RÉCEPTION MODESTE ET GRACIEUSE DU PAPE
« sérable qu'au château Saint-Ange... L'atmosphère (( était tellement humide dans cette ville, l'air si chargé « d'émanations contagieuses que les habitants, abattus « par leurs souffrances, en étaient venus à se soucier « bien peu de savoir si leur maître serait le roi d'Espa- « gne ou le souverain pontife ; ils n'estimaient pas que « pour une domination ou pour une autre, il valût la (( peine de mourir sur le champ de bataille ^ »
Orvietto n'offrait aux ambassadeurs aucune ressource pour réparer les naufrages de leur garde-robe. Les bourgeois de la ville disaient n'avoir point de vêtements autres que ceux-là mêmes qu'ils portaient : on ne pouvait donc pas leur en emprunter ni s'en faire confectionner de nouveaux, sur les lieux mêmes. Ce fut encore la cause d'un certain retard. Quand enfin les ambassadeurs crurent être présentables^ ils demandèrent à être introduits auprès de Sa Sainteté ^. On les conduisit à un palais délabré appartenant à l'évêque du lieu ; et, avant d'arriver jusqu'au pape, « ils eurent à traverser trois pièces nues, sans tapisserie, avec des lambris troués et une charpente de toit qui menaçait ruine. Dans ces pièces étaient réunis une trentaine de personnages à demi déguenillés, paraissant appartenir à la lie du peuple : ils se tenaient dans l'antichambre comme composant la garde d'honneur du Saint-Père » . Le pape les reçut après son dîner dans sa modeste chambre à coucher. Quand Gardiner lui eut expliqué le motif de sa mission, et qu'il lui eut exposé comment les deux pièces émanées de lui, avaient paru insuffisantes en Angleterre,
\. Utkrs andDespatches, p. 1808, 1811 ?. C'éiail le lundi 25 mars 1528;