EN L’AN MIL QUATRE CENS ET DOUZE
tiers jours d’avril que plüye arrouze
LES RIENS DE LA TERRE, LA JOURNEE QUE LA PASQUE FUT CELEBREE NOBLE HOMME ET REVEREND PERE JEHAN DE BOISSEY, DE LA MERE EC.LISE DE BAYEUX PASTEUR RENDIT L’AME A SON CREATEUR;
ET LORS EN POISSANT LA PLACE DEVANT LE GRAND AUTEL DE GRACE TROVA L’ON LA BASSE CHAPELLE DONT IL N’aYOIT ETE NOUVELLE OU IL EST MIS EN SEPULTURE DIEU VEUILLE AVOIR SON AME EN CURE AMEN.
cette crypte, nous avons retrouvé les restes d’une aire en béton (coloré en rouge par de la brique), qui pénétrait dans' les fondations des piliers.
Lorsqu’après la destruction de l’édifice bâti aux frais de Rollon, l’évêque Hugues commença la construction d’une nouvelle église, la Normandie avait fait de grands progrès sous l’habile gouvernement de ses ducs; c’était, au onzième siècle, un des plus riches pays de l’Occident et un des plus avancés dans les arts. Aussi, ce fut sur un nouveau plan que ce riche prélat, fils de Raoul, comte de Bayeux et d’Ivry (1015-1049), entreprit la reconstruction de sa cathédrale.
« Il voulait, dit l’abbé Beziers, une église bien plus grande et plus puissante que la précédente. Il n’eut pas la satisfaction de la voir finie, étant mort en 1049.
« Aidé de son frère utérin, Guillaume, duc de Normandie, Odon de Conteville (1050-1097), successeur de Hugues, continua l’ouvrage et y fit des augmentations considérables. Plus heureux que son prédécesseur, il en fit faire la dédicace par Jean, archevêque de Rouen, le 14 juillet 1077, suivant Orderic Vital; en 1078, suivant une charte de cette église.
«A peine trente ans s’étaient écoulés depuis sa dédicace, que cette église fut brûlée par les troupes de Henri Ier, roi d’Angleterre, qui était venu soumettre Robert de Belesmeet Guillaume de Mortain révoltés contre lui avec une partie des barons normands.
«Après la guerre, en 1107, Henri fit réparer l’église *, et elle resta en cet état jusqu’en 1159, où elle fut de nouveau brûlée. »
Nous n’avons trouvé de trace de cet incendie que sur un seul point des constructions romanes que nous avons mises à découvert : c’est au-dessus des chapiteaux du pilier qui porte l’angle Nord-Est de la tour.
On doit rapporter à ces deux constructions d’Odon et d’Henri 1er tout ce qui se trouve d’architecture romane dans la cathédrale de Bayeux, à savoir : les
1 Voici le texte de Guillaume de Malmesbury, le plus explicite des auteurs qui rapportent ces derniers faits : « Rex Henricus Baiotas civitatem cum principali ecclesia igflibus absumpsit... Detrimenta ecclesiæ « rex mirifice resarcivit. »
DESCRIPTION DES TRAVAUX
tympans des arcades de la nef, les tours du portail jusqu'à la base des flèches, et la partie basse de la tour centrale. A ces parties apparentes, nos travaux de reprise en sous-œuvre nous permettent de joindre les parties enfouies sous le sol ou noyées dans les constructions postérieures; en voici l'indication :
En déblayant, on a retrouvé, à ira,10 au-dessous du pavé delà nef actuelle, les traces d’un ancien dallage en briques émaillées et de la couche en béton sur laquelle il reposait; ce dallage donne le niveau de l’ancienne église. Les bases des piliers de la nef étaient, du côté Nord, à 0m,76 en contre-bas du niveau actuel et à 0m,64 seulement, du côté Sud; il est vrai qu’elles reposent sur un socle très-large qui a dù être apparent, si l'on en juge par les rejointoiements. Un socle analogue devait exister sous les bases des piliers supportant la tour centrale; ces bases étaient, du côté de la nef, à 0m,35 et 0n’,25 au-dessus du dallage, et se trouvaient à son niveau, du côté du chœur. Quant au chœur, son élévation est donnée par les voûtes de la crypte; il devait être au moins à 0ra,6G au-dessus de la nef; mais il n’a pas été possible de retrouver de trace des escaliers par lesquels on y accédait.
