SINCÉRITÉ DU BREF SUSPECTÉE
l'intègre cardinal n'avait pas même voulu en entendre parler. Il garda, dans tout le cours de sa mission, la plus complète indépendance.
Quant aux conseillers anglais de la reine, au contraire, leur conduite parut suspecte, et ils abusèrent de l'influence que leur position leur donnait sur elle pour l'engager dans des démarches qui semblaient contraires à ses véritables intérêts.
Nous devons expliquer d'abord que les termes de la bulle de dispense accordée par Jules II avaient paru tout à fait insuffisants, et que Wolsey avait conçu sur ce terrain un nouveau plan d'attaque. Or, la copie du bref qui lui avait été communiquée par Catherine renversait ce plan de fond en comble ; car ce bref avait prévu tous les cas omis par la bulle. Ni le cardinal, ni Henri VIII ne se doutaient que cette pièce avait été envoyée en Espagne à Isabelle et à Ferdinand et que l'original était resté entre les mains de Charles-Quint. Alors les théologiens et les savants qui entouraient le roi n'hésitèrent pas à élever des objections contre la sincérité ou la fidélité de la copie produite par Catherine. Ils dirent que si le bref avait été réellement l'œuvre de Jules II, la minute devrait se trouver sur les registres du Vatican, et le roi donna des instructions à ses ambassadeurs pour faire des recherches à ce sujet : mais, de plus, l'empereur, suivant eux, n'avait qu'à envoyer à Londres l'original du bref que l'on disait être en sa possession; on pourrait examiner s'il portait les caractères de l'authenticité.
amené en Angleterre un de ses bAtards. Or ce cardinal avait été marié avant d'ôtre prêtre, et n'avait pris les ordres que dans un âge avancé. Son Wh Rodolphe était donc un enfant légitime.