XXIV. iHSTBUcnoir sua i^'hérésib
§ 1. Qu'est-ce que l'hérésie? C'est un attachement opiniâtre à son sentiment particulier en matière de foi.
QtU se trouve coupable de cet attachement ? Celui qui préfère son sentiment particulier au sentiment général de l'Ealise.
Comment cela se fait-il ? Cela arrive lors-
Su'ons'obstinei vouloir expliquer l'Ecriture ans un tout autre sens que ne l'explique l'Eglise.
Tous les hérétiques ont-dls prétendu établir leur dogme sur r Ecriture? Tous, sans en excepter un seul.
Sur quoi s'appuyaient les ariens, lorsqu'ils niaient la consuostantialité du Verbe ? Sur ces
Jaroles du Sauveur au chap. xiv de saint ean : « Mon père est plus grand que moi. »
Sur auoi s'appuyaient les macédoniens, lorsqu'ils niaient la divinité du Saint-Esprit? Sur ces paroles du chap. viii de l'Epltre aux Romains : « L'Esprit prie pour vous avec des gémissements ineffables. »
Comment les manichéens prétendaient -ils ' prouver que le Fils de Dieu ne s'était revêtu que ' des apparences d'une chair mortelle ? En citant ces paroles du second chapitre de l'Epltre aux Philippiens : a Jl s'est anéanti lui-même efi prenant la figure d'un esclave, et en se rendant semblable aux hommes. »
Comment les nestoriens prétendaient -ils prouver qu'il y a deux personnes en Jésus - Christ? En citant ces paroles du second chap. de l'Epltre aux Colossiens : « Dans Jésus'^ Christ habite la plénitude de la divinité corporellement. »
Comment les eutyehiens prétendaient-ils prouver f u'tf n^y a qu'une nature en Jésus- Christ? Eu citant ces paroles du premier chapitre de l'EvangOe de saint Jean : « Le Verbe s'est fait chair. »
Sur quoi se fondaient les pélagiens en niant le péché originel ?Uê établissaient leur erreur sur ces paroles du dix-4iuitième chapitre du prophète Ecéchiel : € Le fils ne portera pas l'iniquité du pire.
Quelle a été la source de toutes ces erreurs? C'a été la présomption qu*ont. eue des par*
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GA/tcm^E DE CONTROVERSE.
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ticulier9 à vouloir prèrércr leur Interprétation à celle de toute TEgltse.
§ ± Luther et Cnlvin ont-itê aimi préféré leur interprétation particulière à celle de VB^ alise f Ils ont fait en cela comme tous cens qui se sont égarés avant enx.
Faites-nous-en voir un exemple dans Calvin. L*Eglise entend ces paroles du Sauveur : Prenez, ceci est mon corps, dans le sons naturel; et Calvin a mieux aimé les prendre dans le sens figuré.
Fatïei-noiM-en voir un exemple dans Luriher. L'Apôlre dit, au troisième chap.de TEpftre aux Romains, que Thomme est justifié par la foi sans les œuvres de la loi; or Luther a entendu ces paroles dans un tout autre sens que l'Eglise.
Comment rE alise a-t-elle toujours entendu ces paroles ? Elle a toujours entendu que Thomme n'est point justifié ni par les œuvres de la loi naturelle, ni par les œuvres de la lot judaïque , mais par la foi en Jésus* Christ et par les œuvres qui procèdent d,e ta foi , et qui ont la grAce pour priucipe.
Et Luther en quel sens a-t-il entendu ce» paroles P II a prétendu oue Thomme est justifié sans les œuvres de la loi chrétienne, ce 3ui est contraire à une kiflnité de passages e racrtturc.
Luther et Cahin ont-ils gardé partout la même méthode? Il n'v a pas d'article contesté pour lequel ils n^en aient usé de même.
Les partisans de Luther et de Calvin seront- Us excusables ékvcmt Dieu d*avoir préféré Vinterprétation particulière de Luther et Cal^ tin à celle de f Eglise f Non , Ils seront Inexeusahles.
Chaque particulier qui se croH plus de lumière que toute T Eglise pour juger sainement du sene des Ecritures pourra-t-il justifier devant Dieu sa présomption ? Non , il ne pourra jamais la justifier.
Quel raisonnement faites^vous sur cela pour presser les adversaires? Ou vous croyez pou- Tofr TOUS tromper dans l'explication que vous faites de l'Ecriture, ou vous vous croyez Infailibles.
Que leur direz-vous sHls avouaient pouvoir se tromper ? Votre fol est donc incertaine et chancelante , et par conséquent ce n'est pas une foi divine.
