‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 155 sur 400 · MENDOZA DÉCOUVRE LES PRÉPARATIFS DE DIVORCE · texte numérisé non relu

MENDOZA DÉCOUVRE LES PRÉPARATIFS DE DIVORCE

« Il serait urgent que la paix pût se faire. Dieu veuille « nous proserver du fléau de la guerre et tarir les (( sources de toutes les discordes entre les princes chré- (( tiens.

(( Si, dans l'expression de ce vœu, je vous ai fait « quelque offense, j'en demande pardon à Votre Al- « tesse, mon ignorance en est la seule cause ^ »

Il paraît que Mendoza lui avait donné le conseil d'envoyer Poynes à l'empereur, et que ce gentilhomme était chargé de lui dire ce qu'elle n'osait pas écrire.

Mais on voit que la reine fait allusion à un bruit absurde et odieux qui courait contre elle, à savoir qu'elle aurait conspiré contre la vie du roi !

D'un autre côté, Mendoza, dans une lettre écrite quelques jours après à l'empereur, lui annonce qu'il a enfin su quelque chose au sujet du projet du divorce. Sa lettre contient des détails très curieux.

« J'ai appris par une respectable autorité que le légat a Wolsey, pour mettre le comble à toutes ses iniquités, ce a fait le plan de poursuivre le divorce de la reine. « Cette pauvre princesse est si pleine d'appréhension à « ce sujet, qu'elle ne s'est pas encore aventurée à en « parler ouvertement avec moi. On ajoute que le roi tt est tellement porté au divorce, qu'il a pris le parti « de réunir secrètement plusieurs évoques et hommes a de loi pour leur faire déclarer que son mariage avec « Catherine d'Aragon était nul de plein droit, parce a qu'elle avait été la femme de son frère Arthur. Il est

1. Lettre du 10 mai 1527. 2me partie du dernier tome. Calendar, etc., Recueil de Gayangos, pp. 185, 186.

LETTRE DE MENDOZA A l'eMPEREUR. 177

« à craindre d'ailleurs que le pape ne soit amené par « de faux rapports à prendre une décision défavorable « à la reine, ou que le légat, en vertu de ses pouvoirs, « ne fasse faire quelque pas fatal à la campagne orgaa nisée contre ce mariage. Quoique la reine ne se soit « pas hasardée jusqu'ici à traiter avec moi ce sujet brû- « lant, je sais parfaitement qu'après Dieu, elle ne met sa a confiance qu'en Votre Majesté. L'une des causes de --c sa disgrâce est le vif intérêt qu'elle vous témoigne. a On est allé jusqu'à faire courir le bruit que, si son a mariage était annulé régulièrement, l'empereur luimême pourrait bien Tépouser !

(( Il faut tenir le pape en garde, avec tout le secret ( possible, soit contre ces fausses rumeurs, soit contre ( les démarches faites pour l'annulation du mariage. 11 ( est à désirer que le pape lie les mains à son légat Wol-

< sey , soit en évoquant la cause immédiatement en ( cour de Rome, soit au moins en empêchant que l'on ( ne crée un tribunal de juges, dont ce légat serait le ( président, et qui serait composé exclusivement d'An- ( glais. Sa Majesté devrait avertir son ambassadeur à

< Rome secrètement et sans délai, afin qu'il pût se te-

< nir sur ses gardes. La reine insiste pour qu'un secret

< rigoureux soit gardé sur cette matière, au moins pour ( le pioment. Au surplus, je ne connais ses vœux et ses ( pensées à ce sujet que par une tierce personne, qui ( prétend être venue d'elle-même et spontanément, ( mais qui, je n'en doute pas, doit avoir cherché à me tt voir, à son instigation ^. «

Cette lettre précéda, sans doute de beaucoup, les ins-

l. Calençlar, etc., Gayangos, quatrième volume, pi). 10 i, 193.

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