‹ Cathédrale d'Amiens. Les stalles et les clôtures du choeurChapitre 4 sur 28 · HISTOIRE DE L'ANCIEN TESTAMENT · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE L'ANCIEN TESTAMENT

Suivant la disposition adoptée pour le plus grand nombre des chœurs d'église en France , la tête des stalles est à rentrée du chœur du côté de la nef, et c'est par là que commence à se dérouler notre histoire, en remontant de la nef vers le sanctuaire jusqu'à l'extrémité des stalles hautes, et en descendant du sanctuaire vers la nef à partir des stalles basses jusqu'à l'entrée du chœur.

Les sujets se répartissent entre l'étage intermédiaire des deux pyramides, la base des hauts-dossiers et le coffre des deux stalles-maîtresses, les cent-dix miséricordes des sièges et les douze rampes qui couronnent les panneaux des bouts des stalles basses, à droite et à gauche des passages qui donnent accès dans les stalles hautes.

CÔTÉ DE l'ÉPITRE.

Ire stalle. — Paroi extérieure de la pyramide:

La création. — Dieu domine la scène. — L'homme debout, les mains jointes, lève les yeux vers lui. — La femme sort de la poitrine de Thomme qui est à demi-couché et profondément endormi. — Le paradis terrestre est représenté par des arbres chargés de fruits, par des tapis de verdure et quatre plantes de roseaux touffus d'où sortent les quatre fleuves mystérieux qui vont arroser la terre. -

Paroi intérieure :

La tentation, la chûte et la promesse, où figurent: Farbre de la science du bien et du mal ; le serpent à tête de femme; Adam et Ève couvrant leur nudité d'une feuille de iiguier; Marie foulant aux pieds le serpent. On doit remarquer la différence de type des trois têtes^ de la Vierge, d'Eve et du serpent. .>

Pilier-montant :

Adam condamné au travail moissonne un champ de bled.

Plinthe du haut-dossier :

La mort d'Abel. Frappé à la tête, le juste tombe au milieu de son troupeau; Gain, encore armé d'une énorme mâchoire d'animal^ instrument de son crime, s'enfuit vers ses bœufs.

Rampe de Tappui supérieur de la stalle :

Châtiment de Gain. — Le coupable, à genoux devant Dieu, écoute la terrible sentence. — Il est tué par Lamech, son petit-fils, qui, presque aveugle, le prend pour une bête fauve, sur l'indication de son guide, et lui décoche une flèche.

Parois de la parclose et miséricorde :

Noë construit Farche.— Autour de Farche, hommes, animaux, édifices disparaissent engloutis dans les flots. — Le corbeau envoyé hors de Farche se repait de cadavres. — La colombe revient vers Noë, portant dans son bec un rameau d'olivier couvert de feuilles. — Sacrifice de Noë au sortir de l'arche. Sem et Japhet sont à genoux comme leur père; Cham est debout, la tête couverte; les victimes paraissent sur l'autel, à demi-consumées.

Rampe du panneau du bout des stalles basses :

Noë plante la vigne. — Le patriarche qui a éprouvé les effets du vin, dort, couché sur le dos; Sem et Japhet le couvrent de leur manteau, en détournant leur visage. Cham blotti de Fautre côté guette mahgnement ce qui se passe. — Noë maudit Cham.

2e. — Sacrifice de Melchisedech. Le prêtre, qui vient de quitter la mitre, offre, à Fautel, le pain et le vin. Loth et Abraham assistent, sans se laisser distraire par le petit chien qui aboie.

3e. — Apparition de trois anges à Abraham pour lui annoncer la naissance d'un fils.

¥. — Promesse de Dieu à Abraham de lui donner une nombreuse postérité.

5^. — Départ d^Abraham pour le sacrifice ; Isaac et deux serviteurs marchent derrière Fane chargé du bois.

6e. — Isaac chargé du bois marche au sacrifice. Abraham le précède, tenant le glaive d'une main, la torche de l'autre.

7^. — Les deux serviteurs, avec l'âne, se tiennent à l'écart pendant le sacrifice.

8e. — Isaac sur le bûcher, à genoux, les yeux bandés, les mains jointes ; un ange arrête le bras du père prêt à frapper.

9e. — Abraham immole le bélier. Isaac^ à genoux derrière le patriarche, remercie le Seigneur.

