PROTESTATIONS DE WOLSEY
(( Grâce le cardinal que je m'empresse de vous rap- « porter avec beaucoup de joie et de consolation : hier, (( devant moi, devant MM. Tuke, Wolman et Bell, il (( commença par faire de grandes protestations envers {( la personne du roi, auquel il se disait dévoué plus « qu'aucun sujet ne pourrait l'être ; je donnerais pour « lui , ajoutait-il , mes biens , mon sang et ma vie : « mais il y a des obligations qui pour moi sont au- « dessus de toutes les autres, ce sont celles que j'ai « envers Dieu, certain que je suis d'avoir à rendre « compte à ce souverain juge de ma vie et de mes « œuvres; j'aimerais mieux avoir tout à souffrir des « effets de l'indignation royale, sentir mon corps tor- « turé et mis en pièces, que de faire ou de décider « quelque chose de contraire à la justice dans la cause
« qui va m'être soumise Si donc la bulle de dis-
« pense de Jules II, après un mûr examen, me paraît « suffisante, je le déclarerai dans mon jugement, dé- (( cidé à endurer les dernières extrémités, cxtrema qiixc( que^ plutôt que de faire quelque chose contra con- (( scientiam. meam ^. »
Ainsi, chez Wolsey la conscience du chrétien semble se réveiller de temps en temps : en acceptant sa mission de juge, on voit qu'il essaie de la prendre au sérieux. On dirait qu'il veut se compromettre lui-même par ce langage énergique d'indépendance et par cette espèce de profession de foi.
Wolsey se sentait entouré d'ennemis et d'embûches : l'opinion publique se retirait de lui; la faveur du roi
Voir la lettre du 11 mai ci-dessus citée et l'introduction, tome IV. p. GCGLiii, par Brewer.