‹ Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglicanChapitre 249 sur 400 · DISPOSITIONS DOUTEUSES DE CAMPEGGIO · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS DOUTEUSES DE CAMPEGGIO

quelque sorte, en communication avec l'Espagne et avec Rome, Mendoza que le climat d'Angleterre rendait très souffrant, avait obtenu de l'empereur son rappel, qui, disait-il, lui sauvait la vie. Le départ de ce conseiller si habile et si dévoué faisait un vide immense pour la malheureuse Catherine.

Déplus, les jurisconsultes qu'elle attendait de Flandre n'étaient point encore arrivés. Les conseillers qu'on lui avait donnés étaient plus préoccupés de la crainte de déplaire au roi que des intérêts de leur cliente. La reine, ayant le vif sentiment de son isolement moral, crut ne pouvoir mieux faire que d'aller encore trouver Gampeggio, qui était de nouveau retenu au fond de son lit par les douleurs de la goutte.

Le cardinal n'était pas très bien disposé pour elle en ce moment. Inquiet de sa propre situation et craignant, s'il se montrait trop partial en sa faveur, de se créer de nouveaux embarras, il évita soigneusement de paraître lui donner raison, et même il ne lui prodigua pas les consolations spirituelles. Peut-être bien avait-il au fond de son cœur quelque compassion et quelque sympathie pour Catherine, mais il s'attacha à n'en rien laisser voir au dehors et parvint à se rendre maître de ses émotions. Comme évêque de Salisbury, il dépendait de Henri VIII et craignait d'encourir complètement sa disgrâce. Il sentait dans Wolsey, son collègue, une espèce de surveillant vigilant et importun, bien plus encore intéressé que lui à terminer au plus tôt cette affaire.

« Campeggio est demi vaincu et persuadé d'abréger « pour plusieurs raisons trop longues à déduire, » écrivait du Bellay au grand-maître de la maison

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