IQc Eliezer, à genoux^ la main posée sur la cuisse d'Abraham, qui est assis dans un riche fauteuil, fait le serment de choisir en Mésopotamie une femme pour Isaac.

lie. — Voyage d'Eliezer. Il marche à pied, au miheu de ses dix chameaux chargés de bagages.

12e. — Eliezer rencontre à feutrée de Nachor, près d'un puits, Rebecca, richement vêtue, la cruche à la main.

13e. — Rebecca donne à boire à EHezer à même de la cruche.

14e. — Rebecca abreuve les chameaux. (PL IV. fig. 1.)

15e. ^ Eliezer offre des présents à Rebecca. Le coffre est ouvert à ses pieds; en arrière, le jeune conducteur des chameaux fait claquer son fouet.

16«'. — Eliezer est introduit par Laban, frère de Rebecca, dans une salle à manger bien meublée, auprès de Bathuel assis à table avec sa fille.

17e. — Rebecca quitte la maison paternelle pour suivre Eliezer. Scène d'intérieur touchante et bien rendue.

18*^. — Rebecca, à genoux devant un autel, consulte le Seigneur sur le mystère de la lutte de Jacob et d'Esaû dans son sein.

19e. — Esaù, arrivant de la chasse, rencontre Jacob et lui vend son droit d'aînesse pour le plat de lentilles, fort appétissant, que celui-ci tient à la main.

20^. — Isaac demande à Esaù du fruit de sa chasse. Rebecca, debout derrière le siège du patriarche, écoute attentivement.

21e, — Rebecca donne ses instructions à Jacob pour lui faire obtenir la bénédiction du patriarche.

22e. — Rebecca, munie d'un large couteau, les manches retroussées, dépouille un chevreau placé sur une table. Près (i'elle, Jacob contient un autre chevreau. On voit le troupeau à quelque distance. ^

23e. — Rebecca enveloppe le cou et les mains de Jacob de peaux de chevreau.

24e. — Jacob;, fléchissant le genou, présente le plat de viande à son père assis dans un magnifique fauteuil. Rebecca se tient prête à donner à boire au vieillard.

25e, — Isaac pose la main droite sur la tête de Jacob agenouillé et le bénit. Rebecca, à genoux aussi, est heureuse.

26e. ^ Esaû, de retour, présente un plat de sa chasse à son père étonné. Jacob à l'écart adore les desseins du Seigneur.

27e. — Pendant qu'Esaû, en présence de son père, fait éclater sa colère contre Jacob qu'il menace du geste, la prudente Rebecca conseille à celui-ci de s'enfuir.

25e. — L'échelle de Jacob. Le patriarche est endormi au pied de l'échelle mystérieuse, le long de laquelle des anges montent et descendent.

29e. Sacrifice de Jacob; il répand de l'huile sur la pierre où reposait sa tête quand il eut la vision de l'échelle.

30e Rencontre de Jacob et de Rachel. Celle-ci, la houlette à la main, paît elle-même son troupeau; il y a deux autres bergers, dont l'un joue de la cornemuse.

31e. — Jacob est introduit dans la maison de Laban par Laban lui-même. Sur le seuil, la belle Rachel, sa houlette en main, son troupeau à ses pieds, regarde venir Jacob.

Rampe du panneau du bout des stalles basses : Jacob et Laban sont debout; le premier, la tête découverte, demande à retourner dans sa patrie.— Jacob et ses deux femmes, Rachel et Lia, tiennent conseil. — Ils partent avec leurs hom.mes, leurs chevaux et leurs troupeaux. Tout ce groupe est remarquable par la beauté et la variété des costumes et des scènes.

32e. — Laban reproche à Jacob sa fuite précipitée. Rachel et Lia sont tristes. Les hommes de Laban sont armés, cuirassés et coiffés de casques plats.

33e. Réconciliation de Jacob et de Laban. Des pierres amoncelées sont le monument de leur alliance.

34e. Jacob rencontre les trois anges, et fléchit le genou devant eux.

35e. Jacob en son fauteuil, au milieu de ses gens, envoie des messagers à Esaù.

36e. Les messagers annoncent à Jacob que son frère vient à lui avec quatre cents hommes. Jacob est effrayé ; ses gens ont déjà pris les armes.

