‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 101 sur 400 · MARIAGE ET COURONNEMENT DE LA REINE · texte numérisé non relu

MARIAGE ET COURONNEMENT DE LA REINE

plus tard de lui faire de l'opposition, tels que Fisher et Thomas Morus : et ceux-là môme tenaient à leur décevante illusion, comme à une sorte de foi monarchique ; ils n'y renoncèrent qu'avec peine, et à la dernière extrémité, parce que leur devoir comme catholiques devait l'emporter, dans leur conscience, sur leur attachement chevaleresque à leur souverain.

Quelques jours après le mariage, une nouvelle ovation était préparée à Catherine et à son époux, c'était la cérémonie du couronnement.

Le 21 juin, le roi et la reine avaient couché à la Tour. Le 29, ils quittaient le vieux donjon pour se rendre à Westminster, en traversant les rues de la Cité, toutes tendues de tapisseries et richement ornées, comme en un jour de grande fête. Le long de ces rues étroites, des jeunes filles, vêtues de blanc, tenaient à la main des bouquets de fleurs ; la reine, en litière découverte, traînée par deux chevaux blancs, était resplendissante de pierreries ; elle attirait les regards par sa parure ; elle gagnait tous les cœurs par sa grâce et sa beauté. Les vivat retentissaient sur son passage.

Il existe encore au Vatican une lettre autographe de Henri VIII au cardinal Sixte de la Rovère ; elle rend compte, à ce prince de l'Eglise, du mariage royal et du couronnement qui l'a suivi. En voici le texte. On y reconnaîtra sous la couleur officielle du style le profond contentement du jeune roi.

« Afin que votre Révérendissime Eminence soit exac- « tement informée des derniers événements qui ont « suivi la mort de notre sérénissime roi et père, nous (( lui faisons savoir que, prenant en considération les « hautes vertus de la princesse Catherine, fille du roi

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