Les travaux de démolition des anciennes maçonneries nous ont fourni des renseignements encore plus nombreux. Ils ont permis de reconnaître, dans l’in térieur des piliers de la croisée et des deux premiers de la nef, les anciens piliers plus ou moins mutilés de la cathédrale d'Odon. C’est afin de conserver les constructions qui se trouvaient au-dessus, qu'on a laissé subsister ces noyaux dans la reconstruction de l’époque suivante. Les piliers, moins volumineux que ceux qu’on leur a substitués, sont composés, dans la nef, d'un massif de lm,05 de côté (pl. XVI, fig. 5), cantonné de quatre colonnes de 0m,6G de diamètre engagées au tiers; on a pu reconnaître que le tailloir unique des deux chapiteaux sur lesquels retombent les archivoltes sculptées, est le même qui recouvrait, dans la construction primitive, le chapiteau unique de la colonne romane regardant la nef. On peut remarquer ici, comme singularité, que ces piliers ne sont ni également espacés, ni placés en face les uns des autres (pl. I), et que les arcades du côté Nord sont de 0m,50 plus élevées que celles du côté Sud.
Dans la croisée, les piliers, quoique plus forts et de 2 mètres environ de
côté, n’étaient ornés que de quatre colonnes du même diamètre (0m,66; — voir pl. XVI, fîg. 1, 2, 3, 4). De ces colonnes, celles seulement qui portaient les arcs-doubleaux traversant la grande nef s’élèvent, d’un seul jet, à 13m,50; les autres ne s’élèvent qu’à la hauteur de celles de la nef; dans les transepts, la courbure de l’arcade qui surmonte les colonnes indique l’existence d’une colonne intermédiaire entre les gros piliers. Cette colonne supportait la tribune qui régnait sans doute sur les transepts comme sur les bas côtés de la nef et du chœur, à 9m,15 de hauteur; on trouve, sur les élévations Sud et Est du pilier S. -O. \ le commencement de la voûte d’arête qui la supportait (pl. XX et XXI). Les chapiteaux des grands piliers étaient à une hauteur de 13m,50, c’està-dire à 4 mètres plus bas que les chapiteaux actuels; et, lors de leur démolition, on a retrouvé les premiers voussoirs des arcs plein-cintre dont la clef se trouvait à 20 mètres du sol.
Nous avons fait relever, pierre par pierre, les élévations complètes de ces piliers; elles se trouvent représentées dans les planches XVII à XXIV. Ces dessins nous ont paru utiles pour l’histoire de l’architecture ; ils nous serviront aussi à expliquer les causes des accidents qui s’étaient produits dans ces derniers temps. On peut juger, en les examinant, que, si l’ancienne cathédrale offrait moins de hauteur et d’élégance que celle qui l’a remplacée, elle avait une apparence plus vaste par suite de la légèreté des piliers. Nous avons aussi fait graver (pl. XXV) trois des chapiteaux retrouvés qui se distinguent par quelques sculptures; les autres, plus simples, offrent beaucoup d’analogie avec ceux de la crypte. (Voir dans le Bulletin monumental, publié sous la direction de M. de Gaumont, année 1859, p. 465, un Mémoire de M. de Cussy sur ces chapiteaux.)
Les arcatures, dont il reste encore des vestiges sur les murs de la tour (pl. XXII), sont trop ornementées pour ne pas indiquer que la tour était vue de 1 intérieur de l’église, comme à Saint-Etienne de Caen et à Coutances. Der-
1 Nous appellerons piliers S. -O., S.-E., N.-O. et N.-E., les piliers qui portent les angles Sud-Ouest, Sud-Est, Nord-Ouest et Nord-Est de la tour. L’orientation est indiquée en supposant que l’on se place au centre de la croisée ; le chœur se trouve alors à UEst, la nef à l’Ouest, l’un des transepts au Nord et l’autre au Sud.
