XIV INTRODUCTION HISTORIQUE
de France où il était exilé, afin de lui donner à conquérir la couronne d'Angleterre.
Pour les ennemis de la maison d'York, le comte de Richemont ne fut donc qu'un roi d'expédient : mais cet expédient triompha par la victoire de Botworth, remportée contre Richard III ; le prétendant lancastrien eut d'abord pour lui le jugement de Dieu. Bientôt après, le Parlement le reconnut pour légitime souverain : il s'intitula, dès lors, roi par la grâce de Dieu, et se fit couronner solennellement par l'archevêque de Gantorbéry.
Il épousa ensuite, comme il l'avait promis avant même de venir en Angleterre, la princesse Elisabeth, qui, après la mort violente de ses deux frères, représentait, comme fille d'Edouard IV, les droits de la branche aînée de la maison d'York.
On n'est pas très bien renseigné sur l'extérieur et les qualités physiques de Henri VII. Il paraît qu'il était de taille moyenne et ne jouissait pas d'une robuste constitution. Les diplomates étrangers qui furent en rapport avec lui disent qu'il avait de la physionomie et beaucoup de mobilité dans le regard. Son séjour prolongé en Bretagne et en France lui avait donné une grande habitude de la langue française : il la parla très bien
d'exclusion de tous droits au trône d'Angleterre. Une lille da comte de Sommerset, ainsi légiliraée, la princesse Catherine, épousa d'abord le roi Henri V, puis Owen Tudor. Elle eut de ce dernier une fille appelée Marguerite qui se maria avec le comte do Richemont, lequel fut le père de Henri VII.
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jusqu'à la fin de sa vie. On assure que sa tournure et ses manières étaient celles d'un Français plutôt que d'un Anglais. Il écrivait dans les deux langues avec une égale facilité.
Les historiens anglais n'ont pas nié les défauts de ce prince ; mais ils ont préconisé son humanité et sa clémence.
Encadré dans l'histoire entre Richard III, qui était un monstre, et Henri VIII, qui fut un tyran, il dut bénéficier de ce double voisinage. La comparaison ne pouvait que lui être favorable.
Ce qu'il y a de mieux à dire sur son compte, c'est qu'il eut plus soif d'or que de sang.
Il voulut bien pardonner, dans une certaine mesure, aux seigneurs yorkistes qu'il avait vaincus, d'avoir défendu leur souverain à qui ils avaient promis fidélité. Il ne les fit pas condamner à l'affreux supplice des traîtres. C'était, il faut le dire, une sorte d'innovation dans la longue série des représailles politiques en Angleterre. Mais ces seigneurs furent contraints de s'humilier et de se mettre, comme on le disait alors, à la merci du roi, dont la magnanimité daignait leur faire grâce de la vie, en ne prenant que leurs biens.
Il est vrai que Henri VII ne fut pas aussi Indulgent à l'égard du comte de SufTolk, fils du duc de Clarence et dernier rejeton de la branche cadette de la maison d'York. Ce jeune prince, qui pouvait devenir un prétendant dangereux, avait été enfermé dans la Tour tIp