LA DUCHESSE; CATHERINE
CATHRRINE
... Madame, j'ai pour vous le plus profond et le plus affectueux respect. Je crois que, de votre côté, vous n'avez pas cessé de me conserver votre maternelle estime... Eh bien ! au nom de ces sentiments que je voudrais tant sauvegarder jusqu'à la dernière heure, je vous supplie de ne pas me parler pour essayer en vain de me faire revenir sur ma décision. Ni vous, ni moi, ne sommes responsables de ce qui est arrivé. Mais à présenl il
n'y a plus d'entente possible entre nous et je me ferais scrupule de vous demander de choisir entre votre fils et moi.
LA DUCHESSE
Vous auriez tort. J'ai choisi. Je suis avec vous contre mon iils.
Vous, madame !
LA DUCHESSE
Je fais mon devoir en vous le disant. Il me coûte. Mais, c'est parce qu'il me coûte que je le fais. C'est la règle de la vie, ma pauvre enfant. Faire ce qui coûte le plus. Pensez-y plus tard. François a manqué atout le monde, à vous, à moi, il s'est manqué à lui-même. Je le lui ai dit, je suis prête à le lui répéter devant vous.
Oh ! non !
LA DUCHESSE
Il faut donc qu'il expie sa faute et, puisque vous ne vous sentez pas le courage de lui pardonner...
Catherine, bas, avec effort.
Je ne peux pas !
LA DUCHESSE
Et que vous avez résolu de partir... eh bien... nous verrons... en temps et lieu, si votre départ est vraiment la seule solution possible. En attendant... il désire... une chose que je trouve légitime. Il veut vous voir et vous
parler.
A quoi bon?
LA DUCHESSE
Vous ne pouvez lui refuser cela! Et à moi encore moins.
... Eh bien !... soit !...
LA DUCHESSE
Puis-je le prévenir tout de suite ?
... Si vous voulez.
Je vais vous l'envoyer... Ce qui coûte le plus.