DESCRIPTION DES TRAVAUX
rière ces arcatures, il existe, dans les angles S.-E. et S. -O., des escaliers romans analogues par leur construction à ceux des tours du portail, et qui devaient donner accès aux galeries plus élevées surmontant sans doute les arcatures. Le noyau de ces escaliers n’est pas formé uniquement par l’extrémité de la marche, comme dans les escaliers gothiques, mais par un revêtement en pierre dans les parties vues et par les retombées de la voûte rampante en moellons, sur laquelle on a posé les marches.
La planche XXIII donne la position du toit qui recouvrait le chœur; il était à la même hauteur que celui de la nef, et 5 mètres moins haut que le comble actuel. On voit encore quelques-unes des colonnes qui ornaient extérieurement la tour.
Pour compléter les indications qui précèdent et pour reconstruire par la pensée la basilique d’Odon, il faut étudier l’église del’Abbaye-aux-Dames à Caen, construite à la même époque et consacrée, en 1066, par Maurice, archevêque de Rouen. C’est la même simplicité de profils; ce sont les mêmes piliers carrés cantonnés de quatre colonnes. Quanta l’église de Saint-Etienne de Caen, consacrée la même année que la cathédrale de Bayeux, elle avait été commencée en 1060 ou 1064, c’est-à-clire dix-huit ou vingt ans après que Hugues de Bayeux eut posé la première pierre de sa cathédrale; aussi, quoique comparable, par la simplicité des formes, à l’architecture que nous venons d'étudier, offre-t-elle un progrès manifeste par la multiplication des parties.
Revenons à l’historique de la construction.
Après l’incendie de 1159, Philippe de Harcourt, évêque de Bayeux (1142- 1164), fit travailler activement à la reconstruction de la cathédrale actuelle1. Son successeur, Henri de Salisbury (1165-1205), continua les travaux qui furent terminés par Robert des Ablèges (1205-1231). Le nom de tous les évêques de Bayeux, depuis Hugues qui commença la cathédrale jusqu'à Robert qui l’a
1 Anno 1161. — « Ecclesia Baiocensi igné combusta, Philippus episcopiis in eius restauratione « iterum viriliter laborat. » (Robert du Mont, dans l’Appendice à la Chronogràpliie de Sigebcrt de Gembloux . )
terminée, se trouve inscrit sur la voûte du chœur, en caractères de l’époque, à la suite des fresques grossières représentant les premiers évêques du siège. On y voit aussi les deux noms Pelrus et Guillemus, que l’on peut croire être ceux des architectes de l’église.
Dans cette période (11G1 à 12111), s’élevèrent la partie haute de la nef avec les bas-côtés, sans les chapelles latérales, et le chœur tout entier avec les chapelles qui l’entourent, y compris la chapelle de la Vierge et la sacristie à double étage. Toutes ces constructions sont pleines de goût et faites avec une admirable entente de l’art de bâtir; le chœur et les chapelles absidiales forment surtout un ensemble d’une grande perfection et d’une unité parfaite.
Nous n’hésitons pas à rapporter à la même époque le revêtement des piliers de la nef, malgré leur forme romane, ainsi que les chapiteaux délicats qui les surmontent et les deux rangs d’arceaux intérieurs des archivoltes. En effet, dans les tympans et les archivoltes romanes sculptées, le travail de la pierre diffère essentiellement de celui des parties que nous venons d’indiquer; les pierres n’ont pas été retouchées après la pose, tandis que les parties ajoutées ont été ragréées et présentent un travail identique avec celui des bas-côtés en style ogival; les moulures des arceaux en plein cintre sont les mêmes que celles des arcs ogivaux qui couvrent les bas-côtés de la nef, et cet ensemble forme un tout homogène, la sculpture des chapitaux offre, de plus, des coïncidences remarquables, par les formes et le fini du travail, avec celle du reste de la construction. Ce respect de l’ancienne forme, cette restauration intelligente de ces belles arcades, n’offre rien d'improbable de la part d’un architecte qui a su montrer, dans les moindres détails, un esprit si juste et si pratique. Il a substitué, à la colonne romane regardant la nef, deux colonnettes plus légères (pl, XVI, fig. 5) dont le double chapiteau porte l’ancien tailloir; sur les autres côtés, il a augmenté l’épaisseur du pilier, en multipliant les colonnettes; puis il a remplacé, par un double rang de claveaux, l’archivolte inférieure. Tout ce remaniement, dont on ne s’aperçoit pas au premier coup d’œil, est facile à constater lorsqu’on étudie de près la différence des moulures et la manière dont elles se recouvrent et se pénètrent.
