LETTRE AUTOGRAPHE DE WOLSEY AU PAPE
Aux instructions données à Gasale, Wolsey avait joint une lettre autographe pour le pape, dans laquelle il insistait vivement pour le succès de sa démarche en disant « qu'il y allait de sa vie s'il ne réussissait pas » ; et, en cela, il était plus près de la vérité qu'il ne croyait. « Un refus de Sa Sainteté^ ajoutait-il, lui ferait perdre l'amitié du roi; dans les circonstances et les difficultés présentes, Elle sentirait le besoin de favoriser les vœux de Henri, relativement à la dissolution ou à l'annulation de son mariage avec Catherine. Il y avait d'ailleurs des particularités intimes, des secrets d'intérieur qui ne pouvaient pas s'écrire et qui rendaient cette concession nécessaire. Le roi, en un mot, ne pouvait plus désormais vivre avec sa femme ^ »
Au moment où ces instructions arrivaient à Gasale, alors résidant à Florence, Clément VII venait de s'échapper du château Saint-Ange et de se réfugier à Orvietto. Mais quand l'ambassadeur italien se mettait en route pour rejoindre le pape dans sa nouvelle résidence, d'autres instructions lui arrivaient avec un second modèle de commission. Il n'était plus question de nommer Wolsey unique juge de la question du divorce, car on avait craint de rendre ainsi l'appel de la reine inévitable ; mais on demandait qu'il lui fût adjoint un cardinal italien opposé au parti de l'empereur tel que Campeggio, Trani, Farnèse ou Stafiléo, le doyen de la Rote ^ ; si le pape manifestait l'intention de prendre, en dehors des cardinaux, le second juge dans le parti anti-
1. Letters and Despatches, p. 1638. Inlroduct., tom II, p. cccxxxi-