‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 207 sur 400 · DISCUSSION SUR LA VALIDITE DU MARIAGE · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR LA VALIDITE DU MARIAGE

plus de droit de leur côté, afin de résister à l'ambition et aux empiétements d'un prince tyrannique. » Dans tout cela il n'était pas question du divorce : il n'y était même fait aucune allusion. Gampeggio semblait censé n'être venu en Angleterre que pour tâcher de rétablir la paix entre tous les princes chrétiens : c'était le but ostensible de sa mission. Mais, quand les discours d'apparat eurent été prononcés et qu'on eut mis fin à la cérémonie publique, le roi conduisit les deux légats dans son cabinet particulier. Là, Gampeggio lui remit une lettre du Saint-Père, dont il prit connaissance sur le champ. Il parut très satisfait des témoignages de bienveillance que lui exprimait Sa Sainteté.

Le lendemain, après dîner, Henri revint visiter en secret le cardinal Gampeggio ; l'entretien dura trois ou quatre heures. D'abord, le cardinal l'exhorta à réfléchir mûrement avant de poursuivre l'annulation de son mariage, et lui dit que si ses scrupules portaient sur la non-validité delà dispense, on pourrait facilement lui en procurer une plus régulière. Il écouta patiemment tout ce que lui dit Gampeggio, et lui fit une réplique évidemment préparée, où il employa tous les arguments dont s'était déjà servi Wolsey avec son collègue. Il soutint que la dispense du pape Jules II était contre le droit divin, et que, s'il n'e,n était pas ainsi, il y aurait encore d'autres raisons à donner contre la validité de cette pièce. Sa Majesté parut à Gampeggio connaître spécialement cette question théologique comme un canoniste de profession. Le cardinal écrit en propres termes à Sanga, son correspondant à Rome : « Le roi est tellement entêté dans son opinion qu'un ange descendu du ciel ne pourrait pas l'en faire revenir. »

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