MARIE DE BOLEYN MAITRESSE DE HENRI VIII
On serait tenté de croire que Thomas Boleyn se préoccupait moins de sauvegarder l'innocence et la vertu de sa fille que de perfectionner en elle les qualités brillantes dont la nature l'avait douée, et de lui enseigner l'art de plaire aux princes et aux rois.
Marie de Boleyn, un peu plus âgée qu'Anne, sa sœur, avait reçu, comme elle, une éducation très soignée, mais elle n'était pas allée apprendre en France la science des coquetteries raffinées et des résistances habiles.
Aussi, avant qu'Anne de Boleyn fût' revenue de France, Henri VIII, ayant adressé ses hommages à sa sœur Marie, parvint à la séduire et h triompher de sa vertu K
« pourrait se faire qu'elle vécût longtemps. Je crois qu'elle est la per- « sonne la plus sage, non pas seulement de toutes les femmes de « France, mais aussi de tous les hommes. Je n'en dirai pas davantage « à cet égard. Je dois toutefois certifier que dans les affaires et les « intérêts d'Etat, on ne peut écouter des discours plus sûrs que les « siens. Dans la doctrine du christianisme; elle est si versée et si ins- « truite, que bien peu de gens sauraient mieux en traiter. Je puis afiir- « mer enfin qu'elle est très affectionnée à notre république. » {fja cli- })lumatie vénilienne, par Armand Baschet, page 412.)
Il est évident que, si, chez la reine de Navarre, on eut à regretter, quand elle était duchesse d'Alençon, des légèretés de jeunesse, les ({ualités sérieuses reprirent le dessus dans son âge mûr.
On peut voir la confirmation de ces appréciations dans un récent ouvrage Marguerite ciAngoulênie (sœur de François P^. Elude sur ses dernières années d'après son livre de dépenses, par M. le comte H. de Laferrière-Percy. Paris, Aubry, 18G2.
1. On a voulu nier cette liaison du roi avec la sœur d'Anne de Boleyn. Mais dans deux passages de ses écrits, le cardinal Polus reproche à Henri VIII d'avoir voulu épouser la sœur de celle qui avait été sa concubine. Polus s'exprime ainsi : « Anna didicerat, opmor, « si nuUa alia ex re, vel sororis suœ exemplo, quam cito te concu- « binarum tuarum salietas caperet. Soror ejus est, quam concubinœ