MENDOZA DEMANDE UNE NOUVELLE COPIE DU BREF
Mendoza avertit l'empereur de ces faits nouveaux : Quelques amis de la reine, dit-il, craignent que l'ambassadeur anglais dernièrement envoyé à Rome, en grande hâte et les mains pleines d'or, n'ait eu pour mission de corrompre le cardinal dataire (Giberto) et qu'il ne parvienne à dérober le registre ou à falsifier le bref original de dispense pour lui ôter toute sa force.
« ]-<a reine m'a demandé, ajoute-t-il, d'avertir de tout « cela l'ambassadeur impérial à Rome ; j'ai déféré à « son désir, et j'ai écrit à Metaxuela, par un négociant (( de Londres, qui se rendait en Italie. Ma lettre pourra « donc arriver en toute sûreté, et elle avertira les (( agents impériaux accrédités auprès du pape de se « tenir en garde contre les machinations de ces gens-ci « qui, après avoir osé accuser la pauvre reine d'avoir a attenté aux jours de son mari , se feraient moins de « scrupule encore, apparemment, de falsifier un bref « de dispense ou de déplacer un registre contenant des « minutes originales, de manière à ce qu'il ne pût plus <c être retrouvé. Ainsi que je l'ai dit et redit, si j'avais « la copie certifiée que j'ai fait demander en Espagne, « ou si je devais la recevoir bientôt, de grands malheurs « pourraient être évités : mais je crains que ce docu- « ment n'arrive trop tard ^ »
1. Lettre supplémentaire du 19 novembre. Calendar, etc., tome IV, p. 849, 850.
Mendoza explique ailleurs que le roi avait et la copie de la bulle et l'original d'un autre bref envoyé dans le temps à Henri Vil. Mais le bref qu'Isabelle avait reçu en Espagne avant sa mort était plus explicatif et établissait les droits de la reine à se remarier, qu'elle eût consommé ou non son premier mariage. Letters and Despatches, édités par le professeur Brewer, p. 2297.