Que leur direz^vous s'ils prétendent ne pouvoir se tromper en expliquant V Ecriture? « II faut donc que vous disiez en^ous-méme, L'Cglise peut bien se tromper en expliquant rEcriture, mais mol je ne puis me tromper. »
Que s'ensUit^il de là ? Il s'ensuit qu'Us restent dans la perplexité , ou qu'ils tombent dans une obstmation insoutenable.
§ 3. Dites-nous ce que Vonaremarqué tou^ tes les foi9 qu'il s'est élevé quelque hérésie^ considérable dans le christianisme. Ou j a toujours remarqué cinq choses.
Qu'or^t-on remarqué en premier lieu ? On a remarqué que tous les hérésiarques ont osé blâmer l'cgllse d*étre tombée dans des erreurs pernicieuses.
Çci'a-l-on remarqué en second lieu? On a remarqué que les hérésiarques avec leurs
adhérenb se sont séparés du rEglîso.
Qu'cHt'-on remarqué en troisième lieu ? On a remarqué qu'ils ont enseigné de nouveaux dogmes inconnus avant eux.
Qu'th4-on remarqué en quatrième lieu? On a remarqué qu'ils ont donné leuv nom ou le nom de leurs dogmes à leurs sectateurs.
Qu'a-t^n remarqué e» cinquième lieu? On a remarqué qu'aucun d'eux u*a pu prouver sa mission légitime.
Troure-t--on les mêmes choses à remarquer dans Luther et Calvin ^ On y trouve les mé«mes choses qu'on a remarquées dans tou» les chefs de partis.
Luther et Calvin ont-ils blâmé r Eglise <r^« tre tombée dans des erreurs pernicieuses ? Ils ont fart eo cela cosime Arius , Macédonins , Nestorius et Eutydiès.
Luther et Calvtn ont-ils donné leurs noms à leurs sectateurs ? Les luthériens tiennent leur nom do Luther, les calvinistes de Cal-* vin , comme les ariens d'Anus, les macédo-' niens de Macédonlus, etc.
Comment prouvez-vous que Luther a ensei-t ^ de nouveaux doames qui avant lui étaient mconnus dans le christianisime? On ^e peut nommer aucun pays, aucun diocèse, ni au-, cune ville où Ton ait cru avant Luther qu'il n y a que deux sacrements ; que la messe, est une abomination • la confession une torture de conscience, Finvoeatlon des saints une ido* latrie , le purgatoire une superstition , et le pape l'antechrist.
f ^« Quelles remarques it-t-on toujours pu fiiire toutes les fbis qu'û s'est élevé une nou-velle doctrine dans V Eglise f On a pu nommer Fauteur qui lui a donné le commencement, dire le lieu et le temps ojk on Ta vue naître , nommer les premiers adversaires qui l'ont combattue, et dire le concile qui Ta condam<« née.
Donnez-nous un exemple. C'est ainsi que. Ton sait qu' Arius a été le premier à enseigner que le Fils de Dieu était moindre que son Père.
Sait-on le lieu oà t7 Va enseigné? C'est. à Alexandrie, viile d'Egypte.
Sait-on l'année de la naissance de cette doc-^ trine ? C'est en l'an 315.
Sait-on cetAX qui ont été les premiers à la com^ battre? C'est particulièrement le patriarche Alexandre et saint Athanase.
Sait--on par quel concile cette doctrine a été condamnée? Par le premier concile de Nicée.
Peut*on marquer les mêmes choses touchant la doctrine de Luther ? On le peut également.
Sixit-on le lieu où cette djctrine a pris naism sance ? C'est à Wittembrrg, en Saxe.
Sait-on l'année? C'est l^n 1517.
Sait-on qui a été le premier à combattre cette doctrine ? Ce sont toutes les universités auxquelles Luther en avait appelé.
Sait-on te concile qui ta conaamnée ? C'est le concile de Trente.
A quelles autres marques peut^on enrr.re conniitre la nouveauté de la doctrine de Lufm ther? A trois différentes marques.
Dîtes ta première. Ceux qui ont enibrassc
^JZ XXIV. INSTRUCTION
la doctrine de Lvitlier étaient d abord en fort petit nombre.
Dites la seconde. Tous ceax qui oat SHivi Lnthcr avaient été élevés dans une.autre doc:* trine.
Dites ta troisième. La doctrine de Lnlher causa partout beaucoup d^étonnement et de trouble.
Ne pourrail-'on pas dire que Luther n'a rien enseigné de nouveau, quHl n'a fait que rétablir r ancienne doctrine des apôtres ? C'est là une réponse commune à tous tes hérétiques, i»i qui par là doit être justement suspecte.
Conunent réfutez-^ous cette réponse ? La doctrine des apôtres ne peut cesser d'être enseignée dans TEglise ; avant Luther on n'a« vaîi ancnne connaissance de la doctrine de Luther, la doctrine de Lnthcr n'est donc pas ia doctrine des apôtres.
