‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 135 sur 400 · ORIGLNE DES BOLEYN. — LEUR MORALITÉ · texte numérisé non relu

ORIGLNE DES BOLEYN. — LEUR MORALITÉ

les insurgés de Cornouailles et fit une alliance qui Tintroduisit dans la plus haute aristocratie de la Grande- Bretagne. Il épousa Elisabeth, fille du comte de Surrey, qui plus tard devint duc de Norfolk. Sir Thomas Boleyn et son fils Georges étaient très bien vus à la cour de Henri VIII. Ils appartenaient à la pléiade de ses favoris, pléiade brillante, mais peu recommandable. On peut se faire une idée des mœurs qui régnaient dans cet entourage intime du roi, par les portraits suivants que le docteur Brewer a dessinés d'après les documents que lui-même vient de mettre au jour.

Les principaux de ces favoris était sir ^Mlliam Compton, sir Francis Bryant, sir Henri Norris, sir Thomas Boleyn et Georges Boleyn ; il faut y ajouter le duc de Suffolk, exclusivement remarquable par sa force et sa haute stature ; le duc de Norfolk, un petit homme maigre et fiuet, au sourire sarcastique, et d'un caractère plus cruel encore que son sourire.

Sir Thomas Boleyn avait été élevé à la dignité de pair en lo2o, sous le nom de lord Rochford.

Il était, comme on sait, le père d'Anne de Boleyn; le duc de Norfolk était son oncle, Georges Boleyn son frère, Norris son allié et son admirateur, Compton son ami intime. Avec eux, Henri passait la journée à la chasse, la nuit au jeu, où il perdait souvent des sommes énormes.

Pas un de ces jeunes seigneurs ne professait le moindre respect pour la sainteté du mariage, ils se faisaient un jeu de la séduction et de la violation des liens les plus sacrés. Ainsi Suffolk avait été fiancé à une jeune personne de bonne maison ; il se maria avec une autre ; puis il fit rompre cette union, sous prétexte de l'engagement

•JoG MAUVAISE nÉFUTATIOX DES COUMTISANS DE HENRI.

antérieurement contracté, et en revint à prendre celle qu'il avait d'abord rejetée. Norfolk vivait avec sa femme dans les termes les plus scandaleux.

Sir William Gompton avait été cité en cour ecclésiastique, comme vivant avec une femme mariée. La conduite et le sort ultérieur de Norris et de Georges Boleyn sont trop connus pour qu'il soit nécessaire de donner de plus longs détails à leur égard. Sir Francis Bryant était le chef de tous ces gais compagnons; chargé de pourvoir aux amusements du roi, il était le ministre principal de ses plaisirs : Il passait pour encore plus dissolu que tous les autres courtisans \

On comprend que sous l'influence d'une compagnie pareille, Henri VIII devait être peu disposé à la vie sérieuse des affaires. Rien n'égalait son ennui et son dégoût quand il voyait déployer sur son bureau une longue fiic de dépêches et de pièces â si(jnei\ S'il avait paru prendre un moment à cœur de régner par lui-même, il s'était bien vite lassé de toute espèce de travail, et c'est sur le cardinal Wolsey qu'il s'était déchargé des soucis de la royauté, en lui laissant tous les soins du gouvernement.

Sir Thomas Boleyn, dont la faveur à la cour ne saurait certainement s'expliquer par le mérite personnel, passait pour avoir été un mari volontairement trompé; il avait, dit-on, mis à profit, dans l'intérêt de sa fortune, l'habileté d'une femme qui ne reculait devant aucun moven d'accroître encore l'élévation de

\'lelUr!ianddespatches.\i\iYOÙ.\iQi\on, parle docteur Brewer.IV" vol., p. ccx-viii-ccxx. -- Norris et Boleyn périrent sur l'échafaud. Bryant tenait sur les amours du roi des propos d'une révoltante grossièreté.

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