G8 ARRIVÉE DE MENDOZA A LONDRES
tenir qu'elle se soumît à la décision du pape ou de ses délégués, si on parvenait à lui faire reconnaître d'abord la nullité de la bulle de dispense. Le prêtre et théologien Granmer, qui était l'homme des Boleyn, toujours plus pressé et plus audacieux que Wolsey, conseillait d'instruire précipitamment et sans bruit le procès de Catherine, et de la citer officiellement devant le tribunal ecclésiastique; il voulait, en même temps, qu'on l'induisît à regarder comme vaine et inutile la formalité de comparaître ou de répondre à cette citation. Puis on l'aurait condamnée par contumace. Après un délai fixé, il y aurait eu force de chose jugée contre elle, et son appel n'eût plus été recevable K
Ainsi Granmer aurait voulu, comme on le voit, enlever la position par une surprise judiciaire et par un stratagème inqualifiable.
Mais tout à coup Gatherine, que l'on croyait intimidée, découragée et entièrement soumise, éclata, à la stupéfaction de tous, et principalement du roi et de ses complices. Elle avait été, on ne sait comment, avertie de leurs machinations. Elle demandait à grands cris des conseillers, soit laïques, soit ecclésiastiques, qui pussent lui indiquer les moyens judiciaires de défendre sa cause et de soutenir ses droits.
Cet incident nouveau déconcerta les plans de Henri. Il n'osa pas faire un pas de plus sans s'assurer de l'appui de son nouvel allié, le roi de France; et alors il forma le projet d'envoyer à François I" le cardinal Wolsey, qui déjà connaissait les détails principaux et les points délicats de cette affaire : on ne pouvait pas,