§ 5. Luther et Calvin sont-^ib plus en état de prouver leur mission que ne Vêtaient Arius, Maeéâonius, Nestorius? Us sont aussi peu en état de b prouver.
Quds reproches faisait-^n à Arius, à Ma^^ • cédonius et aux autres de leur espèce ? On leur reprochait qu'ils n'avaient point de mis- ^ sion ni ordinaire, nf extraordinaire.
Comment leur 'prouvait-^n quHls n'avaient pas ht mission ordinaire^ On leur disait : Vos Bvpérieurs ecclésiastiques ne tous ont pas envoyés, donc vous n'avez pas ia mission ordinaire.
' Cofhment leur proutait^on qu'ils n'avaient pas la mission extraordinaire! Si Dieu vous avait envoyés immédiatement par lui-même, il aurait attesté votre mission par des mira^ des.
Rapportez-nous lespaMts que Luther adressait aux premierstprédiàateurs anabaptistes^ (T. 5. Ed. çcr. f. Ml. 6.) « Si ce sont les hommes qui vous ont envoyés, faites-nous voir vos patentes, et si c'est Dieu qui vous a euvovés, faites-nous voir des miracles. »
Eût -on pu adresser ks mêmes paroles à Luther et à Calvin ? On l'eût pu , sans doute, et ils eussent été aussi embarrassés de répondre.
Mais Luther, qui était prêtre et docteur de V Eglise romaine , n*eût-tl pu répondre qu'il avait reçu de l'Eglise romaine le pouvoir et la commission de prêcher la véritable doctrine . contenue dans r Écriture? Ou l'Eglise romaine éiait pouriors^la véritable Eglise, ou elle avait cessé de l'être; si elle était pour lors la. véritable Eglise de Jésus-Christ, il n'était pas permis a Luther de s'en séparer; et si Mt avait cessé de l'être, elle ne pouvait don-
SUft L*11ERÉS1P.
ner de mission légtticie à Luther.
Que si Luther et Calvin n'ont pas eu de mis^ sion , sur çmcI pied faut-il les regarder î Sur le pied des gens qui ne sont pas entrés dans la bergerie par la porte, mais par la fenêtre.
Et quel est le jugement que le Sauveur porte contre ces sortes de gens f Le Sauveur dit qu'ils viennent non pour paître les ouailles, mais pour les égorger.
§ 6. Ne peut-on pas imaginer entre Luther et Arius quelque différence qui puisse rassurer un esprit raisonnable? ^on , il n'est pas possible d'en imaginer.
Ne pourrait-on pas dire au' Arius s'est relevé contre la divinité du Fils de Dieu, et que Luther n'a rien fait de semblable? Luther n'a pas erré touchant la divinité du Fils de Dieu, mars il a erré sur plusieurs antres articles.
Ne pourrait-on pas dire que la doctrine de Luther n'a été condamnée que par l'Eglise romaine , au lieu que la doctrine d' Arius fut condamnée par l'Église grecque et latine? Les grecs aujourd'hui, aussi bien que les latins, condamnent également les erreurs de Luther.
Ne pourrait-on pas dire qu'il y a des nations entières qui ont embrassé la doctrine de Luther, et que par eonséqt$ent cette doctrine n'a pas été condamnée par l'Eglise universelle? U y a eu des nations plus nombreuses qui ont professé l'arianisme qu'il n'y en a qui professent le luthéranisme.
Ne pourrait-on jpas dire qu'il n'y a rien dans la doctrine de Luther qui soit contraire à l'Evangile, au lieu que la doctrine d' Arius y était ïout'à^fait opposée ? Arius ne citait pas moins ^e Luther l'Evatigile» et y trouvait des passages aussi favorables à sa cause.
ffe pourtait-on pas dire qu' Arius a abusé dd Ecriture ^our établir son erreur, au lieu
Îue Luther en a fait un bon usage pour étalir la vérité? Quiconque donne à l'Ecriture un sens différent de celui que lui donne TE- ^ise abuse de l'Ecriture : Arius et Luther lui ont donné un *sens différent de celui do l'Eglise , par conséquent l'un et l'autre ont abusé de rEcrilure.
Rapportez-nous sur ce sujet les paroles de saint Jérô^me sur le premier chap. de l'Epître aux Galaies ? « Une mauvaise interprétation donnée à l'Evangile de Jésus-Christ en fait FEvangile d'un homme, et même l'Evangile
du démon. » . / j.
Suc conctuez-voUs de tout ce qui a été dit essus ? Je conclus que tout disciple de Luther n'aura pas moins de peine à in&tificr sa foi devant Dieu que les disciples d'Arlds
Vm DO CATÉCHISME DE CONTROVERSE.
CATECUISUE
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