WOLSEY ET LES AMBASSADEURS FRANÇAIS
« Nous avons affaire dans Wolsey au plus effronté mendiant qu'il y ait au monde... il est toujours sur ses gardes, toujours prêt à prendre avantage de tout, d'ailleurs fanatiquement dévoué aux intérêts de son maître K » Cependant Wolsey consentit à omettre toute clause relative à la prévision du mariage avec Eléonore, et le projet d'alliance fut repris et vivement poursuivi. Seulement, aux conditions déjà stipulées, il fut ajouté que la France paierait deux millions de couronnes à la princesse Marie, au moment de son mariage, pour subvenir aux frais de son installation.
Wolsey n'aurait pas pu, disait-il, déterminer l'Angleterre à accepter l'alliance française en échange de l'alliance impériale, sans de grandes indemnités pécuniaires. Il voulait d'ailleurs procurer de l'argent à son maître, qui avait reçu de sa mère comme un héritage le goût des princes de la branche d'York pour le faste et les prodigalités.
Le traité de paix ayant été convenu du lo au 20 avril, sur les bases fixées par Wolsey, le 23, jour de la fête de saint Georges, Henri VIII invita les ambassadeurs à un banquet splendide. Après dîner il les mena dans la grande salle du palais de Greenwich, où étaient réunies la reine d'Angleterre, l'ex-reine de France, veuve de Louis XII, et la jeune princesse Marie, à qui le roi voulut qu'on adressât la parole en français, en latin et en italien. Elle réponditdansces trois langues, avec une merveilleuse facilité, à toutes les questions que lui firent les ambassadeurs. Elle joua aussi de l'épinette, avec une grande perfection. On s'étonnait de l'éducation si accomplie qu'avait
1 LoLlro lUi g avril 1527.