PÉNIBLES TRACASSERIES SUSCITÉES A CATHERINE
saient l'expédition de TafTaire, et qui faisaient Tapologie du roi, disant qu'il ne cédait pas à l'attrait des sens quand il demandait qu'on brisât sa première union, mais que, dans l'intérêt du pays, il voulait avoir une postérité et des enfants mâles.
Malheureusement on n'a qu'une copie de cette pièce : on ne croit pas que Gampeggio l'ait signée ^.
Pendant que Henri VIII faisait ainsi intriguer à Rome, il agissait en même temps auprès de sa malheureuse femme elle-même. Il ne voulait pas lui laisser la liberté de la défense ni le droit d'appel, qu'il n'aurait pas refusé au moindre de ses sujets. 11 avait renvoyé les avocats espagnols adjoints au conseil de Catherine, comme plus difficiles à influencer que ceux du pays. Maintenant il employait les légats eux-mêmes à amener la soumission de la reine, en les engageant à employer tour à tour la cajolerie et les menaces. On portait jusque dans les détails de sa vie privée la plus odieuse inquisition.
Ainsi, depuis que Henri avait détruit la maison et licencié la cour de la princesse de Galles, celle-ci était revenu-e auprès de sa mère. Or, on imputait à Gatherine d'avoir une dévotion sauvage et morose, qui n'était pas de saison au milieu de la jeunesse dont elle était entourée. La reine, pour montrer qu'elle n'avait pas une piété si étroite, crut devoir donner quelques distractions à sa fille ; et, sans avoir de fête proprement dite, elle la fit quelquefois danser avec ses compagnes. On ne manqua pas de la tancer vertement pour cette haute incon-
1. Voir une note deBrewer, dans laquelle il exprime celte opinion, même Introduction, pp. ccccxxxii et xxxiii.