‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 90 sur 235 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

D. Qu'est-ce qui vous engage, par exempta, â croire au sens commua ou à la raison humaine?

R. Deux motifs : l'exemple de tous les hommes et , par-dessus tout, la nécessllc.

D. Comment Texemple des hommes vous engage-t-il à croire au sens commun ?

R. En ce que les hommes fondent sur la sens commun leur langage, leUr société et leur justice.

D. Comment le langage, la société et la justice des hommes sont-ils fondés sur le sens commun?

R. Par exemple : Les enfants appellent du pain du pain , tm arbre un arbre ; ils disent trois et un ou deux et deux font quatre , éu plutôt sont appelés quatre , parce qu'Us «n^ tendent parler ainsi les personiK^ qui ks environnent : et voili le langage. Leî enfants encore reconnaissent et honorent comiaiie leurs pères et mères ceux que le sefis commun leur apprend être leurs pères et mère^ : et voilà la société. Les juges, dans les tribu* nau^, forment leur senteni^ d£> Tavis du grand nombre d'entre eux ; ik condamneal ou absoKent sur les dires communs des té« moins ; ils appliquent la loi suivant Tinternr^ talion commune qu'on lui donne : et iroila la justice.

D. Qtt'arrîverait-B si les enfants, si tes jdgcs ne voulaient pas crolro aa sentimeul commun?

R. Il en arriverait auMl n'y aurait |4us de langage possible, plus de famiMe, plus de piété filiale , plus d'autorité paternelle , plus de justice , plus de répression des coupables , plus de sûreté pour les innooenls , plus de société enfin.

D. Par quoi enc<ire l'exemple des hommes TOUS engage-l-il à eroire au sens commun ?

R. Parce que généralement totts las hommes regardent le sens commun cooMiie ta im île toute controverse et le fondement de la plus grande certitude, enfin comme le Immi sens et la raison même.

D. Donnez'-en un exemple.

R. Par exemple , toutes les fois quo deux hommes 'divisés de sentîmcfnt s'aceoirdant , ils se regardent naturaUement comme plus certains que quand chacun était seul de son avis. Et SI un grand nombre de gens sages et habiles s'y réunissent, leur certitude devient encore bien plus forte ; enfin s'il se trouve que leur sentiment eçt celui des hommes de tous les temps et de tous les pays , • alors leur certitude est à son comble; alors ils regardent le sentiment comme le bon -sens» comme la raison même.

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