Mais co nom était rejeté de prime abord par le pape
CLÉMENT VII s'Était échappé de saint-ange 217
anglais, on s'en tiendrait à la première commission.
On croit que Wolsey était bien aise lui-même de faire partager à un autre l'impopularité de son rôle à l'égard de Catherine et sa responsabilité périlleuse visà-vis de Henri VIII.
Quand Gasale arriva à Orvietto, le pape s'y trouvait presque seul et toujours sans chancellerie proprement dite : il était triste, abattu et découragé. Rien ne lui était plus pénible que d'être ainsi découvert et, pour ainsi dire, traqué dans sa nouvelle retraite par les agents de l'Angleterre, sans qu'on lui laissât le temps de respirer. Après huit jours d'instances poussées jusqu'à l'importunité ^, Casale arracha au Saint-Père la concession de la commission, à condition, il est vrai, qu'elle serait amendée par le cardinal des Quattro santi^ et pourtant Clément ne la délivra pas au secrétaire de Henri VIII sans verser quelques larmes : il est facile de comprendre quelles devaient être les angoisses du pape dans la cruelle position oii il était réduit. D'une part. Clément VII avait une conscience timorée, un caractère hésitant, et ne semblait pas encore bien savoir de quel côté était le droit dans l'affaire de Catherine d'Aragon. D'autre part, soit pour l'intérêt de l'Eglise, soit pour le sien propre, il devait craindre de se tourner complètement à dos ou Henri VIII ou Charles-Quint. Il avait échappé pour le moment aux armées impériales, mais elles étaient sur ses traces, et sa restauration au Vatican semblait plus éloignée que jamais. A la vérité, la France et l'Angleterre venaient de déclarer la guerre à l'empereur et Lautrec, à la tête d'une puissante armée,