio. 5; sect. 2, diss. I, obj. 5et 4, sclio. I. Muritorî. de inq. moder. , 1 | c. 45 et 17. Bened. XIV, de O^not Sanclor., I. « ç. 32, n. U. Quand même qucliiucsunes de ci-s révélations seraient iucontesinbles, ceux qiii se sont tant empressés de les publier auraient dû laire auparavant la réflexion suivante, que nous avons lue quelque part, et qui nous a i>aru Lieu raisonnable. La conduite de Dieu à Cégard des d/iiei à quiu fmi pnrt de $e$ communications les plus intimes a des mystères cachés qu'il est inutile et quelquefois dangereux de dévoiler aux yeux du publie. Outre que peu de personnes sont en état de les comprendre, et fine ce n'est pas dans les livres, nutis à Vécok du Sainthsprit qu'on peut s'en instruire , ils détiennent souvent des pierres de scandalepour ceux auxquels Dieu n'en a pas donné ftnlelliyenee. On ne saurait trop, selon taverttssement du saint conducteur de Tobie , publier Us œuvres par lesquelles le Seigneur veut bien manifester au monde sa puissance et sa bonté; mais il est certaine secrets aull révèle rarement et uniquement aux Ames en qui il juge à propos d'établir son règne d'une façon toute mystique qu'il n'est pas, ordhuiirement parlant, à propos de divulguer {b). SGcramenlum régis abseondere bonum est ; opéra autcm Dei revelare et 'confiten honorificum est, Tob. 12. C'est encore à celle o!»serviition qu'on peut rapporter ces imrolcs de Jésus«* Christ: Nemini dixeritis vi^onem. ftlatlli. 17' cl celles de S. Paul': Audivilque arcana verba. quœ non licet homini loqui. i Cor. 12. — La môuic réncxion a liou â regard de certains pr<»digiîs, de certaines Tavcuri *" ' ' ' ' — .^
(a) no.i.imis pomdit me, clc. Ab initioetanlefia*ci:tn^tlt, {D) Chîuiçvoix; Hist, de la nouvelle France f u l, p. 402.
CATÉCniSME
f>xpllcalions fayorablcs que le cardinal Torqucmada donna des visions de sainte Brigilo, elles eussent élé condamnées au concile de BÂlc. Grégoire-le-Grand remarqua que les Saints les plus foyorisés de Dieu se trompent quelquefois » en prenant pour une lumière
les veilles et les jeûnes peurent échauffer une imagination vive au point d*y produire des effets surprenant!», qu'on regarde quel()uefois pour dos opérations de TEsprit saint. Cette pensée de Fleury est appuyée d'un passage rem :rquable de S.Jérôme fS), Il ne faut cependant pas parler avec déclain ou avec aigreur de ces situations extraordinaires des Saints qui » supposé qu'elles appartiennent queiquefuis à Timaginaiion , sont néanmoins l'effet d'une piété toujours bien respectable dans son principe et dans son objet.
519. D. Quelle conséquence doit-on tirer l'une foule d'objections de celte naiure que les incrédules ne cessent de former contre la religion , qu'ils copient les uns d'après les autres, et qu'ils répètent infatigablement?
II. Il faut conclure avec Oourdaloue que des hommes <jui combattent la religion par de pareilles difficultés, et qui croient nous dire des choses bien triomphantes , découvrent par là même fimpuissance ou ils sont de lui livrer une attaque sérieuse : Un point qui est de nulle conséquence et où la religion ne se tient aucunement intéressée, un petit exercice de piété, une cérémonie, une coutume qui les choque, c*est là-dessus qu'ils lancent tous liurs traits et qu'ils déploient toute leur éloquence. En vérité il faut que notre relu aion soit bien affermie sur ses fondements et tien cimentée ae toutes parts , puisqu'on est réduit à ne rattaqucr aue de si loin et par de telles minuties ( Pensées div. sur la Foi }. L'erreur ne rougit jamais de ses ressources : on a vu les incrédules de tous les temps confondre les dogmes des Chrétiens avec les iiystèmes scolastiques, les déQnitions reçues avec les opinions tolérées, les devoirs essentiels avec les pratiques arbitraires, les usages approuvés avec les abus condamnés.
S ni. ^520. D. Le xèle des Philosophes contre la superstition n'esl'^il point exposé h quelque récrimination appuyée sur des preuves de fait et sur des témoignages irrécusables 7
R. Nous avons observé ailleurs (Ci-e/f5sus, n. 132) que le fanatisme s'alliait trèsbien avec la philosophie ; nous pouvons ajouter que les plus grands Philosophes et
iiiiracnletiscs dont le but n'est point TinBlruclion ou l:i conviction pid>liqiiê, qni servent prociséiiicnt à iiotirrir Tanuiiir de Dieu u*une manière paniculiére tl;nis i|0clque8 àmcs.
(\ ) AViquundo sancti quœdam ex iuo spiriiu proferunt^ et hiee sê dicere ex prophetiœ spiritu suspicaninr. Grcg. M., Hom. I in Eiah.
(S) Noin ego, ex uuoifiu $exu per niiniam abstinent tum eerebH sanitatim fursse vexatam, prœcipue in Ids 9UÎ-ÎH h:imctt\s et frigidit kabitaeere eettulis. L. 2, ei>ltt. 18.
les plus prAnés par les panégyristes de la secte , furent les plus ardents défenseurs d« la superstition. On sait que le sage Marc- Aurèle autorisa toutes les superstitions païennes; que Julien., ce héros de la philo-^ Sophie, en fait de superstition fut le plus faible de tous les hommes , et que Svmmaquc, préfet de Rome, célèbre par son érudition et ses talents , sollicita vivement auprès de Théodose-le-Grand , le rétablissement do Tautel de la Victoire érigé par la superstition à la fin du quatrième siècle, temps ou le Christianisme avait désabusé les hommes les plus stupides, etc. Le hfioyen d'expliquer après cela l'audace avec laquelle nos Philosophes renvoient sans cesse la superstition aux Chrétiens, tandis que c'est un fonds qui appartient à leurs héros par tous les titre» de l'histoire I