CORRESPONDANCE AFFECTUEUSE
elle. On peut en juger par cette lettre qu'il écrivait à Ferdinand :
« Soyez content d'apprendre combien tendrement je « vous aime. Je vous regarde comme un second père. « D'une alliance intime entre l'Angleterre et l'Espagne, a on ne saurait attendre que les plus grands avanta- « ges. Je préfère votre alliance à celle de n'importe (( quel prince, et je n'hésiterais pas, s'il était nécessaire, « de les rejeter toutes, pour conserver votre amitié. En « fils qui connaît son devoir, je ne manquerai pas de « déférer à tous vos désirs et commandements, comme « je le ferais à l'égard de feu mon père, s'il vivait « encore. »
Il parle ensuite politique et donne d'assez bonnes raisons contre la destruction de la république de Venise : Venise est un rempart contre les Turcs, Venise est un obstacle aux aspirations ambitieuses de certains princes chrétiens.
« La reine, dit-il plus loin, est enceinte, et l'enfant « qui est dans son sein a donné signe de vie. Réjouis- « sez-vous de cette bonne nouvelle, vous et tout votre « royaume. Je pense que la reine Juana l'apprendra « aussi avec plaisir. »
Il le remercie, en finissant, de son affection et de sa sollicitude paternelle et promet encore de lui obéir comme à son père i.
Dans cette même lettre, il dit qu'il attend avec impatience le nouvel ambassadeur espagnol, et qu'il fera à toutes ses communications les réponses les plus complètes et les plus franches.
l. Oalendar, tome II, pages 23-24. Lettre du 1" novembre 1510.