37e. — Lutte de Jacob avec un ange. Les deux champions se tiennent étroitement embrassés et font de visibles efforts comme en un combat où les forces se balancent.

38e. — Entrevue de Jacob et d'Esaû. Les deux frères s'embrassent en pleurant. Les gens de leur maison sont encore là tout armés.

39^. — Joseph raconte à ses onze frères la vision des gerbes de blé. La vision est figurée dans un coin par des gerbes dont une seule est debout. .

40e. — Joseph raconte à ses frères la vision de la lune et des onze étoiles. Les astres sont représentés au fond.

Rampes des panneaux, au passage G ; Rampe à gauche :

Jacob ordonne à Joseph d'aller trouver ses frères. — Un passant informe Joseph du lieu où ils sont. -— Les frères de Joseph sont partagés en deux groupes ; les uns regardent venir Joseph ; les autres délibèrent.

Rampe à droite :

Les frères de Joseph le dépouillent de sa robe (Pl. VIII. fig. 4). — Ils le descendent dans une citerne (Id. fig. 2). ~ Ils trempent sa robe dans le sang d'un chevreau. — Deux envoyés présentent à Jacob la robe ensanglantée de Joseph.

41e. jQda propose à ses frères, assis à table, de vendre Joseph à deux marchands ismaélites qui arrivent et vers lesquels se tournent tous les regards.

42e. -™ Deux des frères retirent Joseph de la citerne, pendant que Juda reçoit des marchands le prix convenu.

43e, Joseph, entre les deux marchands, est conduit en Egypte.

44^. — Ruben, qui ne se trouvait pas avec ses frères lorsqu'ils vendirent Joseph, est revenu à la citerne , et paraît consterné de n'y plus voir l'enfant.

45e. — Ruben communique à ses frères ses inquiétudes sur le sort de Joseph.

46^ — Joseph est présenté et vendu à Putiphar par les deux marchands.

47e. — La femme de Putiphar, dans sa chambre à coucher où l'on voit le lit nuptial, essaie de séduire Joseph.

48e. — La femme de Putiphar, assise sur le bord du lit, les pieds déchaussés, attire Joseph par son manteau ; Joseph s'enfuit, laissant le manteau entre ses mains.

49e. — La femme de Putiphar accuse Joseph auprès des gens de sa maison, auxquels elle présente le manteau comme pièce de conviction.

50^ — La femme de Putiphar, tenant toujours le manteau, renouvelle Faccusation devant son mari. Celui-ci touche de son bâton de commandement l'esclave hébreu que deux hommes poussent dans une prison.

51^. — Pharaon, en riche costume de roi, sur son trône, fait conduire en prison l'échanson et le pannetier.

Rampes des panneaux, au passage B ; Rampe à gauche :

Joseph explique les songes de l'échanson et du pannetier. (Pl. V. fig. 1). - L'échanson rétabli dans sa charge fléchit le genou devant le roi, et lui sert à boire. (Id. fig. 2). ~ Le pannetier expire, suspendu au gibet. (Id. fig. 4.) La force armée est là. (Id. fig. 3.) Derrière la potence, le bourreau, genou en terre, fouille les habits du supplicié et en retire une saccoche bien remplie.

Rampe à droite : ^ Songes de Pharaon. — Le roi dort sur un magnifique siège à haut-dossier. — Les sept vaches grasses et les sept vaches maigres qu'il voit en songe forment deux groupes à ses pieds. — Dans la même attitude, le roi voit en songe les sept épis pleins et les sept épis maigres.

52^. — Pharaon demande aux devins de l'Égypte l'explication des songes qu'il a eus.

53^. — L'échanson parle à Pharaon, qui est sur son trône, de l'habileté de Joseph à expliquer les songes.

54^. — Joseph est tiré de sa prison, et paraît devant le roi assis sur son trône.

55»". — Joseph fait distribuer du blé aux Egyptiens. Un employé mesure le blé, un acheteur ouvre son sac pour le recevoir, un autre arrive avec son sac vide.

CÔTÉ DE l'évangile.

56^. — Paroi extérieure de la pyramide :

Pharaon investit Joseph du pouvoir de commander à toute FEgypte. — Entouré des officiers de sa cour, le roi met son anneau au doigt de Joseph qui fléchit le genou. — Le roi fait revêtir Joseph par deux personnages de sa cour d'une robe de fin lin. — Pharaon passe au cou de Joseph le coUier d'or.

