SIR LES FONDEMEÎSTS DE LA FOU
en a plusieurs autres qui sont pour le moins nussi fortes, et dont je fn*ns8Uro que vous nopourrez vous empêcher d'être frappé.
D. i*ai un désir extrême de connaître ees nouvelles preuves de la divinité de la Religion chrétienne* Je ne crois pas en avoir besoin ; naaissurun sujet aussi intéressant et aussi capital qQft celui-là la surabondance des lumières ne pentque m*étre fort utile. Je vous priedonc de ne me rien déroba de ce que vous savcx.
R. Je suis prêt à vous satisfaire , et vous^ pouvez ni*interroger.
' D. Puisque vous vous prétez>d*une manière s! obligeante à mon instruction , je vous prie d'abord de ine dire de quel fonds vous tirez ces nouveUes^ preuves.
R. Ces nouvelles preuves de la divinité de la^'Religion chrétienne je les tire des caractères personnels de Jésus-Christ, et j'ose vous assurer que cet homme admirable n'avait besoin que de lui-même pour s'annoncer au monde, et pour le convaincre qu'il était i'en- Tojéde Dieu par excellence, le législateur et le sauveur des hommes.
D. Par où connaissez-vous Jésus-Christ?
R. Je connais Jésus-Christ par les livres de TEvan^ile , gui sont son histoire.
D. Mais êtes-vous certain que cette histoire de Jésus^Christ que vous appelez !'£- >angile soit une histoire fidèle?
R. L'histoire de Jésus-Christ est la plus fidèle de toutes les histoires que nons connaissions et laplttsdignedenotre croyance.
Les livres de l'Evangile sont les livres les plus authentiques et les plus véridiques de tous les livres, et ces mêmes livres sont encore des livres divins. Observez cependant que quand ]e m'exprime ainsi je ne compare pas les livres de l'Evangile à ceux de l'Ancien Testament, mais & tous les autres livn s, à l'exception de ceux - ci ; car les livres de rAncien Testament, comme nous l'avoiis montré ailleurs, ont des caractères aussi certains d'authenticilé, de vérité et de divinité que ceux du Nouveau Testament.
D. Vous avez donc deux choses à me montrer : 1"* que les livres de TEvangile sont autlientiqnes et véridiques ; ^ que ces livres sont encore divins. Montrc:;-moi d'abord que ees livres sont authentiques et véridiques : quelles preuves avez - vous de ces deux faiU?
R. J*ai huit preuves de la vérité et de l'authcnticité des livres de TEvanglie. Chacune de ces preuves a la force d'une démonstration dans le genre moral , et toutes ces preuves prises ensemble ont une force qui me parait au-dessus de tout.
Ji. Quelle est la première preuve que vous avez de l'authenticité et de la vérité des livres de l'Evangile?
K. La première preuve de la vérité et de Tauthenticité des livres de l'Evangile, c*est que cejs livres sont, pour ainsi dire, nés avec le Christianisme , et le Christianisme avec eux ; que les premiers Chrétiens qui eurent CCS livres entre les mains et tous ceux qui éont venus après eux ont regardé ces livres
comme très-fidèles, et.qu^cnQn ces livres sont venus jusqu^à nous comme de main en main par une tradition qui n'a jamais été interrompue*
D. Quelle est la seconde preuve de Vanthenticité et de Ja vérité des livres de FEvangile?
R. La seconde preuve de la vérité et de l'authenticité d^s livres de l'Evangile, c'est que deux de ces livres ont été écrits par deux Apôtres de Jésus-Christ qui avaienj: vq tout ce au-ils racontent; que les deux autres ont été écrits par deux Disciples de deux ApAtres ; que ces quatre Evangélistes ont publié leur histoire au nom ou du moins de Taveu do toute la société des premiers Chrétiens ; qu'avant d'écrire leur histoire, ils ataient annoncé publiquement à Jérusalem et dans toute la Judée les faits dont elle est composée, et qu'enfin ils étaient tous quatre d une sainteté si éminente , qu'elle les met à couvert de tout soupçon d'avoir voulu troqtiper le monde.
D. Quelle est la troisième preuve de la vérité et< de l'authenticité des livres de TEvangile ?
R. La troisième preuve de la vérité et de rauthenticttédes livres dé l'Evangile, c'cstque lès Evangélistes ont publié leur histoire peu de temps et presque immédiatement après la mort de Jésus-Christ, c'est-à-dire dans un temps où les événemeqts qu'ils racontent, étaient publiquement reconnus pour vrais ou pour faux; par coQséquent dans uu temps où tout le monde les eut accusés <f imposture si ces événements eussent été faux, et que cependant personne n'a contredUt leur récif.
