XXXIV INTRODUCTION HISTORIQUE
« littéraire de presque tous les princes et de toutes les c( princesses de Gastille ^ »
Erasme, qui admirait beaucoup l'éducation donnée aux infantes espagnoles, décernait Tépithète de savante à la plus jeune d'entre elles, Dona Catalina ou Catherine, celle même dont nous avons entrepris d'écrire l'histoire.
Dans le gouvernement de ses peuples comme dans l'éducation de ses enfants, quoiqu'elle eût les aspirations les plus larges et les plus élevées, elle subordonnait au bon sens, dans la pratique, la réalisation de ses plans. Rien ne sentait chez elle la visionnaire ni l'utopiste. Sans doute elle pensa peut-être à plus de réformes qu'elle n'eut le temps d'en exécuter. Mais elle réussit pleinement à celles qu'elle fit tant que d'entreprendre. Ainsi la réforme monastique qu'elle essaya de concert avec Ximénès fut une œuvre menée par elle avec une douceur tenace pleine d'habileté. Elle rétablit la clôture et la règle dans presque tous les couvents de religieuses qu'elle visita, en mêlant le langage de la persuasion à celui de l'autorité. Ximénès < ne laissa pas subsister non plus de couvents d'hommes relâchés : mais il en supprima plusieurs. On vit même les religieux de quelques communautés se révolter contre les exigences de leurs réformateurs, briser leurs clôtures, et
1. Suxerunt mea litteràriq, libéra CastilU principes fere omhes (Op. Erasmi. Epistola, 612).