ARMES DONNÉES AUX PROTECTEURS DE CATHERINE
sadeur contre le projet même du procès de divorce annoncé à cette époque par Henri VIII.
Cependant Metaxuela, n'étant pas lui-même canoniste et théologien, aurait voulu que la reine eût à Rome un juriste chargé spécialement de sa jcause. Mendoza lui répond que la reine est trop gênée, trop surveillée, pour avoir un agent à elle avec qui elle puisse correspondre librement : il lui dit en même temps qu'il a décidé cette princesse à écrire de sa main une lettre au pape pour lui exprimer ses véritables désirs. « Cette lettre arrivera « à Rome, dit-il, sous le couvert du cardinal Santa-Croce. « Elle sera en même temps accompagnée pour Metaxuela « d'instructions rédigées en chifTres, dont on a la clé à « l'ambassade de Rome.
(( Veuillez informer le cardinal de Santa-Croce ou (( la personne qui sera chargée des affaires de l'ambas- « sade en votre absence que les rois de France et d'An- (( gleterre, ainsi que Wolsey, pressent le pape d'aller à « Avignon où ils iraient le trouver pour conférer avec « lui, et prévenir les conséquences du voyage de l'em- « pereurà Rome. »
Mendoza prie encore l'ambassadeur de faire chercher à Rome s'il trouverait la minute du bref de dispense dont Charles-Quint est resté dépositaire.
Ainsi le cardinal Santa-Croce et Metaxuela reçoivent des pièces importantes et toutes les informations possibles pour éclairer la situation ; ils ont désormais des armes bien fortes pour lutter contre les nouveaux ambassadeurs d'Angleterre.
Ceux-ci arrivaient cependant à Rome avec des instructions très détaillées, très amples et insidieusement combinées.