IX. Du PURGATOinK
§ 1 . Comment prouvez-vous qu'il y a un puT" gatoire? On le prouve par l'Ancien Testament, par le Nouveau, et par la tradition.
Comment le prouves-vous par V Ancien I*e«tament ? On le prouve par le douzième chap. du second livre des Machabées.
Ou 'apprmofu-fiottf par le dit chapitre f 11 es t dit que Juda Machabée, général d'armée, envoya douze mille dragmes d'argent à Jérusalem pour faire faire les sacrifices pour ceux qui étaient restés daus le combat.
Quelles sont les paroles que V Ecriture sainte ajoute ensuite? C'est une pensée sainte et salutaire de prier pour les morts , afin qu*ils soient déliés de leurs péchés.
Que concluez-^ous de là ? Je conclus qu'outre le paradis et l'enfer, il Csut qu'il y ait encore un troisième lieu.
Pourquoi cela ? Les âmes qui sont en paradis n'ont pas besoin de prières , et celles qui sont en enfer ne peuvent recevoir aucun soulagement; il faut donc qu'il y ait un autre endroit oA les prières leur puissent être utiles.
Mais le livre des Madutbées est-^l un livro cemonique sur leqttel on puisse appwfer des ar^ ticlee de foi t Oui , c'est un livre canooique, et l'Eglise l'a reconnu pour tel dès les premiers temps.
Comment le prouvex-^ous ? Par le témoignage des pères, entre autres par le témoîfroage de saint Ambroise, de saint Cyprien et de saint Auf^stin.
Que dit sotfU Augustin dans le dix^huiiiême livre de la Cité de Dieu, chap. xxxvi? c tes Juifs ne reconnaissent pas les livres des Machabées pour canoniques ; mais l'Eglise diretienne les reconnaît pour tels. »
Quel sens fautât donc danmer aux paroles deVauteurlorsquU prie les lecteurs de Ver^ cuser sur les fautes qu^il pourrait avoir com-^ mises en écrivant ? Il no parle que des fautes qui seraient contre la* pureté du langage.
^^ V os LA WSTIFlCATfilM.
Cela ptiU'il donner atlcUie à lu vérité de iùut cejù il rapporté? Von , pas la moindre. §S. Commtnt prouvez-votis par le notitèau Testament qu'il y a un purgatoire? On le prouve par les çarplçs deJVotre-Scigneur au chap. xn de Saint MaUhicu : « Si qaelqu un profère quelque parole contre le Saint** Esprit, il n*y aura pas de pardon pour lui ni en ce siècle ni en Taulre.
Que conclut saint Augustin de ce passage, dons U livre vingt-unUme de la Cité de Dieu^ chap. xiT ? Il conclut qu*il faut qu'il y ait des péchés qui se remettent en Vautre monde.
Les péchés se rémettent-ils dans le Ciel? Non, car il n'entre point de péchés au ciel..
J>f péchés se remettent'iis en enfer? Non, car en enfer il n*y a pas de rédemption.
Ciiez-nous les paroles de saint Paul dans sa première EpUre aux Corinthiens, chap. m. a Le feu fera l'épreuve de chaaué ouvrier. »
Continuez à rapporter les paroles de saint Paul. • Celui dont Touvrage subsistera sera récompensé ; celui dont l'ouvrage sera brûlé souffrira de la perte. »
Achevez de rapporter le texte. « U sera néanmoins âauvé lui-même, mais en passant par le feu. »
Rcmportez^-nous les paroles de saint Paul au chapitre deuxième de VEpUre aux Philip^ piens. ji Qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans le ciel, sur la terre et dans l'enfer. »
Qù^les preuves tirez-^ous de ces paroles potsr ie purgatoire ? Ceux qui sont en enfer ne fléchissent pas le genou au nom de Jésus ; il faut donc que ce soient les âmes du purgatoire qui révèrent ce nom.
Cùex-nous les paroles de saint Jean dans son Apocalypse , chap. xxi. « Rien de souiUé n'entrera au royaume des cieux. »
Que concluez^-vous de ces paroles? Je coudas qu'il faut qu'il y ait un lieu desliné à puriGer les âmes de leurs taches.
Pourquoi cela ? Le juste tombe sept fois le jour : il n'est pas à présumer que ceux qui meuiént de mort subite aient toujours, eu te Cemps ou le soin d expier tentes leurs fontes.
Comment faut^il entendre ce passage de l'Ec^ désiastique au chap. xi ? « I>e quelque côté que Varbte tombe, soit qu'il tombe du côté du midi ou du septentrion, U y restera. » Gela signifie seulement que tout homme qui meurt est sauvé on damné.
Ce passage n'a-t-'il aucune force contre ie purgatoire ? U n'en a pas plus contre le purgatoire ^ue contre les limbes.
N'est'û pas dit au chapitre xiv de VApoca^ l^pse : Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur; ils se reposeront de leurs travaux? (Ma se doit entendre des martvrs, ou des bonnes âmes qui ont expié leurs taules pendant la vie.
Mais le Seigneur ne dit-^il pas au bon larron : Voue serez aujourd'hui avec moi en paradis? Une grâce accordée par Notre-Seigneur mou* rantne fait pas une règle générale pour tous les antres.
Ifavej^ouspae d'auire réponse à donner ?
Le b<m larron faisait une bonne pénitence eii mourant en croix avec des sentiments si généreux, et cette pénitence pouvait lui tenir lieu du purgatoire.
§ S. Comment prouvez-^ous en troisième tteuqutl yaun purgatoire? Par la tradition.
Fœr quelle voie conna^t-^n la tradition ? Par le témoignage unanime des pères.
Dîtes'-nous ce que saint Ephrem demande rfiifw son testament spirituel. U demande des prières après sa mort pour le repos de son ame. *^
Dites^ous ce tpte raconte Eusèbe dans son livre quatrième de la Vie de Constantin. 11 di« que cet empereur voulut être enterré dans une église, afin que les fidèles se souvinssent plus aisément de prier Dieu pour lui.
Quel avis donne saint Chrysostôme dans son homélie sur la première Epitre aux -Corin^ Ihiens ? U avertit que les larmes des vivants sont inutiles aux morts, et qu'il n'y a que les aumônes et les prières qui puissent leur donner du secours. .
Rapportez-nous ce qiée saint Jérôme écrit à Pammachius. Il dit que c'était la coutume de son temps de répandre des fleurs sur le tombeau des femmes mortes , mais que Pammachius avait bien mieux fait en répandant des aumônes pour le soulagement de son épouse défunte.
Rapportez-nous ce que saint Augustin ra^ conte au livre neuvième de ses Confessions . chap. XIII , en parlant des funérailles de sa mère. Il parle ainsi : « Je ne versais aucune larme dans le temps qu'on offrait le sa-* crllBce de la rédemption pour ma chère mère. »
Rapportez-^ous d'autres paroles de saint Augustin sur le psaume xxxvii « Purifiez-moi, Seigneur, dans cette vie, afin que je n'aie pas besoin de ce feu qui est destiné à purifier les âmes dans l'autre monde. »
Rapportez'-nous ce qu'il dit dans son lièvre des hérésies (Hérésie lui.) It dit que Aérius a été le premier qui ait osé enseigner qu'il ne fallait offrir ni prières ni sacrifices pour les mort^, et que ç^a été la cinquante-troisième hérésie.
Qu'y a^t-il donc à dire à cetsx qui traitent le purgatoire di'inveniion des moines ? Il faut leur citer ces paroles de saint Augustin :: V C'est la Ginquante*troisième hérésie de nies qu'il faille prier pour les morts. »