DESCRIPTION DES TRAVAUX
A la mort de Robert des Ablèges (1231), l’église de Bayeux présentait un ensemble complet : le chœur était entouré de toutes ses chapelles, et l’ancien transept le reliait à la nef, à l'extrémité de laquelle s’élevaient les tours du portail. Bien des parties cependant restaient imparfaites, et ne furent complétées qu’au fur et à mesure des nouvelles ressources affectées, suivant le désir du donateur, tantôt à une partie, tantôt à l’autre dé l'édifice. Les documents nous manquent pour suivre, pas à pas, ces travaux souvent languissants, quelquefois interrompus. Nous renvoyons nos lecteurs au travail publié en 1847 dans le Calvados monumental, ainsi qu’à la notice si complète et si intéressante de M. l’abbé Laffetay, membre du chapitre de Bayeux, sur les fondations, les obits et les sépultures de la cathédrale ( Bulletin de la Société d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres de Bayeux, 1852), et nous nous bornons à indiquer, à grands traits, le travail de chaque siècle.
La salle du chapitre, quelques chapelles au sud delà nef et peut-être aussi le transept Nord, sont l’œuvre de la fin du treizième siècle. À la même époque, on renforça, par des constructions en style ogival, la tour Nord du portail, pour la rendre capable de porter la flèche dont on la surmonta. Ces constructions masquent à l’extérieur, sur le tiers de la hauteur, toute la partie romane, qui n'est plus apparente que dans les étages supérieurs et inférieurs.
Au quatorzième siècle, on construisit les autres chapelles de la nef, la flèche Sud du portail, le transept Sud et le revêtement des piliers de la croisée. Ce dernier travail eut pour but, non-seulement de modifier les parties romanes dont la simplicité faisait disparate avec le luxe du reste de l’édifice, mais encore de donner à ces piliers une force suffisante pour supporter le poids d’une tour plus importante que celle qui existait déjà.
On conserva, pour soutenir les constructions supérieures, une partie de l'ancien pilier, qui devint le noyau du nouveau. Les fouilles que nous avons faites prouvent que l’on se contenta, pour les fondations de ce revêtement, d'un empâtement posé sur les décombres, autour des fondations romanes, sans descendre
jusqu’au sol résistant. A cette occasion, on reconstruisit toutes les arcades infé-
Heures voisines de ces gros piliers, sauf les deux du chœur. Mais l architecte
du quatorzième siècle, inférieur en bien des points à celui du treizième, n’imita pas la sage réserve de son devancier; il changea en arcades gothiques deux des arcades romanes de la nef, et employa les pierres sculptées des tympans comme moellons de remplissage. Les fenêtres supérieures, dont les formes ne choquaient point ses habitudes, furent respectées et leurs moulures vinrent pénétrer l’enveloppe des piliers. Les grandes arcades romanes, trop basses par rapport au reste de l’édifice, furent remplacées par d’autres de forme ogivale, découpées dans le mur de la tour romane et surélevées de 4 mètres à leur naissance. Nous verrons, dans le chapitre relatif à la démolition des piliers, quels sont les défauts de ces constructions qui, par la suite, occasionnèrent la ruine de la tour.
A la fin du quatorzième siècle, l’intérieur de l’église était, dans son ensemble, tel que nous le voyons; on a seulement fait, dans les siècles suivants, quelques réparations occasionnées par la découverte de la crypte (1412) et des modifications dans les fenêtres des chapelles de la nef.