D. Quelle est la quatrième preuve do îa vériîé et de l'authenticité des livres de FEvangile ?
R. La (quatrième preuve de la vérité et do Tanthenticité des livres de l'Evangile, c'est
2ue les Juifs, qui ne voulaient pas de Jésushrist pour Messie, et qui par conséquent étaient souverainement intéressés à contester la vérité des faits publiés par les Evangélistes, n'en ont jamais osé contester qu un seul, qui est laresurreclton de Jésus-Chris^t, et que la manière dont ils ont contesté ce fait unique en. démontre la vérité.
D. Quelle est la cinquième preuve de lauthenticité et de la vérité des livres de l'Evangile?
R. La cinquième preuve de l'authenticité et de la vérité des livres de l'Evangile, c'est qu'il est impossible qu'un corps d'histoire qui a des caractères aussi singuliers et aussj uni- ((ue» que l'Evangile, et où tout est si bien lié, soit une invention de l'esprit humain. L'esprit humain n'invente pas ainsi.
IX Quelle est la sixième preuve de l'authenticité et de la vérité des livres de TEvanfiie?
R. La sixième preuve de l'authenticité et de la vérité des livres de l'Evangile» c'est qu'il est impossible que les quatre Evangélistes se soient concertés ensemble pour composer les quatre histoires de Jésus-Chrisi| et
CATâlHISME
^n même iemp» Impossible que chacun d'eux «il iuTeDté celle qui porte sou nom : car si chaque Erangéliste avait inventé rhistoire qui porte son noms jamais ces quatre histoires n'auraient pu être aussi ressemblantes qu'eilea le sont; et si les quatre Evangélistes avaient concerté ensemble leurs quatre histoires, jamais elles ne seraient aussi diflëreqtes qu'on les voit : d'aUlei^rs tes quatre Evangélistes ont publié leurs histoires au nom de tous les Disciples de Jésus-Christ » c'est-àdire comme ne contenant que des faits connus et prêches par tous 'les Disciples de Jé- Hus-Christ. Si oonc ils ne racontent que des Cabiea* comment ne s'est-il trouvé aucun de
ces
ihenlicii^ et de \â gile^
R« La septième preuve de Tautheoticité et de la vérité des livres deFEvangile ; c'est que tous les Apôtres, les Evangélistes, et avec eux les premiers Chrétiens» sont morts ou se sont ipoutrés prêts A mourir pour attester la vérité des faits contenus dans l'Evangile ; car U est évident que ces faits sont les mêmes que ceux que les Apêtres, les Evangélistes eux-mêmes et tous les premiers Chrétiens Ikubliaient hautement de vive voix. Sur quoi, remarquez deux choses : premièrement, que si les foils contenus dans l'Evangile sont faux, les ApAtres et les Evangélistes ne pouvaient avoir aucun intérêt i les faire passer pour vrais ; 2* qnelaue vrais que soient ces faits, et quelque intérêt qu'aient pu avoir les Àpêtres elles EvangéUstes 4 les (tire croira» il a Calfu cependant qu'ils fussent autant de héroa pqiu* tes publier au risque de l^ur vie. Cela est évidept par soi-même^ Concluez que si rpn suppose tout A la fois et que les fajtl que les Apôtres et les Evangélistes ont publiés sont faux et que les mêmes Ap&tres et les Evangélistes sont morts pour en attester la vérité, on fait une supposition absolument Impossible. puisquH est évident que la nature hi^maiuc ne comporte pas une t^elle fu-, reur.
D. Quelle esi la huitième preuve de la vérité et de. rautbenlicité des livres de l'Evangile?
K. La hiiitième preuve de la vérité et de l'authenticité des livres de l'Evangile, c'est l'air et, si j'ose m'exprimer ainsi, le ton de conliance avec lequel les Evangélistes commencent leurs histoires, mettapt ^ la tête de lears livres les époques qpi sont, p^r rapport au peuple Juif, les caractères du siècle flans lequel les événements quHls racontent .<ont arrivés, et ne prenant aucune précaution pour préparer les esprits de leurs lec-: leurs ê croire les choses étonnantes et inouïes qu'ils vont ri^con^er; ce qui marque des hommes qui ont une confiance entière dans la vérité de leur récit, et qui u'imagipent Viême pas qu'on puisse les contredire.
!)• VoQs avez prouvé l'authenticité et ^ vé« filé des livres oe TEvangile; montrez-moi f^^urnlenant (|uc ces livres sont divins, c'est-
A-dire, qu'ils ont été écrits par rinspiratidu de Dieu.
R. La divinité des livres de FEvangile n>sC pas moins facile A prouver que leur authenticité et leur vérité. Ces livres admirables ont quatre grands caractères qui les dislinjfuent si éminemment de tous les livres qui sont l'ouvrage de l'esprit humain, qu'il est imposa sible que cet esprit les ait dictés ; d*Qà il fout conclure qu'ils ont été dictés par TEsprit do Dieu.
