‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 16 sur 400 · INTRODUCTION HISTORIQUE XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE XXV

qui devait lui servir jusqu'à ce que l'affaire eût été arrangée. Cependant D. Frédéric, au mépris de la protection royale, se (it accompagner par trois de ses camarades, alla attendre son ennemi le soir dans les -rues de Valladolid, et l'assaillit traîtreusement à coups de bâton.

Isabelle n'eut pas plutôt appris ce guet-apens et cette violation de son sauf-conduit, qu'elle monta à cheval, malgré un orage affreux et des torrents de pluie, et galopa jusqu'au château de Simancas, alors occupé par l'amiral, père du coupable; les gardes avaient eu peine à la suivre : elle était arrivée avant eux dans la forteresse. Elle somma sur-le-champ l'amiral de lui livrer son fils ; celui-ci nia que Frédéric Henriquez fût dans les murs du château. Alors elle se fit remettre toutes les clés, fouilla toutes les chambres et les moindres recoins du donjon ; puis, ses recherches restant infructueuses, elle retourna à Valladolid. Le lendemain, soit à cause de sa fatigue, soit à cause de la contrariété qu'elle avait éprouvée, elle fut obligée de se mettre au lit. On lui demanda quelle souffrance elle ressentait : « Mon corps est tout moulu, dit-elle, des coups « donnés par Frédéric à Guzman, au mépris de mon « sauf-conduit. »

L'amiral comprit qu'il ne fallait pas continuer de vouloir soustraire son fils à la haute justice de la reine, dont il aurait pu encourir lui-môme la disgrâce. Il le fit donc conduire deux jours après au palais de Valla-

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