GARDINER A RECOURS AUX MENAGES
impliquait que Wolsey pourrait juger sommairement et en dernier ressort, ou si ce serait une commission de droit commun, ne devant donner aux juges qu'une juridiction de première instance. Gardiner et ses collègues de l'ambassade s'en tenaient opiniâtrement à la rédaction de Wolsey : le pape et ses conseillers disaient que la commission que l'on demandait était contre la coutume et la légalité, et revenaient à la non-compétence de Wolsey, alléguée, disait-on, par la reine ellemême.
Cette thèse était fortement contestée par Gardiner, avec une témérité de langage, à laquelle le pape n'était certes pas accoutumé. Suivant l'audacieux ambassadeur, (( le monde, prenant parti pour le prince à qui le Saint-Siège a eu tant d'obligations, pourrait dire que le pape lui a fait beaucoup de promesses et n'en a tenu aucune, que Sa Sainteté n'avait pas besoin de ses canoaistes, que tout son droit canon était en lui-même, dans le sanctuaire de sa conscience inspirée d'après cet adage si connu, quod Pontifex hahet omnia jura in scrinio pectoris ». Le pape répondit avec une modestie spirituelle qu'il n'avait pas la clé de ce sanctuaire : il dérouta ainsi en deux mots l'argumentation docte et pressante à laquelle s'était livré Gardiner pendant quatre grandes heures de discussion.
En désespoir de cause, Gardiner et ses collègues consentirent à ce qu'une commission générale fût instituée dans des termes un peu plus larges que ceux qui avaient été précisés en Angleterre. Tout ce que « nous proposions comme rédaction, dit Gardiner, était « sans cesse repoussé par quelqu'un des conseillers du « pape. L'un disait que la pensée était bonne, mais le