D. Quel est le premier caractère de divi-^ nité que vous remarquez dans les livres do TEvaogile?
R. he premier caractère de divinité que je remarque dans les livres de l'Evangile, c'est l'étonnante confiance que les Evangélistes ont eue dans la vérité ; ils publiaient une histoire pleine d'événements singuliers, ox-r traordînaires, inouïs, contraires A toutes les lois de la nature, et cf'pendant ils n'ont pas. dit un seul mot pour disposer leurs lecteuM A les croire : quelle sécurité! Eh I de qui leur venait-elle, si ce n'est de Dieu?
D. Quel est le second caractère de divinité que vous, remarquez dans les livres de l'Evangile?
R, Le second caractère de divinité que je remarque dans les livres de TEvansile, c'est qu'on ne trouve dans ces livres admirables aucun vestige de cet amour-propre qu'on appelle l'aniour-propre. d^auteur y ils exposeul les faits qui composent leur histoire sim-*
{élément, nuement et sans rien, ajouter du eur; ils ne disent rien eux-mêmes., ils laissent parler les laits. On ne trouve* paadans leurs livres un seul trait qui marque qu'ils ont voulu plaire i leurs lecteurs, ou se faire ap-. prouver et admirer par eux, ou leur inspirerune certaine façon ne penser, ou les toucher de quelque sentiment que oe soit.
D. Quel est le troisième caractère de divinité que vous remarquez dans les livres de TEvangile,
R. Le troisième caractère de divinité que je remarque dans les livres de l'Evauffile , c'est qu*on ne trouve dans ces livres admirables aucun vestige de l'amour-propre commun A tous les hommes. Les Evangélistes parlent do leurs débuts, de leurs faiblesses, de leurs fautes les plus'humiliantes, d*un air si indif-? férent, qu on dirait qu'ils ne savent pas que c'est d'eux-mêmes qu'ils racontent toutes ces choses. On ne les voit jamais, ni s^accuser, ni s'excuser. Ils se montrent 4 leur lecteur tels qu'ils sont, et le laissent juger d'eux comme il voudra.
D. Quel est le quatrième caractère de divinité que vous remarquez dans les livres de VEvangUe?
R. Le quatrième caractère de divinité que. je remarque dans les livres de l'Evangile, c*est l'étonnaale impartialité avec laquelle les Evangélistes, qu'on sait avoir été passionnés pour Ta gloire de Jésus-Ghrist jusque A tout entreprendre et A tout souffrir pour le faire adorer, ont néanmoins écrit son bisloire. I-a couciliatioiv de ces deux choses est on >rai
SUR LES fonde;m£NTs de la fol
miracle. A ne juger des dispositiuas des Evan-
Î^élîstes à réffard de Jésus- Christ que i>ar es signes qu'ils en donnent dans leur histoire, il serait absolument impossible do savoir ce qulls pensent de lui. On n*y trouve pas un moi qui paraisse dit à dessein de le fkîre admirer ou aimcir. Ils parlent de ses ennemis elde ses persécuteurs comme de lui; pas un mot qui ait pour but de faire remar-
3uer leur profonde méchanceté; pas un mot estîné à exciter contre eux la naine ou le mépris du lecteur. EnGn les événements de la vie de Jésus-Christ qui, aux yeux deTorgueil humain, paraissent peu dignes de l'Uomme-ÛieUy ils les racontent aussi simplement et avec aussi ' peu de précaution que ceux où toute sa erandeur éclate.
D. Je conviens que les livres de TEvangile ont les quatre grands caractères que vous ¥enet d*&xposer; mais enfin par où pouvez- TOUS juger que ces caractères sont divins?
n. J*enjuge ainsi, parce ^ueTcsprit humain D*ayant jamais produit, ni avant, ni après les Evaogélistes, aucune histoire qui ait aucun de ces grands caractères, il est évident que ces livres soot au-dessus de tout ce que Tesprft humain peut produire, et par conséquent Touvrage de FEspril de Dieu.
D« Souffrez^ que je vous fasse encore une question. Comment pouvez-vous savoir st ces livres de TE vangife sont parvenus iusqu*à nous ^ns avoir souffert aucune altération, du moins essentielle? H y a tant de siècles ~a*Hs ont été écrits, et ils ont passé par tant
mains et sous tant de plumes !
rahle ; parce qu*il est évident aue cette altération a toujours été inipossible : les Chrétiens ayant toujours regardéces livres comme dépositaires de la révélation divine, il est clair quHs ont du veiller, avec le plus grand soin, à leur intégrité; et toute Thistoire ecclésiastique rend témoignage qu'ils l'ont faîL