COMMUNICATIONS DE LA REINE AVEC METAXUELA
confidentiellement à l'empereur. Montoya devait éclairer ce prince sur la contrainte morale que Henri VIII exerçait sur la reine et lui répéter que l'on ne devait tenir aucun compte de sa dernière lettre, ni du désir qu'elle exprimait d'être jugée en Angleterre dans le plus bref délai possible.
Gampeggio opposait toujours à Henri VIII la force d'inertie : ce prince supposait avec quelque raison i que le cardinal était entravé par les instructions qu'il recevait de Rome. Alors il se décida à envoyer de nouveaux agents en Italie. « Ces agents, dit Mendoza, sont bien <c pourvus de fausses informations et de tous les moyens « possibles de corruption : la reine en est fort alar- « mée. »
Les nouveaux ambassadeurs étaient Vannes et sir Francis Bryan ; leur mission était non-seulement de demander que l'on stimulât Gampeggio, mais de combattre les efforts que l'empereur faisait, dit-on, pour se rendre le pape favorable.
Metaxuela, ambassadeur impérial à Rome, était prévenu de ces nouvelles manœuvres diplomatiques, et il agissait avec une vigilance et un zèle infatigables afin de déjouer toutes les intrigues qui se poursuivraient auprès et autour du pape , pour défendre les intérêts de son maître et ceux de la reine Gatherine. Gette prin-
1. Voir une lettre de Sanga, le secrétaire du pape, qui écrit à Gampeggio qu'il faut avant tout travailler à faire renoncer Henri VIII à son projet de divorce et lui persuader de rendre à la reine son affection. Gela était plus aisé à conseiller qu'à faire. Sanga lui dit aussi qu'il ne doit pas faire un pas de plus sans de nouvelles instructions du pape. Lettre citée par le professeur Brewer, p. ccccxix, Tntrod., tome IV.
CATHERINE AGIT DANS LE SENS DE CHARLES-QLlNT. 289
cesse le sut; elle lui écrivit une lettre très reconnaissante et très flatteuse : <c Je vous remercie, dit-elle, du « soin et de la diligence que vous apportez dans mes (( affaires, sans que je me sois encore adressée à vous : (( soyez sûr que je serai toujours pour vous une vérita- « ble amie, et que je ferai en votre faveur tout ce qui « sera en mon pouvoir. Veuillez me communiquer la « réponse que Sa Sainteté fera à mes demandes, à mes (( représentations et protestations... Je ne manquerai (( pas d'apprendre à l'empereur toutes les démarches que « vous aurez faites pour ma défense. En cette matière (( et en toute autre, vous pouvez avoir pleine confiance (( en D. Inigo de Mendoza, ambassadeur de l'empereur (c en Angleterre, à qui je suis redevable ainsi qu'à vous- (( môme pour la sollicitude et la peine que l'un et l'autre (c vous vous êtes donnée dans cette affaire. Ses lettres (( vous tiendront au courant des suites de ce procès. )>
A dater de ce moment, Metaxuela pouvait se regarder comme l'agent accrédité de Catherine : il possédait des preuves écrites de ses véritables intentions. Grâce à Mendoza, qui lui écrivait assez souvent, il était tenu en éveil sur tout ce que Ton tramait en Angleterre et il était toujours prêt à agir au premier signal.
La lettre de Catherine était en même temps une ratification implicite de la protestation ' faite, au nom de Charles-Quint, dans l'été de lo28, par ce même ambas-
1. Il existe, en effet, aux archives de Vienne, une copie de protestation faite « par Antoine Metaxneia, patricien napolitain et ambassadeur de Sa Majesté l'empereur Charlcs-Quint, et présentée au pape à Viterbe le 20 juillet 1528, contre tout ce qui se fait en Angleterre en la cause du divorce de la reine Catherine. » Cette copie se trouve au fascicule C, n" 224 (note du Calendar, tome IV, p. 8S5).