DÉPART DE WOLSEY POUR LA FRANCE
doza et la reine, toute communication confidentielle.
Comme Espagnole, ainsi que le fait remarquer Mendoza dans sa correspondance avec Charles-Quint, elle devait désirer vivement la continuation de la paix entre son pays natal et sa patrie adoptive ; mais aussi elle pouvait soupçonner vaguement que la guerre que l'on voulait faire à son neveu se liait avec la guerre que l'on méditait contre elle-même. Elle était en proie, sur ce point, à une double inquiétude. On comprend donc combien elle devait être impatiente de savoir quels étaient les vrais sentiments de l'empereur, soit à son égard, soit à l'égard de Henri VIII.
Wolsey partit vers la fin du printemps de la cour du roi d'Angleterre pour se rendre en France. Il devait passer par Cantorbéry avant de s'embarquer. Son départ était vu à la fois avec plaisir par les deux rivales, Anne de Boleyn et la reine. La première espérait que, loin de ce témoin importun, Henri observerait moins de réserve et se gênerait moins dans ses relations de plus en plus intimes avec elle. La seconde sentait bien qu'elle pourrait communiquer plus librement avec les agents de Charles-Quint, et avec Charles-Quint luimême. Mendoza, de son côté, prévoyait qu'il serait peu strictement surveillé par un roi tout occupé de ses plaisirs et de son amour, tandis qu'il l'était de très près par un homme d'Etat soigneux, vigilant, et portant dans les plus petites choses l'esprit de suite qu'il avait coutume d'avoir dans les grandes affaires.
Déjà avant le départ de Wolsey, pendant que le cardinal était occupé avec les diplomates français, Mendoza avait obtenu de la reine une audience particulière, il lui remit alors une lettre de l'empereur. En voyant les