CHAPITRE XVI
D. Dire qu'en théologie la raison de l'individu n'est pas libre, n^est-ce pas dire que tout y est ferme, que tout y est certain , soit par révidence de la chose, soit par l'autorité qui l'enseigne ?
R. Cela me parait ainsi.
D. Mais dans la philosophie , science des vérités générales dans l'ordre naturel , ces vérités générales ne sont-elles pas certaines, ainsi aue les conséquences principales qu'on en déauit?
R. Je ne pense pas que même un philosophe puisse en douter.
D. Et comme ces vérités générales sont le fonds même de la raison humaine, sont la base de la société humaine dans l'ordre naturel ou de la vie présente; est-il libre à un bomme raisonnable de les admettre ou de ne les admettre pas ?
R. Cela n'est pas libre à un homme raisonnable.
D. Et comme ces vérités générales dans l'ordre naturel sont le domaine propre de la
i>hilosophie, si cette philosophie est bien aile, peut-elle laisser beaucoup de choses à l'incertitude, beaucoup de choses qu'un homme raisonnable peut admettre ou n'admettre
pas?
R. Une philosophie bien faite ne peut laisser beaucoup de choses à l'incertitude , et touchant lesquelles on peut raisonnablement croire ce que l'on veut.
D. Dire, comme font des professeurs de
de philosophie, qu*en philosophie la raison individuelle est toujours libre, cela veut-il dire que leur philosophie soit bien faite?
R. C'est dire, sans le vouloir et sans le sa«
voir, que leur philosophie se fait on ne peut
plus mal, et qu'au lieu d'être la science du
. bon sens, c'est plutôt la science du non sens,
si science il y a.