‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 13 sur 400 · XX INTRODUCTION HISTORIQUE · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION HISTORIQUE

exposé à perdre la couronne et la vie. L'assemblée des nobles de Gastille, qui se réunit à Toro de Guisando, déclara qu'Isabelle était son héritière présomptive et devait être proclamée princesse des Asturies.

Déjà Isabelle avait repoussé avec une douceur ferme et mesurée l'offre prématurée qui lui avait été faite du trône de Gastille. Elle se contenta, dans cette occasion, de faire reconnaître sa liberté et son indépendance complète dans le choix d'un époux. On sait qu'elle en profita pour se marier avec Ferdinand d'Aragon, malgré l'opposition de son frère Henri IV.

Elle respecta pourtant très scrupuleusement les pouvoirs et les droits de ce prince tant qu'il vécut. Mais, aussitôt après sa mort, fidèle à l'espèce de pacte qu'elle avait contracté avec la Gastille, elle saisit d'une main vigoureuse les rênes du gouvernement. Elle avait traversé dans sa jeunesse, avec une grande habileté et un tact infini les obstacles les plus divers, les péripéties les plus singulières. Mariée, après de romanesques aventures, avec l'infant Ferdinand d'Aragon, elle le fit monter à côté d'elle sur le trône de Gastille, ce qui lui créa une situation difficile et délicate. Il fallut qu'elle fît sa part de pouvoir à son royal époux, part qu'il trouvait toujours au-dessous de ce qui lui était dû. Ge ne fut pas trop de toutes les grâces, de toutes les séductions, de tout le savoir faire d'Isabelle pour calmer les ombrages et les susceptibilités du Ferdinand. Elle parvint à lui faire comprendre que toute division de pouvoir entre

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