XXXII INTRODUCTION HISTORIQUE
« voyait : ce qui prouve que cette admirable reine (( aurait mis fin à tant de cruautés si elle avait pu les
(( connaître ^ »
Isabelle avait deviné Christophe Colomb : elle le soutint contre les préjugés des courtisans et du roi Ferdinand lui-même, contre les calomnies et les persécutions de ses détracteurs. Sa belle âme avait compris celle de ce grand homme si cruellement méconnu de
son vivant.
Son cœur était inébranlablement fidèle dans ses affections. Elle ne se sépara jamais de Béatrix de Babadilla qui lui avait été si dévouée dans sa jeunesse, aux jours de l'adversité, de l'isolement et de l'abandon. Elle associa le marquis de Moya (Cabrera), qui lui avait rendu, vers la même époque, de grands services personnels, à la faveur de Béatrix dont il était devenu l'époux.
De bonne heure, elle avait appris à parler le castillan avec élégance. Mais elle avait eu si peu de ressources intellectuelles dans les premières années de sa vie que son instruction avait été très incomplète : elle la perfectionna à force de travail avec une énergie bien méritoire dans la haute situation qu'elle occupait. S'arrachant au tumulte et aux préoccupations de la cour et se dérobant même autant que possible à l'entraînement des affaires, elle donnait presque tous les jours quel-
1. Fragment cité par Prescott, Ferdinand and hahella, lom, II de la petite édition anglaise, p. 249-250.