Le quinzième siècle a vu construire la tour qui s’élève, au centre de l’édifice, sur les piliers dont nous venons de voir la consolidation. Mgr Habart construisit la tour carrée de 1425 à 1427. Cette masse attendit, pendant cinquante ans, un couronnement digne d’elle; ce fut Mgr Louis de Harcourt, patriarche de Jérusalem, qui se chargea de fournir ce complément à l’ensemble extérieur de la cathédrale. Nous devons, sur ce sujet, à l’obligeance de M. l’abbé Laffetay, des renseignements inédits et très-précis que nous sommes heureux de pouvoir reproduire :
« Le 26 septembre 1477, Louis de Harcourt, évêque de Bayeux et patriarche de Jérusalem, fit proposer au chapitre par Nicole Michel, fabricier de la cathédrale, de terminer à ses frais la tour carrée depuis longtemps imparfaite. Il eut soin de déclarer que, dans le cas où la tour s’écroulerait plus tard sous le poids de cette surchargeai n’entendait pas que la responsabilité lui en fût attribuée 1 ;
! « Ne si (quod Deus avcrtat) ex hàc dicta superædificatione aliquid ruinæ in pqsterum contingeret, « sibi et suæ liuic devotioni quoquomodô valeat imputari. »
DESCRIPTION DES TRAVAUX
c'était au chapitre à se prononcer sur l’opportunité de la mesure qui lui était soumise. Après une mûre délibération, le chapitre agréa la proposition du patriarche, lui vota des remerciements unanimes, décida que pendant le reste de sa vie on prierait publiquement pour lui à la messe capitulaire, et lui offrit une place pour sa sépulture dans l’enceinte du chœur, auprès du grand lutrin.
« Il résulte de ce curieux procès-verbal, inséré dans un de nos cartulaires, que la partie carrée de la tour centrale est antérieure à l'épiscopat de Louis de Harcourt, et quelle avait été commencée longtemps avant lui.
« Les travaux, commencés le 1er octobre de la même année, durèrent vingtdeux mois; ils coûtèrent -4,092 liv. 12 s. G d. Le compte en fut rédigé par le fabricier, dans un manuscrit de vingt-sept feuillets, dont le titre était ainsi conçu : Le compte de la recepte et mises faites par moi Nichole Michiel, pénitencier et fabricier de l'église de Baijeux, à l'occasion de l'édifice de la couronne élevée et assise sur le cueur de ladite église depuis le premier jour d'octobre 1477, auquel jour ledit œuvre fut commencé, jusqu'au même jour d'août l'an 1479, dedans lequel jour il fut achevé, hors le bonnet qui couvre le dedans de la couronne ; le tout du bien et denier de très-révérend père en Dieu }Pr Loijs de Harcourt, patriarche de Jérusalem.
« L'expression employée par le fabricier pour caractériser l'œuvre du patriarche est d’une justesse remarquable. Ramenée à ses éléments primitifs, la tour octogone représenterait, en effet, une couronne ducale dont les huit pans sont découpés à jour, dans le style ogival flamboyant; l'ornementation en est riche et variée. Les feuilles de choux, les chardons, les expansions végétales contournées et profondément fouillées, y abondent; dans les fenêtres, les fleurs de lis alternent avec les cœurs allongés. Ce dernier type a fourni le dessin de la balustrade, aux angles de laquelle se dressent des statues. On remarque, en plusieurs endroits, les armes du patriarche; elles sont quelquefois associées à celles de la Normandie, dont il était vice-roi. »
En 1676, un incendie détruisit la charpente de la coupole en plomb que le fabricier Nicole appelle le bonnet. Cet incendie a laissé des traces profondes; les pierres, dans 1 intérieur de la tour octogonale, ont éprouvé Faction du feu sur
EXÉCUTÉS A LA CATHÉDRALE DE BAVEUX. 21
une profondeur de 0m,02, et on voit encore des parcelles de plomb incrustées sur les bancs et sur les voûtes de cette tour.!
Ce ne fut qu’à la fin de l’épiscopat de Mgr de Nesmond, en 1714 et 1715, que la restauration de la tour fut confiée à Moussard, architecte du roi, originaire deBayeux. A la coupole en plomb il substitua un dôme en pierre. Indépendamment de la beauté de la forme, sur laquelle on peut différer d’opinion, ce dôme ne manquait pas démérité dans sa construction; il était léger et parfaitement appareillé. On dit que cet architecte, s’étant aperçu que des lézardes existaient dans un des piliers de) la croisée, diminua de 25 pieds la hauteur de son premier projet, afin de ne pas dépasser le poids de l’ancienne coupole.