‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 4 sur 235 · CHAPITRE PREMIER. VAthéime raisonné · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. VAthéime raisonné

est'il possible f

' S I.^l. Demande. Quelle est la

dé. toutes les connaissances, el la pins ini-

portante A l'homme ^

Réponse. La connaissance du souverain fnatire du monde » du princifie et de la fin dô toutes choses.

' 8. D. Sur quoi une idée si vaste et si magniftoue est-elle fondée?

R. Sur toutes les lumières de la raison » sur les sentiments les plus naturels du cœur linmain , sur le témoignage même des iens , qui nous instruisent de la beauté , de Tordre cl des mcrreilles sans nombre que présente cet utiifcrs.

3« D. Est-tl vrai qu'il jr . a des hommes éclairés qui refusent de connaître un Dîeu^ et opposent à cette croyance dcv rafsoas qui leur paraissent convaincantes ?

R. L'on ne peut douter qu'il n'y /l(t des Athées» t'est-a-dire des hommes qui nient l'existence de Dieu ; mais il n'est guère pos^ siblè qu'ils le Ikssent sincèrement, et que leurs paroles éxpritnent leurs vrais senti-» ments. L'homme qui prêche aux autres cette monstrueuse opinion , dit en lai-même : Il

4. D. Puisque Tesprlt humaha est capable de tontes êortei d'égarements, et qu'il n'y a point d'extravasance imaginable qui n^it été Mloniée par fueiques philosophes, pourquoi -l'opioiôn de l'Athée ne trouverait-elle pas aussi quelques ptftisans (1)7 D'ailleurs les ténèbres que Dieu répand sur les esprits témérairea et l'aveuglement dont il frappe une raison orgueilleuse ont*ils une mesure déterhiiiiée, qu'une justice toute-puissante ne puisflfe étendre ?

R. Ces considérations peuvent faire croire

S ne /dans certains moments , l'Athée étourt sa taison au point 4'aequiescer ail résnl- Xxkt' êb ^es sophlsmes^ e\ ae se donner avec wMe^florte de vérité pour Athée éh erayànéB. Vais cet état vicflent de la raison ne peut

(l) A ce lilre là , nous ne nierons pas que Toplnion de i'Atliée puisse avoir des p:)rti$au$. (L. D.J

subsister ; la lumière renaît utalgrA les eP* forts qu'on fait pour l'éteindre sans retour; Le parti est pris , il est vrai ; Toli ne oessèré de p.nrler et d'écrire selon le système une foM adopté : mais la vie ne sera pas inoins partagée entre de grands doutes et quelques mo-^ ments d'une espèce de persuasion , entre la désolante perspective du néant et la crainte invincible des jugements de Dieu. Souvent M vérité prend absolument le dessus « et , se produisant avec tout son éclat et toute son évidence, porte l'effroi dans une âme dont elle était destinée à faire la plus douce con-^ solation ; c'est ainsi qu'il fout concilier \eê deux sentiments touchant l'existence dea Athées , et ne pas condamner brusquement des hommes respectibles aui n'ont pas te-^ fusé de la croire (1)» ni d'autres, en plut

fl) NOMS ereyens qa\Ni peet soatenir les d«Hit opIiMons ; mais voici k quel pciint de vue.

Il Taet distinguer d'abord les hommes înlelligenis , ou qui font seulement partie d'une société iiileiïîgenie ou civilisée , de ces êtres abrutis qu'on rencontre en quelques coUis ^arés du monde , et placés au dernier échelon de la vie âiuvàge. Il n'est peut>étre pas absolument certain que ces races dégradées ne soient ps dépourvues do lldée de Dieu, comme le sont parmi nous les Imbéelllai et les enfants en bas Igê. Cependant eeite sorte d'Aibéisme stapide csi peu probable qaaad on reneonUe l'idée de 0îea im« développée parmi des tribus sauvages trés-groBsiéresi comme on pourrait en citer an grjiul nombre.

liais il est évident quM ne .peut y avoir, même aux derniers degrés d'une société civilisée, d*Atlfées proprement dits, qui le soient de bonne foi. H semble qtron en rencontre parmi les esprits hiteHl^eiits et cultivés; mais nous sommes en droit de croire ifue lei hommes gui se targuent de cette complète m* àvyance se font illusion à eox-mérties , sits ne mentent pas aux autres. A force de vouloir une cl|os<« .on finît par se persuader son existence ; il est ^u d'bommes qui n'aient sous tes yeux «quelque cbapttre de celte histoire des Illusions volontaires.

Mais nous croyons qu*il ne faut pas confondre ici Ya Alliées proprement dits arec les incrédules en général , et même les Déistes en particulier . comme rameur le hh quelque fois. 11 rie s'agit pas de savoir si le Déiste, qui nie la Providence oii gni ne8*en embarrasse pas, est quelque daose de meilleur t>n da plus sage qae TAibée ; il est possible qu^nu boinma nie l'existence d*uiic religion positive , ou mèsilc su

ffrand^ nombre, qui Vont juftée impossible. 6, p. N'y a-4-iI cas quçiqne aulre réflexion qui rende raison de cette différence de sentiments qui partage les sages au sujeL

des Albé^s ? .