Plinthe du haut dossier :

Triomphe de Joseph. Il est modestement assis dans un chariot à quatre roues traîné par deux chevaux ; un hérault le précède.

Miséricorde :

Mariage de Joseph. Le prêtre prend la main des époux pour les joindre. Riches costumes du prêtre, de Joseph et de la mariée.

Rampe de l'appui supérieur :

Les années d'abondance. — L'un bat le blé, un autre le vanne, un troisième l'ensache. — Mesurer le grain, emphr les sacs, les lier et les charger sur le dos, est la besogne des autres. — Un dernier personnage, chargé d'un sac, monte au grenier, bel édifice gothique d'où Joseph surveille tout ce travail.

57^. — Les armes d'Adrien de Hénencourt , doyen du Chapitre à l'époque de la construction des stalles, et insigne bienfaiteur de l'Eglise. Il portait, écartelé au l^r et ¥ de Hénencourt d'argent à trois maillets de sable, au 2^ et 3'^ de Beauvoir d'argent à trois bandes de gueules, sur le tout de Mailly-Conty d'or à trois maillets de gueules.

58^. — Jacob envoie ses enfants quérir du blé en Egypte ; Benjamin, qui doit rester, s'appuie sur le fauteuil paternel ; les dix autres sont debout, prêts à partir.

59^. — Les fils de Jacob devant Joseph. L'un présente une bourse pleine ; les autres portent des sacs vides. La présence des ânes bridés et sellés montre qu'ils ne font qu'arriver.

60^ — Joseph fait mettre ses frères en prison. L'un d'eux est déjà introduit dans le cachot; les autres le suivent, les mains liées.

61 — Joseph déUvre ses frères, à l'exception de Siméon qu'il retient en otage, et qu'il fait reconduire on prison ; les autres sont débarrassés de leurs liens; l'un d'eux est à genoux devant Joseph.

62^ — Joseph fait emplir de blé les sacs de ses frères et y mettre l'argent qu'ils avaient donné.

63^ — Les fils de Jacob retournent en Egypte; ils marchent à pied à côté de leurs ânes chargés de sacs.

64^. — Un officier de Joseph, envoyé à la poursuite des neuf frères, trouve l'argent dans un sac.

65*^. — Ruben fait connaître à Jacob que Joseph exige qu'on lui amène Benjamin.

66^ — Jacob consent au départ de Benjamin; il lui serre ! tendrement la main, et remet à Juda deux bourses pleines. ;

67e. flig (Je Jacob retournent en Egypte. Benjamin \

est au milieu d'eux; Juda le tient par la main. 1

68^ — Benjamin est présenté à Joseph; l'enfant fléchit les !

genoux et joint les mains. ]

69e. Joseph fait introduire ses frères dans son palais.

70^. — Les frères confessent qu'ils ont retrouvé Targent ] dans les sacs ; ils supplient l'intendant, les mains jointes ; Benjamin est à genoux. . ]

lie. — On a apporté de l'eau dans un bassin , et ils se lavent les pieds.

72e. — Le genou en terre , ils off'rent à Joseph, sur des plats, des fruits de diverses espèces.

73e. — Les frères sont à table. Joseph mange à part à une autre table ; il parle à Benjamin.

74^, — Joseph, entouré des officiers de sa maison , fait mettre l'argent dans les sacs de ses frères, et, de plus, sa coupe dans celui de Benjamin.

75e. — Joseph donne l'ordre de poursuivre ses frères; l'intendant, le bâton à la main , et des hommes armés vont partir.

76e. — La coupe est trouvée dans le sac de Benjamin ; l'enfant proteste, mains jointes, de son innocence.

77e. — Joseph accuse ses frères de vol; Juda et Benjamin sont tombés à genoux ; l'attitude de tous est suppliante.

78e. — Joseph qui vient de se manifester à ses frères embrasse tendrement Benjamin.

79e. — Jacob apprend de la bouche de ses fils que Joseph est vivant; il se dresse sur son siège dans un transport de joie.

80e. — Joseph., venu au devant de son père , se jette à son cou et l'embrasse en pleurant.

