INTRODUCTION HISTORIQUE XXXI
vant des autorités qu'elle était accoutumée à vénérer et ù regarder comme les guides les plus sûrs de sa conscience.
Remarquons, de plus, que ce fut Tune des circonstances où Isabelle fit céder son opinion à celle de son royal époux.
D'ailleurs un mouvement national autant que religieux poussait alors l'Espagne presque irrésistiblement vers l'unité de foi en même temps que vers l'unité politique^. C'était en quelque sorte la suite et le complément de l'éclatante victoire remportée sur l'Islamisme dont on ne voulait plus laisser de traces sur le sol de la péninsule.
D'un autre côté, Thumanité attentive et vigilante d'Isabelle est prouvée par le témoignage de Las Casas, l'apôtre des pauvres Indiens.
« Les plus grandes horreurs de ces guerres et de cette « boucherie, dit-il, commencèrent aussitôt que l'on sut « en Amérique que la reine Isabelle venait d(î mourir. « Car jusqu'alors il ne s'était pas commis autant de « crimes dans l'île espagnole, et l'on avait même soin (( de les cacher à cette princesse, parce qu'elle ne ces- « sait de recommander de traiter les Indiens avec dou- (( ceur et de ne rien négliger pour les rendre heureux. (( J'ai vu, ainsi que beaucoup d'Espagnols, les lettres a qu'elle écrivait à ce sujet, et les ordres qu'elle en-
1. Voir les sages réilexions que fait à ce sujet M. de Pidai dans son excellente histoire deâ troubles de l'Aragou.