R. .Cette différence peut encore renir de ce quVn n'a point envisagé la raison sous tous ses rapports » ni la pniiosopiiie selon tous les degrés oA elle se trouve dans les hommes. Le chancelier Bacon disait que beaucoup de Philosophie conduisait nécessairement â Dien (1); mais qu'il n'était peut-être pas impossible ou'une philosQpbie superOcielle en- Î^endrât 1 Athéisme ; parce c^ue celle-ci, au len de prendre Tcssor » au lieu de s^élever , de voir en grand, d'embrasser renchalncment des parties et leur dépendance d'un souverain moteur, se précipite au con~ traire, isole et rétrécit ses réflexions, s'attache aor désordre apparent des causes secondes ci perd de vue la totalité des choses avec te. principe qui les produit. -r L'on peut ne pas observer quelques traces de la Divinité, comme dit l'excellent réfutateur de Lucrèce ; mais il n'est pas possible de les effacer toutes, et de se cacher toute la marche de ses merveillenses opérations (2). Si la considération de quelques parties de la nature ne tient pas toujours évidemment et dans tous les es-

Jiicits à la cause première , runiversalîté des très, leur ensemble, leur rapport, leur <(^U nation , y attachent nécessairement le I^ilosophe attentif et appliqué (3}»

' 6. D. Un auteur célèbre n'a-i-il pas paru contredire ce sénliment de Bacon , et regar- 4er l'Athéisme comme le fruit d'une Philosophie profonde? « La Philosophie, dit-il, réfute « d'abord les erreurs ; mais , si on ne l'arrête « pas là , elle attaque la vérité ; et quand on « la laisse faire à sa fantaisie, elle va si loin, « qu'elle ne sait plus où elle est, ui ne trouve « plus où s'asseoir. On peut la comparer à « des pondres corrpsîvcs , qui , après avoir V consumé les chairs baveuses d'une plaie , «rongeraient la chair vive, carieraient les « os , et perceraient jusqu'aux moelles. » (Dayle, DicL hisl. ei crit., article Acosta.)

' R. Ce que dit cet auteur n'est point du tout opposé au sentiment du savant Anglais. Ce n est point avoir beaucoup de Philosophie que aèti*e téméraire, inquiet, curieux à

moque de rinlervenlion de Dieu dans les affaires Uninaines ; parce que pour comprendre ces vérilés , U ÙtvX «ne cerUiine dose de réflexion cl de bonne foi . ci que beaucoup d*boinmes ii*en ont pas un seul ftiome: m-'MS il n'est pas possible qu*un homme, si fifîvde qu'on le suppose , croie que les yeux n*ont pas âé faite pour voir « ks dents pour diviser la nourriturc^ festomac pour la digérer f les muscles pour mouvoir les membres, <>ic. (L. D.)

(I) Levée guslfu in philosophîa v^overe fortaue posu ud Alkitmmm, êedpleniwe* hauUuê ad teliglonem teàicêre. De Ai^ni. Scienli l. i.

(S) Dei «es^'a pattm effu^t, m delerê puqmê^ te iUa tsouuntmr» Anti-Luc. I. 9.

(5) Jta ^dvumiur omm oficm et fitâbuê miê in mucmifidittem univemiatii, ta quôd iiorremu* in parte. Il in totà conMeremus^ ptùrimum placeat. Aug. de veM Kalig. h 40, n. 76. .

CÂlËCHISIIE rBILOSOPUQUE.

rexcès , de juger légèrement, de décider ipuly de mécoiinaitre les bornes de la raison et de Tinteiligence humaine» ITn peu de roflexion et d*expérience corrigerait ces défauts. Ce qu^une demi-philosophie nous avait rait rejeter, une Philosophie plus formée, plus.édairée , nous le fait recevoir. An reste ce passage de Bay'e représente excellemment sa propre Philosophie (1). i

§ U.— 7. D. Que doit-on conclure de cette controverse qui partage les savants sur Texis-^ ténce dés Athées?

R» Cette controverse est un préjugé des , plus sérieux contre TAlhéismé , et démontre, combien ce système blesse la raison humaine^ pnîsqn*on n'a pu encore convenir de la pos«, sibilité de son existence. làmais les Athées. n*ont douté qu^on pût croire un Dieu; et il; n'est pas encore décidé si Ton peut croire qu'il n*y en a point.

8. D. Les rédacteurs d'un grand dictionnaire, n'ont-ils pas assuré que l'Athée adhérait aussi fermement à son opinion, en vertu ie^ ses soçhismes, que le Théiste croit rexistefiee de Dteû, en. vertu des démonstrations qu'il ef¥ a? ( Dict. encycl.. ariicle Athée. } , ' ',

R. Reste à ces messieurs à nous expliquer,. 1* à quoi sert la raison humaine » et en quoi la véilté et i'évidencé remportent siir dès; sophismes ; 2* d'où viennent les doutes qui fourmillent dans les ouvrages des Athées ct^ des Incrédides en général ; 3* pourquoi la TUe de la mort et souvent une incommodité asses légère ramènent la nlupart de ces me^* sieurs à la créance d'un Dieu» et même à la profession entière dé tous tes uOgQies de la^ foi. '

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