81e. ^ Pharaon, au miheu de sa cour, et dans toute la pompe de la majesté royale, reçoit Jacob qui lui est présenté par Joseph.

82e. — Joseph, à genoux devant Jacob, assis en un riche fauteuil, lui promet de Fensevelir dans le tombeau de ses pères. V - -

83e. — Ephraïm et Manassé, fils de Joseph , sont amenés devant Jacob^ cassé de vieillesse, assis sur son lit.

84e. — Jacob embrasse les fils de Joseph qui se sont approchés de son lit.

85e. Ephraïm est préféré à Manassé. Par une inspiration divine, Jacob croise ses bras de telle sorte qu'il place sa main droite sur la tête d'Ephraïm, le plus jeune^, et sa main gauche sur celle de Manassé. Joseph admire cette mystérieuse substitution.

86^. — Jacob, étendant la main vers Joseph qui est accompagné de ses deux fils, lui annonce qu'il va mourir, que Dieu sera avec lui, et qu'il lui fait une part spéciale dans son héritage.

Rampe du bout des stalles basses, au passage E :

Jacob, dans son fauteuil, prophétise la venue du Messie en présence de ses enfants; Joseph et Benjamin se tiennent près du fauteuil; les autres fils forment un groupe à part. — Mort de Jacob; le patriarche est étendu sur son lit, ses enfants désolés l'entourent.

87^. — Les Israélites, accablés de travaux par un nouveau Pharaon, construisent une grosse tour en maçonnerie.

88'*. — Pharaon en costume royal, debout, à la tête d'un pont jeté sur le Nil, fait précipiter dans le fleuve les enfants des hébreux; sous l'arche du pont;, on voit plusieurs de ces malheureux qu'entraîne le courant.

89^. ^ Moïse exposé; la mère le lance sur le fleuve dans une corbeille de jonc.

90^. — Moïse sauvé des eaux. La fille du roi est sur le bord du fleuve; sa suivante recueille Tenfant; la sœur de Moïse observe ce qui se passe.

91^. — La fille de Pharaon^ sans le savoir, donne Moïse à nourrir à sa propre mère ; Tenfant s'accroche au sein de sa mère.

92^. — Moïse allaité par sa mère dans le palais de Pharaon, devant la fille du monarque et ses dames d'honneur.

93^. Moïse, devenu grand, est remis à la fille de Pharaon. (Pl.IV.fig. 2.)

94e Moïse vengeur de ses frères tue un Egyptien. Il essaie ensuite de cacher le corps en le recouvrant de sable.

95^. ~ Moïse prend la faite; Pharaon, sur son trône, averti par un de ses officiers, donne l'ordre de le poursuivre.

Rampes des panneaux au passage G ; Rampe à droite :

Moïse communique à Aaron la mission qu'il a reçue de Dieu de délivrer son peuple ; à son front brillent déjà les rayons que le récit biblique ne lui attribue qu'à la descente du Sinaï. Costumes très-riches. — Deux groupes représentent l'assemblée des anciens, à laquelle président Moïse et Aaron.

Rampe à gauche :

Moïse et Aaron demandent à Pharaon de laisser aller le peuple de Dieu. Le roi paraît effrayé. Les Israélites debout, le bâton à la main, rangés autour d'une table, mangent l'agneau pascal.

96*^. — Les Israélites, au milieu desquels on reconnaît Moïse et Aaron^ cheminent dans le désert, les yeux fixés sur la colonne de nuée naïvement représentée par un fût de colonne couché en travers au sein d'un nuage.

97^. — Les Israélites, hommes et femmes, au milieu desquels on distingue Aaron, recueillent la manne tombée d'un gros nuage qu'on voit au-dessus du camp.

98^. — Aaron, en présence de Moïse agenouillé, introduit un gomor de manne dans le tabernacle figuré par un petit édicule, ou châsse oblongue à toit aigu, qui repose sur un autel de forme chrétienne. .

99^ -— Le Seigneur, au milieu d'un nuage qui couvre la

montagne, donne à Moïse agenouillé les tables de la loi. Au bas de la montagne, les Israélites attendent avec impatience; Tun d'eux interpelle Aaron.

100«. — Les Israélites adorent le veau d'or. L'idole est exposée sur une petite colonne que soutient un autel. — A cette vue, Moïse brise les tables de la loi.

