‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 187 sur 400 · LE PAPE FAIT EXPOSER ET DISCUTER LA QUESTION · texte numérisé non relu

LE PAPE FAIT EXPOSER ET DISCUTER LA QUESTION

adressée à Wolsey et aux autres prélats anglais, le pape demanda ce qu'ils avaient répondu. « Il n^y a pas eu de réponse, répliquèrent les ambassadeurs, mais on peut bien inférer des lettres du cardinal Wolsey à Sa Sainteté quelle eût été ou quelle serait cette réponse. » Le pape demanda ensuite si le roi avait traité directement le sujet du divorce avec la reine. Ils lui dirent que cela avait été fait et qu'il y avait lieu de croire que cette princesse se tiendrait pour satisfaite du jugement qui lui serait rendu par l'Église, assertion, pour le dire en passant, qui était plus que hasardée. Il leur demanda ensuite si Wolsey ne pourrait pas être récusé comme un juge suspect, « puisqu'on écrivant au roi, il avait énoncé son opinion d'avance et ne pouvait plus être considéré comme impartial ». C'est une objection qu'ils n'avaient pas pu prévenir et à laquelle il était difficile d'opposer une bonne raison.

Cependant, sur le soir, ils virent le cardinal des Quattro santi et crurent avoir réussi à lui persuader qu'une commission se réunissant en Angleterre, et composée de prélats anglais, serait plus conforme à la loi canonique. Le lendemain, quand ils revinrent chez le pape, ils le trouvèrent dans son cabinet d'études avec trois cardinaux : il fit apporter des sièges, il prit lui-même un de ces sièges et les invita à s'asseoir autour de lui. Là, ou discuta la question de la commission à instituer pour le jugement du divorce. Gardiner, comme chef de l'ambassade, soutint cette discussion en latin pendant plusieurs heures. Les débats se prolongèrent les jours suivants. Le pape pressait les ambassadeurs d'accepter un tribunal de droit commun qui ferait les informations, au lieu d'un commissaire ou deux revêtus de pouvoirs

LE PAPE VKUT PREN DRE l'aViS DE SA CHANCELLERIE. 225

extraordinaires et définitifs. Gardiner et Fox ^ se récriaient sur ce que le pape et ses conseillers s'arrêtaient à des points de forme, ils disaient que si le roi ne pouvait pas obtenir plus de faveur qu'une autre personne, il prendrait le parti d'user des remèdes extrêmes qu'il aurait entre les mains, et qu'il ne souffrirait pas que sa cause fût décidée par ceux-là mêmes qui n'avaient pas caché ses préventions contre lui.

Il paraît que cette boutade si vive et si inattendue intimida Clément VIII; car il protesta qu'il ferait ce qu'il pourrait pour satisfaire Sa Majesté, 'â^s qu'il aurait consulté encore deux autres cardinaux, le cardinal di Monte et le cardinal d'Ancona.

Quand ces deux nouveaux conseillers du Souverain Pontife furent arrivés, on reprit la discussion devant eux. Alors (c'était le 1" avril lo28) le pape qui semblait justement effrayé de l'immense responsabilité qu'on voulait lui faire prendre, déclara qu'il n'était pas canoniste, et qu'il aurait eu besoin d'avoir l'avis de sa chancellerie et de ses jurisconsultes; que, dans une cause de cette importance, il ne lui suffisait pas à lui, chef de l'Église, d'avoir raison en Angleterre, qu'il fallait qu'il eût raison devant le monde chrétien tout entier. Gardiner répondait qu'il ne fallait pas avoir peur de ce que dirait le monde, qu'on devait examiner la cause en elle-même et la juger suivant l'équité et la justice. En fait, la discussion fut réduite au point de savoir si la commission serait donnée précisément dans les termes du modèle apporté d'Angleterre, rédaction qui

1. 11 parait que Slaliléo, doyen de la Rôle el l'urliMiu de Henri VIII était aussi présent à celle discussion.

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