‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 189 sur 400 · ET A LA CONTRAINTE MORALE · texte numérisé non relu

ET A LA CONTRAINTE MORALE

« style trop orné ; un autre soutenait que le fond comme « la forme étaient également inadmissibles ; un troisième « refusait les termes de l'entrée en matière et y subs- « tituait des expressions de son choix ^. ))

Enfin on convint de confier la composition de cette pièce aux cardinaux présents, qui promirent de ne pas faire trop d'altérations au modèle primitif. Mais quand le projet qu'ils avaient rédigé fut soumis à Gardiner, celui-ci y trouva tant de changements, — changements qui certes, à son sens, n'étaient pas des améliorations, — qu'il éclata en vives protestations, et déclara que c'était une déception complète. — Les deux partis se renvoyèrent alors le reproche mutuel de dissimulation et de tromperie. Gardiner accusa surtout le nonce Gambara d'avoir leurré les ambassadeurs à Rome, par de captieuses assurances. Gambara répliqua qu'il n'avait fait que remplir la commission dont on l'avait chargé. Gardiner s'écria alors ce qu'en voyant quelle espèce d'amis il avait dans « la cour pontificale, le roi en viendrait à abandonner (( cette cour elle-même, et que le siège apostolique, déjà « bien ébranlé, finirait par s'écrouler entièrement à la (( satisfaction et aux applaudissements du monde en- « tier ^. 7)

En entendant ce cri insolent de révolte, poussé au nom de l'Angleterre contre l'Église, Clément Vil ne put pas se contenir : il leva les bras au ciel avec des exclamations d'indignation, de surprise et de profond scandale ; puis il quitta son siège et se promena à grands pas dans la chambre avec toutes les marques de l'agitation la plus vive.

L Leliers and Despalvhcs, p. 1837. Inlro«lact., lomc IV, p. ccoxi.vhi

Page 1