101^. — Moïse rompt à coups de marteau le veau d'or posé sur une table, et il en donne les morceaux aux assistants qui les jettent au feu. L'un d'eux en retire la cendre avec une pelle, et la répand dans un courant d'eau; plusieurs puisent de cette eau et en boivent.

102^. — Moïse porte sur la montagne deux nouvelles tables de la loi toutes taillées. Dieu se montre dans un nuage. Le peuple attend.

103^. — Une flamme sort de l'autel et dévore Nadab et Al)iu qui ont porté une main sacrilège à l'encensoir.

104e. - Sacrifices à Moloch. (Pl. IV. fig. 3.) C'est sous l'image de cette idole à tête de veau béante, et aux flancs incandescents, que ie moyen-âge représente l'enfer, appelé a géhenne >) du nom de la vallée de Gehennon où les feux de Moloch dévoraient les enfants offerts en sacrifice.

105^. — Moïse, avec la verge miraculeuse, désigne le serpent d'airain aux Israélites qui cherchent à se défendre des morsures de nombreux reptiles.

1 06^. — Moïse frappe un rocher avec sa verge, et il en sort de Teau en abondance.

Rampes des panneaux , au passage F ; Rampe à droite : Deux hommes venant d'explorer la terre promise en rapportent, suspendue à un bâton, une grappe de raisin d'une grosseur prodigieuse. — Samson terrasse un lion. ~ 11 presse sous ses genoux les Philistins qu'il a vaincus armé d'une mâchoire d^âne. — Il dort sur le giron de Dalila qui lui tresse les cheveux avec le fd d'une trame.

Rampe à gauche : ^ Samson, àFombre d'un buisson, prie le Seigneur d'apaiser la soif qui le dévore : une source jaillit d'une des dents de la mâchoire. — Il enlève les deux portes de Gaza^, l'une sur l'épaule, l'autre sous le bras. — DaUla lui coupe sa chevelure. — La tête rasée, les yeux crevés, les mains chargées de liens^ Samson est conduit à Gaza par deux Philistins.

107e. David vient de terrasser un ours ; il est maintenant aux prises avec un lion.

108e. — David, en costume de berger , demande à Saul, assis sur son trône et accompagné de ses gens, d'aller combattre Goliath.

109e. — Goliath frappé au front tombe à la renverse dans les bras de son écuyer ; le jeune vainqueur, à quelque distance, tient sa fronde d^me main et sa houlette de l'autre.

110e. — David tranche la tête à Goliath avec l'énorme sabre qu'il lui a ravi ; les Philistins prennent la fuite.

Rampe du bout des stalles basses, du côté de la nef: Job dans la prospérité. Joli groupe, comprenant Job, sa

femme, leurs dix enfants et leurs troupeaux (Pl. X. fig. 2.).

— Job sur son fumier, dans l'attitude de la résignation (Id.).

— Le Père éternel glorifie la patience de Job. (Id.\ — Job en proie au désespoir. — Les amis de Job.

Ici se termine, un peu brusquement peut-être, la représentation de l'ancien Testament. Pour s'être trop complu dans les détails , si touchants d^ailleurs et si instructifs de la vie des premiers patriarches , l'auteur de notre poëme sculptural a dû , faute d^espace , précipiter la marche du récit, et s'arrêter 7i l'entrée d'une époque bien solennelle encore de Thistoire sainte, celle qui devait nous conduire par Salomon, Judith, Judas-Machabée et Jean-Baptiste, jusqu'à Jésus-Christ. Mais les images les plus saillantes du Sauveur et de l'ère chrétienne reluisent principalement dans les grands traits du Pentateuque et de l'histoire des premiers rois^ depuis le Paradis terrestre jusqu'à David : et nous avons tout cela. Au grand portail, et au portail St-Honoré de notre cathédrale, la conception est plus grande, la manière est plus large et plus savante , l'ordonnance, la composition des tableaux est mieux calculée : mais c'est l'œuvre du xnie siècle ; et s'il faut s'étonner de quelque chose, n'est-ce pas que Fesprit du xvi<^ se fasse à peine sentir dans les sculptures de notre boiserie, et qu'elles présentent un cachet si profondément rehgieux^ à l'exclusion de toute idée païenne. ?

LES PiNNElUX ET LES STALLES-M A. (TRESSES

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