WOLSEY FAIT DEMANDER CETTE COPIE PAR LA REINE
D'un autre côté, il insiste pour que l'original du bref soit soigneusement retenu et gardé à Madrid. Il croyait que Henri VIII serait capable de le faire disparaître une fois qu'il l'aurait en sa possession. Il suggère la pensée d'en faire faire en Espagne une nouvelle copie certifiée en présence des ambassadeurs.
Wolsey, voulant, au contraire, se procurer à tout prix cette pièce originale, crut que le chef-d'œuvre de l'habileté serait de la faire demander à Charles-Quint par la reine elle-même. Il parvint donc à endoctriner les principaux conseillers de cette princesse, en leur disant que le vu de l'original du bref dissiperait tous les doutes en faveur de son authenticité, que d'ailleurs une simple copie n'aurait aucune valeur devant un tribunal régulier, etc.
Les conseillers de la reine, en conséquence, écrivirent à ce sujet une consultation fort curieuse, que le professeur Brewer a publiée tout entière dans son recueil : ils commencent par reproduire les arguments que \Volsey leur a suggérés; ils représentent à leur auguste cliente que, si elle ne fait pas la requête qu'on lui demande, elle court le risque de voir son mariage annulé et sa fille déclarée illégitime. « Vous avez le droit, ajoutent-ils^ de réclamer cette pièce ; car elle appartient au roi et à vous-même, et elle vous est nécessaire. Vous direz que vous avez promis l'original du bref d'ici à trois mois, faute de quoi, la sentence sera probablement rendue contre vous. Si vous ne réussissez pas dans votre démarche, au moins on ne pourra vous imputer aucun tort. Car, si nous-mêmes nous étions juges et que nous fussions certains que vous n'eussiez pas fait toutes vos diligences pour vous procurer cet original,