‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 167 sur 400 · Calendar, etc., Gayangos, II · texte numérisé non relu

Calendar, etc., Gayangos, II

1. Lorsque Clément "VII tut nommé pape, l'influence de Charles- Quint avait totalement fait défaut au cardinal Wolsey, ({ui avait cru pouvoir y compter, d'après les promesses qui lui avaient été faites antérieurement.

198 WOLSEY A LA COUR DE FRANÇOIS l^"^.

ces du xvf siècle payaient leur tribut au machiavélisme de cette époque.

Pendant ce temps, Wolsey arrivait à Abbeville ^ et il y attendit quelques jours François I". Enfin le roi lui donna rendez-vous à Amiens, où ils se rencontrèrent le 4 août 1527. Il n'appartient pas à notre sujet de décrire la magnifique réception qui fut faite au cardinal, ni le banquet donné par la cour de France, ni celui plus somptueux encore que lui rendit Wolsey lui-même. On sait que les entrevues et les congrès diplomatiques ont été de tout temps accompagnés de fêtes brillantes.

Quand Wolsey put obtenir de François I" une audience, il lui parla d'abord du mariage de la princesse Marie : François l'interrompit vivement en disant que rien au monde ne lui conviendrait mieux, et que ce mariage serait comme la pierre angulaire, lapis angu" laris, d'une nouvelle alliance entre la France et l'Angleterre.

Wolsey continue ainsi le récit de cet entretien dans sa correspondance avec Henri VIII : « Mais, osai-je lui dire, si vous épousez la princesse Marie, que deviendra l'infante Eléonore qui vous est promise, et comment vos enfants qui sont encore prisonniers vous seront-ils rendus? » — (( Vous dictes (sic) V7mi^ Mons'' le Cardinal, me répondit-il. Puis, après une pause : je vous en prie, dites-moi tout simplement votre sentiment là-dessus. » Il fut convenu sur l'avis de Wolsey, appuyé sur celui de la reine-mère et du chancelier de France qui étaient pré-

1. 11 y était arrivé le 24 juillet 1527, et il attendit jusqu'au 3 août. i.e roi avait été retenu à Paris par un mal de jambes.

LA PRINCESSE MARIE PROMISE AU DUC d'ORLÉANS. 199

sents, que Marie épouserait le duc d'Orléans, second fils du roi.

L'dutre point était relatif aux conditions si dures que Charles-Quint exigeait par suite du traité de Madrid. Après en avoir référé à la reine Louise et à son conseil, le roi combattu, hésitant entre deux sentiments également sacrés, l'amour paternel ^ et le dévouement pour son pays, consentit, les larmes aux yeux, à l'ensemble de ces clauses dont quelques-unes lui étaient odieuses. Cette marque involontaire de sensibilité étonna beaucoup un vétéran rompu et endurci aux affaires comme Wolsey; cet homme d'Etat, aux jours des grands revers, devait reconnaître plus tard que nul n'est exempt de payer son tribut aux larmes : heureux ceux qui, avant de pleurer sur leur propre destinée, ont su s'attendrir sur le sort de leurs amis, de leur famille et de leur patrie !

Après qu'il eut traité toutes les questions de guerre et de paix, Wolsey n'avait pas encore osé aborder celle du divorce. Il reculait par suite d'une répugnance secrète et involontaire devant cette partie de la mission qui lui avait été imposée.

Wolsey écrivit à Henri VIII pour lui demander s'il ne fallait pas; pour parler du divorce, attendre que du côté de Rome l'affaire fût en meilleur train : il avait chargé Ghinnuci, évoque de VVorcester, les frères Casali Bolonais, et Salviati, Florentin, de poursuivre le procès auprès du pape ; pour traiter au milieu de soldats et d'agents impériaux cette affaire délicate, Wolsey n'avait confiance que dans des agents italiens, plus souples que

1. Nous avons dit que ses deux enfants étaient retenus en otage dan» une forteresse jusqu'à la signature de ce traité.

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